lundi 31 mars 2014

vrac


— Tout petit avis personnel suite aux élections :

On a viré Sarkozy parce qu'on en avait marre.
On ne veut plus de Hollande parce qu'on en a raz-l'bol.
On ne veut plus entendre parler des politiques parce qu'on en a assez.
C'est clair, on ne peut plus élire de gouvernants.
Mais en réclame à cor et à cri « un homme/femme providentiel-le » qui va tout résoudre en moins de quelques semaines, et qui surgirait d'on ne sait où, mais pas des urnes….
Il faut croire qu'on regrette d'avoir guillotiné Louis XVI ? !…

Henri Guaino (qui n'est pourtant pas ma tasse de thé) a dit, pour une fois, une phrase assez juste :
— «Nous n’allons pas pouvoir continuer avec une démocratie qui, chaque fois qu’elle arrive au pouvoir, se retrouve totalement rejetée et donc dans l’incapacité de gouverner ».

Conclusion : on n'est pas dans la m… !

— Visite du vendredi 

Mon frère est venu déjeuner chez nous avec sa femme. La dernière fois doit remonter à plus de trois ans. C'est dire si nous entretenons des liens étroits et suivis. J'aime bien ma belle-soeur, on a des conversations intéressantes. Mon frère parle tout seul croyant s'adresser à nous, une sorte de monologue décalé en parallèle à la conversation des autres autour de la table. Parfois ma belle-soeur l'interpelle au milieu de la conversation : — mais de quoi tu parles ?.
Après leur départ, ma compagne me dit :
— Ton frère est de moins en moins apte aux relations…

Dont acte…

— Visite du samedi 

Une amie, artiste peintre/sculpteur. Pas une amatrice du dimanche, qui peint des petites fleurs ou reproduit des cartes postales. Une créatrice. Une vraie. Nous avons chez nous plusieurs de ses oeuvres. 
Elle relate ses graves ennuis de santé. Son cancer. Sa chimio. Les effets secondaires. La main d'artiste qui ne répond plus aux gestes. L'impossibilité de peindre et de sculpter. Sa solitude (elle est célibataire). Sa passion qu'elle ne peut plus vivre vraiment.
Et cependant… Il y a toujours de la lumière dans ses yeux. Et cette voix qui est restée presque enfantine, avec des accents de fillette à 60 ans passés…

Raison d'espérer…

— Une tulipe

Photo AlainX - clic pour agrandir


Pour une raison mystérieuse, cette tulipe blanche a développé sa tige au raz du sol. J'ai cru qu'elle était cassée. Mais non. Et puis, pour fleurir, elle s'est redressée, se tournant vers le ciel, la lumière. (Sur la photo j'ai indiqué ce mouvement par deux flèches, car sinon je crois qu'on ne voit pas bien…).
Je l'ai regardée ainsi un long moment. Elle m'a parlé de l'aventure humaine. Une sorte d'aptitude naturelle à se redresser. Oui, naturelle. Inscrite dans la nature de l'homme. Dans la nature… de la nature… Si je puis dire ainsi…
Peut-être faudrait-il parfois juste un pas grand-chose.
Le fin rai de lumière qui se glisse à peine sous la porte n'est-il pas souvent la promesse d'un jour de grand soleil si on décide d'ouvrir la porte. 
Il faut juste activer la clenche.

Une autre raison d'espérer…

lundi 24 mars 2014

Vraies rencontres


J'ai fait de belles rencontres durant ma semaine vacancière. 
Certes, je savais au devant de qui j'allais, des personnes avec lesquelles j'avais vécu des engagements forts. Nous n'avons pas joué aux « anciens combattants » qui racontent leurs souvenirs plus ou moins heureux, plus ou moins intenses et qui finissent par entonner « la nostalgie, camarades… »
Non ! Rien de cela, ou si peu. Juste le bonheur de se dire qu'on n'a pas oublié. Simplement, s'il en était besoin, renouer quelques fils, évoquer quelques-uns qui sont partis voir ailleurs si l'herbe est plus verte. 

