mardi 16 juin 2015

Pour ne pas se perdre….


Parfois s’en vient cette sensation de « se perdre »…
Ne pas être sur le bon chemin, ne pas avoir fait le bon choix, perdre mon temps à de l’inutile qui occupe mais ne fait pas vivre. Les exemples sont multiples.
Ce qui procure malaise, c’est la conscience « d’être en train de se perdre », de se voir ainsi quasi instantanément … et continuer sur le chemin de l’impasse.
Malgré le malaise (ténu souvent, mais bien perceptible), persévérer dans sa connerie…
Gout fade dans la bouche. Amertume en fin de journée.

Entendre la question : tu as fait quoi aujourd’hui ?
Se mettre à répondre : rien de bien intéressant !

Encore un jour qui s’est perdu, alors qu’il en reste de moins en moins devant.

Oh, bien sûr, rien de dramatique. Demain sera un autre jour.
Surement bien rempli, surement occupé à des choses qui passionnent, font sens, rendent heureux de s’engager, procurent un contentement profond, une griserie de tant de belles choses à vivre, partager, ou savourer en solitude, et toutes ces choses offertes, à portée de main et que rien n’entrave, puisqu’on est « en retraite » et que les obligations, si elles existent toujours, se font nettement moins pressantes et qu’on est : « libre comme l’air » !

Pourquoi des journées perdues ?
Oui, perdues. Soyons honnêtes. Des journées bonnes pour la décharge publique, des journées dont on ne voudrait plus en avoir des comme ça à la maison….

Ainsi de mon mois de juin….
J’ai passé du temps à de l’inutile…
pourquoi inutile ? C’est essentiellement une question de ressenti…
Ah j’ai été occupé !! Je ne me suis pas ennuyé….
(d’ailleurs je ne m’ennuie jamais…)
Il y eut de bons moments, d’autres excellents….
Mais c’est grandement insatisfaisant en terme de vie profonde…. Celle dont j’ai intensément besoin.
Celle qui me comble comme rien d’autre au monde…

Curieux cette capacité de l’humain à choisir les impasses….
Je veux dire celles que l’on ressens soi-même comme impasses pour soi..— car il n’existe AUCUN chemin-type, ou obligatoire… —  et on y va la gueule enfarinée….


Combien j’en ai vu défiler dans mon Cabinet… :
— « Je SAVAIS  — j’avais l’intuition, je pressentais bien que… je me disais que c’était pas le bon plan… pas la bonne personne, pas le bon boulot, pas l’affaire du siècle, — Je le savais… et j’ai quand même choisi la mauvaise décision…. »

L’Être humain est-il encore si « primitif » si animal en matière de conscience personnelle. (au sens de « suivre sa conscience » )…?
Pourquoi tant de freins à vivre en libre fidélité à soi ?
Quelles « déformations majeures » se sont installées en nous à ce sujet ? Tout le monde court après SA liberté…. 
…. et s’enferme dans SES propres prisons….

Les mauvaises pentes sont toujours en pente douce….

18 commentaires:

  1. Charlotte16/6/15

    En ouvrant mon ordi ce soir maintenant je me disais : arrête de t'agiter comme çà , allons voir si Alain a écrit quelque chose... Je ne suis jamais décue c'est comme si dans tes textes je trouvais toujours une réponse, une autre façon de voir à une de mes préocupations du jour.Je n'aime pas terminer ma journée sur un mal entendu, mal compris sur un mal quelconque.Tu peux dormir en paix Alain: tu m'as fait du bien.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si ce billet a pu te faire du bien, cela suffit à mon bonheur du jour…
      Ce n'est pas toujours évident de ne pas se laisser « Absorber » par des préoccupations qui nous retiennent en arrière…

      Supprimer
  2. Les mauvaises pentes nous apprennent aussi , le jour où on en a marre de s'y casser la figure , de ne plus enfin les emprunter...

