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mercredi 5 novembre 2014

Changement de cap ?


Dans la ligne de flottaison de la Route du Rhum …






On m'a demandé d'écrire un article pour commenter cette phrase qui se trouve dans le récit de vie que j'ai publié : « Un jour, tu diras que la poliomyélite a été ta chance. ». Ce que j'ai écrit, — je m'en suis aperçu après — , et une sorte de synthèse de l'essentiel de mon existence personnelle. Pour être complet il aurait sans doute fallu aborder deux autres dimensions, à mes yeux importantes : la dimension affective ; la dimension spirituelle. Mais ce n'était pas l'objet de la commande qui m'était faite. Elle était plus axée sur l'aspect « handicap ».

Par ailleurs, j'ai écrit un texte qui devait constituer un billet pour ce blog, et dont le titre était : « Rupture avec le passé et identité personnelle ». En le relisant, je me suis rendu compte que je ne faisais que reprendre des éléments développés plus d'une fois sur ce blog. C'est donc inutile d'en rajouter une couche !

J'avais déjà un fond de réflexion quant à mon écriture sur ce blog. Ne suis-je pas arrivé au bout de l'écriture intime et personnelle ? Il me semble bien que oui !

Ces derniers mois, peu de textes relèvent de l'intime. C'est un signe.
C'est bête à dire, mais je ne m'étais pas beaucoup aperçu de ce changement. Il y a beaucoup moins d'introspection dans mes billets. Certes, j'ai tendance à regarder les choses de la vie avec les yeux de l'intérieur. Mais c'est autre chose que parler de soi et de son histoire.
Alors bien sûr, j'écris ici ce que je veux, sans thématique, librement : des choses sérieuses, des conneries, des coups de gueule, des états d'âme ou des âmes dans tous leurs états, n'utilisant qu'une classification qu'on retrouve en marge, et qui n'est guère rigoureuse.

Je manque de rigueur. Et je ne vis pas cela comme foncièrement « bon pour moi ». Ma bonne santé mentale suppose une certaine rigueur de pensée : c'est le minimum ; d'action : c'est une nécessité vitale. Je n'ai plus d'obligation à la rigueur, comme au temps de la vie professionnelle. Le risque du laisser-aller, de la glandouille (et Dieu sait si on peut glandouiller sur le net…), d'une infiltration de la paresse intellectuelle, et même la paresse spirituelle, tout cela est aux aguets…

Heureusement, j'ai encore certains engagements et certains travaux que l'on me demande. Je fais cela à mon rythme. Et c'est tant mieux.
Pour ce qui est de ce blog, il me semble peu valable pour moi de poursuivre un peu n'importe comment… C'est juste un pressentiment. J'aime écrire. Un peu de déconne ne fait pas de mal ! Mais il faut que cela reste « un peu ». (je parle de l'écriture, pas des bringues avec mes ami(e)s, où je ne suis pas le dernier à dégeler les coincés !).

Bref, chers lectrices et lecteurs, je vous préviens, je vais faire chiant !… (Comme le demandait Beuve-Méry aux journalistes du Monde à l'époque… : « Messieurs ! Faites chiant ! »).

(Qui vient de dire là-bas dans le fond : ben ça va pas changer alors ?!….)

*
PS : (Petit Supplément et non pas Parti Socialiste qui n'existe plus, comme on le constate chaque jour...)
Le Voyageur de l'Aube, continue son périple, évidemment....

21 commentaires:

  1. Tu vas faire chiant ? Tu veux dire dans le genre réfléchi et introspectif ? Trop cool ! ;)

    Blague à part, ce que tu dis dans ce billet résonne fort en moi. Je déplore que l'introspectif ait quasiment disparu du net (du moins dans les eaux que je fréquente), alors que c'est ce qui m'avait tant séduit au départ. J'y trouvais beaucoup de richesse humaine et d'enseignements personnels. Maintenant je m'ennuie un peu…


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    1. Chiant, oui ! Presque aussi chiant que toi… Alors, tu vois dans quelle m.... on est !

      blague à part aussi, l'introspectif devient en effet rarissime. Moi aussi je m'ennuie et je déserte peu à peu… Continuer à écrire sur ce registre ? C'est un peu comme dans un camp naturiste où il n'y en aurait plus que deux ou trois à poil ! Tous les autres se seraient rhabillés… tu finis par quitter ce camp-là…

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    2. Ah non, plus chiant que moi c'est pas possible ;))

      Ta métaphore du camp de naturistes me semble tout à fait pertinente.

