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jeudi 17 juillet 2014

Se simplifier



Au cours de ma promenade sur le chemin de halage, j'ai coursé un bateau de plaisance jusqu'à l'écluse. Il n'avait rien de luxueux. Il ressemblait plutôt à une mini péniche habitable. J'avais le sentiment que ce serait le seul événement de ma petite journée…
J'en étais heureux comme un enfant qui aurait vécu quelque chose dans sa journée. Quelque chose à raconter le soir, comme un petit extraordinaire. Un enfant heureux d'occuper le temps des vacances avec un petit pas grand-chose.
J'avais comme un bonheur de gosse.
Un bonheur des petites choses.
Un bonheur du rien, si important…

Je repensais à V… (Voir mon billet précédent), qui se torturait l'esprit sans vivre vraiment… Et qui avait pourtant tellement en lui quelque chose de simple qui parfois passait dans son regard.

Mesurer mon bonheur par le simple, par la simplification en mouvement.

— « Vous n'êtes pas encore assez simplifié ! » J'avais compris sans comprendre cette phrase de mon maître à penser, entendue il y a plus de 25 ans. Elle est demeurée et demeure toujours en moi, comme un objectif lointain.

L'appel à la vie simple, je retiens cela de cette promenade.
Mais dans le même temps, ce constat que le vivant est complexe.

Paradoxe apparent…


20 commentaires:

  1. Anonyme17/7/14

    Quand tout coule de source, la vie apparaît simple.
    Quand sur la route, le soleil ne semble plus briller, quand les nuages cachent l'horizon, les questions affluent.
    Chercher pour trouver, comprendre pour accepter, vouloir vivre et rester vivant sans avoir à se torturer l'esprit, réapprendre la confiance en soi, tout un chemin... chemin de halage au long cours?
    Oui, parfois, la vie paraît simple tout en étant complexe, c'est une idée qui m'a moi aussi interpellée plus d'une fois. Surtout lorsqu'au détour du chemin, une explosion de joie jaillit du fond du coeur dans la subtilité d'un instant empreint de grandeur et de sérénité.
    C'est super de partager ton évolution à travers tes billets.Tu es sur la route du bonheur, je te souhaite de retrouver ton enfance perdue car qui mieux qu'un enfant sait vivre l'instant!
    Brigitte

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    1. Il me semble que toute mon histoire, de l'enfance à l'adulte, m'accompagne dans une forme de présence en continu.

      La route du bonheur ? Est-ce que le bonheur n'est pas d'être sur la route… ! Longtemps j'ai vécu dans le : « ça ira mieux demain »… Je crois que c'était l'accessible de l'époque. Aujourd'hui Je vis le bonheur au présent. Tant qu'il est là, j'essaie de le savourer longuement.

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  2. Charlotte18/7/14

    Parfois un simple regard qui s'arrête sur mon chat qui saute pour attraper un insecte, ou sur une photo en ( (l'écographie en 3D du visage du bébé (qui sourit) à venir de ma fille) , ou sur mon chien qui dort à l'ombre à coté de moi...suffit pour me réjouir de la vie ...J'aime ta péniche qui navigue sur un long fleuve tranquille...

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    1. Je te rejoins dans cette présence consciente à l'instant même.
      Ce n'est pas si courant d'être dans la pleine conscience de l'instant en toute sa dimension.

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    2. Charlotte21/7/14

      Je me suis inscrite à des séances individuelles de" pleine conscience" ou en anglais de" mindfullness"...!!! on emploie aussi le mot de "méditation" ... pour régler mon addiction aux somnifères. C'est mon toubib qui me l'a conseillé ... On verra ce qu'on verra. Mais ce qui me frappe le plus c'est que justement tu emploies dans ta réponse cette expression de pleine conscience.

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    3. Charlotte21/7/14

      Quel hasard, je me suis inscrite àdes séances de "Pleine conscience" ou mindfullness ou méditation... Pour régler mon problème d'addiction aux somnifères.

