mardi 19 août 2014

Une vie





Une vie

La terre avait surgi
des profondeurs de l'être
Elle ne s'y attendait pas
habituée aux radeaux de survie

La terre s'était mouillée de ses larmes
celles de la joie qui fait déborder les digues
celles des hiers du malheur 
Elle devait consentir à toutes les fécondités

La terre avait accueilli les germinations
Elle s'étonnait des montées croissantes
des impulsions inconnues
de l'abondance

La terre s'était étendue
asséchant les marécages 
les fleurs d'intuitions exhalaient des parfums de réussite
Elle gagnait en puissance douce

Elle cessa de douter
Elle cessa de se plaindre et réclamer
Elle offrit toutes les cueillettes

quand elle partit là-bas
définitivement
Elle sut que tout demeurerait

17 commentaires:

  1. c'est magnifique Alain!
    un poème rare de profondeur, où simple lectrice, je me laisse toucher par tes mots
    sans tous les comprendre avec la logique de la raison...
    mais qu'importe, car c'est cela la poésie: accepter de se laisser emporter loin des "radeaux de survie"
    Merci pour ce beau moment
    accepter de se laisser emporter

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    1. Il me semble que la Raison et la Poésie ne jouent pas dans la même catégorie !
      La Raison retient, elle arRAISONne ! Telle une prison de soi...

      Se laisser emporter..... oui....
      Alors tout est dévoilé....

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    2. J'ajoute : Merci pour le "c'est magnifique" !
      :-)

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  2. bon, je ne sais pas pourquoi se retrouve inscrite cette phrase.. accepter de se laisser emporter
    peut-être parce qu'elle me touche particulièrement!

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  3. Charlotte19/8/14

    C'est très beau mais la fin m'échappe... échappe à mon entendement.

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    1. Oui bien sûr....
      si tu t'en tiens aux facultés discursives de l'esprit, qu'est l'entendement....
      Je comprends bien que ça échappe.....
      Mais je me vois pal écrire un texte (qui se veut) poétique avec : Grand A, Petit a - Grand B, Petit b - Grand C, Petit c
      :-)

      Ce texte a cependant sa logique interne essentielle....

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  4. Contrairement à Charlotte, la fin du poème, cette relation apaisée à la mort qui ne signifie pas l'anéantissement puisque tout continue, me semble couler avec une logique évidente dans le sablier du temps et du poème.
    Très beau: merci Alain.

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    1. Oui, c'est bien cela la globalité de ce que j'ai exprimé....

      Le "très beau" venant de toi, me touche.....

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  5. Charlotte20/8/14

    Mais moi je ne voulais pas voir la mort ,( bien que je me disais bien que tu parlais de la mort à la fin), je ne voulais voir que la vie...

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    1. Ben oui....
      La mort ne fait-elle pas partie de la vie ? ....
      La vie sans la mort (enfin ce qu'on croit en connaître...) serait-elle encore Vie.... ?
      Les deux me semblent aussi inséparables que les deux faces d'une pièce d'or .... (ou de ferraille....)

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  6. C'est splendide, un chemin de vie qui aboutit à cette phrase qui me touche ...
    - Elle devait consentir à toutes les fécondités -
    La magie de l'automne, la paix du soir aussi ...

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    1. Merci beaucoup !
      J'aime bien ce pseudp-poème !.... Je ne devrais pas écrire ça... parait que ça se fait pas.... Mais je le dis quand même ! Parce que ce fut un jaillissement créatif.... Mon seul "Je" eut été incapable de construire ça....

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  7. Anonyme25/8/14

    Magnifique ce poème qui jaillit du fond de ton âme !
    C'est un hymne à ta terre intérieure porteuse de toute cette fécondité qu'au prix de tant d'efforts tu as su apprivoiser.
    Les deux dernières strophes conduisent à l'espérance folle de toute cette Vie qui nous pousse en avant.
    Merci pour cette création que tu nous fait partager.
    Brigitte

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    1. Merci, Brigitte.
      Tu résumes bien ce que j'ai tenté d'exprimer…

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  8. Anonyme26/8/14

    Très beau ce poème. J'aime beaucoup l'évocation de la terre, porteuse de Vie, oui celle fertile qui devait consentir à toutes les fécondités...
    merci.
    Ellinda

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    1. Oui, voilà… Les fécondités…

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