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vendredi 20 février 2015

De la parole "vraie"



La parole vraie n'est pas forcément une parole de vérité.
Et d’ailleurs, qu'est-ce que la vérité...


La parole vraie est celle qui cueille avec exactitude le ressenti et qui le mêle savamment à l'expérience acquise précédemment, en sorte que la parole prend une dimension qui par sa portée génère un retentissement non directement voulu par son auteur.

Cela suppose beaucoup d'humilité, pour se contenter de coller à la réalité du ressenti à déchiffrer.
Cela demande une rigueur pour épurer le superflu, les enjolivures, les explicatifs, le verbiage.

(texte écrit en 2008)




28 commentaires:

  1. Charlotte20/2/15

    Oui cela suppose beaucoup d'humilité. Même devant son psychanalyste on a envie souvent de faire le malin ( ( la maligne) pour ne pas paraître trop co ( conne!)!
    Cela demande aussi de la rigueur de la part du psychanalyste qui ne s'en laisse pas conter et qui vous rappelle à l'ordre quand il faut avec des exortations à "travailler" .

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    1. Je retrouve bien là des éléments de ma pratique.
      Comment aider l'autre à dépasser le jugement sur lui-même, À découvrir comment ce qu'il estime parole conne est en réalité une parole qui a l'intelligence des signes du dysfonctionnement intérieur.
      Tant que l'aidant est idéalisé, il n'y arrive pas…

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    2. CXharlotte21/2/15

      Je ne suis pas très d'accord avec ta dernière phrase . Le transfert est le moteur de l'analyse.

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    3. ah... il y aurait bcp à dire à ce sujet....
      le transfert est un moteur... à condition d'en sortir.... c'est à dire de sortir de l'idéalisation....( quand le transfert prend cette forme, mais il peut prendre celle de la "détestation"... c'est alors bcp mieux !!...)
      Il est toujours excessivement tentant pour l'analyste de rester dans la posture de sujet idéalisé par patient... C'est tellement gratifiant !...
      La stratégie de l’analyste va donc consister à refuser d’occuper cette place. Sinon rien de "bon" ne se passe....
      Lacan était un spécialiste du genre, avec ses séances de 5 mn, où celles ou il mangeait ouvertement (pour ne pas dire se goinfrait) en présence du patient....
      Telle est l'explication de texte de ma dernière phrase....
      Mais je ne fus pas psychanalyste... fort heureusement.... :-)

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    4. Charlotte21/2/15

      Complètement d'accord avec toi. Un bon analyste se refuse de rentrer dans le jeu de son patient.Mais il n'est pas là non plus pour dire qui, il est en réalité et pour corriger la perception qu'a le patient de lui.. Ce que le patient projette en lui c'est son désir , son manque ...
      J'ai eu droit aussi à quelques séances de 5 ou 10 minutes !Cela me mettait dans une rage folle... Mais souvent je comprenais pourquoi...
      Le transfert, on en sort mais comme le reste c'est difficile et surtout douloureux :c'est une perte...et toute perte est souffrance

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  2. Je suis d'accord !
    ¸¸.•*¨*• ☆

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  3. Je retrouve là aussi ce fameux "examen de conscience" que les Catholiques prônaient, et auquel j'étais habituée. Quand je suis "perdue" (éperdue)... je m'efforce de retrouver le calme en me demandant ce qui, exactement, me perturbe dans telle ou telle situation. C'est souvent confus, en effet, un ensemble de désirs légitimes et de rancoeurs, de bons et médiocres sentiments, que je m'oblige à regarder... Ca m'aide beaucoup. Il doit y avoir du "vrai" là dedans :)

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    1. C'est le propre de l'analyse de soi (je n'ai pas dit de la psychanalyse) d'essayer le trouver les moyens de décomposer le vécu complexe en éléments simples.
      L'examen de conscience avait partiellement cette fonction, il y était ajouté cependant des éléments de morale chrétienne preignants en terme de bien et de mal, et non pas en terme de bon et de moins bon pour soi et autrui… même si la frontière entre les deux est poreuse…
      Il est sans doute assez regrettable qu'aujourd'hui les balises de structuration soient devenues particulièrement floues…
      Parfois je me demande comment je me débrouillerais avec tout ça si, aujourd'hui, j'avais 15 ans…

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  4. Si je comprends bien , il n'est pas toujours vrai que notre vérité soit bonne ou vraie ?

