mardi 31 décembre 2013

vendredi 27 décembre 2013

Marathon d'écriture


Cela fait pas mal de temps que je n'avais pas organisé un
« marathon d'écriture »

À la demande générale de quelques-uns, je réitère cette petite aventure toujours appréciée par ceux qui y participent…

Les marathons d'écriture sont ouvert à tous.

Le 8 ème Marathon se déroulera 

du LUNDI 13 JANVIER AU DIMANCHE 19 JANVIER 2014

un marathon d'écriture consiste à s'engager à écrire en continu durant plusieurs heures, et à publier sur le forum toutes les heures.
le minimum d'écriture est de 3 heures d'affilées, 
on peut écrire pendant 5, 8, 10 heures...
pas de limite maximale de durée...


Vous y trouverez tout ce qu'il faut savoir pour s'inscrire, si ce n'est déjà fait des anciens participants…

À bientôt !

samedi 21 décembre 2013

Weihnachten

C'est décidé,
Ces jours-ci,
Je me fais une overdose 
de Cantates de Bach !

(209 cantates...)
(J'ai pas fini de saouler mon monde !)

*




mardi 17 décembre 2013

Attente


Selon leur calendrier, les chrétiens, à l'approche de Noël, sont « dans l'attente ». 
De quoi ? Un sauveur ? 
Mais c'est fait paraît-il. Ça fait 21 siècles qu'il est venu.
Alors quoi ? Qu'est-ce qu'il manque encore ?

Je n'aime pas tout le décorum de Noël. Je ne parle pas de l'extraordinaire gabegie de consommation que cela entraîne. Je vis éloigné de cet aspect-là. Je ne parle pas des aspects « bondieuseries » (la crèche, l'enfant Jésus, l'âne et le boeuf, et tout le saint-frusquin…), c'est juste un folklore parmi d'autres. Il y a quelques années encore j'aimais évoquer mon enfance à ce sujet. Aujourd'hui il ne me touche plus, c'est devenu « souvenir plat » c'est-à-dire non émotionnel.

Reste la dynamique de l'attente. C'est le sens du titre de mon autre blog : « Le Voyageur de l'aube ». Là, des paroles bibliques de l'enfance me touchent toujours.
— « Comme un veilleur attend l'Aurore… »
— « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre, une lumière a resplendi.… » (Prophétie d'Isaïe).
— « Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera veillant ! Je vous le dis en vérité, il se ceindra, les fera mettre à table, et s'approchera pour les servir. » (Ev. de Luc)

J'aime les gens qui veillent.
Parce qu'ils sont en attente.
La double veille :
— celle du guetteur, le tour de garde, pour se préserver qu'une attaque de l'ennemi.

— celle du veilleur qui attend le bonheur de voir la lumière.

Je ne connais pas beaucoup de personnes qui ne sont pas en attente de quelque chose. Comme si c'était une nécessité, un impératif.
Souvent, dans les entretiens d'aide, me venait cette question :
— Vous attendez quoi au juste ?
C'était déjà comme une lueur « d'entendre profondément » cette question-là.
Et au final, combien de fois cette attente était-elle l'espoir ou l'espérance d'une sorte de lumière. Une sortie de ténèbres.
Presque toujours !
Je me souviens de ma mère, bipolaire, (croyez-moi c'est pas drôle une mère bipolaire…), qui parlait, dans les phases dépressives, de cette attente. Commment elle l'exprimait : 
— « J'attends le retour de la lumière au fond de mon tunnel noir ».

Je pense aussi à mes expériences collectives, communautaires, mais aussi à mes diverses professions : la recherche de « l'idée lumineuse » qui nous ferait progresser.