Lorsqu'on est uni par le dedans, par des liens denses qui ont une permanence de présence intérieure, il y a une sorte d'abolition du temps, telle qu'on a ce sentiment étrange de ne s'être jamais quitté, comme on dit.
Le lien actualise la mémoire en rendant tout présent à l'instant. C'est pour cela qu'on évoque peu des souvenirs anciens, parce qu'ils sont là, « comme au présent », comme compactés d'une manière dense et multiple au fond de soi. C'est propre à certaines relations, celles qui ont engagé ma vie.

Ce qui me semble caractéristique (entre autres…) C'est que l'on a toujours quelque chose à se dire, et pas n'importe quoi. Des choses qui tiennent à un essentiel. Comme si celui-ci était de toujours à toujours. Peut-être parce qu'il tient à l'essence même de l'être humain. Alors, ce qui se partage est une vraie nourriture, un enrichissement réciproque. J'ai dit des choses qui, je crois, ont vu leur impact. J'ai reçu des paroles qui continuent d'ensemencer ma terre intérieure.


Comme tout un chacun, il m'arrive de rencontrer des « anciennes relations » amicales ou professionnelles. C'est d'une autre nature. Là, on évoque des souvenirs. C'est sympathique. cela rappelle un temps qui n'est plus, et souvent on a oublié où on occulte ce qui fut plus difficile à vivre en ce temps-là. Mais, passé le temps des évocations le constat se fait… On n'a plus grand-chose à se dire. On en arrive aux banalités habituelles, on « fait la conversation » au sens de fabriquer quelque chose. Faire la conversation c'est bien différent que vivre une relation dans laquelle on s'engage. Elle est là sans doute la grande différence : l'engagement.

Avec les personnes que j'évoque plus haut, l'engagement est pérenne, même si les modalités d'exercice ont pu devenir différentes. Alors, lorsqu'on se  rencontre on n'a pas besoin de se fabriquer de la conversation. Les mots, les phrases, les gestes, viennent de bien plus loin et ils surgissent avec une aisance et une force propre à ce type de réalité relationnelle.


Ce n'est donc pas une semaine vacancière que j'ai vécue, mais une semaine intense qui ressemblait aux travaux de printemps de mon jardin intérieur…

Et aussi une semaine de bonheur...

samedi 22 mars 2014

j'ai pourtant bien scruté....



Chères amies lectrices de ce blog,
Chers amis lecteurs de ce blog,

Ceci est un appel à l'aide !
Je suis terriblement dans l'embarras, et il me faut prendre une décision avant demain soir.
C'est en rentrant de ma semaine d'absence que j'ai découvert cette lettre. Certes je m'y attendais. C'était prévu. Mais les contenus me laissent face à des sentiments partagés et je suis dubitatif.

Que choisir ?
Voici les alternatives que l'on me propose et je ne peux en retenir qu'une seule :

— Du coeur, du courage, de l'action,
— une ville solidaire, efficace, dynamique et conviviale
—VilleDeMoi autrement !
— Pour une ville innovante, solidaire et responsable (ah, là, il y en a déjà deux autres qui propose aussi solidaire)
— une autre politique de solidarité inclusive, une autre implication des citoyens, une autre pratique de gestion, un autre rayonnement de notre ville
(bon, là, c'est clair tout va être « autre »… Mais comment… ??? Mystère !…)
— La force du bon sens ! (Tiens, la tête de liste doit travailler au Crédit agricole… Vous vous souvenez "le bon sens près de chez vous"…)
— Ensemble et solidaire pour VilleDeMoi ; partager les valeurs d'humanisme et de respect d'autrui ; notre raison d'être : l'humain d'abord !

