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mardi 1 octobre 2013

Un amour inconditionnel


Est-ce que c'est l'arlésienne cet amour-là ? Tout le monde espère secrètement que ça existe, mais personne ne l'a jamais rencontré ?
J'en ai vu, entendu, lu, des gens qui n'y croient pas parce que, ce serait trop beau, et puis non, c'est impossible, l'autre a toujours une idée derrière la tête, il attend un retour, c'est un stratège, il dit qu'il nous aime pour mieux nous entuber, pour qu'on l'aime en retour, pour qu'on cède, pour que l'on croit que l'on peut y croire.

En réalité, soyons clairs, l'amour inconditionnel : on n'en veut pas !
Trop dangereux ! Trop dérangeant ! Trop insécurisant au final !
Rendez-vous compte, un autre qui nous aimerait, comme ça, quoi qu'on fasse, qui que l'on soit, que l'on soit beau, moche, con, retors, orgueilleux, peine à jouir, survalorisé ou timide, généreux ou pingre, intelligent ou borné, enfin bref plus ou moins ressemblant aux autres. Quelqu'un qui, en plus, ne réclamerait rien en retour.
Franchement, à votre âge, croire encore au Père Noël. C'est désolant !

Et pourtant…
Allez, ne me dites pas que vous ne l'avez jamais vécu au moins un petit peu ?
Je veux dire, autant dans le donné que dans le recevoir.
Ne me dites pas que vous n'avez pas été un(e) père/mère qui aimait son enfant, uniquement parce que c'était lui/elle, et rien d'autre ; que vous avez aimé en premier, sans une stratégie élaborée d'attente du retour. Ne me dites pas que vous n'avez jamais vécu cela avec d'autres personnes, un ami, un amant, un(e) partenaire, etc.

Enfin si… Vous pouvez le dire. Et d'ailleurs beaucoup le disent.
Cela fout tellement la trouille l'amour inconditionnel qu'il vaut mieux prétendre qu'il n'existe pas.

Parce que, l'inconditionnalité de l'amour, ça nous saute à la figure comme une projection d'huile qui explose dans la poêle. Ça nous remet face à nous-mêmes, à poil. Accueillir cet amour-là c'est accepter notre vulnérabilité d'être vu, accueilli, aimé, tel que l'on est vraiment. C'est être poussé terriblement à s'accepter soi-même « comme ça ».  C'est donner du pouvoir à l'autre sans condition. C'est lui reconnaître le pouvoir de nous aimer sans que l'on ait rien à faire pour ça. Sans être obligé à quoi que ce soit en retour.

Or, nous sommes d'affreux négociateurs. En amour comme pour le reste.
— Si tu m'aimes, tu…
— Je t'aime, mais j'espère que tu…
— Tu dis que tu m'aimes, mais l'autre jour, tu…
Je vous laisse compléter la liste.

Si à cela on ajoute toutes nos suspicions autant sur les autres (je ne suis pas sûr qu'il m'aime vraiment…), que sur nous-mêmes, (sincèrement je suis incapable d'aimer vraiment…), Et toutes nos peurs anciennes, bien incrustées dans nos sensibilités, issues des blessures affectives de non-amour dans l'enfance, des trahisons adultes, des déceptions « d'y avoir cru », alors… C'est clair : l'amour inconditionnel ? Une vraie connerie ! Il n'y a que les gros naïfs pour y croire ! (Tiens, au fait, Je sais pas pourquoi les naïfs sont toujours gros…)

Cela dit, il n'est peut-être jamais trop tard pour se remettre la question devant les yeux, devant le coeur : 
 — Puis-je dire que quelqu'un m'a aimé « vraiment » ? Qui ?
— Puis-je dire que j'ai aimé quelqu'un vraiment ? Qui ?


photo : Allégorie de l'Amour sur un miroir Trumeau - Époque Directoire

34 commentaires:

