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mercredi 30 janvier 2013

souvenir éteint


Hooper



Les souvenirs s'éteignent, peu à peu ils se délitent, perdent leur charge émotionnelle, les ressentis sous-jacents s'amenuisent. Bientôt il n'en restera plus rien, pas même l'épaisseur d'une émotion. Ils deviennent comme un aliment fade, sans goût ni saveur. Même la tentative de leur rajouter quelques épices devient vaine.
Un jour, les souvenirs se meurent. Ce n'est même pas de l'oubli, car il en reste la trace froide, et même parfois glacée. Plus possible de venir se réchauffer le coeur en les évoquant avec nostalgie.

En regardant ce tableau, je pensais à elle.
Elle, que j'ai évoquée  il y a bien longtemps.(2009) sur mon ancien blog, disparu depuis. (J'ai provisoirement repris le texte ici).
J'y pensais, parce que les attitudes des deux personnages, reflètent assez bien les dialogues que nous avions parfois, assis sur un muret, qui fut témoin de bien des échanges passionnés et passionnels.
Longtemps, c'est-à-dire jusqu'en 2009, j'eus en moi le désir de retrouver ce « premier amour », non pas pour renouer quoi que ce soit, mais pour, d'une certaine manière, achever quelque chose qui m'avait semblé demeuré en suspens. Je n'étais cependant jamais passé à l'acte.

Or, dans les temps qui ont suivi la rédaction  et la publication de ces textes, elle est totalement sortie de moi, je veux dire au niveau des affects qui demeuraient encore.
Alors certes, je l'évoque à l'instant, mais c'est sans épaisseur, sans consistance, comme je l'ai dit plus haut. Et relire ce que j'ai écrit en 2009, m'a semblé venir de quelqu'un d'autre que moi.

Je pense alors à cette chanson de Brassens : « le 22 septembre, aujourd'hui je m'en fous, et c'est triste de n'être plus triste sans vous. »






18 commentaires:

  1. Ils se racontent leurs souvenirs encore bien présent en eux cela se sent... Certains souvenirs perdent de leurs émotions avec le temps et heureusement....

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    1. oui heureusement !!....
      Surtout pour les "mauvais" !!
      :-)

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  2. Quelque chose en moi se refuse à imaginer que de si beaux souvenirs puissent devenir glacés. Je suis énormément bousculée par ce billet.

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  3. Charlotte30/1/13

    Ne plus souffrir des souvenirs tristes c'est un bon pas en avant mais qui ne se commande pas. Conserver les souvenirs heureux et pouvoir se les remémorer avec émotion c'est une joie. Si le cerveau oublie beaucoup ,l'inconscient par contre rien du tout...
    La mémoire cela s'entretient ?
    Dans certains cas il y a un devoir de mémoire... pour ne pas reproduire les erreurs du passé.

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    1. À propos de l'inconscient, je dirais : notre psychisme et notre sensibilité gardent la trace de tout ce qui nous concerne, nous a concerné, de la conception jusqu'à la mort.
      Fort heureusement tout cela n'est pas en permanence à notre claire conscience ! Sinon ce serait invivable au sens propre du mot. L'inconscient est donc bénéfique pour nous.

      La mémoire est un phénomène excessivement complexe. Je n'en suis pas un spécialiste. Et les neurosciences sont encore balbutiantes à ce sujet. Et puis il faudrait distinguer les différents types de mémoire…

      Le devoir de mémoire est nécessaire, mais très insuffisant… Puisqu'on voit bien qu'il ne suffit pas de « se souvenir » pour ne pas reproduire les erreurs du passé… L'actualité nous le rappelle chaque jour…
      autrement dit : qu'est-ce qui est à entretenir ?

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  4. Bizarre, je lie ton avant dernier post à celui ci. Le changement, de quelque ordre que ce soit, modifie totalement nos repères qui nous sont des stabilisateurs donc accepter un changement c'est d'abord accepter un déséquilibre, un chaos personnel avant de reprendre ses marques pour arriver à un nouvel équilibre qui devrait être "meilleur". Mais les souvenirs pénibles ou heureux que nous avons laissé en apparence s’effacer comme les mots écrits sur le sable fin au bord d'une place sont au fond de nous, enfouis d'une manière ou d'une autre et, par exemple un amour inachevé, ils ont des longueurs d'onde qui peuvent un jour rentrer en raisonnance (c'est de la physique que les militaires connaissent puisqu'ils doivent rompre la marche au pas sur un pont!!)avec une émotion et déclencher quelque chose qu'à priori on n'explique pas rationnellement puisqu'on les avait gentiment oublié en laissant faire le temps. Non, on n'oublie RIEN dans le fond de notre "inconscient" bien plus intelligent que notre "conscient". Notre oubli n'en est pas un vrai même si on le considère comme réel.

