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vendredi 15 août 2014

Rêve…


Ordinairement mes chroniques estivales se veulent … estivales…. sans "prise de tête" même si la vie continue intérieurement et extérieurement et que la notion de "période d'été" n'est qu'une construction de l'esprit.
Mais j'ai fait un rêve cette nuit que je m'en vais vous narrer, qui ne m'a pas fait marrer, malgré la marée, et dont je tiens à me "débarrasser (provisoirement) en l'écrivant, avant que nos invités du 15 aout n'arrivent pour quelques heures sympathiques ensemble.

Il y est question d'un bébé, plutôt nouveau-né, de quelques semaines. Il m'a été confié, je ne sais ni par qui, ni pourquoi, ni dans quelles conditions. En tout cas il est là, dans mes bras. Est-ce que je suis le père ? Je n'en sais rien. Qui est la mère ? Je n'en sais pas plus. Ce bébé m'attendrit, il semble si prometteur. Je lui souris. En même temps je me sens malhabile avec ce sentiment de ne rien savoir de la manière dont il faut m'y prendre avec lui. Et puis… Il y a toute cette vaisselle qui attend. Il faut que je m'en occupe. C'est important. Impératif. Des dizaines d'assiettes sales, de casseroles, des ustensiles divers. Nettoyer tout cela est la priorité des priorités.
Alors, « j'abandonne » le bébé, le dépose par terre, et je m'attelle à cette vaisselle avec fébrilité à grands coups de détergents, de brosse à nettoyer, d'éponge, de robinet qui coule, de bac à laver à remplir, vider, remplir encore…. 
J'oublie totalement le bébé.

Tout à coup, il me traverse l'esprit, je me tourne vers lui. Il ne bouge plus. Il ne respire plus. On dirait qu'il à la tête entourée d'eau. Il est noyé. Une terrible angoisse m'envahit. Au lieu de chercher à faire quelque chose pour lui, le ranimer, pratiquer du bouche à bouche, appeler les secours, je ne sais quoi d'autre… Non… Je m'enfuis… Je m'enfuis, …. Loin, le plus loin possible… Avec cette angoisse irrépressible, cette impression d'être vraiment un sale type qui n'assume rien…

Et, je me réveille en sursaut.

*

Une interprétation première est de faire un lien avec l'actualité. J'ai lu dans le canard local une histoire d'enfant de 18 mois, marchant à 4 pattes, "qui avait échappé à la surveillance de ses parents", et s'est noyé dans une bassine d'eau… J'avais pensé aux parents et à la terrible épreuve de ce drame, dont on sait qu'on ne s'en remet jamais vraiment…

Une autre interprétation, plus intéressante à mes yeux, est que bien entendu le bébé et moi sont une seule et même personne, (puisque, selon ma petite théorie perso, on EST chaque personnage de ce genre de rêve, lorsque les autres que soi ne sont pas identifiables dans notre "histoire vraie").
Qu'est donc que je laisse mourir en moi ? Et que pourtant je chéris quelque part ? A quelles "promesses" je renonce, faute d'attention suffisante ?
Et pourquoi si peu de "signaux d'alertes" face à cette déviance personnelle ? Quand on démissionne d'un "important" au point de ne plus en ressentir le malaise (de cette démission) ça devient grave !

J'ai ma petite idée….
Qui plus est, je fais un lien d'une conversation avec ma compagne l'autre soir, à propos de nos "engagements communs" pour l'an prochain. J'ai  proposé un "projet" qui tourne en moi depuis quelques temps. Il la concernerait autant que moi. Elle a tout de suite adhéré, montrant un grand intérêt. J'en fus presque étonné… et puis non…. quelque part cela va dans le sens de notre identité de couple, de ce que nous portons d'ouverture et d'engagement à l'étape actuelle où bien des choses vont bouger…

Voila pourquoi ce genre de rêve je ne le qualifie pas de "cauchemar", même s'il en a les ingrédients. C'est plutôt comme un "rêve-guide". Et ce genre de rêve a rarement les caractéristiques de la trilogie "sea, sex and sun" !

15 commentaires:

  1. Bonjour Alain, il est certain que ce fait lu dans la presse a un impact, mais la question est pourquoi.. Le premier truc qui m'est venu c'est que quand on doit s'occuper de la merde des autres (casseroles, vaisselle pas faite), on prend un risque: ne plus voir le bébé (mais ce n'est peut être pas ça) qui est en soi et qui a besoin que l'on s'occupe de lui.

    L'autre chose, c'est que tu es capable de savoir quand on peut encore faire quelque chose et s'il n'y a plus de souffle, à quoi bon (surtout si c'est pour réanimer et en faire un légume). Donc prendre la fuite et ne pas faire est le bon choix, mais ce qui me pose question c'est ce jugement que tu poses sur toi et qui est curieux: d'être vraiment un seul type qui n'assume rien. C'est le "un" que je trouve curieux. Comme s'il y avait là l'idée que les autres types (même les autres qui sont en toi) auraient assumé, auraient fait quelque chose pour cette partie morte. Mais faut il vraiment faire quelque chose ou laisser partir?

