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mardi 25 juin 2013

Salut l'artiste


4 ans déjà qu'il est mort, un 25 juin,  à cause d'un con de toubib….

«Thriller» est sans conteste le meilleur clip de tous les temps. 

Je me souviens de sa première diffusion à la TV. On  a attendu des plombes, tard dans la soirée,  à faire le guet  devant l'écran, devant Drucker, avec mes enfants….
On nous annonçait ça comme si Dieu en personne allait descendre du ciel devant les caméras et le gentil Michel Drucker allait l'interviewer illico et même que comme il parle tout le temps Dieu lui-même n'allait pas pouvoir en placer une !

Et puis !
alors là ! Scotché !! 
Dingue !
Plus de 13 mn de ouf !!

Bon aller !
là je vous mets la version courte !


Pour le reste de sa "vie privé"…. ses excés de tous ordres…. ben… c'est ça les artistes… et moi je m'en fous….. 
L'art est une démesure où il meurt.

samedi 22 juin 2013

le "Château" ...


Elle nous avait indiqué la route la plus intéressante pour aller de "ça" à "là". Une petite route de montagne moyenne qu'elle nous montra sur la carte. —  Vous verrez, c'est très intéressant. Un peu caillouteux, mais vous avez une bonne voiture. Et puis par là, les touristes ne passent pas. En plus il ne pleut pas. Vous ne risquez pas de déraper et de faire une embardée sur le contrebas.
Elle pointa son doigt sur la carte, juste après un virage.
Elle dit : 
— Ici faites attention. Sur votre gauche vous verrez le château. On l'appelle comme ça dans la région. Vous savez, il ne faudra pas trop vous approcher. Surtout ne vous arrêtez pas. Et même, ne ralentissez pas la voiture. Passez normalement, sur la route. Je ne vous dis pas d'accélérer parce que c'est sinueux. Il ne faudrait pas que vous ayez un accident. À cet endroit-là se serait désastreux.

Nous nous sommes penchés sur la carte. Elle aussi. Elle a alors murmuré, comme dans un souffle, comme si les murs avaient des oreilles :
— cette Bâtisse héberge une secte dangereuse...

Mon amie et moi avons échangé un sourire complice, mais notre hôtesse avait le visage fermé et sérieux. Elle ajouta : — Ne souriez pas, si vous saviez !
J'ai rétorqué aussitôt : — Racontez-nous !
— Je ne peux rien dire, et d'ailleurs j'ai déjà trop parlé. Et puis, on ne sait pas vraiment. Dans les campagnes il y a toujours des rumeurs bizarres.

Puis elle dévia rapidement la conversation sur d'autres endroits qui ne fallait absolument pas manquer : — Garez la voiture ici, prenez ce chemin sur 100 m, vous verrez les vestiges très intéressants d'une petite chapelle détruite pendant la guerre. Mon grand-père m'avait raconté qu'il allait y prier avec ferveur je ne sais plus quel saint bénéfique pour attirer son attention sur lui. 

Ah ! Les vieilles croyances !…
Nous avons pris la route. Après le fameux virage, le « château » est apparu. Une bâtisse un peu lugubre en effet, sur la hauteur par rapport à la route, à moitié cachée par un haut mur d'enceinte façon château fort. J'ai arrêté la voiture. Nous sommes descendus regarder et j'ai pris une photo. C'était amusant d'imaginer derrière ces murs une bande de joyeux écervelés, adeptes de je ne sais trop quelle divinité ésotérique, menant le soir sabbat tapageur autour d'un feu satanique.

C'est en remontant en voiture, jetant un dernier coup d'oeil, que,  entre deux créneaux de la muraille, j'ai vu cette silhouette sombre. Un homme venait de surgir. Dans le contre-jour, j'ai juré qu'il avait un fusil à l'épaule, façon garde-chasse. Mon coeur se mit à battre plus fort, j'ai fait claquer la portière et démarré aussitôt. Quelques instants plus tard mon amie et moi entendions un claquement sec. J'ai dit : — Putain ! Il a tiré le con !

Mon amie est parti d'un grand éclat de rire sonore. Moi aussi quelques instants plus tard.

Il n'empêche… Le soir à l'auberge, basculant mes photos sur l'ordinateur, j'ai obtenu ceci.
Peut-être y a-t-il certaines histoires auxquelles il faut croire

clic pour agrandir


Librement inspiré de faits réels de mes dernières vacances….

vendredi 21 juin 2013

Atelier à te lier


Hier, dernière séance avant les vacances de mon atelier d'écriture. Je réalise que c'est la troisième année, peut-être même la quatrième que je participe… Incroyable fuite du temps. Mais quand ferais-je enfin quelque chose d'important.

