lundi 24 février 2014

Silence


Il y a quelque temps, je lisais je ne sais plus quel article qui évoquait les grands magasins, les grandes surfaces, les lieux publics et cette nécessité qu'il y ait en continu « une musique de fond », de plus en plus savamment choisie pour être incitative à la consommation. Il était dit que « le silence angoissait » et qu'il fallait donc sans cesse anesthésier le consommateur pour qu'il se dirige dans les rayons du bonheur le plus sereinement possible pour acheter et acheter encore.

Chez moi c'est l'effet inverse. La musiquette pénible et omniprésente m'agace au plus haut point. Même si je fréquente peu les temples de la consommation, je crois que je vais finir par me munir de bouchons d'oreilles.

Plus ça va, plus je deviens amoureux du silence. Bien que près de la ville, j'ai la chance d'habiter un environnement calme et silencieux, dans une maison bien isolée. Ma compagne partage le même amour. Juste la radio le matin pour avoir quelques nouvelles. Si on choisit d'écouter de la musique, c'est pour écouter. Pas pour en faire un bruit de fond pénible.
Loin de m'angoisser, le silence m'apaise.

Silence en chinois
C'est probablement parce que c'est un silence en permanence habité. Le silence permet l'écoute intérieure, celle qui vient des profondeurs, de la paix ressentie, du bien-être profond. Je ne suis plus dans ces marasmes intérieurs pour lesquels il fallait générer un mécanisme de fuite dans le bruit, l'agitation, la musique plus ou moins forte, qui constituent des anesthésiants assez efficaces.
Je constate qu'au fil des années ce Silence s'est installé chez nous presque comme quelqu'un qui est présent. Un compagnonnage bienfaisant.
Tandis que j'écris, il est là. Comme à mes côtés. Comme accompagnateur de ma vie.

Je me souviens, il y a quelques années, quand j'ai dû séjourner en Centre de rééducation pendant six mois, lorsque j'ai eu la « permission » de rentrer chez moi le week-end, c'était toujours la première chose qui faisait mon bonheur : le silence ! Enfin ! (Et aussi le lit conjugal… Mais ça, c'est autre chose…).

Dans notre société, tout est fait pour inciter à l'extériorité : — Consomme et pense le moins possible. Écoute nous, nous diffuserons sans cesse les messages du bonheur par l'avoir. Si tu es un citoyen responsable, ne cherche pas à penser par toi-même, laisse-nous te guider sans que tu t'en aperçoives, sur le chemin qui fera de toi à la fois un objet de production et un agent de consommation.
Ne devient jamais toi-même ! Ce serait antinational !

Et moi, l'autre jour, bêtement curieux, voilà que je fais le tour des placards et du frigo… Pu…. de m…. : Les produits dont on voit, entend, subit, la pub partout… Il y en a plein chez nous ! 
Comme dit ma compagne : — nous ne sommes pas influencés par la pub !

J'ai rien répondu.
Je suis retombé dans le silence !

37 commentaires:

  1. Faudrait demander aux sourds ce qu'ils en pensent...
    Je te charrie! Entièrement d'accord en ce qui concerne la fureur moderne. Les petites musiques de supermarchés, les embouteillages, le verbiage intempestif, la nécessité de toujours combler les vides dans les débats, de ne jamais laisser de blanc, ni les gens réfléchir.

    Mais le silence total...non, il me faut le bruit du vent, le bruit des vagues, le crépitement de la cheminée, les chants des oiseaux, et Mozart et Scarlati. Et crier en faisant l'amour, mais ça c'est autre chose. ;-)

    Cadeau pour toi
    Branche tes enceintes Böse.

    http://www.dailymotion.com/video/x1da609_evgeny-kissin-chopin-piano-concerto-no-2_music

    Kisses

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    1. Oui bien sûr les oiseaux et autres bruits familiers.... Le silence total et plus généralement la privation sensorielle est une forme de torture aboutissant à des hallucinations (la CIA est spécialisée dans ce genre....).

      Intéressant ton choix..... Ce concerto de Chopin est l'un des premiers disque de "classique" qui me fut offert en 1960.... Mes parents, pour "compenser mon immobilisme" avaient acheté l'un des premiers "tourne-disques" en Stérèo !! Une nouveauté pour l'époque où on prétendait que ce procédé n'avait aucun avenir....
      Cela me donna gout au classique....
      Donc ce concerto est chargé d'affects, même si plus tard j'en fis une critique, car c'est plutôt une pièce de piano brillante mais avec "arrangements orchestraux" sans originalité.

