samedi 26 juillet 2014

Appel maritime !

En partance pour la mer !
LA MIENNE !!

Je vous laisse en attendant avec quelques 


lundi 21 juillet 2014

Sur le ponton du chemin de halage


Cet endroit m'attire plus particulièrement ces jours-ci comme "lieu d'écriture"… Pourtant je le connais bien… Il faut croire qu'il a des choses à me dire…


L'endroit de l'écriture influe-t-il sur l'écrit ? — Oui, sûrement — d'ailleurs j'ai fait le choix délibéré de venir ici à cet effet.
J'ai devant moi, j entre les deux yeux, un alignement de petits arbres qui forment séparation entre la vue de l'oeil gauche sur l'allée de halage, et celle de l'oeil droit qui voit la petite rivière canalisée dans laquelle se reflètent les grands arbres majestueux de l'autre rive, magnifiés par le soleil qui les éclaire tels des artistes en scène.
Cela fait trois mondes en un seul.

L'allée où passent promeneur flânants, joggers en quête de performances personnelles et cyclistes touristes ou locaux en désir d'évasion. Là, une vie qui circule, s'anime et se calme, dérange mon souhait de solitude, tout en apportant le réel humain nécessaire, le va-et-vient discontinu, disparate, mouvant et dérangeant des êtres dissemblables mais tellement ressemblants que nul ne peut confondre un humain avec quelque soit d'autre.

À droite, la lente rivière, son écoulement paisible et sans surprise, son odeur de douceur un peu fétide sans être désagréable, ses petites bulles de gaz remontant du fond d'elle-même qui explosent sans bruit, provoquant des ronds dans l'eau qui s'éloignent et puis meurent pour renaître aussitôt à l'endroit d'à côté. La surface ondule en frissons réguliers, les arbres qui s'y reflètent lascivement, cherchant là des plaisirs nouveaux. Quelques traces luisantes d'hydrocarbures rappellent l'irrespect de l'homme pour la nature qui l'abreuve.

Je suis rivière paisible, mais ce n'est qu'apparence à qui ne connaît pas la profondeur et la puissance cachée sous la surface de mes eaux. Il faut poursuivre jusqu'à l'écluse pour voir la puissance du flot quand il faut se donner en dévalant plus bas. L'énergie du calme montre alors sa vigueur et ce qu'elle peut produire livrée aux nécessités d'agir.

Plus à droite encore, le regard envahi se brise net sur l'imposante rangée d'arbres centenaires qui règnent ici en maîtres. Impossible d'aller plus loin, impossible de percer, de transpercer, de se frayer un chemin. Ici tout s'arrête au mur de végétation. Un très vague souffle mobilise juste quelques feuilles, mais on peut imaginer la puissance colérique contenue dans ce végétal qui cloisonne l'horizon, peut se déchainer si le vent s'en mêle,   oblige à suivre la rivière ou le chemin, car au final, nul ne va où il veut. Chacun s'est inscrit sur une route, la sienne, choisie sans doute, imposée peut-être.
Beaucoup est possible, mais le tout est impossible.
Chacun a ses limites, son territoire. La tentation de l'ailleurs demeure cependant le drame personnel. L'au-delà des rideaux d'arbres est attirant plus que de raison.

Et cependant, descendre la rivière est aventure passionnante.


jeudi 17 juillet 2014

Se simplifier



Au cours de ma promenade sur le chemin de halage, j'ai coursé un bateau de plaisance jusqu'à l'écluse. Il n'avait rien de luxueux. Il ressemblait plutôt à une mini péniche habitable. J'avais le sentiment que ce serait le seul événement de ma petite journée…
J'en étais heureux comme un enfant qui aurait vécu quelque chose dans sa journée. Quelque chose à raconter le soir, comme un petit extraordinaire. Un enfant heureux d'occuper le temps des vacances avec un petit pas grand-chose.
J'avais comme un bonheur de gosse.
Un bonheur des petites choses.
Un bonheur du rien, si important…

Je repensais à V… (Voir mon billet précédent), qui se torturait l'esprit sans vivre vraiment… Et qui avait pourtant tellement en lui quelque chose de simple qui parfois passait dans son regard.

Mesurer mon bonheur par le simple, par la simplification en mouvement.

— « Vous n'êtes pas encore assez simplifié ! » J'avais compris sans comprendre cette phrase de mon maître à penser, entendue il y a plus de 25 ans. Elle est demeurée et demeure toujours en moi, comme un objectif lointain.

L'appel à la vie simple, je retiens cela de cette promenade.
Mais dans le même temps, ce constat que le vivant est complexe.

Paradoxe apparent…


mardi 15 juillet 2014

Ces hommes qui ne peuvent plus vivre.