Autrement dit, l'attente n'est pas une passivité.
Elle est quelque part en elle-même une action.
Je la ressens toujours en moi comme une intensité de vie.
Peut-être cela fait-il la différence : ce n'est jamais une impatience.
Une impatience est passive. On trépigne sur place. :  — « Alors, ça vient ! »

Je reviens à cette attente des chrétiens, en tous cas, de ceux qui se disent croyants.
L'attente de celui qui déclare :
— « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura au contraire la lumière »

Faut quand même être un type particulièrement gonflé !
Vous imaginez aujourd'hui une quelconque personnalité oser dire ça !
Lui il a osé.
Mieux que ça, il a donné sa vie à en mourir.
Pour ça !

Est-ce que l'histoire finit ainsi tragiquement ?
Peut-être.

« Il est venu parmi les siens et les siens ne l'ont pas reçu… »
(Prologue de l'évangile de Jean).

A moins que l'on rejoigne ceux et celles qui demeurent dans l'attente.

Ainsi de Faustine Kowalska (1905-1938) :
— « Je t’attends, Seigneur, dans le calme et le silence,
Avec une grande nostalgie en mon cœur
Et un désir inassouvi. »

Puisse le désir demeurer inassouvi en moi.







samedi 14 décembre 2013

Prison


Parfois j'ai le sentiment que mon écran d'ordinateur est une prison.
Un enchainement. Une mise en surveillance.
Ne faudrait-il pas fuir ?
Avant qu'il ne soit trop tard ?

Qu'il redevienne un instrument passif.
comme avant.
comme avant internet et surtout comme avant cette permanence de connexion.
Bien sûr il suffirait de débrancher.
Mais l'addiction s'est installée.

Autour de moi, j'ai l'impression que c'est pire.
Tablettes connectées, iPod et autre machines branchées, qui ne quittent pas la main du possesseur du doudou-moderne.
À l'atelier d'écriture 2 participantes, vieilles comme moi, se vantaient d'échanger sms sur sms la nuit, parce qu'elles ne dorment pas et s'écrivent des bêtises…. qui les tiennent éveillées…Je croyais que c'étaient les dj'euns' qui étaient comme ça.. Je vois que ça gagne.

La mise sous surveillance, je la ressens avec son agressivité. 
Ces jours-ci je recherchais des "idées cadeaux" sur le net. Depuis, pas une page ouverte sans une pub ciblée qui me "rappelle" que je cherche leur produit !!
Vas-y Alain ! Vas-y Alain ! Vas-y Alain ! clique ! clique ! clique ! clique ! 
Mais clique bordel !! Fait marcher le commerce ! Sauve la France !

Et je ne parle pas de ces gens qui vous suivent à la trace, de blog en blog, de page en page, de moteur de recherche en moteur de recherche…
— Tiens j'ai vu que tu as écris ça ici et ça là. et je savais pas que tu étais inscrit sur Chose !
Mais marde ! Lachez moi la grappe !


La toile dit-on (disait-on). 
Le nom est bien choisi.
Mouche engluée dans les fils
voila ce que je deviens.

Et pire… demain je serai là.
Encore.
Lamentable je suis.

samedi 7 décembre 2013

Clivages — fractures — cassures


On sait que certains minéraux peuvent se fracturer selon des surfaces planes, en raison de leur structure interne. D'autres au contraire, toujours en raison de leur structure, se cassent un peu « n'importe comment ».

J'ai parfois l'impression d'être clivé à l'intérieur de moi. Pas tellement sous forme d'une cassure, mais sous forme d'une tension de glissement qui me déformerait. Un peu comme une photo de face où le corps serait coupé par le milieu, puis décalé verticalement. 

Il y a une partie de moi qui subit la pression de l'extérieur. Insidieusement parfois. Le sentiment d'appartenir à un monde clivé, qui entrave en permanence mon unité personnelle. En tout cas, il faut sans cesse se comporter en résistant, pour justement ne pas se fracturer, ne pas se casser, éviter au maximum le mouvement de clivage qui peut toujours s'en venir.