Résumons :
— ça nous fait quatre solidaires
— un seul efficace, pas plus
— un seul responsable, pas plus.
— Un vague zeste d'humain

En citoyen consciencieux, en électeur éclairé, j'ai évidemment fouillé dans les papiers reçus pour trouver les programmes précis qui seraient mis en oeuvre pour réaliser ces belles intentions…

— RIEN
— ABSOLUMENT RIEN 
— RIEN DE RIEN
— DÉSESPÉRÉMENT RIEN



Pas un seul programme concret. Pas même le début de l'ombre du commencement d'une vague promesse, fut-elle irréaliste…

On prédit de l'abstention…
Je me demande bien pourquoi…

Démocratie : je crois en toi… !
Paraît que c'est la foi qui sauve…

(Je me demande quand même si je vais pas le faire à pic et pic et colegram …)

dimanche 16 mars 2014

à +

Je m'absente pour une semaine.
Là où je serai, je ne pense pas avoir un accès internet.
Dès lors, j'active la modération des commentaires que je verrai à mon retour.
Bonne semaine à chacune/chacun

*
Edit 18 mars : Là où je suis, je bénéficie d'une connexion Wifi via un satellite... La France profonde est devenue "hyper-Geek" !
Je rétablie donc la libre circulation des commentaires...



vendredi 14 mars 2014

Je n'ai pas tout dit


Ceci est un texte écrit il y a déjà quelques temps…. Je ne l'avais pas publié…. Une forme de pudeur…. Mais, au final, pourquoi le retenir ?….
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Il y a quelque temps, je regardais une émission médicale à la télé. Il était question d'enfants, et de la manière de prendre en considération leur souffrance tant physique que morale. Le reportage montrait une merveilleuse équipe hospitalière, pluridisciplinaire, qui « faisait du bien » aux enfants hospitalisés, malgré le contexte difficile et douloureux de certains d'entre eux.

Tout à coup, j'ai fondu en larmes. Comme ça. Imprévisible. Comme une explosion de sanglots venant de très loin. Cela m'a bien duré cinq minutes. Un flot qui remonte. Un tsunami émotionnel. Ce genre de trucs qu'on ne peut pas maîtriser, et que d'ailleurs je ne voulais pas maîtriser.

De ce temps-là, de mon enfance dévastée pour un temps, de l'intensité de ce que j'ai pu subir, soit par mon corps lui-même qui ne m'épargnait rien, soit par un entourage auquel plus tard je rendrai hommage, mais qui dans les circonstances se montra d'une dureté qui m'avait alors semblé la norme. Elle l'était d'ailleurs à l'époque. Le processus rééducatif doit être difficile, douloureux, exigeant, intense, et même comporter des phases que, en d'autres circonstances, on qualifierait de « tortures ».

Le concret de ce que j'ai vécu durant de longs mois, je ne l'ai jamais abordé pour la réalité de ce qu'il fut concrètement, en détail, geste par geste, souffrance par souffrance. Adulte, bien plus tard, dans mes séances de thérapie, je n'en ai jamais rien dit, si ce n'est globalement, si ce n'est quelques éléments factuels qui me semblaient dicibles.  À ma compagne, je n'ai dit que le minimum qu'il me semblait devoir dire. Surtout, pas d'apitoiement, pas de « mon pauvre chéri ». Il ne fallait pas oublier, c'est impossible d'oublier, il fallait simplement prendre tout cela, le mettre dans une boîte, bien fermer à clé, et ranger définitivement toutes ces horreurs, afin qu'on en ignore désormais.  

Mes enfants, je les ai emmené visiter le centre de rééducation où je fus lorsque je les ai estimés en âge de s'y rendre. Je n'ai pas caché qu'on ne rigolait pas tous les jours. Mais je n'ai pas donné de détails. Ensuite, c'est dans le cadre de la rédaction de mon livre que cette époque fut à nouveau abordée en famille.
 Avec mes parents, du temps de leur vivant, je n'ai rien su de leur propre vécu. J'ai pu seulement l'envisager bien plus tard à l'occasion de drames subis par les enfants de mes propres amis. Avec mon frère se fut globalement le silence sur cette époque douloureuse, sauf une fois, le soir de l'enterrement de mon père - il y a plus de 20 ans - où j'ai vu la souffrance enfouie chez mon frère et aussi chez son épouse. L'année où la paralysie m'a envahi, ils venaient de se fiancer. Cette nuit-là, après les obsèques du père, j'avais eu le sentiment d'un énorme gâchis.

