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vendredi 11 juillet 2014

Que du bonheur ! (2)


Le mini périple estival s'est poursuivi au pays des huîtres !
Arcachon ? : Trop bourgeois pour le riche sujet français que je suis !
Diana, en Corse ? Trop loin ! Trop de grévistes !
L'île de Ré ? Bien trop surfait !
Noirmoutier ? Mais noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir !

Ce fut l'île d'Oléron que nous ne connaissions pas. « C'est rustique ! » nous avait dit notre voisine… Nous nous sommes retrouvés dans un hôtel où le personnel était d'une rare gentillesse,  et disposait de chambres parfaitement adaptées à mon état physique, ce qui n'est pas toujours le cas. En outre « le chef » composait des plats délicieux et très cuisinés. Bref une vraie chance !

J'aime beaucoup aller traîner sur les ports, pas ceux où s'agglutinent les bateaux de plaisance, mais là où les hommes travaillent, là où c'est normalement « interdit au public », sauf que moi je n'ai jamais vu le panneau… Et que déambuler en fauteuil roulant électrique ça facilite une sorte de tolérance chez les professionnels, à condition de se faire un peu discret.

Oléron, ce n'est pas l'île de Ré, et son charme d'usine à touristes, ses villas entourées de hauts murs blancs de manière à ce qu'on ne voye rien… que des murs… encore des murs… Mais où est la mer ?
Oléron, ce sont les cabanes de pêcheurs en ruine, les rues cabossées, les campings encore désertés en ce début juillet, les petits lotissements de résidences secondaires encore fermées, et les pistes cyclables, encore des pistes cyclables, et des pistes cyclables…
J'ai bien aimé. Cela reste encore assez « naturel » ! »… « Rustique ! » comme avait dit la voisine avec un peu de condescendance…

Là aussi je suis resté longtemps à détailler ces endroits à l'abandon, désertés par les ostréiculteurs, et que des projets artistiques avaient tenté de faire revivre, mais à présent c'est aussi abandonné (là où nous étions - il reste ailleurs un ou 2 endroits artistiques, mais ça semble quand même en perte de vitesse…). On trouve encore quelques peintres au talent… rustique… mais dont la conversation est touchante…

À qui sait regarder, on voit les traces d'une vie rude menée par « nos anciens » dans le domaine de la pêche, des huîtres, des marais salants. Il y eut une matinée de pluie, occupée à visiter le musée de Saint-Pierre-d'Oléron (nous étions quasi les seuls visiteurs….). Les expositions rendent compte de cette vie rude. Les vieux films commentés par des anciens étaient touchants à la fois par la rudesse du travail et par la fierté de ses anciens travailleurs interviewés. Cela me faisait penser aux vieux mineurs de ma région.
Nous avons appris ce qu'était une « écluse à poissons », sorte de piège de pierres en fer à cheval ou les poissons venaient se faire prendre à marée montante, puis étaient facilement attrapées par les pêcheurs. Procédé remontant au Moyen Âge, abandonné aujourd'hui, mais entretenu çà et là par quelques passionnés au titre de la tradition.

Je me disais que progressivement tout me devenait objet de contemplation… À condition de ne pas aller en ces lieux en « pleine saison », où les vacanciers cherchent le juste repos et le divertissement, masquent cette réalité toujours présente et palpable.

On se dit alors que tous ceux qui aujourd'hui « se plaignent de tout » devraient se souvenir des chances qu'ils ont de vivre en 2014…

cliquez pour agrandir les images (photos alainx)

Vestiges d'écluses à poissons 





18 commentaires:

  1. Anonyme11/7/14

    Et toi, je dois dire que tu sais saisir la chance qui t'est donnée d'avoir un autre regard sur les choses du quotidien, qui réunit passé et présent pour donner à l'avenir ses lettres de noblesse, contempler le fruit du travail des hommes, travail qu gagne pain mais aussi travail intérieur ...
    La beauté du monde est dans "l'oeil" de celui qui sait "écouter" ! ça peut paraître paradoxal !!! Mais ce sont nos sens en éveil qui sauront faire de notre vie une unité profonde et aimante.
    Je venais juste de laisser un commentaire sur le récit N°1 de tes vacances avant de "tomber" sur la suite!
    Continue de surfer sur le "plus" en expansion qui t'habite.
    Brigitte

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    1. Il me semble qu'un seul regard peu être habité tout en même temps du présent et du passé, et même de l'avenir, ainsi que les fleurs qui poussent à côté de ruines annoncent demain.
      J'aime bien ton expression de l'oeil qui sait écouter…
      Et je crois qu'en effet l'être profond et sans cesse en expansion.

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  2. nicole 8611/7/14

    Heureux homme (sans oublier sa compagne)

    l'estuaire de la Seudre et la Tremblade sont parmi les paysages les plus émouvants que je connaisse, de ceux qui portent à la contemplation ... la baie de l'Authie et la baie de Somme peuvent peut-être (suremennt) rivaliser. et puis la lumière et la Charente à Rochefort et puis Brouage et puis ... j'ai un petit peu plus de mal avec Oléron malgré les roses trémières.
    Je suis très heureuse que vous ayez eu l'envie de connaitre cette région qui est proche de ma région natale.
    Mais que suis je venu faire dans (cette galère) le Sud ?