Ainsi, et pour illustrer, une double page dans mon canard local relatif à la sélection des « géants régionaux de l'année 2013 »… Des géants (?)… Ils sont cinq :
— « la star de la baraque à frites »
— Un homme qui récupère les aliments non vendables mais encore consommables pour les redistribuer.
— un restaurateur « haut-fourneau pour la gastronomie régionale »
— une bénévole, handicapée en fauteuil roulant, (que je connais) militant dans trois associations relatives au handicap.
— Un maire qui baroude pour ses administrés.

 Doux mélange de ceux qui réussissent dans la grande bouffe, avec ceux qui ont d'autres valeurs…
Je n'ai rien contre la bonne bouffe, et je ne crache pas non plus sur un cornet de frites mangé avec les doigts dans la rue… Mais enfin, s'il s'agit de choisir des personnes à qui il faut rendre hommage pour une action, je m'interroge sur les choix faits par ce canard et, paraît-il, soumis à l'appréciation des lecteurs…
Voilà pour moi un signe d'une société clivée.
Est-ce bien ? Mal ? Faut-il d'ailleurs porter une appréciation de ce type ?
C'est juste le reflet de qui nous sommes devenus…

*

Les deux blogs que j'alimente procèdent aussi d'un certain clivage. J'en ai pris conscience ces jours-ci parce que j'ai toujours cette éternelle question d'arrêter ce blog. J'ai fait le choix de ne plus parler ici de l'intime, alors que ce fut l'essentiel de mes propos depuis des années. Sur l'autre blog, je parle de mon cheminement spirituel et de l'importante place qu'il a en moi. Ce cheminement est profondément intime et engage l'essentiel de moi. De plus en plus. Je sens, non pas qu'il me « transforme », mais plutôt qu'il approfondit en moi l'unité de ma personne, m'amène sur des chemins nouveaux, d'une forme d'unité personnelle et relationnelle qui à la fois m'attirent vers une contemplation solitaire, et à la fois m'invitent à revisiter mon environnement relationnel.

Je sens donc une forme de clivage, mais c'est peut-être une sorte de « passage ». Peut-être cette fameuse « porte étroite » dont il est question dans des textes sacrés, et qu'en quelque sorte je m'apprête à franchir.

Il me semble qu'aujourd'hui, l'aspiration la plus fondamentale qui soit en moi, et celle de mon unification, comme une avancée vers la forme achevée de mon identité. Je sais qu'il n'est pas en mon pouvoir qu'elle s'accomplisse uniquement par moi-même. J'ai longtemps résisté à cette forme du réel, tant on m'enseigna qu'il fallait « s'en sortir par soi-même » (je pense ici à mon éducation, à mes parents, à mes rééducateurs au « Centre », à d'autres voix de sirènes hurlant dans la société…), J'en oublierais les enseignements plus récents de mon maître à penser, tels que j'ai pu en parler souvent ici à une certaine époque.

En même temps, la démarche psycho-humaniste, n'est pas nécessairement entièrement superposable à la démarche, disons, « humano-spirituelle » et/ou humano-divine. C'est pour cela que j'ai des blogs distincts.

Ce chemin suppose :
— un axe individuel de connaissance de soi, et plus particulièrement du tréfonds de soi qui n'est jamais accessible d'emblée. Ça, je connais…
— Un axe relationnel, qui fait que l'on cultive « autrement » ses relations. Ce n'est pas le plus facile…
— Un axe d'engagement dans la société. Je l'ai vécu intensément lorsque j'étais en activité. Aujourd'hui ? Je ne sais plus très bien… J'ai le sentiment confus, peut-être erronée, que je ne fais pas « autant de bien » que par le passé (si tant est que j'ai pu faire du bien)… Peut-être que je me trompe… Peut-être est-ce la difficulté à accepter le déclin des forces qui réduit mon périmètre d'action.
— Un axe pour cultiver la relation avec le divin. ( - Et c'est là sans doute la différence fondamentale avec le psycho-humanisme - ). « Cultiver la relation », c'est-à-dire autre chose que « chercher » si il y a un Dieu ou non, à quoi il ressemble, à quoi il peut servir, etc. etc.
Cette recherche légitime est indispensable, mais quand on a fini par entrer dans cette relation-là, d'une certaine manière, elle commence à tout changer, à condition, justement, de « cultiver cette relation ». Et on sait que le jardinier a constamment beaucoup de travail sur ses terres intérieures… En toute saison, de jour comme de nuit.