  1. Ta rubrique me laisse dubitative et pose vraiment question...L'amour inconditionnel est je crois, celui que l'on ressent envers son enfant quoiqu'il fasse on l'aime, on le protège (je suis un peu louve) en revanche entre deux être l'amour inconditionnel effectivement c'est plus surprenant, mais j'aime à croire qu'il existe...on s'aime on se désaime on se re aime...on se pardonne bref on trace notre chemin on regarde autant que faire se peut dans la même direction..de plus il a mille façon de concevoir l'amour.. .Aimer sans condition, n'est ce pas aussi se soumettre, s'en remettre totalement à l'autre, et que devenons nous alors????? une idole, un dogme....grrrr je vais me torturer l'esprit en cette fin de journée...
    des bises

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    1. Je reprends surtout cette phrase, chère Sissimeratrice, : «Aimer sans condition, n'est ce pas aussi se soumettre, s'en remettre totalement à l'autre, et que devenons nous alors????? »
      Pour ma part, je ressens l'amour inconditionnel comme un choix totalement libre et personnel. Personne ne peut me l'imposer de l'extérieur. faire le choix de donner, de se donner à l'autre, je suis le seul à pouvoir en décider,… Ou non…
      Autrement dit, plus j'aime l'autre, plus j'aime les autres, plus je me sens devenir un peu plus moi-même. Quand c'est l'inverse, j'ai plutôt le sentiment d'un renoncement à l'essentiel de moi.
      Cela ne veut pas dire que j'ai un amour inconditionnel pour tout le monde et 24 heures sur 24…
      Ça c'est une autre question… !

      Désolé de te faire te torturer l'esprit !
      Quoique… C'est plutôt bon signe quand on se pose des questions !
      Des bises pour toi aussi… Inconditionnelles…
      :-)

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  2. Charlotte1/10/13

    " Puis-je dire que quelqu'un m'a aimé « vraiment » ? Qui ?"
    Ma réponse est "oui" Qui?:mes parents,un ami, une amie, mon mari, un frère, une soeur
    " Puis-je dire que j'ai aimé quelqu'un vraiment ? Qui ?"
    Ma réponse est oui : Qui? mon mari ,mes enfants ,mes petits enfants ,un ami, un confident...un frère, une soeur

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    1. C'est une double chance que tu as…
      Je veux dire par là que la deuxième chance, n'est pas seulement dans la réciprocité que tu indiques, mais probablement aussi par la capacité que l'on peut avoir d'accueillir cet amour-là pour ce qu'il est…

      Il y a des personnes qui (pour des raisons complexes que je n'évoquerai pas ici) vivent le refus délibéré de cet amour-là, tant pour le recevoir que pour le donner.

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  3. ton billet est juste... oui je dirais aussi que l'amour inconditionnel est celui de la filiation plutôt, enfin je crois ! (lol) et sinon / à tes questions, je ne peux répondre que pour moi : oui j'ai déjà aimé d'amour inconditionnel ! qui ? Top secret voyons ! ;)

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    1. J'ai tendance à croire qu'il ne se limite pas à la filiation… ( Mais il faudrait que je développe… Peut-être un autre billet…)
      Oui, oui… Top secret ! Ma question était plus pour porter un regard sur soi-même, et pas pour pousser aux confidences…
      D'ailleurs celles-ci se font plutôt en privé que sur le blog…

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  4. Bon je vais peut-être te surprendre, mais pour moi, l'amour ne peut être qu'inconditionnel. C'est le don de soi, c'est cette douce évidence qui te saisit aux tripes quand tu sais que tu aimes quelqu'un pour ses qualités et malgré ses défauts, et surtout, quand tu veux son bonheur et non pas le tien.
    C'est ce qui ne s'explique pas, ce qui n'a pas de "si"...ce qui faisait dire à Montaigne "parce que c'était moi, parce que c'était lui.
    J'ai toujours aimé inconditionnellement mes parents, mes frères et soeurs, mes enfants, mes amis. Et les hommes de ma vie.
    En revanche je ne saurais dire si j'ai été aimée de la même façon. Oui, sans doute, par certains. Mais d'autres n'ont pas supporté ma façon d'aimer. Libre, entière et non possessive.