      Mes enceintes, c'est des colonnes Cabasse d'une qualité qu'on ne fait plus !
      Mon gendre voulait me les racheter ! il rigole où quoi ??!!

      Bisous sonores et musicaux !

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    2. J'étais pas loin, avoue! Böse, c'est le Cabasse du pauvre...

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    3. Bose c'est une autre technologie....
      du pauvre ? heu.... du pauvre qui a les moyens ou gagné au Loto !
      Ça te met quand même le truc équivalent à 2.200 € ....
      Mais bon, soyons fous !

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  2. On essaie de faire de nous des pions, ça c'est sûr...
    En te lisant je me dis que je partage ce que tu écris, mais je parlerais plutôt de calme. Des problèmes d'oreille me font vivre depuis des lustres avec des acouphènes permanents, mon cerveau fait abstraction mais je ne connais pas le "vrai" silence...
    Tu me fais rire avec la pub ! Je me concentre parfois pour bien écouter les messages publicitaires et c'est consternant ! Je m'amuse aussi à couper le son et c'est tout de suite mieux... C'est reposant.
    Bonne journée

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    1. Oui... le calme.... j'aurais pu intituler ainsi.
      Ah les acouphènes.... Ça doit être vraiment pénible parfois.... Je crains que de plus en plus de jeunes d'aujourd'hui souffrent de ce genre de truc....
      Ouiii !!! La pub sans le son.... Ça permet de voir qu'on nous prend vraiment pour des débiles !

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  3. Depuis que mes enfants sont partis en aout dernier à trois semaines d'intervalle, ma maison est remplie de silence. Plus de bruit ne provient de l'étage. Plus de notes de guitare, plus le murmure ou leurs éclats de voix, plus le frottement de leurs pas, plus l'eau qui coule dans la salle de bains...
    Alors le silence parfois est trop envahissant, devient pénible et j'allume la télé.

    Quand tout va bien j'apprécie le grand calme de mon quartier, de ma maison. Je peux passer toute une journée sans sollicitation auditive extérieure et je m'en porte très bien.

    Et comme Célestine il me faut les sons de la nature : le vent, la pluie, les vagues, les chants des oiseaux. Oh le chant des oiseaux en ce moment !

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    1. Pour l'avoir vécu, je comprends bien ce que tu dis à propos du départ des enfants. Il faut tout un nouveau temps d'adaptation.
      Le silence trop envahissant, je comprend bien aussi. C'est une sorte de test de nos états intérieurs. il y a parfois des tumultes intérieurs dont il est difficile de supporter le « bruit »…
      À l'instant où je commente, le chant des oiseaux est couvert par la tronçonneuse qui élague un arbre chez mes voisins… :-)

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  4. Depuis "Horton", je cherche le silence, le calme plut^t
    Le bruit m'agresse, il me stresse énormément!
    (à ce sujet, ans le métro bruxellois, la musique est tonitruante...

    mais le soir à partir de 20h c'est de la musique classique qui est diffusée... je suppose pour calmer les esprits agressifs)

    Comme Célestine je savoure les sons de la nature, perçois jusque au profond de mon corps le frisottis des feuilles, le clapotis de l'étang où je me promène, et depuis peu le chant des oiseaux...je laisse couler en moi tous ces sons, comme une onde bienfaisante, reposante, qui me régénère

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    1. Ce que tu évoques, à propos des sons de la nature, relève de la bienfaisance que l'on peut ressentir à ce contact de là… Qui régénère dis-tu, mais qui régénère quoi exactement ?
      ce que j'évoque par le silence, c'est encore autre chose… ( C'est d'ailleurs, contrairement à ce que je répondais à Manuel, je ne changerais pas mon titre… le calme c'est encore autre chose…), c'est l'écoute des « sons de l'intériorité » une autre mélodie en quelque sorte…

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  5. Charlotte25/2/14

    le silence oui dans les champs de blé, le silence au bord de la mer ( pour entendre le bruit des vagues), le silence pour mieux écouter l'autre, le silence de ma mère qui me regarde,le silence d'u enfant qui dort,le silence du petit fils qui ne sait pas dire ce qui ne va pas et se tait quand son père l'engueule parce qu'il a de mauvais résultats à l'école,le silence lache que je n'ose parfois pas rompre alors qu'il faudrait que je parle parce qu'il faut parfois intervenir ...Oui mais comment parfois s'y prendre sans faire encore plus de dégats...
    le silence pour mieux me recueillir en écoutant le concerto n° 2 pour piano de Rachmaninov ...