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    1. En te lisant, je me dis que je me suis bien mal exprimé au début de mon billet.
      Le titre ne veut pas évoquer l'oubli. Il est plutôt question de la transformation du souvenir et de son évolution quand à sa charge affective.

      Sinon, je suis d'accord avec toi pour ce qui est des souvenirs enfouis, ou plutôt de la non conscience d'événements qui se sont passés, mais dont on peut voir la trace et/ou avoir l'intuition, dans nos comportements. Notamment ceux qui nous surprennent par leur disproportion entre un fait simple et ordinaire et son retentissement démesuré en nous.

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  5. Anne**31/1/13

    Ayant constaté cela, exactement, qui s'était produit insensiblement, mais finalement assez brutalement,je me suis demandé : "ne serait-ce pas cela, vieillir ?"

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    1. il doit quand même y avoir un peu de ça !…
      :-)

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  6. Les souvenirs, ne serait-ce pas comme les étoiles? Parfois elles semblent s'éteindre. En fait elles sont toujours là, c'est nous qui ne les voyons plus.

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    1. Disons que la trace des événements vécus est toujours là, Quelque part dans le psychisme. (ce que j'évoquais en répondant à Marieswiss). Il y a quand même des événements auxquels l'on n'accède plus, malgré tous nos efforts, impossible de se souvenir. C'est étonnant cette absence de pouvoir concernant cet aspect des choses. Il faut croire que notre inconscient nous protège…
      Combien de personnes ont une enfance vide de souvenirs ? Ou si peu…
      Finalement, que faut-il « voir » de notre histoire passée pour vivre mieux ? Que faut-il ne pas voir pour ce même résultat ?

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  7. Le souvenir, il me semble qu'il est en rapport avec l'état d'esprit du moment.
    Il ne s'éteint pas, c'est que l'on n'est plus en mesure de le recevoir, parce que l'on est passé à autre chose, parce que c'est pas le moment, parce que d'autres nous occupent plus l'esprit.
    Il est là mais on n'y fait tout simplement pas appel.
    Il me semble.
    Je ne sais pas si je suis claire...

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    1. Oui bien sûr, dans le quotidien, heureusement qu'on n'a pas en permanence à l'esprit tous nos souvenirs… D'ailleurs ce genre de troubles amènent souvent en psychiatrie…

      Je crois d'ailleurs que c'est nécessaire pour passer à autre chose, comme tu dis.
      Parfois le chemin de développement que l'on peut faire, est tel qu'on se déleste de certaines valises à souvenirs, qui, en quelque sorte, nous tombent des mains sans qu'on en ait clairement décidé.

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  8. Les souvenirs de nos anciennes amours s'effacent au fil des ans mais cela ne veut pas dire que nous les oublions complètement. Il suffit parfois d'une musique, d'un rien, pour qu'ils reviennent hanter nos pensées, et alors nous y repensons le sourire aux lèvres, légèrement attendris et nostalgiques.
    Mais je comprends ce que tu veux dire, Alain... C'est vrai que certains souvenirs ne nous touchent plus, en effet. Cela dépend de tellement de choses que nous ne contrôlons pas toujours.
    Belle fin de journée à toi, Alain.

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  9. "nous ne contrôlons pas toujours."
    Ben C'est ça…
    Je n'ai pas choisi délibérément que ce souvenir s'estompe en perdant sa charge affective…

    Bonne soirée à toi également.

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  10. Oui, on ne meurt pas d'amour! Tes mots sont glaçants de vérité...
    As tu lu le roman de P.Besson, 'L'arrière-saison'? Ce roman évoque un tableau Hopper...

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    1. non, heureusement !
      On ne meurt que de plaisir !
      enfin c'est ce que disait la chanson :
      " et mouriiiiirrrrr
      de plaisiiiiiiir " !!!

      :-)

      Je ne connais pas ce livre, tu me donnes envie de le lire
      Merci

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