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    1. Ben non, chère Célestine, tu ne me surprends pas vraiment ! Car au final tu as raison... Fondamentalement il ne peut être qu'inconditionnel. Sinon on est vite dans une forme de marchandage.
      Ce qui me surprend c'est le : « j'ai toujours aimé (…) ». Tu as de la chance et ceux qui t'entourent en ont tout autant. pour ma part, je suis loin d'avoir toujours aimé avec cette qualité-là.

      ton dernier paragraphe me pose question : Mais pour l'instant je n'y vois pas très clair… C'est à propos de « supporter ma façon d'aimer »…

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  5. Anonyme2/10/13

    Un sujet saisissant !
    L'amour inconditionnel, oui, ça existe mais ça demande aussi un investissement personnel et tu l'exprimes très justement dans ton passage sur l'inconditionnalité de l'amour.
    C'est surtout pour l'autre que nous avons à faire ce travail, (autant que pour nous même car s'aimer dans toutes ses facettes ce n'est pas si évident que ça au départ et ça dépend beaucoup de l'éducation reçue et de l'environnement social dans lequel on grandit ) et lorsque nous pouvons nous regarder sans tricher, nous mettre alors à la place de l'autre, nous pouvons prendre conscience que c'est le jugement que l'on porte sur soi et sur l'autre qui nous empêche d'entrer dans cette forme de respect mutuel et d'acceptation de notre condition d'homme et de femme avec nos différences mais aussi notre richesse.
    Bien sûr, aimer inconditionnellement mes enfants, mon mari, ça ne m'a pas posé de problème. C'est naturel , ça fait partie de moi, de mon choix de vie .
    Mais c'est en prenant conscience qu'il me fallait dissocier les êtres et leurs comportements face à des blessures d'injustice ou d'humiliation que j'ai découvert la profondeur de cette relation d'amour inconditionnel à laquelle tout un chacun peut accéder pour peu qu'il ait envie d'aimer vrai, s'aimer soi -même autant qu'aimer son vis à vis. pas facile mais ça vaut le coup d'expérimenter. Sûr, c'est souvent la peur le moteur de nos blocages émotionnels!
    L'amour inconditionnel ouvre la porte à la liberté, la liberté de donner et recevoir , de respecter la vie et d'ouvrir son coeur à tous les possibles.
    Brigitte

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    1. Ah ! J'aime beaucoup ton commentaire ! Ça me semble très juste !
      Merci pour cette manière d'interagir.
      Je crois que l'amour inconditionnel est quelque chose qui est au fond de nous-mêmes, par nature. Mais encore faut-il « aller le chercher » là où il est, si je puis dire ainsi…
      Il me semble que c'est l'apprentissage de toute une vie. Surtout si on a été malmené à ce sujet dans son histoire.
      En particulier, faire la part des choses, telle que tu en parles très bien, et cerner en soi ce qui est de l'ordre du besoin tyrannique d'être aimé à tout prix (par exemple…), et ce qui est de l'ordre de la potentialité à aimer sans retour.

      J'aime beaucoup ta dernière phrase sur la liberté qu'offre l'amour inconditionnel. C'est un peu la cerise sur le gâteau.

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  6. Quand on n'a pas été aimé de manière inconditionnelle par ses parents, on croit au début que c'est comme ça que "fonctionne" l'amour: on se met à aimer avec des conditions, des souhaits de "retour"... et on se met à souffrir, parce que les conditions ne sont jamais remplies idéalement!
    Au fil des années, j'apprends à aimer l'autre vraiment, et pas moi à travers l'autre. Ce n'est pas si facile. C'est un chemin exigeant qui demande sans cesse des réajustements
    Ma plus grande difficulté, c'est de devenir indifférente à force de ne plus rien attendre

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    1. Chère Coumarine, tu soulignes l'un des grands accueils que l'on rencontre sur ce chemin. Il y a une légitime avidité de retour de ce qu'on n'a pas reçu comme « provision d'amour pour la vie » si je peux dire ainsi…
      Puisqu'on se connaît depuis longtemps, j'aime à souligner comment je t'ai vu évoluer, à travers nos échanges, ton blog, et aussi tes livres. En particulier ton dernier projet dont j'espère qu'il aboutira… (Puisque tu m'as fait l'honneur d'être un des lecteurs de ton manuscrit…).