Le thème était intéressant :
— faites le portrait de votre voisin/voisine.
Comme je trouve que la mienne à une tête d'oiseau, j'ai multiplié les métaphores volatiles… Un peu basse-cour… C'est pas très gentil, parce que cette voisine est bien sympathique et que je l'aime bien… Mais bon… Vagabondages de l'écriture !

Ensuite l'animatrice a rassemblé nos feuilles pour les redistribuer au hasard (elle nous avait demandé de bien écrire…).
— La deuxième étape consistait à reprendre le portrait fait par un autre participant et à le mettre en situation. La situation étant tirée au sort dans une enveloppe. Mais il fallait bien sûr coller au plus près du texte original. J'ai tiré : « aventure » (d'autres ont eu : autobiographie, scène de guerre, romantisme et fleur bleu, réalisme, science-fiction, etc. ). Comme je suis tombé sur le portrait d'un jeune garçon, j'en ai fait un dealer de banlieue.

J'ai pris beaucoup de plaisir à reprendre le texte d'un autre en le mettant dans une situation bien différente que le portrait d'origine, tout en respectant le mieux possible la description faite et la personnalité sous-jacente.
Cependant, ce qui fut le plus intéressant c'est cette interactivité entre nous. 
Cela a donné de belles complicités. Nous avons passé un super beau moment.
L'animatrice a hérité de mon texte qu'elle devait placer dans un contexte « fantastique ». Ma voisine décrite est alors devenue une sorte d'animal fantastique et j'ai été surpris de la manière dont elle a transcendé mes métaphores d'oiseaux.

Après la séance, je suis allé me balader dans l'après-midi finissant et avant la pluie… Je repensais à quelques évolutions personnelles à propos « du collectif ». Si je continue à aimer la solitude qui me permet la quiétude de l'approfondissement, je constatais combien ces dernières années j'avais pu pleinement goûter la joie de travaux collectifs qui amènent à une plus grande réussite. Sans doute suis-je devenu plus souple, plus coopératif, moins têtu qui veut avoir raison. J'ai trouvé peut-être un relatif juste équilibre entre l'affirmation de moi, l'adaptation aux autres, et la joie profonde de se désapproprier.

dimanche 16 juin 2013

Jactance de pape


Me voici en WE en bord de mer.
Le temps est agréable, le vent d'hier est tombé. La mer est d'un gris laiteux, étale, calme, au repos. Personne (ou presque) sur la plage immense de sable fin : 7 kms d'étendue sans rien ni personne. Un régal méditatif.

Après ça, je rentre. Je commets l'erreur fatale. J'allume la radio ! 
Mais que je suis con des fois !
Fin de la méditation !!

Qu'est-ce que j'entends ?
Le pape a reçu des parlementaires français, leur enjoignant d'abroger des lois pour les mettre en conformité avec les valeurs de l'Église….

Non mais, de quoi je me mêle espèce de donneur de leçons !
Et si tu commençais par mettre de l'ordre dans ton propre Etat du Vatican, hein banane ! Ça nous changerait un peu ! Parce que questions "valeurs" ça se pose un peu là tous tes scandales depuis des décennies !

Attardons-nous à quelques valeurs de l'Eglise …..

— Comme prélat ou prêtre, tu n'auras qu'exceptionnellement comme maitresse une femme mariée, et tu préféreras les garçons qui ne risquent pas de procréer de ta semence.
— Tu aimeras les petits garçons et les petites filles de toute ton âme et de tout ton sexe
— Tu vivras pauvrement dans la richesse et l'opulence vaticane.
— Tu ne tiendras pas compte de ce que tu as volé avec la main droite dans les espèces des généreux donateurs, et le donneras de la main gauche aux dames de grandes vertus.
Ah ! Le bon vieux temps !
— Tu feras du Vatican un Paradis fiscal pour la Mafia, car même les mafieux ont droit au Paradis, car Dieu est miséricorde. Ainsi par l'argent et la combinatione tu vendras leurs âmes au prix fort.
— Tu auras une grande banque au fonctionnement obscur et 44 000 comptes secrets. Tu y entasseras, pour tes besoins personnels, tout l'argent que tu as soutiré aux pauvres d'esprits naïfs qui croient en tes vertus.
— tu mettras un Baron fabriquant et marchand de navires de guerre, à la tête de la Banque du Vatican (Ernst von Freyberg), car il est bon que le banquier de Dieu vende des armes ! Que son règne vienne !


