jeudi 5 juin 2014

Une génération, puis l'autre…




Et on revient parfois avec ce sentiment que les choses ont changé.
Les choses ? Non, les choses n'ont pas changé. Les choses sont les choses. Elles restent choses. mais soi, on a changé. C'est si peu perceptible que l'on passe parfois à côté, avec ce sentiment que tout continu comme avant, qu'il s'agissait seulement d'une parenthèse vite refermée, et la force des habitudes reprend le pouvoir auquel elle tient. Car si on réclame sans cesse du changement, des évolutions, on souhaite surtout que tout demeure comme avant, dans le confort de l'habituel si rassurant.

Cinq jours avec eux. À donner de la présence. À recevoir de l'amour. Cinq jours qui diffèrent d'un quotidien mais ne sortent pas d'un certain ordinaire. Tout se passe à l'intérieur. Tout n'est qu'affaire de regard.
C'est le regard qui transforme.
Celui/celle qui passe à côté où se tient à proximité mais que l'on ne regarde pas, n'a pas d'existence.
On peut vivre sans existence, mais on ne peut pas s'accomplir.

Je les ai regardés tous les sept, dans la maison agrandie. Les parents, heureux d'un bonheur simple, d'offrir l'ampleur de ce qu'ils deviennent en entrant dans leur maturité, et que la maison agrandie signifie visiblement. Les enfants, heureux de notre présence, manifestant avec ardeur le plaisir de nous voir là, ayant préparé diverses sortes de réalisations intelligemment choisies à notre intention.

Les soirées se prolongeant tard dans la nuit, sans les enfants endormis, à échanger sur l'essentiel, c'est-à-dire sur le bonheur d'être et la trajectoire de vie.
Je ressentais alors combien je voyais s'accomplir mon rêve d'homme. Cette suite générationnelle, qui vient de loin, passe par moi (nous), et continue comme un prolongement en capacité de réussite.
On parle beaucoup du transgénérationnel, le plus souvent pour n'en retenir que les aspects négatifs d'enchaînements mortifères, de scénarios répétitifs que l'on devrait subir comme des pantins manipulés par un inconscient qui veut notre perte… Mais il y a aussi tous les acquis du transgénérationnel, les transmissions positives à la fois quant au potentiel génétique, et quant au processus éducatif bien conduit, concernant à la fois la connaissance de l'histoire familiale avec ses lumières et ses ombres, et concernant à la fois l'éducation à la conscience profonde, à la valorisation du potentiel personnel, à la liberté d'être et d'autres choses sur ce registre-là.

C'est ce que j'ai modestement tenté dans l'éducation de mes enfants. C'était un objectif de vie clair, choisi, délibéré, partagé en couple, et qui s'enracinait dans notre « projet de vie », arrimé à deux paroles qui nous marquèrent chacun : — l'une de mon maître à penser, comme une sorte d'exhortation, « réussissez vos enfants ! » ; — L'autre d'une personne qui nous était chère à tous les deux : — « mettre fin au massacre de l'enfant innocent » (ce qui visait directement la restauration de sa propre identité, indispensable à une juste transmission à nos propres enfants, car on peut difficilement donner ce que l'on a reçu de valable, si ce « reçu de la vie » demeure enfoui et recouvert par la dalle de béton de nos passés affectifs douloureux, de carences éducatives de nos parents ou de ceux qui en ont tenu lieu.)

Alors bien sûr on a essayé de faire de notre possible, avec l'aune d'amour dont nous disposions, laquelle augmente en contenu à mesure que le travail sur soi se fait. On peut donner sa pleine mesure à chaque instant, parfois elle est de quelques centilitres, mais elle devient plus abondante en mesure que le travail s'effectue en nous, et que l'on devient moins crétin dans la manière de s'y prendre avec les gosses…

Durant les cinq jours avec eux, je me réjouissais du chemin parcouru, et je voyais chez mes petits-enfants les fruits que j'espérais voir éclore, les fruits et que je n'ai pas reçu moi-même dans l'enfance, mais désormais tout cela était mon histoire ancienne, qui pouvait à présent tomber en ruine, devenir poussière. Il n'y avait plus grand-chose à balayer chez moi en ce domaine.
Il ne me restait plus que les arpents de bon terreau, c'est-à-dire tout ce que j'ai reçu de mes propres parents en positif, les valeurs que je fais miennes, celles que j'ai abandonnées parce qu'elles ne me correspondent pas.
Je voyais le potentiel enrichi par mon gendre et par sa propre lignée, sa paternité que j'admire et la manière dont il l'exerce.
Je voyais surtout leur bonheur à tous les deux. Il transparaissait sur leurs visage et dans leurs yeux, quand bien même - comme tout n chacun - ils ont à gérer une fratrie dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle est "vivante" !!