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    1. Tu élargis mon billet à d'autres types de silence…
      le silence des non-dits et des peurs de dire…
      En quelque sorte ceux de la non confiance, en soi, en l'autre.
      je trouve que c'est déjà un grand pas de les reconnaître.
      J'ai pu constater que parfois on se fait des montagnes par rapport à « oser dire » Ou oser intervenir…
      Si tu aimes le père de ce petit-fils, tu trouveras comment t'y prendre, comment engager un échange positif par rapport à cette affaire de mauvaises notes. Ça ne peut pas se faire dans l'instant. Il faut trouver et même provoquer la bonne occasion, et trouver les mots justes, ceux qui ne jugent pas mais invitent à un retour sur soi-même ( peut-être que ce père s'est fait copieusement engueuler lui-même dans son enfance…).
      faire plus de dégâts, c'est juger : — c'est une honte d'engueuler ainsi son fils !
      Faire oeuvre salutaire c'est tenter d'aider ce père à exprimer ce qu'il vit lui, Et à l'amener à réfléchir sur l'efficacité de ses comportements.

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  6. Quelque part je suis comme toi Alain, je n'aime pas quand je lis, quand j'écris être perturbé même inconsciemment par un quelconque son, hormis ces sons de la nature, les oiseaux, le clapotis de l'eau etc.. mais pas par le vol des moustiques ni celui des mouches, avec leur satané frou froul! La musique dont nous gâte Célestine est divine, mais seulement quand s'arrête d'écrire , sinon on 'en perd l'essentiel(pour moi ...à mon âme!!!). Maintenant, j'espère que Célestine va toujours nous abreuver de sa bonne musique, libre à nous de mettre les écouteurs ou pas! Je n'imagine plus ses billets sans accompagnement de musique, même si je ne l'écoute pas dans l'immédiat, mais je sais qu'elle est là! ce qui m'apaise, en me disant je l'écouterais juste après, tout à l'heure ...pour savourer!!!!

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    1. Dans ma jeunesse, c'est-à-dire il y a lurette, je bossais toujours avec un fond musical. Ça ne me dérangeait pas. Aujourd'hui, comme tu le dis si j'ai bien compris, cela me déconcentre et je perdrais facilement la substantifique moelle de ce qui est écrit.
      pour ce qui est des « blogs à musique », j'ai opté pour couper le son de mon ordinateur. Je vivais toujours ces surgissements sonores comme des agressions.
      Pour la petite histoire, à propos de Célestine, mes premiers commentaires chez elle furent pour lui reprocher cette musique… Pour moi, aujourd'hui, chez elle, le problème est résolu… Ma connexion ADSL de m.... fait que, quoi qu'il en soit, sa musique ne se télécharge pas.
      ( Par chez moi on nous promet la fibre optique avant la fin de l'année prochaine… C'est tout au moins ce qu'indique le maire dans son bulletin municipal… Je me suis demandé si cela pouvait avoir un lien avec les élections du mois prochain … mais on va encore dire que je suis mauvaise langue…)

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  7. Le calme est apaisant, le silence ressourçant. On a besoin des deux. Le calme sert à écouter la vie autour de soi, le silence sert à se concentrer sur soi pour rechercher la vie en soi.

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    1. Ben voilà ! Tu résumes en deux lignes ce que j'ai péniblement exprimé dans un texte bien long…
      Pauvre de moi !
      ;-)

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  8. Cassy25/2/14

    Il est beau ce post Alainx. Perso, j'ai un drôle de rapport avec le silence, mais ce serait trop long à expliquer ici.
    Mais je déteste les magasins où ça hurle de la musique de partout. Déjà que je vais peu dans les magasins, ben t'es sur que ceux-là en particulier, je les fuis.

