Accueil

mardi 21 mai 2013

Reprise


Tôt ce matin, je terminais ma part dans le cadre d'un travail collectif d'écriture, en vue d'une publication qui nous tient particulièrement à coeur (moi et quelques autres…).
Pour des raisons techniques, il fallait boucler la touche finale avant 10 heures ce matin. C'est fait ! Échange rapide de derniers mails, ultime coup de téléphone, ultimes retouches. (Putain on a failli ne pas voir cette coquille qui aurait fait tache…).

Voilà, c'est terminé !
Au-delà du fait que l'on aura transpiré pendant pas mal de semaines, je ressentais une forte émotion au fond de moi, ou plutôt je retrouvais ces bonnes sensations du « travail accompli ensemble », que j'ai connues au temps de ma vie professionnelle, et dont je constate qu'elles me manquaient…
J'en ai goûté toute la saveur et toute la gratitude que je ressens envers mes coéquipiers, avec ce sentiment que nous avons atteint une sorte de grande harmonie relationnelle. De celles que l'on goûte trop rarement peut-être. Il est vrai que nous avons ensemble un long passé collaboratif, qui nous a peu à peu formé à une qualité des échanges où chacun peut s'exprimer pleinement et en toute vérité, où on peut « se dire les choses » sans que cela provoque des drames et des rancoeurs lourdes. Ce que l'on vit entre nous n'est pas un « paradis relationnel » chacun a une forte personnalité, mais il est possible de vivre une saine autocritique, parce que je ressens cet immense respect de la valeur de chacun. Je le vis ainsi envers les autres de ce petit groupe, parce qu'il y a entre nous la solidité d'une aventure de fidélité à un essentiel, parce qu'on a traversé ensemble quelques tempêtes, et il n'est pas encore né celui qui pourrait nous désunir…

Aventure à la fois singulière et ordinaire. Aventure humaine dont je n'ai jamais cessé  de me dire que j'en étais un participant et un acteur privilégié, parce que… Parce que c'est ainsi… Chacun s'est engagé pour un voyage dont on ignorait la destination. On a seulement su qu'il fallait s'embarquer. C'était comme ça ; on ne s'est pas choisi, on ne s'est pas coopté. On s'est retrouvé autour d'un fondamental. Quelque chose qui valait la peine de donner de son temps, de ses énergies, et même de son argent, parce que tout était à faire, et qu'au final il n'y avait rien à gagner, si ce n'est peut-être la joie profonde, la gratitude renouvelée, l'impact positif pour soi et pour d'autres.

Souvent je me dis, que dans ce monde où l'on nous montre principalement tous les mauvais côtés, parce que ce sont toujours le sang et les larmes qui font l'audience pour la publicité, il y aurait tellement à faire pour valoriser le côté totalement opposé, celui qui marche à coups d'espérance, d'audace, de foi, de certitude que l'aujourd'hui est déjà l'accomplissement de la promesse qui peut combler le coeur de l'homme.
Seulement voilà, c'est toujours le malheur de l'autre qui enrichit la minorité des possédants. Tel est le monde ancien. Celui que l'on nous présente encore avec ce foutu : « c'était mieux avant », alors que le monde nouveau ne cesse d'offrir des perspectives positives… qu'hélas on préfère occulter…

20 commentaires:

  1. oui, un travail partagé de cette façon avec des partenaires soucieux de l'autre et des autres, dilate l'âme... on en sort meilleur!
    Je comprends que tu en sois profondément heureux

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as raison : on en sort meilleur…
      Je rêve de ces sortes de contagions-là dans le monde…
      elles existent heureusement.
      Mais sans doute insuffisamment montrées.

      Supprimer
  2. Charlotte21/5/13

    Et... est ce que nous ( tes très fidèles lecteurs)aurons la joie de pouvoir avoir accès au fruit de ce travail collectif d'écriture ?
    Ton dernier paragraphe est un des thêmes essentiels du dernier livre de Jean- Claude Quillebaud que j'ai beaucoup apprécié."Une autre vie est possible"

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Au détour d'une visite chez ton libraire préféré… Tu verras peut-être le livre en rayon ! Enfin, dans quelques mois… Il faut être patient dans l'édition… !
      j'ai lu deux ou trois bouquins de Guillebaud, mais pas celui-là…

      Supprimer
  3. Charlotte21/5/13

    Correction: c'est Guillebaud et non Quillebaud

    RépondreSupprimer
  4. Je suis entièrement d'accord avec ce que tu dis, Alain. Pourquoi toujours nous montrer le côté négatif des choses ? alors qu'il serait tellement mieux et profitable pour tout le monde de nous montrer le côté positif ! d'encourager, d'aider à surmonter, plutôt que d'écraser, et de démoraliser. Je suis horripilée par les médias qui se complaisent dans cette négativité !
    Je suis heureuse de ton retour, Alain ! Tu nous manquais, vraiment ! :-)
    Belle soirée à toi, et merci.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, cette négativité étalée sans cesse est délétère…
      Et après on s'étonne que les sondages nous font passer pour l'un des peuples les plus tristes de la planète…
      Quelle gabegie !