Difficile de mettre sur ce billet mon petit logo « chroniques estivales », car je ne vais pas aborder quelque chose de l'ordre du bien-être et de la détente…

Hier, nous avons reçu T... l'épouse de V… Brusquement décédé et que j'ai évoqué ici

Bien sûr, nous avons longuement parlé de V… Et puis de lui et elle, et puis d'elle, comment elle vivait tout cela. Il y eut des moments intenses, de l'émotion, des larmes. Et aussi des rires… 
T… évoqua l'intensité des tourments intérieurs de cet homme. C'était d'ailleurs plus que des tourments. Je n'apprenais rien. Je savais bien à quel point il avait enfoui un désespoir profond, et un doute quasi névrotique. Combien il avait tenté de le dissoudre dans une culture extraordinaire et dans une oeuvre de sculptures tourmentées, faite d'assemblages pathétiques d'objets abandonnés, rouillés, voués à la destruction. Il leur redonnait  existence, là où il ne trouvait pas vraiment la sienne…

Il est mort brutalement. Crise cardiaque. J'ai appris hier qu'il y avait eu quelques signes avant-coureurs, mais des examens médicaux n'avaient rien révélé d'alarmant et même, rien du tout… Mais, qu'est-ce que les machines perfectionnées dont dispose la médecine peuvent voir des tourments intérieurs qui rongent l'âme et le coeur ? Jusqu'à quel degré de résistance le corps tiendra-t-il le coup ?

Je pensais à cela cette nuit, éveillé, pas insomniaque, mais pensant à cet après-midi qui fut à la fois douce, forte, terrible et en même temps si ordinaire de ce que nous sommes nous, les hommes…

Me revenaient d'autres hommes disparus  prématurément, certains dans ma jeunesse d'une infection foudroyante, d'autres qui avaient décidé de mettre fin à l'aventure, et je le voyais "lui" il y a plusieurs années, qui s'est pendu en laissant ces mots : « je ne peux plus vivre ».

Je parle ici des hommes, au masculin. Ceux de mon sexe. Ceux qui ont gardé en eux-mêmes des souffrances enkystées,qui ont tout gardé, parce que "dire n'est pas de mise". Et puis il y a la fierté. La compensation. La fuite. La réalisation dans les affaires. Et puis, un homme ça ne va quand même pas pleurer comme une femmelette !

T…, L'épouse de V… était comme bien des êtres,  avec le poids d'une histoire personnelle. Mais elle avait mis de l'ordre. Elle avait fait du mieux qu'elle pouvait pour aimer avec tout son coeur de femme cet homme qui doutait de tout, qui foncièrement ne faisait confiance à quiconque. Au delà de tout, ils avaient vécu un amour intense. J'en suis témoin. Hier, elle pleurait « tout ça ».


Nous avons fait comme nous pouvions. Remettre dans la perspective de l'humanité telle qu'elle est, de chacun de nous si limité et en même temps si grand, de cette grandeur des inlassables chercheurs de Lumière.



Ces hommes qui ne pouvaient plus vivre, je les porte en mon coeur, parce qu'ils sont ainsi déposés en moi pour toujours, parce que j'aurais pu être l'un d'eux, parce que si je ne les emporte pas avec moi, alors ma propre espérance pour ce monde des hommes, et ma foi en chaque être humain, n'aurait aucune valeur, aucun poids, ne serait que la vapeur des mots inutiles.


vendredi 11 juillet 2014

Que du bonheur ! (2)


Le mini périple estival s'est poursuivi au pays des huîtres !
Arcachon ? : Trop bourgeois pour le riche sujet français que je suis !
Diana, en Corse ? Trop loin ! Trop de grévistes !
L'île de Ré ? Bien trop surfait !
Noirmoutier ? Mais noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir !

Ce fut l'île d'Oléron que nous ne connaissions pas. « C'est rustique ! » nous avait dit notre voisine… Nous nous sommes retrouvés dans un hôtel où le personnel était d'une rare gentillesse,  et disposait de chambres parfaitement adaptées à mon état physique, ce qui n'est pas toujours le cas. En outre « le chef » composait des plats délicieux et très cuisinés. Bref une vraie chance !

J'aime beaucoup aller traîner sur les ports, pas ceux où s'agglutinent les bateaux de plaisance, mais là où les hommes travaillent, là où c'est normalement « interdit au public », sauf que moi je n'ai jamais vu le panneau… Et que déambuler en fauteuil roulant électrique ça facilite une sorte de tolérance chez les professionnels, à condition de se faire un peu discret.