    Etre utile, c'est bien , mais se sentir utile, n'est ce pas du narcissisme, notre narcissisme au fond ?...

    Je n'ai pas le sentiment d'une journée perdue quand je n'ai rien fait, mais quand on m'a obligé ou plutôt que je me suis sentie obligée de faire ce que je n'avais pas envie. C'est ma seule vigilance je crois aujourd'hui ... Pour le reste ,il y a une voix ( merveilleuse , si récente :) ) qui depuis quelques jours me dit " laisse couler, laisse venir "... et la culpabilité, l'amertume etc. , y a plus...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les mauvaises pentes nous apprennent, à condition de réaliser qu'on est sur une mauvaise… ce qui n'est pas toujours si évident. Sinon je suis d'accord avec ta première phrase .
      Pour ce qui est de se sentir utile cela peut être du narcissisme si on ne l'est pas de fait… une mère qui se sent utile à son enfant, je ne vois pas ou serait le narcissisme...

      Mais sans doute cela peut-il être du narcissisme dans la mesure où on en tire orgueil, plutôt que le vive comme un service humblement rendu.

      Supprimer
    2. Peut-être as-tu raison ... Je n'ai jamais ce sentiment de me sentir utile , même à mes enfants, et ce sans culpabilité non plus. Peut-être est-ce pour ça que j'ai du mal avec cette notion...

      Supprimer
    3. Je comprends que l'expression peut-être piégée.
      C'est un peu par opposition avec le sentiment d'inutilité, de vie sans sens, à la dérive, ne compter pour personne, être "transparent" etc....
      Je repense à tous ces gens jeunes et/ou vieux, sans boulot, sans activité, sans élan pour rien....
      "être utile" me semble une nécessité vitale....
      Dans le milieu du handicap, j'ai côtoyé bien des gens avec ce sentiments d'une vie sans utilité, "je ne sers à rien sur cette terre, sauf à donner des emmerdes à mon entourage"....

      Supprimer
  3. Peut-être n'est-ce qu'un arrêt au purgatoire? Je ne crois pas qu'il soit possible, même si on est bien outillé pour aller de l'avant sans trop de casse, d'une part de toujours bien décider et d'autre part de toujours penser qu'on a bien décidé. Oui quelque chose de "vicié" en nous nous altère parfois le jugement, nous refusons d'entendre l'avertissement, nous le muselons. Puis le véritable sens de ce que notre intuition nous disait nous apparaît.

    Mais es-tu certain que ce soit "perdu"? Perdu en tant que temps heureux, vécu avec plaisir,oui. Mais pas perdu en capital expérience.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah le "purgatoire " !! Ça me fait toujours penser aux dragées Fuca et autres purgatifs ! Quand la vie nous fait ch.... !

      C'est sûr que non décisions ne sont pas toujours les meilleures... J'en atteste personnellement !!
      Du moment qu'on connait sa destination et qu'on a sa boussole, on peut modifier la trajectoire...

      Ce qui m'a marqué dans ma modeste pratique pro. ce sont ces personnes qui n'ont aucun repère fiable (même à leurs yeux), sans cesse en quête du : "dites-moi ce que je dois faire ! " presque comme une supplication, et parfois la directivité se fait nécessité (je parle d'adultes "ordinaires" hors pathologies déstructurantes - même parfois des chefs d'entreprise.... On sait que nombreux sont les adeptes des astrologues et autres devins.... dans la sphère politique , entre autre... que d'autres décident à ma place... que soulagement ! ... apparent bien entendu...)

      Supprimer
  4. J'ai en mémoire la parole d'un ami (une parole que je trouvai sage) qui prit un exemple extrême pour expliquer son point de vue.
    Pour lui, notre solitude devant les décisions s'apparente à celle que l'on éprouve quand on nous demande si l'on préfère être amputé d'un bras ou risquer la gangrène. Chacun y va de son conseil, de son mot gentil ou compatissant, mais au final, personne ne peut réeellement se mettre à notre place et prendre la décision. Pas même celui qui a un bras en moins. C'est sans doute ce qui devait arriver aux pères de famille quand le médecin, le jour de l'accouchement, leur demandait s'ils voulaient sauver la mère ou l'enfant...