Si, comme dit plus haut, les deux démarches ne sont pas entièrement superposables, elles se tuilent nécessairement. C'est sans doute là l'étape où j'en suis. Et pour l'immédiat, deux blogs me sont encore nécessaires.

Je réalise que j'ai commis l'erreur d'abandonner le côté « intime » de ce bloc-ci. Je pense que je vais revenir à cette dimension-là.
J'espère un jour arriver à cette unification qui me pousse fortement par l'intérieur, de plus en plus, de plus en plus intensément.
Lorsque j'écris ainsi, je retrouve cette paix intérieure envahissante qui dissout certains tourments qui avaient tendance à refaire surface.

lundi 2 décembre 2013

Lui.. encore...

Ceux qui fréquentent ce lieu depuis longtemps comprendront pourquoi je relaie cette interprétation de LE_Gé ...
Ceux qui se souviennent de Ædia...

Ceux qui se souviennent de  mon pote Reggiani, indispensable à mon équilibre.

C'était la séquence nostalgie d'automne
Toutefois sans sanglots longs des violons.



J't'aimerais (Réggiani) par LE_GE



Et puisque que j'ai évoqué Ædia.....



Ecrire (aedia) par LE_GE

samedi 30 novembre 2013

gargouille

Quand on a peur, ça gargouille
la preuve...



Bidouille d'Alainx - Gargouille à Chambord

vendredi 29 novembre 2013

diablog




— Dis-moi, cher blog, qu'est-ce que tu penses de la nouvelle formule ?
— Rien, je pense rien. Un blog, ça ne pense pas, ça supporte.
— Suis-je supportable ?
— Je ne sais. Moi je suis un support stable.

— Moi, je suis un humain. C'est parfois pénible un humain. Ou plutôt c'est pénible d'être un humain. Il faut tout le temps réfléchir.
— Réfléchir ? Je croyais que ça c'était le miroir.
— L'humain qui ne se regarde pas n'existe plus. C'est pourquoi il réfléchit.

— En ce qui me concerne, en tant que blog, je pense par procuration. J'absorbe la pensée d'autrui, je la recrache sur écran, et si tu vas voir dans mes statistiques, tu verras qu'il y a plus de machines électroniques qui me lisent que d'humains. Mais, il paraît que l'humain c'est aussi une sorte de machine, faites de tuyauterie, d'électricité, de sécrétions, d'embrouilles dans le cerveau, au point qu'un neurone n'y retrouverait pas ses petits.
— Comment tu sais tout ça cher blog ?
— Tu sais, quand tu n'es pas là, je me balade dans les circuits du net, ce qui me permet de décoder d'extraordinaires quantités de conneries que les humains aiment étaler sur des milliards de kilomètres d'écriture… Le pire c'est qu'ils semblent croire qu'il y a des gens que ça intéresse !

— Je ne suis pas intéressant ?
— J'ai pas dit ça. D'ailleurs il m'est interdit de porter tout jugement sur mon créateur. Question d'éthique bloguienne.
— Et qui est ce créateur ?
— Toi, évidemment ! Sans toi je n'existerais pas. Tu m'as créé à ton image, à ta ressemblance. Tu fais de moi ce que tu veux. Tu as droit de vie et de mort. Tu m'abreuves, tu étanche ma soif, où tu m'envoies au désert, ou pire encore tu m'obliges à me soumettre à toutes tes bêtises et tes indignités. Pour d'obscures raisons, tu m'amputes régulièrement, supprimant les branches textuelles que tu as fait pousser à foison.
— Et alors ?
— Je trouve ça con !