      C'est vrai que c'est un chemin exigeant, mais j'espère pour toi que c'est aussi un chemin de bonheur…

      Ta dernière phrase mériterait des prolongements… Mais je ne veux pas allonger la réponse au commentaire…

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  7. très interpellant ton billet ....je crois qu'il faut une grande force intérieure, une grande sécurité intérieure et un grand amour de la vie et des autres pour vivre l'amour inconditionnel. Tu l'exprimes d'ailleurs fort bien "Tu dis que tu m'aimes mais l'autre jour tu....".On sent dans cette phrase combien cette parole appelle une ré-assurance de ce que l'on est. "Je n'existe que si tu m'aimes et tu dois me le prouver, sinon c'est que tu ne m'aimes pas..."
    L'amour inconditionnel cela commence par l'amour des autres, une sorte de bienveillance envers le monde, un bonheur intérieur, une joie de vivre, un lâcher prise, un abandon au sens d'Alexandre Jollien. Si on ressent cela chevillé au coeur, l'amour inconditionnel coule tout naturellement. Merci d'avoir ouvert cette belle réflexion qui mériterait tant de développement. Amitiés sélènes.

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    1. Merci beaucoup pour ce commentaire.
      Tu soulignes quelque chose d'important, qui est comme une sorte de « politique des petits pas ». En effet, l'amour inconditionnel ce n'est pas une sorte de tout ou rien au quotidien. c'est en multipliant les petites expériences consciemment que je fais grandir l'amour inconditionnel.
      Vient un moment où il coule beaucoup plus facilement…
      Je pense que tu as tout à fait raison : cela commence beaucoup par la bienveillance…

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    2. j'aime bien "la politique des petits pas" car l'amour inconditionnel ne se donne pas d'entrée de jeu...il y faut une certaine expérience de la vie, un certain détachement passionnel....Que j'ai dû être chiante au début de notre vie de couple! (et c'était réciproque...rire!!!) dans mes exigences...aujourd'hui notre amour est plus profond, plus serein. Nous le vivons en liberté, en tolérance et en légèreté, en rires aussi. Je te remercie pour ton billet, Alain, il ouvre le champ de beaucoup de réflexions. A bientôt.

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  8. Eh bien Alain j'ai eu bien du mal à lire cet article. Je pense que je me suis trouvée en décallage complet avec le sujet. Il me semble qu'il y a impossibilité de lier le mot amour avec celui d'inconditionnel. Pour moi, il n'y a pas amour, à plus forte raison avec un grand A s'il y a des conditions voire même une seule. Voudrais tu parler de l'amour absolu... qui n'est qu'une construction mental des religieux , non?

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    1. heu.... C'est moi qui pige pas ton commentaire....
      L'Amour suppose qu'il n'y ait pas de conditions....
      C'est ce que je dis non ? quand je parle d'amour inconditionnel...
      Qqch m'échappe....

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    2. Anonyme10/10/14

      Tout à fait d'accord, pour moi tomber amoureuse (encore ) recommencer une histoire d'amour c'est une chance Aimer c'est donner et prendre le merveilleux de l'autre, cette facette là du personnage, ppeut-être ai-je eu de la chance dans un coup de foudre à chaque fois, rien à voir avec "l'inconditionnel"...
      Anny

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  9. .....construction mentalE !!!!

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  10. Anne**2/10/13

    L'amour inconditionnel, me semble-t-il, ce n'est pas aimer quelqu'un pour ses qualités et malgré ses défauts. C'est aimer indépendamment des qualités . C'est un amour absolu qui reconnaît l'autre comme une personne sans conditions et de manière totale. J'ose le dire ici : je crois que seul l'amour de Dieu pour les hommes est un amour inconditionnel.
    Sur terre ! il me semble que l'amour maternel-paternel est celui qui s'en rapproche le plus. Aimer son enfant indépendamment de ce qu'il est, de ses qualités, de ses défauts, de ses actes. Il est d'abord et inconditionnellement aimé.

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    1. Je comprends votre commentaire au sens que l'amour prend l'autre dans sa TOTALITÉ d'ÊTRE, sans s'arrêter à tel ou tel aspect pour "réduire" son amour.. (est-ce que je respecte ce que vous dites ne écrivant ainsi ?)