Alors, il y avait en moi comme un bonheur qui me dilatait de partout. C'était très simple, très intérieur, en même temps que je le manifestais comme je pouvais.

Pour conclure, et en revenir au début de mon billet, ce qui a changé c'est une sorte d'élargissement de mon être, qui, de proche en proche, prend sa dimension d'éternité… 



38 commentaires:

  1. Chouette ! Quel plaisir lorsque parent on remarque qu'on est arrivé à transmettre ses valeurs, et que celles-ci continuent leur route vers les générations suivantes.
    Le spectacle qui est mien, dans ma zone sinistrée, est pareil, mais ce ne sont pas les mêmes valeurs qui sont transmises. Ici, c'est chômage de père en fils, de mère en fille, alcoolisme, décrochage scolaire dès 12 ans à peine, et tout le panel des conséquences de l'inculture et la volonté de "faire de l'argent" sans fournir le moindre effort.
    Nous sommes le résultat de notre éducation, et notre sens critique l'affine pour continuer à la transmettre en l'adaptant au temps qui passe.
    Oui, tu as de la chance et tu ne la dois à personne d'autre qu'à toi et à l'équipe que tu formes avec ton épouse.

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    1. Bien sûr, il y a une part de chance. Mais aussi une grande part de « vouloir cette chance » est encore plus de la « vouloir en couple ». J'ai toujours eu ce sentiment qu'il y a en chacun de nous une part de chance et la valorisation de cette part est liée à notre manière d'être et de faire. On pourrait dire que savoir saisir sa chance, cela s'apprend… Il y a aussi une part de malchance issue du milieu où on a atterri dans la vie, de circonstances malheureuses de la vie, d'épreuves, de maladies etc.. j'ai subi et je subis encore cette part-là.

      Je comprends lorsque tu dis : « nous sommes le résultat de notre éducation » je compléterai en disant nous sommes aussi le résultat d'un certain combat que nous mènerons pour briser avec une certaine chaîne du malheur dans laquelle on peut être emprisonné…
      Je dis cela par expérience personnelle. C'est un vrai possible.
      Mais le chemin est parfois long, très long…
      Il faut trouver les compagnons de route qui pour un temps portent nos propres fardeaux…

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  2. Charlotte5/6/14

    Merci pour ce témoignage superbe, émouvant . Tu es vraiment un grand homme .

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    1. Grand homme ? non ....
      Je me sens qq'un de bien ordinaire.
      Mais que le fruit de l'ordinaire soit des choses plus grandes, ailleurs par d'autres... là oui....

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    2. Charlotte6/6/14

      Je maintiens ce que j'ai écrit.

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  3. Ce qui se répète dans le temps peut être considéré comme une "éternité", il est vrai...
    Cet article est intéressant sur bien des points...
    Révélateur aussi...
    Pour ma part, mon affectif fût un champs de ruine, et je n'ai pas voulu remonter les ruines ; en faire une aire vivable. J'ai failli à ma tâche sur le plan générationnel.
    J'avais des "circonstances atténuantes". Le nom que je portais était issu d'un environnement infecté, pollué, souillé. Je voulais "effacer l'ardoise", contrecarrer la damnation de mes prédécesseurs, me vouant à "l'éternité" d'un avilissement de ce statut humain...
    J'ai contrecarré leurs projets.
    Je n'ai pas perpétué leurs noms.
    Je sais aussi que je n'aurai su me construire au travers d'un enfant. On ne se construit pas sur un tel édifice. Pas question de "tatillonner" pour ériger une partie de soi dans le temps. Un homme se doit de donner le meilleur de lui-même...
    Aujourd'hui encore, je ne suis pas certain qu'il y ait une partie de moi qui soit valable.
    Donc, au-delà de ma rage, j'ai su endigué l'effroyable cadeau "qu'ils" m'ont offert : une damnation aux mille enfers.