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    4. ah... "la pleine conscience"... On ne parle que de ça..... C'est "tendance"....
      Je critique pas... ce que j'en sais me fait dire que je dois être un pratiquant depuis bien des années....
      Je suis un genre de Mr. Jourdain de ce cher Molière ! Je méditais sans le savoir.... Mais je m'éditais en pleine conscience...
      L'important ce sont à mon avis 2 choses :
      - la qualité expérientielle du "maître" (sa pratique effective durant des années...)
      - la "pratique personnelle" dans la durée.... (le plus difficile sans doute....)

      Quant au sevrage des somnifères, ça peut aider en effet : contre les peurs de ne pas dormir ou les angoisses de l'endormissement... Mais faut aussi un suivi spécifique médical, surtout si tu es addict depuis des années...

      Bon courage ! et meilleur sommeil !
      :-)

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    5. Charlotte21/7/14

      Oui oui... maître!!!

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  3. Beaucoup d'entre nous avons perdu ce sens de la simplicité, de l'enfance. Renier ou effacer... Qu'importe. dans ce monde d'adultes, c'est bien cette simplicité, cette spontanéité qui fait de nous des êtres de lumières...
    Félicitations de retrouver la source et de la suivre.

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    1. Oui, la simplicité et la spontanéité des êtres de lumière.
      C'est pour ça qu'il y a tellement de lumière dans le regard des enfants… ( Enfin… Ceux que la vie n'a pas déjà un peu trop abîmé…)

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  4. C'est un peu difficile à comprendre pour moi. C'est quoi la simplicité ? Comment être simple dans ce monde ? Ce n'est pas simple d'être simple.
    Un jour, quelqu'un m'avait dit que je n'étais pas simple. Cà m'est resté sur le coeur.

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    1. Il est probable que l'on confonde la complexité du vivant (processus naturel) avec un monde compliqué (processus fabriqué)…
      La simplicité, c'est se "décompliquer"… Un dépouillement de l'inutile : comme par exemple entretenir en soi l'idée même (fausse à mes yeux…) d'un monde beaucoup trop compliqué dans lequel on ne pourra jamais s'en sortir… Et d'ailleurs il n'y a qu'à regarder autour de soi… On voit bien que tout fout le camp… Et patati et patata…
      - ceci n'est qu'un exemple -

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  5. "J'avais comme un bonheur de gosse.
    Un bonheur des petites choses.
    Un bonheur du rien, si important…"
    Tu imagines comme ces mots me parlent! moi qui cède bien souvent à des émerveillements d'enfant, qui convoque en moi la petite fille écarquilleuse de regard, béeuse de bouche, dresseuse de poils sur les bras...
    Moi qui, comme Mel, ait souvent la réputation d'être sinon complexe, du moins multi-facettes, je suis heureuse d'apprendre (et surtout par toi) que ce trait de caractère, à savoir la faculté d'émerveillement, procède de la simplicité et qu'il est bon de le cultiver. Tu confirmes ainsi quelque chose dont j'ai depuis toujours le pressentiment.
    J'aime beaucoup ta photo.

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    1. Et bien, je me réjouis que cela confirme quelque chose d'important de toi qui es la faculté d'émerveillement. Cela procède de la simplicité dans la mesure où on s'émerveille du petit quotidien qui nous environne. S'émerveiller du feu d'artifice du 14 juillet, c'est bien ! Mais ce n'est pas l'ordinaire… S'émerveiller de petites choses et y prendre un bonheur amoureux c'est, me semble-t-il, le signe d'une bonne santé psychique dont il faut se réjouir tant quelle est là.
      Hier, sortant devant chez moi, sur le bout de parking devant mon garage, à hauteur d'un pneu de la voiture : un tout petit bébé hérisson dormait la tête repliée. Je suis resté à le regarder, attentif à sa petite respiration qui soulevait sont corps épineux. Je voyais la vulnérabilité de la vie en même temps que la confiance qu'il faisait à s'exposer ainsi, plutôt que se dissimuler dans la haie juste à côté. Bien sûr c'est une projection… D'aucun se moquera de mon anthropomorphisme, en attribuant des valeurs humaines à ce petit animal… c'est qu'ils n'ont pas compris grand-chose à qu'est une médiation…

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  6. Comme Célestine, j'aime beaucoup ta photo. Quant à ton texte concernant les bonheurs simples, la faculté de se montrer au plus près de ses sensations sans les analyser, il est très juste parce qu'il sous-entend la difficulté de se laisser aller à une telle simplicité.
    Dans le billet précédent tu évoquais un être qui avait de la peine à cueillir le jour et les étoiles qui m'a fait penser à Aragon:
    "Au bout de mon âge qu'ai-je donc vécu? / Vivre est un village où j'ai mal vécu"
    C'est si difficile, l'émerveillement.
    Saisir l'instant sans penser, en laissant simplement la sensation envahir le corps et la tête, évacuer les impressions parasites, sentir la vie en soi et hors de soi.