    Cette parabole m'est restée en tête à chaque fois que j'ai eu à prendre une décision importante dans ma vie.
    On prend des avis, mais la décision finale, personne ne la prend à notre place, et si c'est le cas, on a effectivement cette impression de se perdre que tu décris très bien.

    Cependant, je peux comprendre (est-ce de la primitivité ?) que l'on soit paumé à certains moments, et que l'avis d'une personne éclairante puisse nous guider. Ce qui ne veut pas dire que l'on suive forcément aveuglément son avis...
    ¸¸.•*¨*• ☆

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Au retour de ma première période vacancière, je renoue avec mes blogs…
      Tu dis très justement les choses.
      Et il y a en effet des circonstances ou on peut se retrouver dans l'incapacité de décider. Ce qu'il est convenu d'appeler« de la directivité aidante » peut alors être nécessaire, Mais à titre provisoire.

      Prendre conseil, c'est autre chose. Dans une décision importante on ne voit pas toujours tous les éléments, on peut manquer de recul et un tiers extérieur peut attirer notre attention sur tel ou tel point particulier.
      Mais le seul guide qui au final offre une sécurité intérieure : C'est la conscience profonde.

      Supprimer
    2. Prendre une décision délicate ou difficile pour soi ce n'est déjà pas facile mais prendre une décision cruciale pour une autre personne c'est un déchirement. Ma fille est malade depuis l'âge de quatre ans. Je ne peux décrire l'état dans lequel je me trouvais en 2006 quand il a fallut signer pour le premier protocole d'essai, faire de mon enfant un cobaye.J'aurai voulu disparaître et dans le même temps je savais que je devais être debout près d'elle à lui tenir la main, à lui insuffler une force indestructible. Aujourd'hui elle a 19 ans elle s'appuie encore fortement sur moi pour prendre les décisions qui concerne sa santé, sa vie, parce que c'est sa vie même qui est en jeu à chaque nouveau médicament testé sur son pauvre organisme. Et c'est toujours aussi déchirant.

      Supprimer
    3. Je pense bien comprendre ce que tu évoques... L'enfant ne peux évidemment discerner lui-même. Tu as agi au mieux pour elle et avec ton amour de mère.
      Avec le recul te sens-tu en paix avec ces choix-là ? Je te le souhaite, même si d'incontournables déchirements intérieurs ont existé.
      Je sais ce que sont des épreuves d'enfance et de jeunesse, je le sais dans ma chair, et oui, cela confère une force personnelle indestructible. Comme des cadeaux inattendus. Une sorte de générosité réparatrice de la vie plus forte.
      Elle s'appuis sur, toi dis-tu, c'est aussi une forme "peu visible" peut-être, d'une reconnaissance envers sa mère présente et forte elle aussi, malgré ses faiblesses et ses doutes....
      Merci pour ce que tu confies de toi et d'elle.
      Ça me touche beaucoup.

      Supprimer
  5. Anonyme20/6/15

    Je suis toujours aux aguets car pour moi si je constate, selon mes critères à moi, que j'ai perdu ma journée ça me rends triste.
    Je sais que peu importe mes actions, mes décisions prises bonnes ou mauvaises, mes rencontres, etc si je ressens que j'ai perdu ma journée je sais que c'est parce que je n'y étais pas présente.
    Tout faire, tant faire sans être là, sans ressentir la présence intérieure qui est ma joie, mon guide j'ai bien de la difficulté à accepter cet état dans lequel je me place.
    Je sais trop que chaque instant est important et qu'il m'a été donné la capacité de rester en contact avec cette présence intérieure qui fait tant et tout pour moi.
    Cette présence c'est ce qui donne saveur à tout ce qui m'entoure, à tout ce que je fais, qui amène la magie. Maty

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'aime beaucoup ton commentaire. Probablement parce qu'il me rejoint.
      On peut avoir une journée bien remplie d'une quantité de« faire » sans vraiment être présent à aucune d'elle.
      Et ça, c'est vraiment triste…

      Supprimer
  6. "L’Être humain est-il encore si « primitif » si animal en matière de conscience personnelle. (au sens de « suivre sa conscience » )…?
    Pourquoi tant de freins à vivre en libre fidélité à soi ?"