    Le peu qui j'ai révélé à mes partenaires a fait que j'ai été repoussé, écarté comme géniteur.
    Pourtant, il y eu un temps où je me sentais enfin prêt !
    L'ironie de la vie a fait qu'alors il était trop tard...

    Malgré tout cela j'aime la vie. Même si pour moi c'est le néant, et non l'éternité, qui m'est destiné... Au moment voulu, se sourirai au néant, tout comme j'aurai souris à l'éternité.

    Et puis tout ceci n'est pas vain... Tout ce travail sur l'égo touche sa représentation finale : pas de narcissisme enjolivé en laissant mon nom (qui n'est pas le mien) dans les générations futures...

    J'ai finalement atteint mon but, quelque part...

    Merci pour ta vision d'homme entier... j'avais besoin de lire tes mots pour comprendre mon cheminement.
    Merci, sincèrement.

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    1. Que mon billet t'aide à mieux comprendre ton cheminement, je m'en réjouis pour toi très sincèrement.

      je souligne juste le point suivant : tu dis : "je ne suis pas certain qu'il y ait une partie de moi qui soit valable."
      eh bien moi, je suis certain du contraire…
      C'est à la fois une conviction personnelle, valable pour tout être humain
      c'est aussi un constat : la vie triomphe toujours de la mort… Sinon, il y a belle lurette qu'il n'y aurait plus de vie sur cette planète…
      C'est une expérience : en plus de 30 ans, j'ai « aidé » je ne sais combien de personnes (plusieurs centaines) en quête de cette part valable en elles, pour poursuivre leur vie…
      J'ai rencontré des situations dites « désespérées », et pourtant… Le dynamisme profond et central les a fait sortir de leurs enfers…
      Serais-tu l'unique exception ? :-)

      Il n'y a qu'une seule condition préalable : avoir le désir de devenir réellement soi-même. C'est-à-dire de changer de paradigme personnel et de paire de lunettes… :-)

      Grand merci pour ton commentaire engagé.

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  4. "Les arpents de bon terreau", ceux qui permettent au grain de germer, de développer ses racines et de trouver les éléments nutritifs plutôt que la caillasse aride qui ne génère que des épines, c'est une question de travail sur soi, de choix toujours à maintenir lors des moments de désespérance, quand les arêtes aigües traversent le champ de la vie et conditionnent les vieux réflexes.
    Le texte du Rônin m'a touchée. Il montre que lorsqu'on n'a pas réussi à être accompagné pour faire prospérer le terreau, on n'a pas la possibilité de tailler dans la couche mortifère.
    La rencontre avec l'autre, la chance qu'il faut saisir, ce frémissement de l'être qui vous fait sentir que vous ne devez pas laisser passer votre chance. Le vieux truc de l'amour, si éculé pour les ricaneurs, si vrai pour ceux qui le pratiquent...
    Nous allons fêter nos 40 ans de mariage dans quelques jours, mon mari et moi, nous avons 62 ans. Qu'il en a fallu de la patience, à mon merveilleux compagnon, pour effacer certaines images terrifiantes, qu'il lui a fallu d'amour pour écarter les pierres une à une et faire fructifier le terreau!

    Merci Alain pour ce beau billet humaniste, cette sensation d'accomplissement et de douceur d'être qui m'a fait tellement penser au vers de Victor Hugo:
    "Et les fruits passeront les promesses des fleurs".

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    1. Merci pour ce beau commentaire et le témoignage personnel.
      Ah oui, l'amour ! C'est lui qui sauve assurément.... L'amour durable, engagé et partagé. Puissent les ricaneurs être touchés en s'ouvrant à lui un jour, pour leur propre bonheur.
      Moi aussi je remercie ma "compagne de vie" (j'aime cette expression plutôt que "ma femme" !....) de tout ce que j'ai reçu d'elle en amour intense depuis 44 ans que l'on se connait.
      Et bon anniversaire de mariage à vous deux ! Fêtez-le pleinement !