Donc François tu te la boucles comme les autres.
Quand ton Vatican sera exemplaire on en reparlera…
Va donc retirer la poutre de ton oeil, au lieu de voir une soi-disant paille dans celle de la France démocratique et laïque.

Amen

mardi 11 juin 2013

Hommage à l'Artiste


Alors voilà, c'était ce week-end. Au loin là-bas. Ce matin, dans un mail mon ami m'écrit ceci : « La fête est finie, la tension va descendre jusqu’à une prochaine expo ou autres. c’était une grande aventure. »
Cela fait des mois qu'il collabore à la réalisation de tout cela. C'est lui qui a eu l'initiative d'une petite expo dans le village de l'artiste, en marge de la grande expo qui s'est ouverte la semaine dernière au musée de GrandeVille, pour six mois, plus de 200 oeuvres exposées.

*

Nous n'étions pas loin de 200 personnes, à proximité de chez toi, pour t'entourer l'ARTISTE. Toi qui ne peut plus rien faire, Toi, dans ton fauteuil roulant, qui ne parle plus, dont on ne voit même plus les yeux pétillants, cachés derrière d'épaisses lunettes, alors on ne voit plus non plus cette manière que tu avais de cligner sans cesse, comme pour souligner l'urgence de vivre, l'urgence de créer, l'urgence de ne pas perdre un instant. 
Saloperie d'AVC !

 Lorsque tu es entré, tu as fait signe à la personne d'arrêter le fauteuil roulant devant l'une de tes oeuvres. Le hasard fait qu'à ce moment-là j'étais juste à côté. J'ai vu l'émotion sur ton visage pourtant relativement immobile. C'est comme si tu découvrais cette oeuvre-là. Sans doute ne l'avais-tu plus vue depuis des années, comme bien d'autres vendues. Il en va ainsi des artistes. Ils produisent, ils vendent parce qu'il faut bien vivre, et parfois dans la précarité, ainsi de toi donnant tes oeuvres pour trois fois rien, afin de pouvoir acheter tes matériaux. 

Tu as perdu des pans de mémoire à cause des dégâts dans le cerveau, et dans la Grande Expo te voici redécouvrant tes propres oeuvres. Par même la certitude qu'elles soient de toi. Par ton épouse, qui arrive à te comprendre, j'apprends que tu as dit, en ébauchant un sourire de ta bouche à moitié paralysée : "je suis quand même un grand artiste !"
C'est bien toi ça. C'est bien ton humour !

*

Après les discours officiels, les évocations de l'oeuvre et du passé par mon ami, on s'est retrouvé à quelques-uns dans l'Atelier de l'Artiste.  Ce fut plus intime. Là, je lui ai dit quelques mots, évoquant quelques souvenirs lointains, mais je ne crois pas qu'il m'ait reconnu… J'aurais pourtant tellement aimé le voir le verre à la main, comme en ce temps-là, où il parlait sans cesse, la réplique facile, le rire qui fusait, lui qui avait une telle culture artistique, qu'il n'étalait pas pour la ramener, mais à laquelle il référait, parce que c'était sa vie, son univers,  sa respiration, son ouverture.
Et là, je le voyais, dans sa beauté immobile d'homme octogénaire. Il avait cette sorte de profondeur du créateur, du fond même de son fauteuil, dans son corps figé.

J'avais du bonheur à le revoir, après toutes ces années, en même temps qu'une émotion parfois me mouillait les yeux. La grande ombre de la tristesse, celle qui nous fait dire : « c'est pas juste ! ». Cet homme est un grand Artiste, il a produit des oeuvres majeures, certes, difficiles à aborder et à comprendre, et cependant d'une extraordinaire originalité. On les reconnaît entre toutes. Et cet homme, ce grand artiste, est aujourd'hui  victime du sort. Un jour, après sa mort, comme souvent, on s'arrachera ses oeuvres. "C'est quand il sont morts que la cote monte" déclare un habitué de la chose. Qu'importe s'il a crevé la faim de son vivant, avec les huissiers aux fesses…

Évidemment, l'essentiel n'est pas là. Pas dans l'argent et les plus-values. L'essentiel est ailleurs. L'essentiel est la trace qu'il laissera. Celle qu'il a déjà imprimée dans ma vie depuis les années 1970. J'étais tout jeune, il m'appelait « son photographe officiel »… Je faisais 200 km parce qu'il avait besoin immédiatement de la photo d'une oeuvre pour un catalogue ou je ne sais quel article… J'embarquais tout mon matos, appareils photos, cuves de développement, agrandisseur… J'exécutais ! Je rentrais chez moi dans la nuit pour retourner en fac le lendemain matin… Je mesurais à peine la chance d'être parmi ses proches.

