vendredi 21 juin 2013

Atelier à te lier


Hier, dernière séance avant les vacances de mon atelier d'écriture. Je réalise que c'est la troisième année, peut-être même la quatrième que je participe… Incroyable fuite du temps. Mais quand ferais-je enfin quelque chose d'important.

Le thème était intéressant :
— faites le portrait de votre voisin/voisine.
Comme je trouve que la mienne à une tête d'oiseau, j'ai multiplié les métaphores volatiles… Un peu basse-cour… C'est pas très gentil, parce que cette voisine est bien sympathique et que je l'aime bien… Mais bon… Vagabondages de l'écriture !

Ensuite l'animatrice a rassemblé nos feuilles pour les redistribuer au hasard (elle nous avait demandé de bien écrire…).
— La deuxième étape consistait à reprendre le portrait fait par un autre participant et à le mettre en situation. La situation étant tirée au sort dans une enveloppe. Mais il fallait bien sûr coller au plus près du texte original. J'ai tiré : « aventure » (d'autres ont eu : autobiographie, scène de guerre, romantisme et fleur bleu, réalisme, science-fiction, etc. ). Comme je suis tombé sur le portrait d'un jeune garçon, j'en ai fait un dealer de banlieue.

J'ai pris beaucoup de plaisir à reprendre le texte d'un autre en le mettant dans une situation bien différente que le portrait d'origine, tout en respectant le mieux possible la description faite et la personnalité sous-jacente.
Cependant, ce qui fut le plus intéressant c'est cette interactivité entre nous. 
Cela a donné de belles complicités. Nous avons passé un super beau moment.
L'animatrice a hérité de mon texte qu'elle devait placer dans un contexte « fantastique ». Ma voisine décrite est alors devenue une sorte d'animal fantastique et j'ai été surpris de la manière dont elle a transcendé mes métaphores d'oiseaux.

Après la séance, je suis allé me balader dans l'après-midi finissant et avant la pluie… Je repensais à quelques évolutions personnelles à propos « du collectif ». Si je continue à aimer la solitude qui me permet la quiétude de l'approfondissement, je constatais combien ces dernières années j'avais pu pleinement goûter la joie de travaux collectifs qui amènent à une plus grande réussite. Sans doute suis-je devenu plus souple, plus coopératif, moins têtu qui veut avoir raison. J'ai trouvé peut-être un relatif juste équilibre entre l'affirmation de moi, l'adaptation aux autres, et la joie profonde de se désapproprier.

13 commentaires:

  1. Bonjour AlainX.

    Je n'ai jamais participé à des ateliers d'écriture. L'envie pourtant ne manque pas. Franchir le pas. Pas assez confiance.

    Ce que tu racontes là est très intéressant.

    J'ai eu l'occasion lors d'atelier de biodanse d'avoir des moments d'écriture, à partager ensuite avec d'autres. Et ce fut toujours difficile pour moi de lire ce que j'avais écrit et surtout de me "comparer" aux autres écrits qu'à chaque fois je trouvais beaucoup plus, mais vraiment beaucoup plus.. que ce j'avais produit.

    Ah la la... j'en ai pas fini de guérir "mon estime de moi"...

    Passe un bon week-end.

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    1. Dans les ateliers d'écriture auxquels j'ai participé, personne ne compare son texte avec celui des autres. Et surtout pas l'animatrice… Mais je comprends très bien ce que tu dis des craintes à ce sujet. J'ai pu observer que les participants « peu confiants » prenaient de plus en plus de plaisir au fil des séances, c'est très ludique, on s'amuse beaucoup en même temps qu'il y a parfois pas mal d'émotion.
      L'animation aide beaucoup à ce qu'il n'y ait pas des égaux plus égaux que les autres…
      :-)
      C'est un bon moyen d'améliorer l'estime de soi…

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  2. Je trouve très porteuse la consigne d'écriture proposée par l'animatrice
    Le portrait que tu as fait de ta voisine agrémenté de métaphores pour la décrire au mieux, est encore réécrit dans une situation dont on a tiré le thème au sort! Je trouve cette idée excellente: elle permet, à partir d'un portrait de partir à fond dans l'imaginaire. Ce doit être amusant pour la personne qui a été ainsi "décrite" de voir ce qu'il/elle est devenu dans cette réécriture imaginative
    Tu ne dis pas comment tu as été décrit par ton ou ta voisine, si tu t'es reconnu, et aussi en quelle "situation" le participant avait à réécrire ton portrait de départ...
    une remarque: en tant qu'animatrice, je n'écris jamais avec les participants, surtout parce je veux garder toute mon attention pour ce qui se passe dans la salle.
    Dans les ateliers que j'ai moi-même fréquenté, il en est de même...

    autre chose encore: j'aime beaucoup ta conclusion:
    "J'ai trouvé peut-être un relatif juste équilibre entre l'affirmation de moi, l'adaptation aux autres, et la joie profonde de se désapproprier."