      Reste que la phrase : " C'est aimer indépendamment des qualités" me pose question...
      Est-il possible d'aimer sans voir quelque chose "d'aimable" dans la personne, ne serait-ce que "en potentiel" ? Dire que l'être humain est aimable "ontologiquement"... pourquoi pas... (je pense ici à Spinoza : ni bien, ni mal, mais l'être...). C'est même assez juste il me semble.... Sauf que ... CONCRÈTEMENT comment on fait ? pour que ce ne soit pas une démarche de principe intellectuel, moral ou théologique ?

      Quant à l'amour de Dieu inconditionnel. C'est ce qu'en disent certains prophètes, mystiques et spirituels qui confessent en avoir fait une expérience personnelle (et Jésus est sans doute celui qui en parle le mieux... quand bien même la religion chrétienne ait sabordé le message en 2.000 ans....).
      Ce qui me frappe, (chez les athées notamment) c'est que ne disparait pas ce Désir central - même s'il est nié - pour "connaitre" l'amour inconditionnel.... pour le réclamer de l'autre : - "aime-moi tel(le) que je suis !!! " supplie-t-on presque...

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    2. Anne**3/10/13

      Alain, oui, je crois que le cœur même du message de l'évangile, c'est cela : je suis certain de l'amour inconditionnel de Dieu pour moi, indépendamment de mes qualités. C'est pour cette raison que je n'emploierais pas cette expression, s'agissant d'amour humain. Ce n'est pas une démarche intellectuelle, c'est une démarche de Foi.
      Je ne demande pas forcément à mon mari de m'aimer telle que je suis. Je lui demande peut-être de m'accepter et me respecter telle que je suis, parce que je sens que c'est ainsi que je pourrai grandir, et qu'ensemble nous évoluerons vers un certain accomplissement personnel.
      Je ne suis peut-être pas très claire. Je lis ici depuis fort longtemps, alors j'ose espérer que tu comprends ce que j'essaie de dire !
      Bonne journée à toi.

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    3. Accepter et respecter... Ce sont des composantes de l'amour ! ... Non ?
      De même que s'épauler pour que chacun s'accomplisse. Je trouve m^me ça très beau !
      Et je crois comprendre ce que tu dis (y compris sur l'amour divin...)
      Mais peut-être ne faut-il pas "minimiser" l'amour humain par rapport à l'amour de Dieu.... Car par "qui" passe-il cet amour divin... si ce n'est pas les hommes dans lequel il est déposé ?

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  11. Comme d'autres commentateurs, le seul amour vraiment inconditionnel que je puisse imaginer est celui d'un parent pour un enfant, ou, éventuellement, entre frère et soeur. Sinon, il y a selon moi au moins une condition de départ : le respect. J'estime qu'une mère peut continuer à aimer son fils qui lui crache à la figure, mais je ne trouve pas "sain" si une femme continue à aimer un homme qui lui crache dessus (et vice versa, bien entendu)
    En dehors de cette condition fondamentale, oui, j'y crois et j'espère même pouvoir dire que je le vis:) (le futur nous dira si je suis dans l'illusion en disant cela)

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    1. moi suis ok avec sel :)

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    2. Il y a aussi la problématique des femmes maltraitées (physiquement et psychologiquement) .... qui restent "par amour".... Mais ce serait un autre débat....