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    1. Merci pour ce commentaire qui se termine en une belle définition de l'émerveillement simple. J'aime beaucoup la dernière phrase. Il s'agit bien d'une présence au ressenti profond sans l'analyser. Alors il occupe toute la place et même nous déborde.
      C'est difficile ? Oui, probablement… Sans doute ai-je un peu oublié le temps d'apprentissage de cette manière d'être, le temps où je n'y arrivais pas, le temps où le petit vélo faisait du surplace à pédaler dans le vide dans ma tête… Déroulant le tapis à idées et pensées diverses et inutiles… Faire taire le mental !… Je croyais qu'il allait un jour se taire… J'ai peu à peu compris qu'il fallait s'éloigner de lui pour descendre au fond de soi-même dans le silence contemplatif qui seul peut lui clouer le bec !…
      tu as certainement cette expérience pour en parler comme tu le fais.

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  7. La vie est simple, c'est l'homme qui la complique. D'ailleurs il est tellement devenu compliqué parce qu'il veut tout comprendre (ce qui est très louable) y compris ce qui se passe dans la tête des autres et qui finalement il ne comprendra jamais, qu'il n'est plus capable de penser seul, il a besoin d'aide dans tous les domaines. A force d'être embrouillé par un tas d'informations inutiles et contradictoires, il a finit par perdre le fil qui le reliait à la simplicité, sans superflu, sans artifice, à la simplicité toute nue, celle d'être et non pas de paraître. Vivre c'est voir ce qui est beau dans tout ce qui vit, sans chercher à vouloir changer les choses. C'est en se posant trop de questions avec des "SI...." qu'on arrive à ne jamais être satisfait et à s'éloigner des choses simples.

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    1. Pour ce qui est de l'Homme, je pense que c'est une question d'avidité...
      L'humain est avide de tout... C'est sa nature profonde.
      La difficulté est la surabondance des possibles pour (tenter de...) satisfaire la multiplicité des besoins divers et variés, et pour la plupart superfétatoires.
      Le début de la sagesse est le renoncement à l'accessoire multiple et variable, au profit de l'essentiel unique, par option personnelle.
      Pour ne pas être "embrouillé par un tas d'informations inutiles et contradictoires" il faut tarir les sources d'embrouilles (pubs, radio, TV, médias, journaux, smartphones, textos, FB, et autres futilités....).
      Ici je n'écoute qu'une chose : le bercement méditatif des vagues de la mer immense....
      Et une autre cependant : les propos de mes lecteurs/trices ! ....

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  8. Oui, il y a des phrases qui font mouche!

    Il y a dix ans, un "vieux" collègue vietnamien ingérait ses crevettes au soja dans mon bureau. Ca puait!! indescriptible...
    On parlait hindouisme, pour je ne sais quelle raison. Il disait "hum... hum...".

    Il mangeait lentement, et ça puait de plus en plus.

    A un moment donné dans la conversation, il me dit : "Tu n'es pas qualifié pour la pratique. Tu n'es pas tranquille, babouin hystérique!"

    Il sourit...
    J'étais sur le cul, renversé par son regard, transpercé par cette observation.

    Il poursuit : "tu vas chercher une construction intellectuelle de plus. tu vas savoir et tu ne sauras rien de plus que maintenant."

    Je lui posais la seule question qui me vint quand on est mis à nu : "et qu'est-ce que je peux faire?"

    Lui : "Rien, tu ne peux rien faire. Assied-toi..."

    Il fourra son nez dans son bol dégueu et finit ses crevettes.

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    1. J'aime beaucoup ce petit épisode ... !
      J'aime bcp ta question (à la fin). J'aurais sans doute posé la même....
      Et au fond.... il n'y a rien à "faire" en effet.... Juste être là....

      Merci de cette relation

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