    Pour ma part, ce n'est pas un rêve mais une association de mots: abandonner qui devient abondance...

    Je t'embrasse

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    1. à propos de "un seul type" c'était une faute de dictée : "un sale type".
      Mais ça ne change pas le sens de ton commentaire. Intéressant cette remarque sur le "laisser partir"....
      C'est un autre angle.... qui m'intéresse.... me donne matière à réflexion...
      Donc, merci Giboulée !

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  2. j'ai l'impression que tu as fait une petite faute de frappe
    "cette impression d'être vraiment un seul type qui n'assume rien…"
    N'as-tu pas voulu écrire: impression d'être un sale type qui n'assume rien?

    C'est un rêve "fort"
    Il y a le bébé que tu abandonnes au profit d'une vaisselle (de là le type qui n'assume pas)
    Et puis il y a ce même bébé que tu fuis loin ... loin... quand tu réalises que il semble avoir perdu la vie...par manque de soin et d'attention..
    L'explication est (éventuellement) en toi...
    mais y a -t-il une explication à un rêve tel que celui-là?
    Si tu t'interroges et que ce rêve t'a marqué au point de venir ici écrire à ce sujet... je suppose que oui
    La métaphore du bébé est très forte en tout cas... comme celle de la vaisselle sale (tiens comme le type qui n'assume pas...)
    et aussi celle de la fuite... loin...

    cher rêveur, je t'embrasse

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    1. Je ne dirai pas "une explication". (à cause d'une connotation d'un "pourquoi du comment")
      Pour moi, le rêve est intéressant par ce qu'il amène comme "ressentis" après le réveil, et qui durent en tant que tels.
      Puis vient "quelque chose à en dire".....
      Si je ne l'écris pas.... il s'éteint ....

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  3. Ton rêve est des plus normaux, Alainx....enfin pour un rêve!!! Moi je le traduis par les fameuses vacances qu'on passe en camping à la roulotte ou sous la tente et qu'on soit obligé de se farcir la vaisselle tous les jours. Pour le bébé, tu l'as bien dit, c'est soi-même..c.a.d.,le côté, on fout tout en l'air!!!!A part ça, tu peux toujours consulter un derviche...
    ciao ami...

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    1. Content de te voir passer par là Bizak !
      Un verviche ? tourneur ? Je craindrais qu'il ne me fasse tourner la tête..... :-)

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  4. En tous cas, c'est fascinant à observer, ton travail d'interprétation...
    Et ce qui est sûr c'est que cette nuit, si je rêve d'un bébé qui se noie dans l'eau de vaisselle, je vais me réveiller en sueur et je vais te maudire. ;-)))
    meuh non, j'rigole !

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    1. Remarque, dans l'eau de vaisselle, s'il y a du Paic Citron, p'tet qu'il fera des bulles avant pour attirer ton attention....

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  5. Ciel... oui je suppose qu'on tend à "s'en vouloir" de ne pas avoir agi plus intelligemment dans un tel rêve... en oubliant que souvent d'ailleurs, dans les rêves, nous avons une toute autre personnalité que la nôtre! C'est peut-être tout simplement une "mise en garde": ne pas oublier l'essentiel :)

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    1. C'est un peu ce que tu dis à la fin qui me reste.....
      L'essentiel n'est pas un concept : c'est un réel d'action.

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  6. Charlotte16/8/14

    Le rêve: voie royale vers l'inconscient...Ce n'est pas tant l'interprétation qui importe mais bien les associations faites à partir du rêve ...

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    1. disons l'une des voix.....
      D'autres sont princières.....
      :-)

      (je suis pas un adepte de cette démarche là : les associations, mais chacun choisi sa "voie".....)

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  7. Anonyme25/8/14

    Certains rêves amènent avec eux un ressenti assez profond qui perdure encore une fois réveillé! Comme s'ils cherchaient à nous interpeller en vérité. Je pense qu'ils ont quelque chose à nous enseigner ou à nous révéler de ce que nous sommes ou de ce que la vie est. En cela, ils sont plus un guide qu'un cauchemar ( car c'est vrai qu'au premier regard , on est parfois bien effrayé!).
    Ce travail d'écriture et de relecture de ton rêve et toute l'interprétation à laquelle tu te livres participe au chemin que tu empruntes pour peut-être ajuster aujourd'hui, le bébé avec l'adulte que tu es devenu. Ainsi tu marches vers ton unité d'Etre car le bébé et toi, c'est la même personne. C'est ce qui m'est venu tout de suite à l'esprit quand j'ai commencé à lire ces lignes.
    Je reviens d'un séjour en montagne et je reprends plaisir à découvrir tes textes .
    Belle journée et que tous tes rêves continuent à te faire grandir dans le mouvement de la vie.
    Brigitte

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