— Fais gaffe petit ! Tu sais que je peux te faire rendre blog. Un petit clic… Et tu meurs ! N'oublie jamais ça !

lundi 25 novembre 2013

faiblement fort



faiblement fort

*

l'amour fort
déborde sans effort
 l'amour vil
ne tient qu'à un fil

un coeur ouvert
opéré de cette manière
le sang
versé sang pour cent

la vie des amants
plus comme avant
les baisers en coups de vent
vivre autrement

demain la fin
tendue la main
 en vain
mais c'est rien
l'amour fort
déborde sans effort

*


Bidouillage AlainX


vendredi 22 novembre 2013

Rêve


— Finis ton rêve !
C'était comme une injonction, un ordre, comme lorsqu'on était enfant :
— finis ton assiette !

Et de finir son rêve, il n'en était pas question.
D'ailleurs, il faut croire qu'elle ne connaissait rien à tout cela. Sans doute qu'elle n'avait jamais rêvé. Ce qui s'appelle rêver. Sinon elle n'aurait pas quasiment gueulé ces mots-là.

— Finis ton rêve !
Comme si c'était possible. Vous en connaissez, vous, des rêves qui se finissent ? Est-ce que cela a pu vous arriver une seule fois dans votre vie. Un rêve qui se termine avec le mot fin qui envahit votre cerveau encore embrumé, et la lumière qui se rallume.

Un rêve ça ne finit pas, ça se casse au milieu. Deux fois sur trois au moment le plus intéressant. Paf ! Le réveil qui sonne, l'envie de pisser qui vous saisit. Alors :

—  soit vous poussez un ouf de soulagement, parce que franchement vous vous demandiez comment vous alliez sortir de cette horreur, et ça fait des années que vous vous le demandez, et ça fait des années que le rêve se brise avant la fin ; 

— soit vous râlez : — Putain de merde ! Juste au moment où sa main se dirigeait … ouiii, lààà justement ; ou alors juste au moment où, après ce baiser langoureux qui n'en finissait plus, il s'apprêtait à vous dire… Bon sang mais qu'est-ce qu'il aurait dit alors ! Saloperie de réveil.

C'est ça la condition humaine. Des rêves qui n'aboutissent jamais. Les belles histoires avortées avant même d'avoir vraiment commencé, les saloperies qui s'arrêtent avant même qu'on ait pu démontrer notre capacité à vaincre.

Jusqu'au dernier rêve.
L'ultime.
Celui où paraît-il vous verrez un tunnel avec une lumière blanche au bout. 
Enfin, c'est ce qu'on raconte…
Mais c'est un rêve !

mardi 19 novembre 2013

Des réponses prêtes à cuire…


Ils disposaient d'un stock important
capable de faire face à toutes les questions
des plus simples aux plus pointues
des plus originales aux plus banales
des plus pénibles aux plus rigolotes.

Pensez-donc, ils avaient 20 siècles de stocks de réponses congelés
bien préservées dans la froideur de leur personne.
Chacun avait amassé des connaissances colossales - avec la grâce de Dieu - et appris à se rendre très rapidement dans le rayonnage cervical ad-hoc, en moins de temps qu'il n'en faut pour sortir une connerie.
C'est dire !

Vous leur posiez votre question
ils levaient les yeux en l'air,
histoire de regarder leur cerveau en direct derrière la paupière du haut
ils prenaient l'air pénétré :
— Voyons qu'est ce qu'on m'a enseigné pour répondre à "ça" ...
et hop !
la tranche congelée passait au four à déblatérer
et les mots encore quelque peu refroidis
sortaient à la vitesse d'une trancheuse industrielle de saucisson.