Je crois avoir eu tort de ne pas être allé beaucoup plus loin sur cette époque-là avec mon/mes thérapeute(s). Certes, cela ne m'est pas vraiment venu. Mais quand même. Relatant quelques faits, les émotions affleuraient. Curieusement, lors de la rédaction de mon livre peu de choses sont revenus sur ce registre. sans doute parce que j'étais dans une « démarche autre », celle de la gratitude envers les autres, envers la vie. J'étais dans une dynamique spécifique.

La remontée émotionnelle de l'autre jour est le signe que le passé nous rattrape toujours. Je crois profondément à cela. Notre rôle étant de l'assainir. Au final, il n'y a pas d'âge le faire. D'ailleurs, j'ai eu dans mes stages des personnes d'un âge certain, dont la motivation était « mettre de l'ordre dans ma vie…  avant…qu'il ne soit trop tard… ». La remontée émotionnelle fut par contraste entre ce que je voyais à la télé et mon expérience 50 ans plus tôt. La considération pour l'enfant, la bienveillance, le désir qu'il ne souffre pas (ou le moins possible), à la fois pour lui-même, mais aussi parce que c'est « bien meilleur » pour les soins prodigués. Contraste avec ce que j'avais subi et cette sorte d'apparente indifférente des personnels soignants face à la souffrance. Alors, tout s'incruste dans le corps et la chair, durablement, parce qu'un interdit est installé, une omerta qui ne supporte aucune transgression, à la fois par les autres, et par soi-même : se plaindre et même simplement dire qu'on n'en peut plus, est totalement banni du processus. Il faut être fort envers et contre tout. À chaque instant. Et d'ailleurs, entre nous, les mal-foutus, il en va de même. On se moque et on rigole de celui qui se plaint, de celui qui pleure. Je fus à cet égard comme les autres. Une manière indirecte de se venger et contrebalancer sa propre souffrance.

Sur le réel enduré, je n'ai rien dit. Je ne dirai rien. Mais je ne sais pas encore ce que je vais en faire… Si j'ai à en faire quelque chose… Je ressens simplement que ce que j'ai relaté au début de ce billet a libéré quelque tension du corps. Il en reste bien d'autres que je connais. Je sais comment celui-ci se comporte parfois à l'occasion de certains gestes prodigués. Elle est terrible cette mémoire du corps.

Alors bien sûr, il y a largement bien pire de par le monde. La souffrance liée à des circonstances tragiques, à la fatalité des personnes qui sont là le mauvais jours au mauvais endroit, à la maladie, et pire encore sans doute, cette extraordinaire capacité inventive de l'homme pour faire souffrir son semblable, pour réveiller le barbare absolu tapi en permanence quelque part dans les profondeurs de l'humanité et de chacun d'entre nous. La banalité du mal. On pense à Hannah Arendt, ses théories à partir du procès du nazi Eichmann, et on s'en tire facilement avec les honneurs en disant que : « heureusement nous on n'est pas comme ça »… nous on est pétris de bonté...
Et cependant… Cela était-il vraiment « humain » lorsque la personne qui me faisait subir les « postures-tortures ordonnées par la puissance médicale », se contentait de répondre, lorsque je hurlais de douleur, qu'elle « exécutait les ordres du médecin » ? (lequel ne fut jamais présent, de fait, à ces moments là….)

Elle est où la barbarie… parfois…

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Et pour finir sur le monde en délire, voir ICI



mardi 11 mars 2014

Paralympique


Il aura fallu attendre les jeux olympiques pour les tordus en tous genres, pour voir la France obtenir des médailles en ski alpin. Ce que les « normaux » n'avaient pas réussi, les « anormaux » l'ont fait !
Mince, c'est vrai, les Zhandis ne sont pas plus anormaux que les normaux ne sont anormalement anormaux parmi les normaux. J'ai failli oublier le politiquement et le handicapement correct !
D'ailleurs je suis pas un zhandicapé, je suis une personne à « mobilité réduite ». C'est beaucoup mieux d'être « un réduit » que d'être un « grand » zhandicapé. Ça évite au zhandicapé d'avoir la grosse tête, déjà que c'est difficile à marcher, si en plus faut porter une tête de 20 kg, où va-t-on !