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    1. Et vrai ce que j'en ressens comme tel, si ma démarche est honnête.
      Mais ce n'est pas nécessairement la vérité de l'autre. Ni même d'ailleurs ma propre vérité. Si tant est qu'il y en ait une.
      Cela dit, on peut vraiment se tromper sur la vraie vérité, Comme on peut se tromper sur le mensonge qui n'est jamais qu'une autre forme de vérité cachée.
      Reste à savoir si ce que je viens d'écrire est vrai.

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    2. Nous ne voyons pas le monde tel qu'il est mais que nous sommes, a dit Kant!

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    3. ...tel que nous sommes! Pardon Alainx

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    6. j'avais ajouté le "tel"...
      Nous n'avons que nos pauvres sens pour voir ou croire voir ce qu'est le monde... Certains se demandent même si nous existons, où si nous ne somme que le produit d'une vapeur de pensée qui n'existe que pas notre psychisme inventé....
      ainsi, là, je te réponds, mais en fait je ne réponds à personne d'autre que moi qui invente tout tout tout en permanence et l'espace de l'instant....
      Je ne suis donc rien tout en étant quand même...
      Et je vais m'inventer la bière, parce que là ça chauffe et que je peux m'auto désaltérer en créant le houblon le malt et la pompe à bière...
      A ton non-santé !
      :-)

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    7. Non-Tchin-tchin!!

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  5. "le verbiage " j'aime ce mot
    communiquer et se faire entendre , comprendre est si compliqué
    parfois , on aurait même envie de se taire
    mais , sans les mots , les maux prennent le dessus n'est ce pas ?

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    1. la démarche : "Les mots sur les maux" comporte aussi bien des difficultés et bien des pièges !…
      On peut parler sur les maux, sans pour autant y mettre les vrais mots...
      Il en est parfois des mots projetées sur les maux comme des douleurs physiques projetées. ( par ex : la douleur au bras signe d'un vrai problème cardiaque…).
      On peut passer beaucoup de temps à décrire avec des mots la boule d'angoisse, mais on n'a pas encore mis les mots sur l'angoisse ellle-même.
      Le processus nécessite tout un apprentissage. Du temps où je travaillais, je donnais un stage d'une semaine entière à ce sujet…

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  6. il m'arrive de dire ou d'écrire une parole que je sais "pas vraiment vraie", mais de l'ordre du verbiage, du bavardage, du remplissage, ou une parole pour me faire remarquer, une parole parfois pour pincer" l'autre, l'air de rien...
    Il faut rester conscient de ce qui se passe en soi, au profond de soi, pour petit à petit arriver à cette parole vraie. Et je sais intimement qu'elle est vraie car elle élargit mon coeur, elle me donne la joie

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    1. D'accord aussi avec toi, Coumarine, ô combien...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Je me demande à qui cela n'arrive pas.....
      Le "vrai" problème est l'inconscience de ce que tu décris de la part de la personne qui émet de tels messages négatifs.
      J'ai eu plusieurs fois l'occasion d'observer cela chez des personnes ayant la nécessité d'être sous certains traitements psychotropes : une incapacité totale à percevoir la portée de leurs propos. (je ne parle pas ici de graves troubles psychiatriques).
      L'observation est intéressante (si on peut dire) en raison des aspects maximalistes que cela peut prendre.
      Mais sans parler de ces cas particulier, je me dis de plus en plus qu'il me faudrait restreindre ma parole…

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  7. La parole vraie est celle qui vient du coeur, même si elle ne colle pas avec la réalité.

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    1. c'est juste.
      elle exprime SOI

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  8. Parfois je me demande s'il existe une Vérité, comme un talisman absolu qui serait hors de la portée humaine, mais qui existerait bien quand même. Et je me prends à rêver sur ce que peut bien être cette Vérité..

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    1. J'aime lire ça... Il me semble que c'est une soif de l'être humain, cette soif de Vérité.
      On voit bien ça chez l'enfant. Il aime et désire une parole vraie. Pas qu'on lui raconte des "faussetés". Être victime d'un mensonge blesse.
      Y a-t-il UNE Vérité ? LA vérité première ?....
      Confusément c'est un moteur constant. quelque chose qui nous "agit" voire... nous "agite" ! ...
      Quand à la réponse..... ben.... affaire à suivre !!!
      :-)

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    2. Je suis l'affaire, puisque je pense, sinon pourquoi il aurait dit je pense donc je suis, l'autre, hein?

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