— Mais, ces questions ? Elles portaient sur quoi ?
— Sur l'homme, sa vie, sa mort, son destin, l'absurde, le sens, l'amour, la haine, le bien, le mal, le bien du mâle, la femelle du mal, Dieu, le Divin, tout ça, tout ça…

— Donc ça donnait des échanges intéressants, des coeur à coeur, des confidences sur comment on voit personnellement les choses, comment on les vit, de l'intime le soir au coin du feu, tard dans la nuit, à l'heure où tout peut se révéler du profond de soi….

—  Ah nooonnnnnn !!! C'est pas du tout ça….. !!  Toi tu posais une question personnelle, qui te tenait à coeur, même des fois qui engagerait ton destin… Et eux ils répondaient en décongelant un casier neuronal où que les réponses prêtes-à-parler sont stockées. C'est à consommer tout de suite, du croire-tel-quel, pureté garantie par emballage sous vide. Mais cependant labellisé d'origine, "façon tradition à l'ancienne de nos bonnes vieilles pensées d'antant ". Donc ça devait parfaitement te convenir. 

— Et alors ?

— Ben … J'ai réécouté une chanson de Guy Béart :

En passant près d'une église
Que les abbés chantaient 
Et dans leur joli chant disaient
Alleluia alleluia
Et moi je croyais qu'il disaient
Ah le voilà, ah le voilà
Et moi je m'enfoui foui
Et moi je m'enfouiyais







lundi 18 novembre 2013

Anniversaire


Un an déjà….
que le temps passe vite
Un an déjà que je fus au spectacle plusieurs jours durant
alors que je venais de me faire opérer d'une saloperie 
qu'on se demandait si c'était "crabe" ou pas….
Fallait attendre la bio-psy !

Un an déjà
et je n'ai pas oublié le feuilleton le plus intense 
que j'avais pas encore vu à la TV-actu-en-continu-poil-au…

Souvenez vous !
Copé ! Fillon ! 
 l'élection piège à cons !

Qui qui sait qui sera le chef ?
Qui qui a triché ?
C'est pas moi c'est ma soeur !

Le duo infernal !
Titi et Grominet
Boule et Bill
Spirou et Fantasio
les Frères Ennemis
Laurel et Hardy
Zorro et Bernardo



Je ne les remercierai jamais assez Fillon/Copé
Me suis marré des heures sur BFM TV !
Le Grand Guignol dans toute sa splendeur

Comme ça je ne pensais plus à l'angoisse des résultats de bio-psy….
Même l'infirmière qui venait refaire le pansement se fendait la pèche !

Hélas tout ça c'est fini…
. le Yatch UMP-Bolloré est en train de couler, même si l'autre tente encore (d'é)Copé 
. Le Pédalo PS pédale dans le sable 
— Dit Tonton François c'est encore loin le Reprise ?
— Tais-toi et rame !

Et les autres sont aux abonnés absents…..
Même Marine Le Pen s'englue de Minute en Minute….

Et moi j'ai pas eu droit à mon cancer (pas encore…)
La vie est belle !
Non ?




samedi 16 novembre 2013

un Scoop !

Scoop !

 *** 

La nouvelle vient de tomber

Les bonnets Rouges reçus par le Pape !


mercredi 13 novembre 2013

Essayer ?


Ça va faire cinq ou six fois sur peu de temps que je l'entends celle-là !

— Voter Front National ? Pourquoi pas ?
Marine Le Pen on n'a pas encore essayé !

On n'a pas encore essayé ! ….

 On dirait la pub :
Essayez notre nouveau produit FN : il va rendre le tissu national plus blanc que blanc ! Finies les taches de beurs,  les saletés noires, et les auréoles de roms séchés. Essayez français.