Des fois, je suis « une personne en situation de handicap ». Pourtant, on ne dit pas de ma boulangère, qui raconte pas mal de bêtises, qu'elle est « une personne en situation de conneries », mais ça va sûrement venir. Fiscalement, je suis « un nain valide un invalide à 80 % », ce qui me permet d'avoir une demi-part en plus… Non, par une demi-part du gâteau, parce que ça, c'est seulement pour les « personnes en situation de frauder sans se faire prendre, parce qu'on connaît du monde là-haut ».

En politique, en ce moment, il y a un type qui est « une personne en situation de grosses merdouilles, magouilles part en couilles ». Mais ça, on n'a pas le droit de le dire. Surtout qu'il envisage de recommencer un destin national, si toutefois il n'est pas derrière les barreaux d'ici là.

Moi j'aime bien les jeux paralympiques, parce qu'on peut être très voyeur sans aucun scrupule. Dans d'autres émissions genre « téléthon », là aussi on peut être très voyeur, mais en contrepartie il faut faire un chèque pour la recherche médicale qui n'avance pas d'un pouce depuis 30 ans dans le domaine et n'a encore guéri personne malgré les milliards versés par les gogos… Mais ça c'est pas grave… L'important c'est de participer !

ski fallait pas faire (photo du net)
Aux J.P. (les J.O des tordus), on nous montre en large en long et en travers, des nanas qui n'ont plus de bras, des mecs qui n'ont plus de jambes, des types qui se cassent la gueule dans la descente, et après 2 ou 3 vols-planés, au demeurant fort gracieux, qu'on peut se repasser en boucle sur le net,  et aussitôt, ils passent de paraplégiques  à tétraplégiques, en moins de temps qu'il n'en faut à un commentateur pour dire trois conneries à la suite. Du genre :
— ah ben oui, on n'est pas à Lourdes ! Il n'y a pas de miracle !

Sinon, je suis d'accord, ça manque quand même un peu de sponsors. Pas la moindre publicité pour les bassins de lit, les changes anatomiques pour incontinent adulte, l'urinal féminin anti reflux, et les alèses caoutchouc 100 % naturel. Comment voulez-vous que le Zathlète zhandicapé améliore son ordinaire avec quelques royalties… C'est sûrement pas Poutine qui va leur souffler son Gazprom dans les bronches, alors qu'il fait à peine 40 000 000 000 de dollars de bénéfices annuels…

Et d'ailleurs, à preuve du contraire, Handicapé c'est un "H aspiré" (n'est-ce pas Célestine), donc faut pas souffler dans les bronches mais aspirer. La Caca-démie française l'a bien compris, un zhandicapé on lui aspire les saletés qui lui encombrent les bronches et picétou !
Mais les journaleux sont des Nhandicapés de la comprenure. 
Sinon ils auraient fait un vrai métier….

lundi 10 mars 2014

Printanier - 2




J'avais promis de vous montrer la suite de l'évolution de mon arbuste dont quelques-uns ont émis des hypothèses sérieuses sur son nom !





Voici ce qu'il en est aujourd'hui…

Alors ? Le nom est confirmé ?
Sur ce, je retourne profiter du soleil…

jeudi 6 mars 2014

Fidélité, étonnement, responsabilité, doute

Ces derniers temps, certaines personnes me signifiaient l'importance que je peux avoir pour elles, ou encore la valeur de mes écrits. Il y a des personnes du « premier cercle », d'autres des cercles suivants (*), d'autres plus lointaines et même inconnues. Des personnes que je côtoie dans ma vie, d'autres que je connais via le net, d'autres dont j'ignore tout, mais qui m'ont contacté suite à mon livre ou des articles.
Bien sûr, il y a un côté « ça fait plaisir », mais ça, c'est vraiment la surface des choses, l'écume, la mousse. Petit plaisir fugace et narcissique, tel un bon vin dont on se délecte un instant, mais qui termine toujours dans la vessie…

Le plus important est ailleurs. Dans le retentissement profond. Et là, les choses sont un peu plus complexes.

. Le sentiment de fidélité à   moi-même dans l'expression. Cela tient à une sorte de bonheur apaisant d'avoir été ajusté autant que je pouvais. De voir des fruits de mes acquis au fil des années, cette sorte de sédimentation propre aux germinations, dont j'ai déjà parlé dans d'autres billets passés. 