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  5. "ce qui a changé c'est une sorte d'élargissement de mon être, qui, de proche en proche, prend sa dimension d'éternité…"
    une dimension d'éternité, ancrée dans un présent qui continue d'espérer
    Parce que pour cette famille si "vivante", les épreuves de la vie ne seront pas épargnées... sans doute
    Ce sera alors qu'il leur faudra s'accrocher à la dimension d'éternité, continuer à croire que envers et contre tout, la foi en la vie, en l'autre portera les fruits que tu as plantés avec courage et persévérance

    Tu le sais en ce qui me concerne, nous avons aussi essayé du mieux possible de planter les valeurs de la vie, du dialogue chez nos enfants. Nos cinq enfants sont de bons enfants. Mais la vie n'est pas bonne avec eux, du moins depuis quelques années
    Les aléas de la vie, les épreuves nous rattrapent, lourdement...tu l'as vécu de manière aiguë autrefois, tu es resté ancré (et encore maintenant) dans cette espérance vécue, tu n'as pas lâché prise
    Aujourd'hui dans notre famille de 7 personnes il n'y en a que deux qui sont sans épreuves...
    Pour moi la mère, c'est parfois lourd... et ma force de vie portée à bout de bras parfois, durant toutes ces années se décourage...

    J'ai lu et relu ton billet avec émotion: après cette épreuve de santé qui t'est tombée dessus durant ton enfance et que tu traverses aujourd'hui encore avec cette simplicité et cette foi dans la vie qu'on lit dans tes mots ici, tu savoures un temps de grâce. C'est du bonheur pour ceux qui t'aiment et se réjouissent avec toi...

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    1. Cette famille dite "nombreuse" a déjà traversé des épreuves (mon gendre à bien failli laisser sa vie suite à une grave infection ...), et comme tu le dis, il y en aura peut-être d'autres, car rares sont ceux qui sont épargnés.
      Je comprends bien comment une mère souffre intérieurement de ce que ses enfants subissent ou traversent. Et oui, c'est lourd...
      Il est possible sans doute, et je te le souhaite, de t'enraciner dans ce que tu as transmis et que tu évoques. Je sais, à travers ton blog et ce que tu as pu me confier, que tu fus une mère attentive et aimante durant leur enfance et leur jeunesse. Et que tu le demeures. Ils ont donc reçu l'amour essentiel qui leur donne les forces de traverser aujourd'hui ce qui est difficile et souffrant.
      Je crois que c'est qqch de fondamental de se mettre dans cette attitude. Cette confiance en toi qui a fait "de ton mieux" et en eux qui à présent pourront faire face à l'adversité, grâce aux acquis de leur histoire.
      Ainsi on peut garder le coeur en paix, même si la sensibilité souffre pour ceux qu'on aime....
      C'est ce que je te souhaite de tout coeur.

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  6. "Tout change tout le temps" comme dit l'autre.
    Pour le mesurer, il faut savoir se mettre à distance et s'installer en soi, dans ce qu'il y a de plus stable.
    Ton billet le reflète bien, en tant que père et papy, notamment.
    Je n'ai pas ce recul avec mes enfants, étant sans doute trop au charbon pour pouvoir poser un constat presque immobile sur notre trajectoire commune. Ah si, un curseur tout de même, quand tout va bien, c'est vraiment de la haute voltige, du bonheur en barre.
    J'aimerais que mon père puisse écrire ce que tu as écrit, un jour, dans la pénombre de sa chambre, au dessus de son petit bureau près de son lit, les lunettes posées sur son grand nez et le crayon de papier filant sur un cahier d'écolier.
    Je sais qu'il ne le peut pas aujourd'hui. Il n'a pas su dire "oui". Il a pris des baffes, perdu un fils à 40 ans dans des conditions dramatiques, et ce sont des choses dont on guérit difficilement, je crois. Et certains y sont parvenus, alors, espoir, quand tu nous tiens...

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    1. Sans doute le recul suppose-t-il de ... pouvoir reculer... alors quand tu dis être au charbon, je comprends très bien, je (nous) y étions il y a qq années... Faut juste être présent le mieux possible au quotidien à l'essentiel que l'on désire pour ses enfants (en terme de valeurs, de savoir être, de savoir faire), tout en étant sur la brèche....
      Ce que tu vis je crois....