Oléron, ce n'est pas l'île de Ré, et son charme d'usine à touristes, ses villas entourées de hauts murs blancs de manière à ce qu'on ne voye rien… que des murs… encore des murs… Mais où est la mer ?
Oléron, ce sont les cabanes de pêcheurs en ruine, les rues cabossées, les campings encore désertés en ce début juillet, les petits lotissements de résidences secondaires encore fermées, et les pistes cyclables, encore des pistes cyclables, et des pistes cyclables…
J'ai bien aimé. Cela reste encore assez « naturel » ! »… « Rustique ! » comme avait dit la voisine avec un peu de condescendance…

Là aussi je suis resté longtemps à détailler ces endroits à l'abandon, désertés par les ostréiculteurs, et que des projets artistiques avaient tenté de faire revivre, mais à présent c'est aussi abandonné (là où nous étions - il reste ailleurs un ou 2 endroits artistiques, mais ça semble quand même en perte de vitesse…). On trouve encore quelques peintres au talent… rustique… mais dont la conversation est touchante…

À qui sait regarder, on voit les traces d'une vie rude menée par « nos anciens » dans le domaine de la pêche, des huîtres, des marais salants. Il y eut une matinée de pluie, occupée à visiter le musée de Saint-Pierre-d'Oléron (nous étions quasi les seuls visiteurs….). Les expositions rendent compte de cette vie rude. Les vieux films commentés par des anciens étaient touchants à la fois par la rudesse du travail et par la fierté de ses anciens travailleurs interviewés. Cela me faisait penser aux vieux mineurs de ma région.
Nous avons appris ce qu'était une « écluse à poissons », sorte de piège de pierres en fer à cheval ou les poissons venaient se faire prendre à marée montante, puis étaient facilement attrapées par les pêcheurs. Procédé remontant au Moyen Âge, abandonné aujourd'hui, mais entretenu çà et là par quelques passionnés au titre de la tradition.

Je me disais que progressivement tout me devenait objet de contemplation… À condition de ne pas aller en ces lieux en « pleine saison », où les vacanciers cherchent le juste repos et le divertissement, masquent cette réalité toujours présente et palpable.

On se dit alors que tous ceux qui aujourd'hui « se plaignent de tout » devraient se souvenir des chances qu'ils ont de vivre en 2014…

cliquez pour agrandir les images (photos alainx)

Vestiges d'écluses à poissons 





mercredi 9 juillet 2014

Que du bonheur !


Des vacances ?
Parle-t-on de vacances lorsqu'on est sorti du « monde du travail » ?
En ce temps-là, les vacances étaient d'abord six ou sept jours de décompression, accompagnés parfois des symptômes du vacancier-qui-en-fait-trop-dans-l'année… Genre maux de tête et/ou douleurs lombaires…
Mais là non, ce fut plutôt 12 jours délicieux, où chaque heure permet de goûter de la beauté des choses. Même un parking d'autoroute, menant à la destination dont on a rêvé, peut prendre quelque peu l'allure d'un terrain d'aventure précurseur de beautés à venir…

— Ce furent d'abord cinq jours dans une maison d'hôtes, ancienne ferme en ruine et magnifiquement restaurée avec un goût certain par des hôteliers amateurs de tour du monde et qui ont fini par poser les valises au fond d'une campagne, aux confins d'un village minuscule, le premier magasin d'alimentation étant à 10 km. Bref, le calme absolu que nous recherchions, hormis les trois ânes qui braient quand ils ne sont pas contents.
Nous avons assisté pour ne pas dire participé aux deux jours de fête du village, avec l'accordéon indispensable, la jeune chanteuse locale à la voix grave et prenante qui déroulait des blues et mélopées en anglais, apportant ainsi une touche de modernité appréciée par les rares jeunes cultivateurs du coin. C'est LA fête des alentours. Un malencontreux orage est venu la perturber quelque peu. Mais qu'importe le repas à cinq euros était servi sous la bâche… Et le feux d'artifice clôturant le 2° jour fut au rendez-vous…
On a un peu parlé à droite et à gauche, coachés et par le couple  hôtelier, qui a tenu à nous présenter Mme la Maire. À part nous, aucun « touriste ». Ce qui a fait le charme de cette fête, pour nous en tout cas. Rien à voir avec les Francofolies dont nous avons vu les préparatifs à la Rochelle (ultime étape du séjour), et autres festivals qui sont des usines à gaz envahissantes.

J'ai longuement rêvé et médité a l'ombre du noyer de la ferme, contemplant une petite combe dont je suis tombé amoureux. Le soir nous regardions les étoiles. L'endroit est privilégié parce qu'il n'y pas de pollution lumineuse aux alentours. Cela faisait longtemps que je n'avais vu un ciel aussi étoilé. 
Avec ma compagne nous sommes restés longuement en silence, main dans la main, à contempler les cieux, avant de rejoindre notre "suite" campagnarde ! (Nous disposions d'une chambre d'un petit salon…) aux murs de pierres épais  de plus d'un mètre, pour d'autres instants tout aussi merveilleux et intimes… Et, comble du luxe ! La chambre est dotée d'un sauna privé.

— La suite du voyage… Dans une île…

(À suivre)

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J'ai quelque peu peiné à rédiger ce texte. 12 jours sans écrire et j'ai le sentiment de perdre ma fluidité habituelle…
Les sportifs doivent parfois se remettre en jambes.
L'écrivaillon doit se remettre en plume…

Sous le noyer ... (photo Alainx)