mardi 17 novembre 2015

Hier encore....


Hier encore ils étaient là, assis.
Là où ailleurs, qu’importe, ils étaient dans la vie, ils étaient la Vie
Ils formaient des projets d’avenir parce que demain serait plus beau qu’aujourd’hui.

— Eglantine allait venir, ils s’étaient donné rendez-vous, le premier, celui où on vient avec des fleurs.

— La soirée était douce pour un automne, Max regarda une feuille de platane amenée par le vent, virevolter, descendre et remonter tel un papillon géant. Puis vint un instant magique, la feuille contourna la table et se posa sur ses genoux, comme une femme viendrait tout à coup éveiller le désir d’amour et de vie. Il sourit.

— Chaque soir Héléna  s’attablait, commandait un Américano, toujours un Américano, pour en ressentir l’amertume, telle sa vie qui se délitait un peu plus chaque jour, depuis qu’il l’avait quittée pour cette blondasse sans seins et sans cervelle.

— Madame et sa fille avaient pris place, un peu fofolle la maman, un peu ivresse la fifille. Maman payait le repas d’anniversaire. — Elle est quand même bien ma mère, pensa-t-elle.

— Enjoué, tournoyant, jouant du plateau tel un artiste, criant les commandes vers l’intérieur, José, le serveur sud-américain, qui faisait tourner les têtes des filles avec ses — Et Qué qué yé you sert, pétite démoiselle ?

— Farid était en retard une fois de plus. il avait toujours la même excuse : le dernier client qui n’en finissait pas.  — Vas-y vas-y, j’te connais par coeur - qu’elle dit Salima, - T’as encore trainé avec Samir ! C’est chaqu’ fois pareil ! tu sais quoi ? j’vais finir par t’quitter, sur la tête de ma mère je mens pas !

— On se demandait d’où il venait. Personne ne savait vraiment, mais enfin il était sympa, malgré sa soutane de vieux curé. — C’est vrai quoi ça fait quoi un curé dans un bistro ? Pourquoi il est pas à la messe ?

Hier encore ils étaient là, assis.



8 commentaires:

  1. Anonyme20/11/15

    La vie tout simplement, et puis tout s'arrête ... La folie meurtrière tout simplement.

    Il faut aimer à tort et à travers, comme le disaut Julos Beaucarne après l'assassinat de sa Loulou.

    Tout simplement aimer ...

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    1. Tout simplement aimer....
      Oui....
      Je souris toutefois au mot "simplement".... Ce n'est pas toujours si simple d'aimer... d'aimer juste...

      pourquoi ne signez vous pas vos commentaires ?… il me semble que vous êtes la même personne qui a déjà commenté en anonyme, mais je peux me tromper.... Bien sûr, ma réflexion ne vous oblige en rien…

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  2. Anonyme20/11/15

    Je n'ai pas signé. ... parce que je pensais qu'il y aurait un message me demandant mon pseudo à un certain moment. Mais oups, j'ai choisi "publier" et le commentaire est parti, anonyme ! Je n'ai pas trop l'habitude de commenter et il m'arrive de faire des fausses manoeuvres �� et des fautes d'orthographe, surtout quand j'utilise ma tablette !

    Pas facile d'aimer : je suis bien d'accord ! Mais n'y a-t-il pas, chez (de rares) certains, une aveuglante simplicité de l'amour ?

    Le passant qui passe

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    1. L'orthographe? Peu d'importance pour moi... Il y a bien des fôôtes dans mes billets !!

      Oui, c'est juste, il y a des "aimants" naturels.... peu nombreux, qui ont cette aptitude au don d'elles-mêmes avec bonheur de le faire....
      Je ne suis pas (encore ?) dans cette catégorie.....

      (merci des explications ! pas de problème.)

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  3. Hier ils avaient leur vie devant eux. Certains vivaient un amour, d'autres l'avaient perdu ou bien l'espéraient...
    Je ne les connais pas individuellement, et pourtant je suis persuadée qu'ils aimaient. Bien ou mal, ou comme dis plus haut simplement ... ou non... mais ils aimaient et ils étaient aimés.

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    1. Mon petit texte, mettant en scène des personnes "inventées" ... pour signifier qu'ils/elles étaient semblables à chacun de nous....
      Avec l'amour qui nous habite sans cesse, en effet.

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  4. Chinou26/11/15

    Tout le monde est présent, profite du moment sans se rendre réellement compte de la douceur de vivre, de la chaleur du partage et de l'amitié ................jusqu'au moment où ...BOUM...........
    Alain, ton récit me touche.

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    1. il rend compte de l'humanité des vivants qui continuera pas nous, par d'autres....
      Nul ne meurt "pour rien".....

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