      Cela me touche ce que tu dis désirer vis à vis de ton père. Ça vous viendra peut-être un jour...
      Perdre un fils de 40 ans, c'est une blessure qui saigne longtemps.... Je pense qu'un jour vient le temps de l'apaisement.
      alors oui, l'espoir, ... et le désir que ça s'accomplisse pour lui, pour toi, qui a vu disparaitre ce frère, je crois mystérieusement que ce désir-là rend possible l'avènement de ce que tu attends....
      C'est irrationnel bien entendu, mais pas magique...

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    2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  7. Magnifique et émouvant message.
    Qui je dois le dire me fait envie...
    Joli we

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    1. Si cela te fait envie... c'est que le possible est en toi.....

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  8. Je n'ai pas d'enfants et donc pas de petits-enfants. Ca ne me manque pas - ce serait inutile, d'ailleurs :) - mais j'ai eu du plaisir à lire ce que ça peut faire éprouver...

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    1. Alors tant mieux !
      J'aime aussi entendre les gens qui vivent des choses dont je n'ai pas et naurait pas l'expérience....
      Comme Marcher/courir/sauter/danser etc....

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  9. J'ai toujours dans la tête cette image de je ne sais plus quel film où l'on voit le lit conjugal occupé par six personnes: le couple, et les parents de chacun des deux conjoints... et il est vrai que c'est un véritable challenge que de construire une famille à la croisée de tellement de cheminements et de paradigmes différents... et pourtant, le ciment le plus important, celui de l'amour et du dialogue, permet de traverser les épreuves, quelle famille n'en traverse pas? et d'avoir toujours un point d'ancrage. Je suis fière d'avoir réussi cette première partie du challenge.
    Ton billet m'apporte une grande paix (c'est souvent le cas quand tu écris) en ce sens qu'il me pemet de me projeter dans le rôle ultime, celui de grand-mère, et d'associer cette idée pas toujours positive dans les esprits (peut-être parce qu'elle évoque la vieillesse et la proximité de la fin) à quelque chose de doux, de large, d'épanouissant. Je te vois observer ta famille avec ce regard bienveillant et apaisant, et crois-moi, c'est beau à voir.
    Tu es tellement plein de cette vitale humanité qu'on en oublie toujours ce que tu dis dans ta dernière phrase à Edmée. Chacun de tes mots est une grande leçon, une leçon qui ne pontifie pas. Tout ce que j'aime.
    Pfiouu! que d'émotions ♥
    Bon allez j'arrête de te cirer les pompes, tu vas enfler.;-)

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    1. les grands mères ne sont pas toujours grabataires !! :)
      Mais je comprends, à la naissance de mon premier petit-fils (il y a 12 ans) je disais : - j'ai un petit fils !!!
      je ne disais pas : - je suis grand-père !!

      Cela me réjouis et m'émeut que mes billets t'apportent une grande paix.
      Sans doute que ce ressenti paisible qui est aussi le mien se propage à travers les tuyaux du net...

      Bises !
      Je vais chercher du cirage pour renouveler ton stock !
      :-)

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    2. Je t'ai tricoté...euh dédié mon dernier billet.
      ;-)

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  10. Alors là, je suis "scotchée"... bravo AlainX ... j'ai beaucoup aimé votre (ton ?) billet... si vrai..si profond.. émouvant... bravo.. je suis maman et petite mamy(s) 13,8 ans et 18 mois... des garçons..et maman ... 92 ans...."l'histoire familiale... ses lumières et ses ombres"... et je comprends tout à fait ton (je peux ?) cheminement "le bonheur d'être... et la trajectoire de vie"..je reviendrai.. ce n'était qu'un petit coucou !
    douce journée.
    Den

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    1. Merci, Den, et bienvenue ici.
      Tu sembles avoir une belle vitalité et c'est réjouissant !
      A bientôt, ici ... et chez toi... que je vais aller découvrir.

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  11. Ces trois derniers jours, mon fils cadet et sa petite famille étaient à la maison. J'aime le regarder s'occuper de ses deux fils, et notamment de Noé, il est présent, attentif et aimant, et j'en suis fière et heureuse, et émue aussi. Il aime chahuter avec eux, mais il sait aussi mettre les limites. Je me dis qu'on lui a inculqué les bonnes valeurs et qu'il les transmet maintenant à ses enfants. C'est une grande satisfaction.
    Sinon, lorsque je suis devenue grand-mère, il va bientôt y avoir six ans, je ne me suis pas sentie vieille pour autant. Non, j'étais simplement... heureuse ! :-)
    Merci pour ce très beau billet, Alain. Belle semaine à toi.