La bombe atomique non plus on n'a pas encore essayé en France. Pourtant pour éliminer définitivement la racaille des banlieues, une bombinette, c'est radical. Territoires tranquilisés pour des siècles…

Il y en a certains je leur conseillerais bien de tenter de devenir moins cons, mais ils répondraient :

On n'a pas encore essayé ! ….

Et là, c'est sûr, on les comprend…. Vaut mieux pas… toute tentative d'intelligence est vouée à l'échec.


Troupeau électoral bien blanc

samedi 9 novembre 2013

Pétion en ré


— Pétition en ré  —   Pétition en ré  — Pétition en ré  — 

*


— dis-leur ?
    Mais leur dire quoi ?

— Non, dis l'heure
    qu'il est dix heures
    et que j'écoute Deezer
     accro comme un dealer

— dis-leur ?
    Mais leur dire quoi ?

  — Non, dis l'heure
      qu'il est dix heures
      et que j'écoute Deezer
     accro comme un dealer


— dis-leur ?
    Mais leur dire quoi ?

  — Non, dis l'heure
      qu'il est dix heures
      et que j'écoute Deezer
     accro comme un dealer


—  ET PUIS ZUT !


(C'est juste une opération gri-gri, amulette gentille amulette, fétiche et m'en fiche
demain c'est le dix novembre, à dix heures
comprenne qui peut)

lui sait


jeudi 7 novembre 2013

Méprise

Méprise

Il y a les gens de bien
et il y a les gens de biens
une lettre, une seule, fait la différence.

Comme la chanteuse, il cherche :
juste quelqu'un de bien
un ami à qui l'on tient

 son banquier se dit son ami
il déclare vouloir son bien
en réalité il lorgne ses biens


C'est bien ces biens
on peut les lui prendre
le banquier dit plutôt « confiez-les moi
je suis votre ami »

Les gens de biens n'ont pas d'amis
ils ont des clients
et au verbe aimer
ils préfèrent le verbe spolier

Les gens de bien sont plus rares
finalement ils n'ont pas de prix
c'est cela qui est bien.



lundi 4 novembre 2013

Sahara - Hommage à Saint-Ex



J'ai regagné la France. Atterrissage à Roissy-Charles-de-Gaulle. Durant le vol j'ai fait un rêve étrange. Quelqu'un m'appelait. Il fallait répondre. Alors, j'ai rejoint en train l’aérodrome de Salon-de-Provence, pour prendre l'avion, une fois encore. Mais pas un de ces monstres ou on s'entasse comme des colis sanglés dans des fauteuils trop étroits. Un petit avion de tourisme : un Piper Super Cub qui appartient à un de mes amis passionné d'aviation. Il a bien voulu me le prêter après avoir vérifié la validité de mon brevet de pilotage. J'ai déposé un plan de vol assez bidon. Je sais, ça ne se fait pas. Mais je ne pouvais dévoiler ma destination finale. J'ai indiqué l'aérodrome de Tan Tan, dans le sud Maroc.
En réalité, j'avais rendez-vous dans le Sahara. Avec un Prince du désert.

J'ai atterri au milieu de nulle part. À mille milles de toute terre habitée. Je ne sais pas si c'était bien l'endroit.  La nuit commençait à tomber, le ciel était limpide, peu à peu les étoiles apparurent. Je me suis emmitouflé à cause du froid qui descendait. J'ai commencé à repérer  la ménagerie céleste des constellations : le Dragon, le Cygne , l'Aigle et le Scorpion. Les orgueilleuses  Deneb et Altaïr, brillaient de tous leurs feux.

J'étais paisible, le coeur au repos. J'avais même envie de rire. J’aime la nuit écouter les étoiles. C’est comme cinq cent millions de grelots... Alors je me suis endormi, en pensant à cette phrase qu'il avait dite : « Ce qui embellit le désert, c’est qu’il cache un puits quelque part... ».