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    1. Je me suis mal exprimé : le voisin/voisine, c'est pas la personne à côté de soi dans l'atelier, mais son voisin de palier, de maisons, de quartier…
      Personnellement j'aime beaucoup que l'animatrice écrive avec les participants.
      Cela permet de voir que son texte est : un parmi les autres. Et on ne se prive pas de lui faire des remarques dans l'échange, comme elle en fait elle-même à chacun…

      Pour moi le plus grand « plus » qu'elle apporte c'est sa compétence très élargi en littérature, et ses qualités pédagogiques. Il faut dire que c'est une ancienne prof de lettres !

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  3. L'art du portrait en littérature est la base sur laquelle le lecteur s'accroche. Il faut toujours soigner les caractère en même temps que l'apparence physique. Ne dit-on pas qu'après 40 ans on est responsable de sa gueule ?

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    1. Quoi ma gueule ?
      Qu'est-ce qu'elle a ma gueule !
      :-)

      À 70 ans (notre Jony national !) on en est encre responsable

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  4. Anonyme22/6/13

    Je reste sans voix devant cette expérience que tu viens de vivre tellement elle est pleine et riche de tout ce que chacun est et peut devenir . Tout est dans ta conclusion et ça fait du bien.
    Je crois que j'aime autant ma solitude et ma remise en question que ma vie avec les autres qui me permet une plus grande ouverture d'esprit et une confiance en moi qui s'affirme.
    Merci pour ce beau partage!
    Brigitte

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    1. Merci pour ton commentaire.
      Je crois que temps de solitude et temps de partage et de rencontre des autres, c'est comme l'alternative de la respiration. Une nécessité vitale.

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  5. elisanne22/6/13

    J'ai repris le chemin des ateliers d'écriture cette année, j'aime cette ambiance si particulière où l'on écrit dans l'urgence les mots qui nous viennent spontanément .
    Il en sort des textes très drôles souvent, mais qui l'air de rien parlent de ce que je ressens, de mes soucis actuels...
    J'ai besoin de ce temps à moi que je partage avec les autres, de ces éclats de rire , de ces larmes parfois, à la lecture de nos textes.
    Les mots sont des compagnons fidèles que ce soit en solitude ou en partage.
    Mardi soir la saison s'achève...

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    1. Alors bonne fin de saison à l'amoureuse des mots....
      Tu as bien raison de participer ainsi, loin des soucis qui sont les tiens et pas toujours simples, même s'ils s'infiltrent dans tes textes :-)
      On met toujours de soi, sans bien s'en apercevoir en écrivant....

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  6. Je n'ai pas pu aller plus loin que ton premier paragraphe.
    Parce que la phrase "mais quand ferai-je enfin quelque chose d'important?" m'a rappelé cette colère du Petit Prince:


    "Le petit prince était maintenant tout pâle de colère.

    - Il y a des millions d'années que les fleurs fabriquent des épines. Il y a des millions d'années que les moutons mangent quand même les fleurs. Et ce n'est pas sérieux de chercher à comprendre pourquoi elles se donnent tant de mal pour se fabriquer des épines qui ne servent jamais à rien ? Ce n'est pas important la guerre des moutons et des fleurs ? Ce n'est pas plus sérieux et plus important que les additions d'un gros Monsieur rouge ? Et si je connais, moi, une fleur unique au monde, qui n'existe nulle part, sauf dans ma planète, et qu'un petit mouton peut anéantir d'un seul coup, comme ça, un matin, sans se rendre compte de ce qu'il fait, ce n'est pas important ça !

    Il rougit, puis reprit:

    - Si quelqu'un aime une fleur qui n'existe qu'à un exemplaire dans les millions et les millions d'étoiles, ça suffit pour qu'il soit heureux quand il les regarde. Il se dit: "Ma fleur est là quelque part..." Mais si le mouton mange la fleur, c'est pour lui comme si, brusquement, toutes les étoiles s'éteignaient ! Et ce n'est pas important ça !

    Il ne put rien dire de plus. Il éclata brusquement en sanglots. La nuit était tombée. J'avais lâché mes outils. Je me moquais bien de mon marteau, de mon boulon, de la soif et de la mort. Il y avait, sur une étoile, une planète, la mienne, la Terre, un petit prince à consoler ! Je le pris dans les bras. Je le berçai. Je lui disais: "La fleur que tu aimes n'est pas en danger... Je lui dessinerai une muselière, à ton mouton... Je te dessinerai une armure pour ta fleur... Je..." Je ne savais pas trop quoi dire. Je me sentais très maladroit. Je ne savais comment l'atteindre, où le rejoindre... C'est tellement mystérieux, le pays des larmes."

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    1. Continue les ateliers d'écriture, il n'est rien de plus important.Et merci de m'avoir laissée citer mon chapitre 7.
      Je t'embrasse

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    2. Ah ! Le Petit Prince !!
      combien de fois ai-je "écouté" (le vinyle des années 50...) ce texte !
      Il m'émeut toujours autant....

      Merci de me rappeler certains essentiels....

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