      Supprimer
  5. Alléluia!
    J'aime quand tu es en mode "célestinien!"
    On serait presque jaloux de ne pas faire partie de ce groupe exceptionnel de fortes personnalités...
    Ravie de ce retour, moi aussi, tu t'en doutes!
    On pourra lire?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je me contente d'être en mode "alainique" (nique nique oui,oui !)

      Ça fait plaisir d'être salué à son retour…
      Toi et quelques autres bien sûrs…

      Supprimer
  6. C'est dans les aventures collectives que je me suis sentie "grande" et "forte". Aussi,je crois connaitre un peu ce que tu décris ici.
    Peut être que c'est à la majorité des "non possédants" de renverser la vapeur ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, les aventures collectives sont très porteuses. D'une certaine manière, elles nous élargissent.

      Supprimer
  7. Pourquoi attendre que l'on nous montre le beau, le vrai, il ne tient qu'à chacun de le regarder tous les jours. Notre regard nous appartient, nous en disposons librement, pourquoi s'en laisser déposséder et ensuite s'en plaindre...

    Une chose m'a interpellé, vous dites : "On s'est retrouvé autour d'un fondamental. Quelque chose qui valait la peine de donner de son temps, de ses énergies, et même de son argent"

    Et même de son argent ?... L'argent serait donc plus précieux que le temps ou l'énergie ? Peut-être l'illusion de posséder ces biens, je ne sais...

    Sans rancune.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je n'ai sans doute pas l'intensité de votre optimisme sur le fait que le regard nous appartienne. Il nous est partiellement dérobé à notre insu par l'environnement (médiatique entre autres). À moins que vous ne viviez sur une île déserte environnée d'une nature luxuriante….
      Par exemple : quelqu'un me disait « je ne suis pas influencé par la publicité ». Or chez lui, la plupart des produits que je vis… avaient fait l'objet de spots publicitaires…
      Non non… Il n'est pas influencé… C'est seulement son inconscient qui est imbibé… À son insu.

      Où avez-vous lu dans mon billet que l'argent est plus précieux ?
      Relisez moi je vous prie.
      À défaut je vous expliquerai ce que vous semblez ne pas avoir compris… Mais j'entends bien votre besoin un tantinet polémique…

      Supprimer
    2. Aucune intention polémique de ma part, très sincèrement. Vous semblez pour le moins susceptible et méfiant...

      Votre blog est-il réservé aux élogieux ? Publiez-vous pour seulement flatter votre amour propre ou pour discuter des sujets que vous abordez ?

      Si toute discussion vous parait être une polémique, alors je n'interviendrai plus ici, cependant dans le cas contraire qu'appelez-vous l'environnement médiatique ?

      Supprimer
    3. Chacun ici exprime ce qu'il veut... et je réponds comme il me plait....
      C'est ainsi depuis 11 ans que "je blogue"....

      J'appelle environnement médiatique cet ensemble protéiforme qui nous environne et auquel on ne peut échapper (sauf à vivre en autarcie), depuis le gros titre du journal qui s'impose à mes yeux, mentionnant l'horrible du jour, dans la rue sur le panneau publicitaire du kiosquier, en passant par la radio, la TV, mon ordinateur, mon canard local, etc. , et même par extension les gens qui m'entourent et me parlent de l'actualité, le plus souvent ses atrocités (réelles ou supposées), et ce "monde qui va si mal partout"....

      Ce n'est bien évidemment qu'un de ses aspects.... En homme intelligent que vous êtes vous avez compris le contraste que je voulais souligner avec "les bonnes et belles choses" que l'on montre trop peu...
      C'est en ce sens plus positif que je mets en lien le site "reporters d'espoirs"

      Supprimer
    4. Merci pour le compliment, je prends cela comme une invitation à la cordialité et à la discussion. Effectivement, je me suis souvent fait la même réflexion. Mais cette réflexion, un peu superficielle, doit à mon sens être complétée d’une part par le questionnement des raisons qui font que les médias (auxquels tout comme vous je constate qu’il est impossible d’échapper totalement) nous abreuvent tous les jours de messages anxiogènes, angoissants, qui alimentent la peur et les sentiments négatifs. Et d’autre part sur le questionnement de notre propre comportement, à savoir si nous choisissons d’être spectateur apathique et sujet, ou bien si nous faisons le choix d’être acteur critique et sélectif des informations que nous recevons. Et pour être tout à fait concret, il suffit à mon sens de couper sa radio, sa télé, de sélectionner la presse ou les sites internet que l’on consulte, ses lieux de consommation, etc. Il n’est pas dans mon intention de faire un inventaire, c’est une problématique que vous devez très bien connaitre, puisque vous la soulevez. Reste effectivement la publicité, les ondes dans les lieux publiques et le bavardage incessant des esprits serviles qui ne font que régurgiter toutes crues les “informations” dont on les abreuve.