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  12. L'amour inconditionnel, oui, ça existe, un voyage à travers le temps qui rend présent de beaux souvenirs vrais ; même si le visage de cet amour peut fluctuer selon les saisons, on aime l'homme "universel" l'âme-soeur, celui qui nous découvre son âme sans rien demander en échange, sauf peut-être un simple regard, une parole de temps en temps. J'aime parler de cet amour même s'il m'arrive de le fustiger, parce que cet amour a la mémoire courte et passe son chemin en faisant semblant, cet amour est toujours capable d'un nouvel amour, plus jeune, plus beau, plus accessible.
    Je sais pourtant que malgré lui, il sera toujours en moi, une part de moi-même donnée et irrestituable.
    Les années passent, je l'attends, je sais qu'un jour il sera là comme aux premiers jours, je ne lui en veux pas d'être et d'aimer ailleurs, il a ouvert nos chemins du possible mais nos chemins sont devenus les deux rails d'une voix ferrée. Je le remercie pour cette rencontre de gare unique et merveilleuse, je voyage désormais avec pour seul bagage un paquet de souvenirs qui me transportent au loin ...
    Tout ce que j'ai écrit pour lui est quelque part caché, je profite de votre argument pour mettre au grand jour une parcelle de cet amour sans condition.
    Ne croyez pas tout ce que je vous dis, je me laisse emporter, c'est si bon parfois de se souvenir et de sourire ...

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    1. Je suis plutôt du genre à croire tout ce que l'on me dit. Ou plutôt je crois que dans ce qu'on me dit il y a toujours quelque chose auquel il faut croire…
      Quoi qu'il en soit, cette histoire, la tienne ou pas, et d'une grande beauté et dit un essentiel de cet amour sans retour.

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  13. Je fais partie de ceux qui ne croient pas à l'amour inconditionnel. Je parle au sens littéral : sans AUCUNE condition. C'est-à-dire que, quoi que fasse l'autre, je l'aimerai. Même si je suis en difficultés, voire en souffrance.

    Mais immédiatement me revient cette question existentielle : c'est quoi, aimer ?

    Comment faire lorsque l'amour que j'ai pour moi-même (sauvegarde) me conduit à me protéger de l'autre ? Je sais mes limites et ne peux (ne saurais) tout accepter de l'autre. Il y a donc bien des conditions pour que je donne et reçoive. Ne serait-ce qu'en aimant en gardant une certaine « distance » d'autoprotection, lorsque nécessaire (et seulement à ces moments-là)

    L'amour inconditionnel me paraît en effet dangereux.

    Ce qui ne m'empêche pas d'aimer « sans conditions »... sauf celle de ne pas me maltraiter. Mais tout cela n'est peut-être qu'une question de vocabulaire et de représentations. Le sujet, en tous cas, ne me laisse pas indifférent.

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    1. ah, Mon cher Pierre, je savais bien que si tu passais par là tu laisserais quelques mots… ! Puisque nous avons déjà eu l'occasion d'échanger sur ce sujet, notamment chez toi.
      L'amour inconditionnel dangereux ? Certainement, d'une certaine manière. Je dirai qu'il est à risques, voire à hauts risques. Le principal risque étant probablement d'oser y croire comme une attitude de l'être humain, même si, pour de multiples raisons, il est difficile d'en vivre et même de le reconnaître comme réel.
      Cependant, je n'arrive pas vraiment à croire que tu n'en aies pas l'expérience. Il me semble tellement l'avoir vu transparaître dans tes écrits, dont certains d'entre eux à tout le moins.

      Alors : question de vocabulaire ? Peut-être…
      Peut-être confond-on cela avec une sorte de représentation, comme tu dis, d'une forme de perfection de l'amour, sans faille, sans échec, une sorte de sommet inaccessible, sauf peut-être pour quelques rares personnes, mais certainement pas soi-même…

      Ce n'est pas de tout cela dont je parle, auquel je me réfère. C'est d'une certaine manière plus « ordinaire ». De cette capacité en nous de la folle générosité aimante, (que je distingue de la passion amoureuse), non décidée à l'avance, non négociée de manière plus ou moins contractuelle, simplement parce que « c'est comme ça en nous »…
      Encore faut-il « y aller voir » dans ce fond de nous où cette attitude réside. Et encore faut-il l'accueillir, l'accepter et la valoriser.
      et là, ce n'est pas simple, ni facile…
      Probablement sans cesse à reprendre.

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    2. Pierre7/10/13

      Disons que je suis revenu de l'inconditionnalité de l'amour ;)

      Oui, je peux aimer "inconditionnellement", en acceptant l'autre tel qu'il/elle est, failles et faiblesses comprises (surtout avec cela, d'ailleurs...), et il y a alors dans cet amour-là une puissance qui me dépasse. Cependant cet amour peut se manifester intérieurement tout en gardant une distance auto-protectrice qui en empêche la manifestation. Et c'est là que je parle de conditionnalité : aimer l'autre... à condition de ne pas perdre de vue mon propre équilibre.