. Le sentiment d'étonnement, qui est toujours plus ou moins là, dont j'espère que je le garderai, parce qu'il est de nature à m'éviter d'avoir la grosse tête. Cet étonnement, par exemple, lorsque ma compagne dit quelque chose du genre : — mais tu ne vois pas ? Quand tu parles, les gens s'arrêtent et  écoutent ce que tu dis.
Et moi j'ai toujours ce sentiment de dire des choses banales et ordinaires…

. Le sentiment de responsabilité, qui a un côté gênant à cause parfois du prix que les personnes accordent à mes paroles. En même temps cela ne m'empêche pas de déconner. Mais quand c'est « sérieux » j'ai parfois une sorte de retenue qui n'a rien à voir avec oser/ne pas oser, au sens d'être retenu par des peurs. C'est plutôt quelque chose du genre : il faut que je sois ajusté dans ce que je vais dire. Lorsque j'étais dans l'exercice de ma profession, cela s'imposait. Un peu comme un médecin valable qui ne balance pas tout et n'importe quoi, mais dit des vérités avec précaution et empathie. Mais dans l'ordinaire de certaines rencontres cela me gêne qu'on semble accorder une importance plus spéciale à ce que je peux dire. Des trucs du genre : — comme dit Alain, et il a raison…
Mais moi je m'en fous d'avoir raison. Ce que j'attends de l'autre ce n'est pas qu'il dise comme moi, mais qu'il dise… Comme lui…

. Les relents d'une image négative qui continue à me coller à la peau, comme le sparadrap du capitaine Haddock dont il n'arrive pas à se débarrasser. Comment un « bon à rien » -(merci maman pour ces bonnes paroles répétées à l'envie)- pourrait-il tenir des propos d'une quelconque valeur ? Il ferait mieux de se la boucler et de laisser « les grands » dire des choses sérieuses et valables. 
— Montes dans ta chambre, et fous-nous la paix !
Autrement dit le retour du doute sur soi qui parfois ressurgit du diable vauvert et fait son petit travail de rongeur creusant ses galeries pour fragiliser et faire s'écrouler ce que l'on croit solide. Bon d'accord, il faut savoir le piéger avec une tapette à fromage ! Mais parfois ils s'y mettent à plusieurs…

— Tout ce laïus pour en arriver à quoi ?
photo du net-origine inconnue
Eh bien, à l'interdépendance relationnelle permanente. Aucune construction de soi sans autrui. Tout comme autrui peut être cause d'une déconstruction de soi.
Pour exprimer ce que j'ai à dire, il faut que soit satisfait un minimum le besoin de juste reconnaissance. Attention, je dis bien reconnaissance, je n'ai pas dit approbation. Le besoin d'être constamment approuvé est une faille. En effet, celui qui vous conteste parce qu'il a des arguments à faire valoir, est quelqu'un qui vous reconnaît dans votre parole. (Sauf si c'est un contredépendant pathologique, ou un agressif congénital !…).
S'exprimer c'est accepter le risque d'exister. Exister c'est occuper une place que forcément d'autres contesteront…  Parce qu'il veulent la prendre, parce qu'ils veulent la leur. 
Sur ce terrain, je crois disposer d'une force intérieure, comme une permanence de l'être. Quelque chose qui a sans doute émergé progressivement, comme une terre sort des eaux sur laquelle on peut prendre pied. Je n'ai pas trouvé mon île. Elle a surgi sous mes pieds.

Je crois constater, mais je ne peux faire une affirmation totale, que cette force intérieure, qui se manifeste un peu à mon insu, force le respect de la personne devant moi.
Je crois que c'est la première fois que j'écris les choses ainsi. Je mets des mots sur un vécu qui se répète fréquemment. Il faudra que j'observe les choses sous cet angle, le plus humblement possible.