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    3. Moi je ne me suis pas encore rhabillée... ;-)

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    4. J'ai vu ça en effet.....
      ;-)

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  2. Tu vas faire chiant? Ah bon, c'était pas déjà le cas?? je rigole!! Je ne peux pas donner d'avis moi vu que je suis toute nouvelle pensionnaire de ton chez toi. Mais j'aime bien le taulier comme on dit chez Dard (oui ça peut paraître bizarre mais j'ai un peu appris à lire avec San-Antonio...)

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    1. Ah ! Enfin une femme qui aime sans Antonio ! Avoir appris à lire avec lui a dû beaucoup enrichir ton vocabulaire…
      Quoi qu'il en soit, tu es une nouvelle pensionnaire de grande qualité…

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  3. Brigitte6/11/14

    Moi, je trouve que c'est très sympa de découvrir tes deux facettes, celle de l'homme réfléchi qui partage son parcours de vie intérieure et celle de l'humain qui se frotte à tous les côtés de la vie telle qu'elle s'offre à lui, avec beaucoup d'humour. De toute façon, la vie à certains moments peut paraître "chiante" mais c'est vrai que ce sont à travers nos propres vécus, nos propres épreuves surmontées qu'on peut dire qu'au-delà de la difficulté , la "chance" de la transcender existe bien. C'est une question de conscience qui grandit en même temps que la vie nous fait grandir à nous mêmes.
    Moi, j'apprécie le côté sérieux et cool de tes blogs!
    Brigitte

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    1. Ce que tu dis à la fin (et aussi au début d'ailleurs…) est très important à mes yeux. Comme si les personnes qui ont une certaine intériorité, une aptitude à descendre dans leur profondeur, étaient des sortes de personnes momifiées, perdant contact avec l'ordinaire des jours, les joies, les plaisirs festifs, le goût de la vie sensuelle, les plaisirs de la chair… C'est tout le contraire ! Les plus grands que j'ai rencontrés, en intériorité, étaient des personnes qui respiraient la joie de vivre, la gaieté, le bonheur d'exister…
      À mon avis, cela vient en direct des religions ! Quand on a une vie spirituelle on devrait avoir le cul serré ! Brel l'a très bien chanté ça avec « les bigotes » ! Or, les bigotes n'ont aucune vie spirituelle, elles sont juste amoureuses du cul-te !

      si je ne garde plus que « le voyageur » il faudra que je raconte quelques conneries comme je les aime !

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  4. Charlotte6/11/14

    C'est toujours intéressant de changer de cap mais de préférence sans perdre le nord. L'intime, c'est bien mais au bout d'un certain temps, les lecteurs se lassent... Surtout si on revient tout le temps sur le même sujet. On a envie de dire au blogueur "Quand est ce que tu vas passer à autre chose?" Mais qu'importe ce que je dis, ce n'est pas mon affaire et chacun écrit ce qu'il veut .S'il faut satisfaire les caprices des lecteurs où allons nous?!!!

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    1. Oui, changer de cap…
      Mais pour l'instant, ce virement de bord me laisse un peu déboussolé…
      Normal ! Faut que je retrouve mon sextant pour faire le point face aux étoiles…
      (Satisfaire les lecteurs, c'est un piège, on y perd cette grande liberté de pouvoir dire tout ce qu'on a envie, et même ce qui déplaira… Mais les lecteurs insatisfaits ne reviennent pas… Ou alors ils sont un peu cons…)

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  5. j'ai lu, pas tout compris.. Mais j'aime beaucoup les photos que tu proposes à certains moments, car de fait elles renvoient à l'intime. Quant à faire chiant, peut être que tu vas hiberner et qu'on verra au printemps ce que ça donnera.

