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lundi 9 mars 2015

Certitudes ? ... sans doute ! ...

Le doute et la remise en cause sont des moyens pour "quelque chose" et non pas une fin en soi, une manière d'être ou une philosophie. 

Dans ma jeunesse j'ai beaucoup cultivé le doute comme une manière de me raccrocher à lui face au vide intérieur qui m'envahissait. Le doute est une bouée de sauvetage efficace. Douter de tout vous donne des allures nobles et intellectuellement valorisantes. Malheureusement cela ne résout pas le péril ressenti comme imminent. Mieux vaut quand même un voilier fiable et bien quillé pour faire le voyage de sa vie, qu'un pneu flottant à la dérive sur les flots !
Au cœur de l'épreuve a pu surgir ce fond solide de ma personne, tel un bien précieux dont je dispose, tel un volcan qui a surgi des eaux boueuses de mes océans de perdition et qui s'est mis à fleurir et à devenir une terre bonne et cultivable sur laquelle je me suis installé. L'image a sa limite dans la mesure où cette force pourrait passer pour invincible alors que, quoi qu'il en soit, je demeure un être ressemblant à un vase d'argile. 
Fragile.

Disposer de quelques certitudes n'empêche pas « l'état de questionnement », face à moi-même, face aux autres et face au monde. Au contraire. D'ailleurs, est-il possible de se "remettre en cause" autrement qu'en référence à des points d'ancrage, même si parfois on s'est ancré dans des sables mouvants...
Ce que je questionne souvent, ce sont mes comportements, mes actes, mes non-actes, mes choix d'actions, mes engagements. Tout cela n'est pas toujours très glorieux face au regard porté sur ma "terre intérieure", ma personnalité centrale qui réclame une justesse de vie. 


Une interrogation demeure : Si un jour tout cela s'écroulait. Dévasté par un tsunami toujours possible.



15 commentaires:

  1. Charlotte9/3/15

    Ton texte me parle beaucoup.C'est une longue histoire durant mon analyse. Je comparais mon analyste à une phare rassurant qui me permettait de toujours garder mes repaires, de ne pas perdre le nord tant que je pouvais voir ce phare Et de lui dire "tant que j'ai "la certitude" que toujours je verrai ce phare , cela ira. Et lui de me dire " il n'y a aucune" certitude" Madame". Pensait-il à sa mort prochaine ( il avait déjà eu un AVC) Je l'ai mal pris mais au lieu de lui faire part de mon trouble par rapport à ce qu'il avait dit je lui ai répondu crânement : Vous m'enlevez ma dernière bouée de sauvetage mais maintenant je sais nager!!!!

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    1. Les certitudes, ça doit pourtant exister, puisque j'en ai quelques unes.... que ton psychanalyse en avait au moins une (celle qu'il n'y en aurait pas...) , que tu en as une autre (savoir nager, même quand tu es hors de l'eau...).
      Reste que le phare me semble ici de l'ordre du besoin (d'être rassurée en tant que besoin légitime), besoin que le travail sur soi transformera en certitude de confiance en soi.
      N'était-ce pas le but du jeu ?

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    2. Charlotte10/3/15

      OUI

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  2. Bonjour cher Alain.
    après un tsunami, on reconstruit.
    d'ailleurs ne construit-on pas toute sa vie?
    Vous m'avez manqué.

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    1. Figures-toi que je pensais à toi hier.....
      Me demandant ce que tu devenais....
      Victime d'un tsunami ?
      Content de te revoir ici !

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  3. Comme le dit Pitch30, on ne cesse pas de reconstruire sa vie, et de la fignoler. Ce qui semblait des certitudes indispensables autrefois devient parfois très secondaire, alors qu'on a besoin de ce qui nous indifférait alors. Il n'y a pas de certitudes, peut-être, mais on s'en crée et donc elles en sont bel et bien. Elles nous font agir et avancer et nous aident à nous débarasser des poids inutiles ou nuisibles. Le doute me plaît aussi dans la mesure où parfois, en cas de doute sur certains aspects de mon futur, j'accepte l'idée que je n'ai pas le contrôle sur tout et que "je verrai bien", tout en sachant que je saurai faire face (doute/certitude)

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    1. Est-ce que l'on se crée des certitudes ou est-ce qu'elles nous arrivent comme des sortes d'évidences qui s'imposeraient ? Par exemple ce que tu dis à la fin : je saurais faire face. Est-ce que tu inventes ça ou est-ce que c'est issu de l'expérience de ta vie ?