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    1. J'imagine bien volontiers la satisfaction que tu ressens. Percevoir les effets de ce que l'on a essayé de transmettre, est réjouissant.
      J'espère que Noé continu de bien progresser, à son rythme. Et je souhaite le meilleur à toute ta famille.

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    2. Noé progresse à son rythme mais il progresse et c'est cela l'important. :-)
      Merci Alain.

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  12. C'est beau, fort et presque angoissant pourtant.. mais beau. :)

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    1. Angoissant ? ?
      Ce mot m'étonne…

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  13. Texte émouvant que je comprends, car lorsque je vois mon fils avoir des gestes si tendres et des mots d'amour pour ses deux petits bouts, je sens en moi une très forte émotion. Voir ainsi le lien qui continue en me disant que ce que mes parents ont su m'apporter est passé et continuera telle une chaîne, non pas d'entrave, mais bien de transmission d'amour qui saura accrocher de beaux et nouveaux anneaux.
    Lorsque j'ai su que j'allais devenir grand-mère, je n'ai éprouvé du bonheur que pour eux, qui avaient décidés de devenir parents. Le grand chamboulement a été lorsque je les ai vu les deux bébés, si semblables et différents en même temps. Et le moment le plus émouvant fut lorsque j'ai vu mon fils avec ses fils dans les bras posant des baisers sur leurs fronts.
    Voilà l'occasion grâce à ton beau billet un doux moment de partage.

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    1. Merci pour ce commentaire le témoignage que tu donnes à ton tour.
      Je trouve cela très « espérant ».
      Et j'imagine bien l'émotion pour une mère de voir son fils « pouponner »…
      Se réjouir et partager tout cela est très profitable pour chacun…

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  14. Un billet qui me parle, je viens de passer 3 jours merveilleux avec Fille Unique pas vue depuis Noêl.

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    1. Oui ! Je comprends bien…
      Pour nous c'est un peu pareil. ils habitent à six heures de voiture d'ici. On ne se voit donc pas très souvent…
      ---------
      Tout autre chose : tu devrais mettre à jour ton profil d'utilisateur Blogger.... car c'est un labyrinthe pour retrouver ton blog actuel ! :-))

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  15. Charlotte12/6/14

    Grande émotion et joie aujourd'hui , Mon petit fils de 18 ans a été très félicité par son professeur pour son oral de français .Il avait demandé mon aide pour une plaidoirie qu'il devait faire à propos d'une nouvelle de Maupassant... et qu'il présentait aujourd'hui.
    Et le professeur de lui demander:" As tu fait ce travail tout seul ou t'es tu fait aider par quelqu'un?" Oui" a répondu mon petit fils... par ma grand mère...
    "C'est formidable" a dit le prof .
    Je suis vraiment contente pour lui et pour moi.

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    1. Sympa cette collaboration intergénérationnelle !
      Et sympa le prof !
      "de mon temps" le prof aurait passé un savon de pas avoir travaillé seul !.....

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  16. Je vous envie. Ce qui me reste, ce sont les ratés, les incompréhensions, ce que j'aurais dû faire mieux, ce que je n'ai pas vu, non pas que l'on m'ait adressé des reproches, ni que l'affection ne soit pas au rendez-vous, mais voilà, je me suis si souvent trompée, alors ça devient une affaire entre moi et moi. Mais je les aime.

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    1. Si vous m'enviez quelque chose alors enviez-moi un certain regard… Pour faire simplissime et recuit je pourrais évoquer le verre à moitié plein ou à moitié vide…
      Car moi aussi j'ai fait des erreurs, je me suis trompé, j'ai raté certains de leurs apprentissages, je n'ai pas été suffisamment attentif à… Etc.
      il faut se méfier du « j'aurais dû faire mieux », parce qu'on fait alors une lecture a posteriori. Dans l'instant, on a fait au mieux du possible, en fonction de l'expérience de vie qu'on avait alors.
      L'essentiel est dans votre dernière phrase…
      Dans l'aujourd'hui de cette phrase.

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