      Et si j'en reviens toujours à la même question (qu'est-ce qu'aimer ?) c'est que je ne sais pas comment faire cohabiter amour de soi (bienveillance envers soi) et amour de l'autre sans, précisément, certaines conditions. Alors, lorsque ces conditions me conduisent à me protéger, est-ce que je peux dire que j'aime vraiment ? Aimer et rester à distance... est-ce compatible ?

      J'aime bien la "folle générosité aimante" dont tu parles. Je la ressens évidemment, forte et puissante, mais la maintiens contenue... si je sens qu'elle pourrait être refusée à qui j'aimerais l'offrir. Je parle là hors contexte de la passion amoureuse, bien sûr.

      Peut-être ai-je appris à mieux doser ce que j'ai à donner après que mon amour (ma généreuse bienveillance) ait été "refusé" (ou pas compris, pas perçu ?) à plusieurs reprises dans des registres relationnels différents. J'ai l'impression que parfois cet élan fait peur...

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    3. Alors, Pierre, je crois que nous sommes d'accord sur le « aimer inconditionnellement », lorsque tu dis : «… Il y a alors dans cet amour-là une puissance qui me dépasse » .
      C'est d'avoir la perception de cet amour-là « plus grand que soi-même » qui constitue la force sur laquelle on peut compter pour « oser aimer pleinement » et là, j'entends très bien ce que tu dis en parlant de conditionnalité. Parce que, évidemment il y a toutes sortes de freins en nous, en particulier ce que tu dis d'une distance auto-protectrice. Une crainte de l'envahissement, que l'on risque d'y perdre son âme, pire encore, de se faire avoir, d'être rejeté ou d'être trahi… On a tous, plus ou moins fortement et intensément cette expérience dans nos vies.

      Je crois que les avancées en ce domaine relèvent notamment de l'assainissement de notre propre histoire affective d'enfance et d'adulte. Il faut du temps. Du temps pour justement faire en sorte que cette distance auto protectrice soit à sa juste mesure. Cette possibilité d'être à la fois proche et à la fois libre.
      Car en effet, on ne peut pas aimer vraiment et rester (trop) à distance… Cela finit par être trop insatisfaisant pour l'un comme pour l'autre.

      Mais il faut aussi courir le risque d'aimer ! Quand je parle de « folle générosité aimante », c'est la folie de croire que cette « puissance qui nous dépasse », comme tu dis, est capable de nous porter plus loin qu'on ne croit. Mais cela ne veut pas dire foncer tête baissée dans le brouillard !

      Et puis aussi, et c'est peut-être le plus « délicats », il y a aussi à faire (refaire) confiance en l'autre, confiance qui détient aussi cette puissance d'amour qui le dépasse lui-même… Pour cela probablement qu'il faut « voir cette puissance dans l'autre », porter le regard au-delà du visible.

      Il me semble que sur ce chemin on trouve beaucoup mieux son équilibre personnel. Enfin, je crois qu'il en fut ainsi pour moi… Reste que, chaque chemin de vie est unique et que les possibles sont nombreux…

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  14. Je me demande si l'amour inconditionnel pour l'autre ne s'acquiert pas en même temps que l'on apprend à s'aimer soi-même, et où l'on utilise pas ou plus l'autre comme une "béquille" dont on attend qu'il comble nos besoins, donc nos demandes, donc nos conditions...

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    1. Oui, je partage ce que tu dis là.
      Il y a une différence entre bénéficier du soutien de l'autre ( parce qu'il nous aime et désire notre accomplissement), et se servir de lui comme d'une béquille (ce qui génère des demandes possiblement tyranniques).
      Et donc tout cela est fonction de la prise en main personnelle de soi-même pour apprendre à mettre de l'ordre dans son affectivité et dégager la potentialité aimante plutôt que la plus ou moins grande aliénation à la recherche de besoins comblant.
      Merci d'avoir apporté ce complément.

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