*

Toi l'Artiste, le Grand, et en même temps le simple et l'humble, je te rends hommage, je te salue du fond de mon coeur. 
Tu as cherché la Vérité de l'Homme, inlassablement. Tu as sculpté les blessures, les tensions fondamentales. Les corps distordus ne sont pas disgracieux sous tes doigts, mais vivants et jaillissants dans les stigmates de l'angoisse. Tu interpelles l'humain. Tu donnes à voir l'en-deça du perceptible, pour mieux le conjurer, et faire jaillir La Vie des pressions internes démantelées. Il ne peut en être autrement. La vie est victoire sur le néant et l'absurde déchiré. Tes oeuvres je les ai vues sur les visages et dans les corps de ceux qui sont venus me demander aide psychologique. Tu es promesse d'accomplissement. Et même dans ton immobilité d'aujourd'hui, tu transcendes ton corps affaibli et trop inerte, lorsque d'un geste puissant tu élèves ton bras encore valide en le projetant vers le ciel, comme le cri muet du vainqueur que tu es désormais pour toujours.

Voir ici

lundi 10 juin 2013

Et ça continue…


Après les divers scandales des laboratoires pharmaceutiques (Mediator,  prothèses mammaires, somnifères dans des boîtes de diurétique, etc. etc.), enfin, la Fédération Nationale des Syndicats Pharmaceutiques réagit …

Pour dénoncer et fustiger toutes ces erreurs ?
Que nenni !

L'honorable Fédération Nationale des Syndicats Pharmaceutiques s'attaque ouvertement à tous les handicapés qui décidément emmerdent trop le monde !
Un lobby  de plus à l'oeuvre… Qui prépare ses arguments pour faire plier la ministre… Toujours prête à faire des courbettes et à laisser tomber les personnes à mobilité réduite, dont on a déjà dit qu'elles doivent rester chez elles.

Imaginez : un handicapé en fauteuil roulant dans une pharmacie !… Mais franchement qu'est-ce qu'il va faire là… Manquerait plus que cela qu'il puisse se fournir en médicaments comme tout un chacun… Remarquez… C'est peut-être pas plus mal, si c'est pour lui refiler des somnifères à la place de diurétiques…

On avait tous oublié un truc !
on pensait que les pharmaciens étaient des professionnels de santé !
Grave erreur ce sont des commerçants avides-à-dollars !

Lisez plutôt :

 mail que la Fédération des Syndicats pharmaceutiques à adressé à tous ses membres :

La FSPF lance une enquête. La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a renforcé l’obligation d’aménagement des établissements recevant du public (ERP), afin de permettre l’accès et la circulation de toutes les personnes handicapées, quel que soit leur type de handicap (physique, sensoriel, cognitif, mental ou psychique). A compter du 1er janvier 2015, les ERP devront être en mesure d’accueillir des personnes en situation de handicap : les locaux dans lesquels exercent les professionnels de santé sont donc concernés.  Compte tenu des difficultés économiques que connaissent un grand nombre d’officines, nous avons l’intention d’alerter les Pouvoirs publics et de demander, en tant que de besoin, la mise en place de mesures dérogatoires. Afin d’étayer notre demande, nous souhaiterions disposer de données factuelles nous permettant de mieux appréhender l’étendue des difficultés rencontrées sur le terrain. C’est la raison pour laquelle nous avons élaboré un court questionnaire à destination des pharmaciens d’officine. Vous pouvez accéder à ce court questionnaire en cliquant sur le lien suivant : http://www.fspf.fr Il importe de n’y répondre qu’une seule fois, en qualité de pharmacien. Ce questionnaire doit-être rempli en ligne et validé avant le 12 mai 2012 afin de nous mettre à même de l’exploiter. Nous vous remercions par avance pour votre collaboration active. Un taux de réponse significatif est nécessaire pour que la FSPF puisse valablement faire état auprès des Pouvoirs publics des difficultés éventuellement soulevées par la mise en œuvre de la réforme de l’accessibilité des ERP aux personnes handicapées. 
Jocelyne WITTEVRONGEL, Vice-présidente.