      Je me demande si on ne confond pas les certitudes avec je ne sais quelles évidences ou vérités premières qui s'imposeraient de l'extérieur à tout un chacun… genre les vérités des Vérités chrétiennes !
      La certitude me semble toujours être quelque chose de très personnel, qui me concerne et qui balise mon existence.
      C'est quelque d'ancré en soi, ce n'est pas seulement une idée, un concept ou une opinion.
      Ce n'est pas non plus immuable.
      Je veux bien en rendre compte, je ne me demande pas aux autres de la partager.
      Par exemple, j'ai la certitude que mon accident de santé à 12 ans n'est pas le fait du hasard, mais s'inscrit dans quelque chose de familio-génarationnel. J'ai « acquis» cette certitude comme le fruit du travail personnel sur ma propre histoire. Que les médecins disent que c'était juste un virus qui passait par là… c'est leur certitude. Je l'estime insuffisante à expliquer.

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  4. mes seules certitudes, ce sont celles qui germent au fond de moi, que je ressens vraies pour moi, auxquelles je peux m'appuyer.
    Je n'ai jamais cherché à l'extérieur un coupable pour expliquer mes problèmes, qu'ils soient de santé ou autres. Je finis par en saisir le noeud, je l'intègre au fond de moi, là où c'est "solide", ce lieu qui échappe aux turbulences
    Je me remets en question, je n'en aurai jamais fini: mais j'aime ça... c'est la vie qui pousse en moi!

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    1. Je me retrouve plutôt bien dans ce que tu exprimes là…
      J'aime bien quand tu évoques « Ce lieu qui échappe aux turbulences »
      Connaissant certains épisodes difficiles et même très difficiles de ton histoire, cela a du poids de parler d'une zone de solidité…
      Merci pour ce commentaire qui est aussi un témoignage

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  5. Pas de tsunami. Sauf si deux enfants de l'ase font parfois l'effet d'un tsunami.
    Mais j'ai déserté un grand et long moment.
    Dur dur de changer de vie. J'adore mon nouveau métier. Jamais eu de regrets. Mais je fonce la tête dans le guidon.

    Et je viens de ressusciter.

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    1. Quelle aventure quand même !
      J'admire.
      Mais l'essentiel est de faire ce que l'on aime... ce qui ne veut pas dire que ça se passe "tout seul" !... Tu le sais....
      A suivre donc sur ton blog !

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  6. Je le ressens bien comme ça aussi: un axe tranquille et solide, probablement ma seule certitude. Ou autre chose qu'une certitude.. J'appelle cela mon "royaume intérieur". C'est une terre de paix cernée de typhons cependant. Je "visualise" beaucoup. Je vois souvent ma vie comme si j'étais debout sur un sol de terre battue, plantée dans l'oeil d'un cyclone. Cet oeil du cyclone où le temps s'arrête c'est le lieu de toutes mes réflexions. Je me sens souvent comme Paul de Dune: je regarde dans toutes les directions à la fois. Et ce qui ressort c'est la compassion. Le doute pour moi participe de la sagesse. Comme l'humilité.

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    1. "Le royaume intérieur"... j'aime bien.... On se rejoint. Ton blog illustre ce royaume...
      J'ai aussi l'image d'une terre. J'en avais parlé il y a longtemps "ici". Mais c'est une terre de paix, un éden intérieur, où je cultive et où "ça se cultive tout seul"... au loin, à la frontière : la fureur du monde ... L'idée du cyclone me fait peur !

      Le doute participant à la sagesse ? Oui, s'il est cet état d'esprit qui s'interroge et donc recherche. En revanche le doute permanent et sur tout, ce doute perpétuel et absolu du philosophe ou du désabusé... là... je trouve qu'on se perd... enfin moi j'ai failli me perdre ainsi....

      Paul de Dune ? Cet univers de Frank Herbert ? Houlala ! Tu me ramènes à mes années de jeunesse !
      :-)
      Merci de ce commentaire éclairant.

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  7. Quand je regarde en arrière il me semble que déjà dans l'enfance tout ce qui fait mon ancrage, mon bonheur était déjà inscris en moi. Les élans de tendresse, l'amitié et l'amour des fleurs, de la nature, les animaux, la musique, les livres, la curiosité et l'intérêt pour les autres.
    Mais aussi une certaine fragilité ...
    Les doutes et les questionnements qui finalement me font avancer .
    J'aime bien l'idée du royaume intérieur !

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    1. J'aime bien ce que tu dis de ce regard en arrière où on constate que tout était déjà là…
      Notre potentiel, comme nos limites et nos failles…

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