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    1. C'est vrai ça ! Pourquoi es-tu partie si loin ! ?
      la baie de l'Authie et celle de la Somme, sont en effet des lieux de paix et de contemplation. J'irai certainement rejoindre une fois de plus celle de la Somme lorsque je serai en bord de Manche en août prochain.

      Oléron mais plutôt un lieu du travail des hommes. Mais cela peut s'admirer aussi… Surtout quand on perçoit une tradition ancestrale.

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  3. je ne connais pas l'Ile d'Oleron, pourtant pas si loin de chez moi. Tu me donnes envie de la visiter. Savoir regarder, je pense que beaucoup ne savent pas, ne savent plus.

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    1. Savoir regarder ? Mais toi tu sais… C'est le principal !

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  4. Charlotte11/7/14

    Cela me donne envie d'y aller. En plus j'adore les huitres.
    C'est un art que d'être heureux. Tu y excelles. Cela ne tombe pas du ciel : je sais tout le travail ( intérieur) que cela suppose.

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    1. J'aime que tu soulignes que l'art d'être heureux ne tombe pas du ciel…
      c'est en effet un fruit d'un travail patient, laborieux, où il faut remuer sa terre intérieure, Sans cesse la rendre de plus en plus fertile et assainir bien des marécages…. Le travail sur soi à quelque chose de la paysannerie d'autrefois, avant les tyrannies des rendements…

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  5. Je ne connais pas cette île. En tous les cas son charme rustique est bien tentant et si elle est désertée par les bipèdes, on a envie d'aller dire Bonjour aux belles roses trémières qui s'en donnent à cœur joie pour montrer qu'elles sont libres de lancer leurs belles tiges fleuries vers le ciel en nous disant : " Voyez comme il fait bon vivre ici. Pas besoin de paillettes et de superflu. Vivre c'est simple comme BONJOUR !

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    1. Ton commentaire me fait sourire… D'un bon sourire évidemment…
      Fin juin/début juillet, la saison touristique n'est pas vraiment commencée… Si j'en crois le nombre de parkings (déserts quand on y était...), qui jalonnent les côtes … Je me dis que l'été ça ne doit pas être désertique !

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  6. La chance de vivre en 2014, à condition d'éviter les endroits contaminés par l'esprit du temps : les usines à touristes, les divertissements bruyants et de se ressourcer dans des lieux qui nous rappellent le monde d'avant :)

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    1. « Se ressourcer » c'est en effet remonter vers une certaine source. Il est des lieux plus favorables que d'autres, Où l'on peut trouver une sorte de passé/présent, quelque chose qui n'a pas aboli l'ancien au profit d'une prétendue modernité.
      Ressentir ce monde d'avant dans l'aujourd'hui…
      Les passionnés d'usines à touristes sont animés d'autres perspectives… Souvent ils ne supportent pas, ni la solitude ("mais c'est mort ici" ai-je entendu), ni le silence.
      Quand j'entends dire que les jeunes d'aujourd'hui souffrent ou vont souffrir d'acouphènes, vu le nombre de décibels ingurgitées et/ou des écouteurs sans cesse sur les oreilles… Je me dis que le silence va devenir quelque chose de plus en plus insupportable pour beaucoup…
      Ce bien si précieux va vers l'obsolescence…
      ------------
      Merci de passer commenter ici…
      Je lis toujours chez toi… Je ne commente pas… Je ne suis pas à la hauteur… Je me contente de me nourrir !

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    2. "pas à la hauteur" ? qu'est-ce que ça veut dire ?... c'est vrai que mon blog est de plus en plus pointu dans le domaine qui m'intéresse, c'est une recherche personnelle et solitaire, que j'ai besoin d'exprimer quelque part. Mais il n'y a aucune idée de supériorité là-dedans. Merci de persévérer dans ta lecture en tout cas. et bel été à toi !
      Carole

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    3. Ah oui ! Main non ! Je ne mettais pas une notion de "supériorité"... Mais je comprends bien que ma phrase induisait ça....
      Tu donnes à voir un domaine de recherches qui m'est étranger. à travers cela c'est ta personne que j'essaye d'apercevoir. Et là nous sommes tous sur un même plan…

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  7. Tu vois, à l'issue de cette folie qu'est la fin d'une année scolaire, j'ai vraiment hâte de me retrouver face à mon paysage favori, dans le silence et la contemplation.
    C'est dire si je saisis cette notion de pur bonheur que tu exprimes à travers ce billet.
    Bises célestes

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    1. Je comprends bien.....
      Ferme tes cahiers ! Brule les docs de l'EducNat !! :-)
      Ouvre ton âme et ton coeur à la vie qui t'anime et fait ta joie....
      Vis le meilleur ma Célestine !

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  8. Anonyme14/7/14

    Lorsque je vivais en Charente, je passais tous mes w-end de printemps et d'automne à l'ïle d'Oléron, J'ai toujours aimé cette île, j'en garde des souvenirs très forts, et j'espère avoir l'occasion d'y revenir un jour. Bonnes vacances Alainx :)

    Cassy

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    1. Alors j'ai une pensée rétrospective pour toi !
      :-)

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