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mercredi 18 septembre 2013

Tout au bout


Il s'appelait Jean-Pierre. Il participait au forum d'écriture "Kaléïdoplumes", qui a le mérite de constituer une petite communauté d'écrivants sans prétentions, mais qui s'apprécient et partagent. Jean-Pierre avait la plume "chercheuse de mots", désirant nous proposer de beaux textes, au fil des consignes.

Depuis des mois, il subissait comme on dit "une longue maladie".
Et voila. Il est mort…

En forme d'hommage la responsable du forum a proposé que l'on écrive un texte, commençant (incipit) par les premiers mots du dernier texte de son blog.
Voici le mien.

incipit : Un sentier au milieu des fougères puis tout au bout, un horizon lointain, sans bornes, ...


*

— Tout au bout — 


Un sentier au milieu des fougères puis tout au bout, un horizon lointain, sans bornes, je t'en fais la promesse, il suffit de me suivre, passer la lande et quelques vagues oyats, pour retenir la dune, et c'est là.

Tu n'y croyais pas.  — "Je n'ai plus les forces, tu le sais bien. On croit toujours, mais c'est l'incertain et le précaire. La fin des luttes, genou en terre, tête baissée, presque un agenouillement, une réddition, parce que c'est ainsi. Horizon bouché à l'ultime instant"

Moi, je croyais pour deux, et je m'y efforçais. On ne peut pas finir ainsi, sans l'essentiel, sans revoir à défaut d'au-revoir. Voir encore aussi loin que le regard porte, et plus encore aussi loin que le coeur porte, que la vie supporte.

Tout au bout rien ne finit. Tu le disais toi-même il n'y a pas de bornes. Et je te montrerai comment tout continue lorsque ciel et terre ne font plus qu'une seule  convoitise, une seule attirance pour les lointains, qui enfin se font atteignables, sans recul, sans dérobade, parce que la distance tout à coup est abolie.

Tout au bout, maintenant c'est ici.



6 commentaires:

  1. J'ai lu ton texte hier sur le forum en question.
    En texte en "tu" mais dont le "tu" est universel
    Ce "tu" pourrait être "moi" (par ex.)
    Une phrase en particulier m'a touchée:
    "Voir encore aussi loin que le regard porte, et plus encore aussi loin que le coeur porte, que la vie supporte."
    Ces mots m'ont émue...voir n'est pas que physique: on peut voir au plus loin de la vie, dès lors qu'on a l’attirance pour les lointains

    Je t'ai dit avoir BCP aimé ton texte, je le redis ici, merci!

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    1. Je l'aime bien aussi ce texte...
      Ça peut faire prétentieux d'écrire qu'on aime ses textes ! Et cependant c'est ainsi pour certains d'entre-eux. ceux qui, justement, résultent d'un jaillissement spontané, dont on se demande après coup d'où ils sont venus, par quelle alchimie on les découvre sous sa plume ou son clavier...

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  2. Un sentier au milieu des fougères puis tout au bout, un horizon lointain, sans bornes,avec tout au fond, la mer comme un dernier refuge, c'est peut-être là, dans ce lieu rêvé, fantasmé, idéal que Jean Pierre va retrouver Patriarch, deux blogueurs qui s'en vont, la même semaine, le grand ordre naturel des choses du monde a fait souffler un vent aigre sur la blogosphère, et les vivants qui restent ramassent silencieusement les feuilles de papier qui jonchent le sol,comme après le départ d'un train. Ce sont les traces d'un passage que l'on n'oubliera pas.

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    1. un "quelque chose" après la vie humaine....
      oui ? non ?
      A l'heure ultime, les plus coriaces des athées, nihilistes, bouffeurs de curés ou d'imams, adeptes du néant absolu, se prennent à l'espérer....
      Un livre intéressant à ce sujet : "Vivants jusqu'à la mort - accompagner la souffrance spirituelle en fin de vie" - Tanguy Châtel -
      Un livre qui est tout sauf triste, et qui parle de "spiritualité", et pas de religion....

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  3. Il rejoindra JEA ( du blog Mo(t)saïques2, parti la semaine dernière ...

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    1. oui, ne ce moment c'est un peu l'hécatombe.....
      Merci de ton passage par ici.

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