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    1. Un bon blogueur ne doit pas hiberner… L'automne et l'hiver sont des saisons favorables !
      Au printemps et en été le lectorat part battre la campagne, les flots, les montagnes,…
      :-)

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  6. moi ça me dérange pas que tu reprennes des thémes que tu as déjà abordés!
    De toutes façons en 12 ans de blog, ce serait difficile de faire autrement
    Mais c'est chaque fois nouveau: tes thèmes sont autrement traités, plus approfondis,
    Mais toujours intéressants...
    Et j'aime que tu mélanges le drôle et le "sérieux", l'intime et la réflexion
    Ce blog est différent de l'autre qui s'inscrit dans une thématique précise

    Qui a dit que faire sérieux était faire chiant?

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    1. C'est plutôt moi qui n'ai plus envie d'aborder les mêmes choses…
      En même temps, j'ignore encore vers quel port se dirigera mon écriture… Si toutefois écriture ici demeure…

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  7. Prends garde ! On commence comme ça, et on finit par dynamiter les commentaires :-D

    Plus sérieusement, c'est plutôt salvateur de se remettre en cause, de remettre d'équerre ce qui finit par devenir de la facilité d'échanges inhérents aux blogs. Oui oui, c'est une très bonne démarche, même s'il y a un risque de perdre des habitués qui peut-être ne s'y retrouveront pas. Mais lorsque l'on suit sa voix intérieure, le reste s'harmonise avec ce que l'on est.
    Bravo AlainX.

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    1. Oui, c'est assez bien ça. À force d'écrire sans vraie remise en cause, on tombe dans une forme de paresse intellectuelle et par tourner en rond dans une pensée qui se bouclerait sur elle-même.
      Partir pour une nouvelle aventure. Différente.
      Il faut, comme tu le dis que la « voix intérieure » soit entendue en son appel.
      Ce qui m'apparaît de plus en plus, c'est que ce blog-ci ne me satisfait plus.

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  8. Michèle F.7/11/14

    Y a-t-il des raisons à donner? L'écriture, ça ne se commande pas, on fait ce qu'on sent qu'il faut faire. Et surtout, mais tu le sais bien, ne jamais écrire pour plaire au lecteur, c'est ce qui donne la meilleure littérature. Si tu perds des lecteurs auxquels ça ne convient pas, tu en gagnes d'autres.

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    1. La fluctuation des lecteurs ne me préoccupe pas beaucoup. En 12 ans je ne sais combien de centaines j'ai vu passer… Je regrette quelques-uns, pour la valeur et la pertinence de leurs propos. Je suis assez étonné de ceux qui me lisent depuis fort longtemps.
      Bien que cela n'a jamais été un choix délibéré, mon écriture ici m'a beaucoup aidé dans l'approfondissement de ce qui me tient le plus à coeur. ( C'est différent pour « le voyageur », où l'intention fut clairement définie au départ : j'écris pour une rigueur face à moi-même, une sorte de journal spirituel intime, mais toutefois montré à qui veut bien lire.)

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  9. Comme Coumarine, je ne vois rien de dérangeant à aborder les thèmes abordés. Je fais d'ailleurs la même chose mais, plus indulgente envers moi que tu ne l'es envers toi, je réalise que c'est inconscient, et que j'aborde le même thème par un "bout" différent, avec un autre regarde et d'autres mots. Et que donc ce qui n'a pas vraiment "touché" la première fois, ou n'a pas su expliquer, le fera peut-être cette fois. Et puis nous avons tous nos propres questionnements et nous en démêlons constamment les noeuds, la chose devient de plus en plus claire... Moi j'aime ton blog, même si tu te lances dans le chiant :)

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    1. Pour ma part, j'aime énormément te lire, parce que tu as l'art de transcender une expérience personnelle en lui conférant quelque chose de plus universel, grâce à ton talent d'écrivain. Ce qu'il me semble, je ne sais pas faire. Il faut avoir atteint une maturité personnelle forte pour écrire comme tu le fais.

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