(À suivre… Peut-être…)


——— ———
(*) Avez-vous déjà visualisé sur un papier la place qu'occupent des personnes en vous, par rapport à vous-même ? Vous vous mettez au centre et vous faites des cercles concentriques à l'intérieur desquels situer les personnes. Je ne parle pas de proximité géographique ou familiale ou amicale, mais de proximité ressentie au fond de vous. C'est très intéressant…
On peut faire la même chose en retenant d'autres critères, par exemple, celui de l'encombrement (il/elle est pénible, me fait chier, m'insupporte, m'envahit, m'aliène, etc.) c'est tout aussi instructif…

dimanche 2 mars 2014

Plus ça va, plus ça va…


Faire un voyage en avion.
1969 :
Tu voyages dans un avion d'Air France. On te donne à manger et t'invite à boire ce que tu veux, le tout servi par de belles hôtesses de l'air, et ton siège est tellement large qu'on peut s'asseoir à deux.

2014 :
 Tu entres dans l'avion en continuant d'attacher ton ceinturon qu'on t'a fait retirer à la douane, pour passer le contrôle.
Tu t'assois sur ton siège, tes genoux s'écrasent sur le dossier d'en face.  À chaque tentative de mouvement, tu mets un coup de coude à ton voisin.
Si tu as soif, le steward ronchon t'apporte la carte et les prix sont ahurissants.


Michel doit aller dans la forêt après la classe.
Il montre son couteau à Jean avec lequel il pense se fabriquer un lance-pierre.

1969 :
Le directeur voit son couteau et lui demande où il l'a acheté pour aller s'en acheter un pareil.
  
2014 :
 L'école ferme, on appelle la gendarmerie, on place Michel en milieu fermé. Ses parents sont déchus de leurs droits parentaux.
TF1 présente le cas aux informations en direct depuis la porte de l'école. L'opposition hurle que la délinquance explose partout.

  
Discipline scolaire.
1969 :
Tu fais une bêtise en classe. Le prof t'en colle deux.
En arrivant chez toi, ton père t'en recolle deux autres.

2014 :
Tu fais une bêtise. Le prof te demande pardon.
 Ton père t'achète un iPod haut de gamme et va casser la gueule au prof.
Le prof s'excuse sur le plateau de BFM-TV. Le Ministre de l'Éducation étouffe l'affaire en offrant au prof un poste d'Inspecteur d'Académie.


Dominique et Marc se disputent. Ils se flanquent quelques coups de poing après la classe....
1969 :
Les autres les encouragent, Marc gagne.
Ils se serrent la main et ils sont copains pour la vie.

2014 :
 France-3 déplore la violence scolaire, relayée par TF1 au journal de 20 heures
Le lendemain, Le Figaro et Libération en font leur première page et écrivent 5 colonnes sur l'affaire. 
L'école ferme. - Le Premier Ministre démissionne.


Jean tombe pendant une course à pied. Il se blesse au genou et pleure. Sa prof Jocelyne le rejoint, le prend dans ses bras pour le réconforter....

1969 :
En deux minutes Jean va beaucoup mieux et continue la course.

2014 :
Dénoncée par une bénévole qui contrôle la course, Jocelyne est accusée de perversion sur mineur et se retrouve au chômage, elle écopera de 3 ans de prison avec sursis. Jean va de thérapie en thérapie pendant 5 ans. Ses parents demandent des dommages et intérêts à l'école pour négligence, et à la prof pour traumatisme émotionnel. Ils gagnent les deux procès.
La prof, au chômage, endettée, se suicide en se jetant d'en haut d'un immeuble. Plus tard, Jean succombera à une overdose au fond d'un squat.


La fin des vacances..
1969 :
 Après avoir passé 15 jours de vacances en famille, en Bretagne, dans la caravane tractée par une  Peugeot 404, les vacances se terminent.
Le lendemain, tu repars au boulot, frais et dispos.

2014 :
 Après 2 semaines aux Seychelles, obtenues à peu de frais grâce aux « bons vacances » du Comité d'Entreprise, tu rentres fatigué et excédé par 4 heures d'attente à l'aéroport, suivies de 12 heures de vol.
Au boulot, il te faut une semaine pour te remettre du décalage horaire !


Imagine dès à présent  ton bonheur et celui des tiens en 2030 !!
comment ça ! :  tu préfères ne pas y penser ?





(librement adapté d'un mail reçu.. )