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    1. J'espère que ce drôle de rapport avec le silence, comme tu dis, tu l'exprimeras un jour… Chez toi…
      Je dis ça parce que je suis aussi curieux que toi…
      ;-)

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  9. Anonyme25/2/14

    Le silence!
    Un jour assise en plein bois j'ai goûté à un silence si complet.
    La lumière qui s'infiltre par le faîte des arbres, les sons harmonieux tout autour, l'odeur enivrante qui ressort de partout et la forte sensation que le paradis est bien ici, sur terre. Tout a été mis en place pour qu'on y goûte.
    On veut nous faire croire à un paradis dans l'AVOIR mais on s'y sent trop mal à l'aise pour s'y laisser prendre bien longtemps. Et le retour à l'intime reprends ses droits. Maty

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    1. puisse- tu dire vrai sur le fait de se sentir mal en recherchant un « paradis par l'avoir ». Je vois tellement dans mon entourage des gens piégés par ça…

      En guise de clin d'oeil et de sourire, à propos du silence paradisiaque, cela me rappelle ces propos entendus il y a bien longtemps quant au paradis dans l'au-delà : il paraît qu'il y aurait sans cesse des anges qui chanteraient des cantiques !…
      Pitié ! Pas ça !
      ;-)

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  10. Anonyme25/2/14

    Pour moi le silence ce n'est pas l'absence de sons. C'est le craquement de la paille de cette chaise, des touches qui s'enfoncent pour composer ce message, le verre du poêle qui crépite, à gauche, les derniers gazouillis des oiseaux, à droite. C'est le sang dans les veines et tous ces fluides qui composent la plus prestigieuses des symphonies, ni Bach, ni Mozart, mais l'écoute du vivant... Moi... Vivant...

    Nat

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    1. Anonyme25/2/14

      Ôh, tiens ! Salut Nat !! Que deviens-tu ?

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    2. Anonyme26/2/14

      Je vous lis en silence ;-).
      Un peu plus calme aujourd'hui qu'hier; une bien belle réalisation personnelle!

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    3. Je te reconnais bien là, Nat, toujours attentif à écouter ce qui vit en toi et dans ton environnement.
      L'écoute du vivant ! Ça me plaît bien !

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  11. Je fais une grande différence entre le calme et le silence... Le silence peut être beau, amical, menaçant, méchant,fourbe ou magnifique...

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    1. Oui, c'est sûr…
      On dit qu'il y a parfois des mots qui tuent.
      Des silences peuvent tuer tout autant…

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  12. Ah le silence, ce cher silence ! J'aime le silence, moi aussi. Mais il se trouve que je vis avec quelqu'un qui ne supporte pas le silence, et lorsque ce n'est pas la télé qui marche, c'est la radio, ou vice-versa. Bon, à force de "râler", j'ai obtenu qu'il achète et mette un casque lorsque je n'en peux plus de ce bruit continuel dans la maison... mais du coup, cela me fait tout drôle...

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    1. Je comprends que cela ne rende pas la cohabitation facile.
      Géniale l'idée du casque.
      J'en ai un aussi qui me permet parfois d'écouter de la musique à la puissance qui me plaît, affalé dans mon fauteuil, les yeux fermés…

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  13. Je n'aime guère le silence, il est souvent lourd, sourd et même si il se veut parfois éloquent je préfère les mots, tout comme la solitude le silence m'effraie je l'assimile à tort j'en conviens à une sorte d'abandon. En revanche j'apprécie le calme mais pas trop j'aime quand çà bouge, la musique, ah le bruit des vagues voilà qui m'apaise et me ressource, d'ailleurs dans l'après midi j'irai écouté ce bruit merveilleux j'aime l'entendre et voir la mer car toujours en mouvement...la vie quoi ....
    tout comme toi je déteste cette musique assourdissante dans les magasins, la consommation, l'avoir pour avoir dans les tiroirs même si je succombe parfois à l'achat intempestif pour me remonter le moral....et oui on se laisse berner la consumérisation à tout crin à fait de nous des produits et surtout des moutons....et nous le savons ...nous réagissions souvent ...mais nous retombons inexorablement dans ce piège....
    belle journée à toi

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    1. Pour le peu que je te connaisse te lisant, que tu n'aimes pas beaucoup le silence, je le conçois aisément.
      L'important est de trouver ce qui nous apaise et nous ressource, Ce qui nous fait du bien profond.