Jocelyne tu es une femme merveilleuse de......

On rappelle que ça fait 10  à 15 ans que les textes existent sur l'accessibilité.
On ne fait RIEN et on attend LE DERNIER MOMENT avant le couperet pour dire : pas possible ! les pharmaciens sont des pauvres sans le sou (le mien roule en grosse BMW, mais il a du acheter d'occase un vieux modèle à des roms…)

Bon d'accord, tout le monde s'en fout !
Moi je continuerai à relayer ici toutes ces informations…
si je vous lasse, ne venez plus ici.



mardi 4 juin 2013

L'art et l'amour….


…. Est aussi l'art de deux versions… 
Suite à l'article que j'évoque ci-après, j'ai publié sur "Le Voyageur de l'Aube". Cela m'est venu de faire une version plus courte en l'expurgeant de l'aspect de recherche qui caractérise cet autre blog. C'est une forme d'exercice assez intéressant au final. (Je veux dire qui m'a intéressé…)


Le thème central du numéro de Philosophie de juin est : l'art nous aide-t-il à vivre ? — La fin d'un article de Charles Pépin m'a interpellé. (extraits)
« Dans l'expérience esthétique nous sommes confrontés à quelque chose de mystérieux, d'obscur, mais qui ne fait pas peur. Mieux, nous aimons ne pas comprendre. (…)  »

Lisant cela, j'ai pensé à mes propres expériences esthétiques, à celles qui m'ont mis en présence de ce quelque chose de mystérieux. J'ai même fait l'acquisition de quelques toiles à cause de ce mystère que je ne cesse de contempler quand je les regarde, sans chercher à percer ce mystère, et d'ailleurs je n'aimerais pas, ce serait comme un grand dommage à mes yeux.
Parfois on me demande ce que ça représente. Je réponds toujours quelque chose du genre : ce que vous aurez envie d'y voir ou ce qui vous sera révélé en regardant.

Les propos de Charles Pépin m'ont immédiatement fait penser au Mystère de la Personne, dont je parle souvent. 

Il n'y a pas à percer le Mystère. Il y a seulement à le contempler, à recevoir ce qu'il révèle, ce qu'il donne à voir et à vivre dans son éclat et sa beauté. Vouloir tout connaître de l'autre est sans doute une erreur, parce qu'alors il n'y a plus de mystère à contempler. Or pour aimer, il faut pouvoir admirer et parfois contempler. Tout connaître de l'autre, ce serait l'avaler, le dévorer. (Bébé requin, bébé d'amour, je vais te dévorer le coeur, chantait France Gall en son temps…)
Ainsi du conjoint disant « je te connais par coeur », c'est-à-dire je possède tout de toi et donc il n'y a plus rien à aimer de toi, en toi. J'ai tout bouffé de qui tu es…
Quand on prétend tout connaître de quelque chose ou de quelqu'un il n'y a plus qu'à passer à autre chose…

Quand l'autre demeure profondément Mystère, alors on l'aime, on continue de l'aimer pour le mystère qu'il est, sans chercher à tout savoir de l'autre, à vouloir tout posséder de lui, à le chosifier. On risque d'en faire un objet de connaissance, et non pas un sujet mystérieux, vivant, surprenant, forçant l'étonnement, toujours nouveau, sans cesse source d'émerveillement.

Je vis cela vis-à-vis de ma compagne. J'ai tendance à dire : depuis toujours… Pourquoi ? Je ne sais pas ! C'est comme ça… Ce n'est pas un choix délibéré et encore moins une obligation que je me ferais. Cette attitude m'apparaît comme composante de ma personne, comme un naturel évident, quelque chose de vital et incontournable dans ma relation à elle. Souvent je la regarde à son insu, en pensant plus ou moins ceci : mais qui donc es-tu ? Et cette question ne cherche pas de réponse. Elle se suffit à elle-même, générant un mouvement intérieur de présence à elle. Et ainsi qu'il est dit pour l'art dans le texte cité : « j'aime ne pas comprendre ». J'aime ce mystère quel est dans l'éclat de sa beauté, parce que chaque jour qui passe je la trouve plus belle, plus éclatante, plus vivante, plus femme, même si comme chantait Reggiani : "elle n'a plus 20 ans depuis longtemps".

samedi 1 juin 2013

Pour Célestine ...

... et pour Tonton Georges
et l'ami Maxime
et tous les ans
saignants
qui 
savent y faire.