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mercredi 29 janvier 2014

De la nécessité de ne pas perdre son temps avec des conneries.


Peut-être que cela a du bon d'avoir passé un mois de janvier, à moitié dans fond de mes draps. Peut-être que cela a du bon d'avoir pensé perdre un mois de sa vie. Un mois précieux. Vu qu'il n'en reste plus des kilomètres, et que j'ai toujours eu ce sentiment que je ne ferai pas de vieux os. Normal, ils sont pourris mes os. Il y a déjà 10 ans que suite à une opération le chirurgien a dit :
— « votre fémur, c'est du torchis.… »

J'en ressors avec comme enseignement le titre de ce billet..
Plus que jamais.

Chante la vie chante
Comme si tu devais mourir demain
Chante comme si plus rien n'avait d'importance
qu'il tonitruait le vieux père Michel Fugain, quand il était jeune.

D'accord, sauf la dernière phrase.
Comme si justement tout avait désormais une importance extrême.

J'ai de la chance !
Je peux me consacrer à l'essentiel.
Je viens de retrouver, par hasard, en bricolant dans mes répertoires, un article que j'ai écrit il y a quelques années pour une revue. J'avais oublié. Une phrase m'a sauté aux yeux :
« faire grandir l'amour en soi, et l'amour pour l'autre, et en tout premier de la responsabilité de chacun à titre personnel. »

OK, j'ai écrit une banalité. 
Mais au final, pour ce qu'il me reste, ai-je autre chose que cela à faire ?

Vaste programme…
Je veux dire concrètement. J'ai tellement un amour étriqué.

J'ai fait la liste des conneries qui bouffent mon temps…
 C'est édifiant !
J'ai honte !

Je vais opter pour de l'intense.
Je vous laisse, j'y vais.

mercredi 22 janvier 2014

Fièvres.





S'il est inutile de geindre
si l'on acquiert comme il convient
le sentiment de n'être rien
mais j'ai mis longtemps pour l'atteindre

On se refuse longuement
de n'être rien pour qui l'on aime
pour autrui rien rien par soi-même
ça vous prend on ne sait comment

(…)

Et pas plus l'amour ne se crée
et pas plus l'amour ne se force
aucun dieu n'est pris sous l'écorce
qu'il t'appartienne délivrer

Ce ne sont pas les mots d'amour
qui détournent les tragédies
ce ne sont pas les mots qu'on dit
qui changent la face des jours

(…)

Peux-tu laisser le feu s'éteindre
qui brûle dans les bois d'autrui
mais pour un arbre et pour un fruit
regarde toi Tu n'es que cendres

Chaque douleur humaine 
 veut que de tout ton sang tu l'étreignes
et celle-là pour qui tu saignes
ne sait que souffler sur le feu




(Louis Aragon — Le roman inachevé — les mots qui ne sont pas d'amour (extraits) — La Pléiade, oeuvres poétiques complètes tome 2, page 181 et suivantes.)


vendredi 3 janvier 2014

mariage


L'année dernière je suis allé à un mariage.
Enfin, ce n'était pas il y a si longtemps, c'était le 31 décembre.
Ce n'est pas très courant un mariage un 31 décembre. Même que l'adjointe au maire qui a célébré leur union l'a fait remarquer.
Mais ce couple-là, je ne l'ai guère vu faire des choses courantes et habituelles.

La cérémonie fut « prenante ». C'est assez rare pour un mariage dit civil. Souvent c'est bâclé en quelques minutes, avec un fond musical gnangnan, et un sous-adjoint tricolorisé qui débite le plus rapidement possible les articles du Code civil. Et hop ! Terminé ! Là, on a eu droit à une très belle allocution de l'adjointe, pour qui c'était une première, avec de l'émotion dans la voix, et des yeux humides.

 Je connais la mariée depuis sa naissance. C'est une de mes filleules..
Je connais moins la mariée. On s'est seulement vu çà et là à l'occasion de quelques festivités. Il en va de même pour leurs deux garçons cinq et sept ans, des beaux petits  gars au regard malicieux.

Elles étaient pacsées depuis 10 ans. C'était aussi un 31 décembre. C'était aussi une grande fête. Sauf que toute la famille de ma filleule était absente il y a 10 ans.
 Ce 31 décembre 2013 elles se sont mariées.
Les parents de ma filleule, et ses soeurs avaient juré leurs grands dieux qu'elles ne viendraient pas assister à cette « horreur ».
Mais tout le monde était là.
Les retournements du coeur, c'est à saluer bien bas…
Je n'ai jamais jugé personne dans cette histoire. Je ne fus que témoins de déchirures malheureuses.

« Les épouses s'obligent mutuellement à une communauté de vie
J'ai bien aimé comment l'adjointe au maire a féminisé le texte officiel, lequel dans la loi de 2013 a été gardé au masculin…


Mais le plus beau, le plus prenant, c'est ce qu'elles on dit chacune avec une extraordinaire justesse concernant leur amour, leur communauté de vie, leurs engagements, leurs enfants. Sans pour autant occulter la souffrance de ce qu'elles ont lu, vu, entendu à propos de leur choix de mariage…  Que ce soit des propos en privé ou qu'il s'agisse des manifestations de rues ou des milliers de "croyants" ont étalé leurs obscurantismes…

Il y avait bien longtemps que je n'avais pas assisté à une cérémonie d'une aussi grande beauté et densité. En même temps qu'emprunte d'une formidable simplicité.

Ces deux femmes désormais unies par le mariage m'ont donné une grande leçon de vie. Elles ont montré la puissance de l'amour..
Je ne crois qu'à cela.