J'ai rêvé d'animaux, de moutons, de renards qui chassaient les poules, de chasseurs qui les poursuivaient, de serpents qui résolvaient les énigmes. Et aussi d'une rose un peu prétentieuse, de baobabs dévastateurs, de volcans à ramoner, et enfin d'un grand capitaliste qui possédait déjà cinq cent un millions six cent vingt-deux mille sept cent trente et une étoiles.

Au réveil il était là, mon Prince du désert. J'étais encore allongé sur le sable, un peu ébloui par le soleil déjà bien monté de l'horizon. Je le voyais en contre-jour et contre-plongée, debout, face à moi, bien campé sur ses deux jambes. Je le reconnaissais à peine. Il avait tellement changé. Mais c'était bien lui, j'en étais certain. J'avais eu l'intuition de son retour. Vous savez, ces appels intérieurs irrésistibles qui nous font nous mettre en route avec détermination mais beaucoup de folie, presque incompréhensible, parce que c'est irrationnel, et cependant il faut répondre à l'appel, il faut nous rendre au désert, parce que ce lieu de silence est celui des rencontres essentielles.

Il n'y eut pas beaucoup de mots échangés. Il m'avait appris que l’essentiel est invisible pour les yeux. J'ai compris que nous retournions au puits, celui qui étanche définitivement toutes les soifs. Là, assis sur la margelle, il prononça ces mots :

— « C'est à toi maintenant d'écrire la suite de l'histoire. De l'écrire pour les hommes qui s'en viennent, pour qu'ils n'oublient pas, pour raviver, pour qu'il y ait encore des puits dans leurs déserts, des renards à apprivoiser, des savants fous à convertir, des allumeurs de réverbères à libérer, des buveurs à désencombrer, des vaniteux à délivrer, des rois qui ordonnent tout et son contraire à abdiquer. »

Je me suis attristé. Je n'étais pas à la hauteur. Je n'avais pas l'écriture libératrice. On ne pouvait pas compter sur moi. Je n'étais pas un prince, ni petit, ni grand. Un pauvre écrivaillon, voilà qui j'étais. J'attendais de lui qu'il m'enseigne encore, qu'il me fasse revivre l'intense plaisir d'avant, qu'il m'éveille par la profondeur universelle de sa pensée, écrite si simplement, de manière tellement parlante. Et puis il avait tout dit. Pas besoin d'écrire une suite. Il suffisait de relire. Relire encore. S'imprégner.

Il avait perçu mon refus. Il a souri. De ces sourires énigmatiques, interprétables dans bien des sens, de ces sourires que l'on garde en mémoire sans trop savoir ce qu'il faut en penser, en déduire, et qui nous poursuivront longtemps.
Il disparut dans ce sourire. Dans le puits. Je me suis précipité dans un réflexe instantané, pour le retenir, qu'il ne bascule pas dans le vide, dans le néant. Mais il n'y eut aucun bruit, aucun cri, aucun écho. Il n'était pas tombé. Il était juste retourné là-bas, d'où il était venu, dans les étoiles.

 J'ai repensé à ce qu'il avait dit il y a bien longtemps :
— Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire ! »

Je suis retourné vers mon avion. J'avais juste assez de carburant pour rentrer à Tan Tan.

Ma fabrique



Ma fabrique

*
J'ai pris un soleil couchant, 
un bambou d'Asie, 
une canne à sucre, 
et j'ai fabriqué une pomme d'amour.
J'ai pris une pomme d'amour, 
un croissant de lune, 
une étoile filante, 
et j'ai fabriqué un avenir heureux.
J'ai pris un avenir heureux, 
un chat angora, 
une villa sur la colline,
et j'ai fabriqué un chemin d'espérance ;
J'ai pris une espérance déçue,
 un regard tendre,
 un sourire doux,
 et j'ai fabriqué une humanité nouvelle.
J'ai pris une nouvelle de Maupassant,  
des mots égarés, 
des phrases abandonnées,
et j'ai fabriqué le roman de la vie.

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