      à propos de la consommation, ou plutôt de la sur-consommation, c'est l'incroyable gâchis que cela génère. Il y a peu, je voyais au journal TV, une femme qui achetait des chaussures, des chaussures, et des chaussures… Plus de 50 paires dans son armoire. Certaines elle ne les a jamais portées…
      Si encore c'était un cas isolé…
      Quelle tristesse.
      Bonne journée à toi aussi…

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  14. Anonyme28/2/14

    Le silence! Voilà bien ce que beaucoup d'entre nous ne savent plus savourer...
    Le silence peut calmer les bruits assourdissants de notre remue-ménage intérieur. Il est un élément qui s'apprivoise avec le temps donné au temps. Je l'ai expérimenté dans cette solitude imposée par la vie et j'ai trouvé auprès de lui, ce réconfort dont j'avais besoin pour énoncer les bonnes questions et parvenir aux réponses dont l'intime m'a fait cadeau.
    Le chant des oiseaux, le bruit du vent, la musique de la pluie, le crissement des feuilles sous nos pieds en automne, tous ces sons de la nature sont empreints de naturel et ne dérangent en rien le promeneur solitaire dans sa méditation silencieuse et régénératrice car l'homme ou la femme est partie prenante de l'univers qui l'entoure. Ce qui dérange et empêche l'humain de se re-connaître , ce sont ces bruits parasites mis au service de la consommation et du "dire" pour dire (façon de meubler justement ou éviter de se taire pour fuir ce doux breuvage appelé silence auquel plus d'un a peur de se confronter ).
    Les bruits environnementaux sont souvent agressifs.
    L'invitation au silence , constructif en lui-même quand on sait l'accueillir, n'est en aucune façon muet puisqu'il contient en lui la musique des mots et de l'âme et le calme qu'il génère apporte alors sérénité et paix au milieu de ce monde constamment mouvementé et parfois affolant! Le silence alors a ce goût particulier d'être habité.
    Merci pour ce beau texte et l'invitation à la méditation que suscite le titre et les commentaires.
    Brigitte

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    1. Merci pour cette contribution.
      En te lisant, je me disais qu'il y a une sorte de silence naturel propre à la nature humaine et que la vie dite « moderne » tend à faire disparaître, remplaçant cela par des bruits parasites incessants. Nous perdons ainsi quelque chose de fondamental : le silence habité.
      Sans doute aussi « le recueillement », indispensable à notre humanisation.

      "À notre lassitude d'avoir tant joui du grand air, le recueillement et la paix de la campagne brune, qui commençait à s'endormir, offrait le refuge du soir" (H. Bosco, le Mas Théotime,1945).

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  15. Quel beau billet, Alain, et quels beaux commentaires il a suscité!
    Nous sommes passés du silence résistance (à la consommation) au silence observation (de la nature), au silence sanction ou impuissance ( l'enfant en face de son père), à tant d'autres silences intimes: l'absence des enfants, la vie qui passe. Quand la musique devient bruit de fond, quand le silence remplace la musique de la vie, à chaque étape sa perception intime.
    Et cela me fait penser je ne sais pourquoi à ce supplice de l'ancienne Chine justement appelé le supplice de la goutte d'eau: lorsqu'un prisonnier avait résisté à toutes les tortures physiques, on le laissait seul dans le silence.Dans le lointain, une goutte d'eau qui tombait sur une pierre, rafraîchissante. Le prisonnier reprenait des forces, récupérait son esprit, goûtait la fraîcheur du son cristallin. Et puis cela se prolongeait, la goutte d'eau qui revenait toutes les trois minutes devenait agression puis supplice. Il paraît que personne ne résistait.

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    1. C'est vrai qu'il y a de beaux commentaires. Je ne m'attendais pas à ce que ce billet suscite tout cela.

      À propos du supplice chinois, je croyais que c'était une goutte qui tombe régulièrement sur le front du prisonnier enchaîné…

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    2. C'est possible. Mon imagination sadique m'aurait fait songer à pire, et qui plus est pile dans notre sujet?
      Quand un robinet goutte, il n'y a rien de pire, non?

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  16. Le bruit m'agace aussi. Je déteste ne pas m'entendre penser. C'est comme si je tendais le bras pour attraper quelque chose, de l'ordre de l'essence de l'Univers, et tout à coup quelqu'un se met à hurler "Lalalala!" dans mon oreille pour m'empêcher d'atteindre le noyau, l'essentiel.
    Ton post met dans le mille: le silence est une condition essentielle du retour à l'humain.

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    1. Ben voilà… Nous sommes d'accord…
      Ce matin j'étais chez mon coiffeur. Après les banalités d'usage, chacun se tait. J'aimerais, comme tu le dis « m'entendre penser ». hélas ! Trois fois hélas ! Le salon est sonorisé avec une musique de ouf, et je finis par faire une fixette sur ce déversement nauséabond de ce que je n'oserais même pas appeler musique…

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