    Mais est-ce que ça ne serait pas plutôt le contraire Alain? Que l'être humain soit si formaté par la société qu'il a lui-même créee qu'il ne fait plus confiance à son instinct ou son intuition? C'est dans les relations humaines que j'ai eu le plus souvent des "reculades": il y avait des gens que je ne "sentais pas" dès la première rencontre, c'était un truc qui se passait au niveau de la peau, sur la nuque, sur les reins, c'était "physique". Puis je me morigénais (à coups de culpabilisation judéo-crétine) et puis on nous tanne à longueur de web qu'il ne faut "pas juger" si on ne veut pas méjuger et patati, le résultat c'est que j'allais contre moi-même et à chaque fois la personne en question se révélait dans sa manière quelqu'un qui n'était vraiment pas "pour moi", pas dans ma vibration, etc. L'amour ça ne se commande pas et je pense qu'on devrait être bien plus à l'écoute de nos instincts.

    Pour ce qui est du Temps, j'en perds beaucoup et ça ne me laisse aucun regret. Il m'arrive très souvent d'avoir des "pensées-raccourcis" du genre que dès notre naissance nous sommes déjà morts. Alors...;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, je comprends ce que tu souligne là.
      L'aspect« primitif » auquel je réfère n'est pas ce que tu évoques.
      Bien sûr qu'il faut être attentif à ses ressentis et son intuition, et ne pas vivre seulement en référence à une conscience cérébralisée, qui généralement nous embrouille…
      Mais, notre aspect « humain » consiste à décrypter ces ressentis pour en comprendre le sens et le message qui nous est destiné. (et non pas forcément avoir une réaction instinctive et pulsionnelle qui risquerait de ne pas être la meilleure).
      On peut être rebuté par une première impression négative, Puis comprendre que le physique de la personne (Par exemple) génère ce recul premier, mais qu'il est possible, ou non, d’aller au-delà.
      Mais on peut aussi se retrouver en présence d'une personne néfaste pour nous. En faire le constat n'est pas juger la personne.
      Dire : —j’ai de la difficulté à accepter cette personne, c'est différent de dire : — cette personne est un imbécile !

      Supprimer
    2. Oui tout à fait :) Peut-être faut-il faire une différence entre une réaction instinctive/pulsionnelle et une réaction intuitive, non? Qu'en penses-tu?

      Supprimer
    3. Ah oui ! C'et très différent !.... Comme tu as raison de le souligner....
      la réaction instinctive/pulsionnelle est à géométrie variable (si on peut dire ainsi), parce que c'est notre sensibilité "première" (de surface) qui la provoque. L'intuition est plus profonde, durable, elle "émet" plus faiblement dans la sensibilité, ce qui nécessite une attention intérieure plus importante.
      On peut avoir l'intuition profonde que telle personne nous est néfaste et cependant continuer la relation néfaste, se débattre et rester dans les agacements, colères, dépendances et contres-dépendances, etc.....
      enfin... je parle pour moi. Ça m'est arrivé ! Avant de réaliser que j'étais un con de ne pas briser la relation définitivement.... (judéo-chrétienté quand tu nous tiens par les... choses... avec un enseignement du : "aimer les autres" absolutisé de manière absurde....)

      Supprimer

Si vous avez des difficultés à poster un commentaire ou si celui-ci n'apparaît pas, vous pouvez me l'adresser par mail (voir adresse dans la marge à droite tout en bas).
Merci.
Je le publierai en votre nom.