      Mais lorsque l’on se distance des principaux canaux médiatiques, je crois que l’on retrouve un regard plus authentique et qu'il devient loisible à nouveau de voir qu’il existe beaucoup de “belles et bonnes choses”, pour reprendre cette jolie formule. La nature par exemple, qui n’a pas complètement désertée nos villes et nos campagnes, et qui se laisse admirablement bien voir par celui qui veut bien y regarder de près, le chant et le vol des oiseaux, les arbres agités par le vent, le ciel, les fleurs, mais encore la littérature, la musique, la poésie, la peinture, l’art en général, la science qui recèle des beautés souvent insoupçonnées, les enfants qui rient et nous rappellent le chemin de l’innocence, la beauté des visages et de certains regards, et tant d’autres choses que vous savez. Et bien sûr, la plus belle des choses, la contemplation de Dieu, en soi ou dans le monde, ainsi que le don et la prière. Cette contemplation d’ailleurs devrait nous permettre de ravaler la publicité et les quelques pollutions visuelles et sonores qui nous sont infligées, au rang qui est le leur, celui de l’anecdote.

      Cela dit, merci de votre accueil, sincèrement, et pour vos réflexions inspirantes. Au plaisir.

      Supprimer
    5. Je suis d'accord avec vous, bien évidemment, sur les options personnelles que vous citez, qui sont d'ailleurs les miennes dans le concret de mon existence, et qui sont la résultante de l'exercice de la liberté personnelle et de la référence aux fondamentaux accessibles pour le peu que l'on fasse un retour sur soi « non ego centré ». Une grande majorité de mes billets évoque ces aspects-là depuis bien longtemps…
      Il n'empêche que l'on ne peut fermer toutes ses écoutilles…Ce qui n'est de toute façon pas souhaitable.

      Il n'en demeure pas moins que les courants sociaux nous traversent qu'on le veuille ou non, et même parfois nous transpercent. Nous ne sommes alors plus dans une « bonne vulnérabilité », mais dans une déstabilisation forte, comme le vent tempétueux qui nous traverse et peu nous faire tomber et nous blesser.

      Supprimer
    6. Qu'appelez-vous les courants sociaux ? Auriez-vous un exemple concret ? Je ne vois pas bien de quoi il s'agit.

      Supprimer
    7. Au sens que donnent généralement les sociologues à cette expression.
      (Durkheim, Weber, Bourdieu...)
      ainsi des comportements des foules ou des courants d’opinion.
      Ex concret : "la manif pour tous" contre le mariage pour tous.

      Supprimer
  8. J'avoue ne pas être très versé dans la sociologie, bien que j'imagine que cela doit être une science tout à fait passionnante, elle est pour mon intelligence par trop ardue et aride et surtout trop centrée sur l'humain. J'ai pourtant lu le petit ouvrage sur la télévision de Bourdieu ou l'étude sur la religion de Durkheim mais j'espère que vous pardonnerez mon inculture en la matière qui est totale. Je ne connais donc pas ce concept, si vous avez des références, je suis preneur, je suis très curieux de nature et je n'aime pas rester dans l'ignorance.

    Ceci étant dit, je partage votre sentiment, j'avoue que pour ma part j'ai choisi une forme de saine retraite et de relative solitude qui me permettent de ne pas trop m'absorber dans l'immédiateté médiatique et politique, et bien que je me sente très concerné par le sujet du mariage pour tous, je ne suis absolument pas le déroulement des évènements... L'agitation de la populace dont se jouent les politiques me laisse de marbre et je me tiens toujours à bonne distance de mes semblables. C'est un choix, sans doute critiquable, peut-être lâche, mais dans ma faiblesse je me console de la médiocrité humaine, avec entre autres choses, ces sages paroles que l'on prétend avoir été prononcées par Démocrite :

    "Je voudrais que l'Univers entier se dévoilât tout d'un coup à nos yeux. Qu'y verrions-nous, que des hommes faibles, légers, inquiets, passionnés pour des bagatelles, pour des grains de sable ; que des inclinations basses et ridicules, qu'on masque du nom de vertu; que de petits intérêts, des démêlés de famille, des négociations pleines de tromperie, dont on se félicite en secret et qu'on n'oserait produire au grand jour; que des liaisons formées par hasard, des ressemblances de goût qui passent pour une suite de réflexions; que des choses que notre faiblesse, notre extrême ignorance nous portent à regarder comme belles, héroïques, éclatantes, quoiqu'au fond elle ne soient dignes que de mépris ! Et après cela, nous cesserions de rire des hommes, de nous moquer de leur prétendue sagesse et de tout ce qu'ils vantent si fort"

    Bien à vous.

    RépondreSupprimer

Si vous avez des difficultés à poster un commentaire ou si celui-ci n'apparaît pas, vous pouvez me l'adresser par mail (voir adresse dans la marge à droite tout en bas).
Merci.
Je le publierai en votre nom.