jeudi 26 novembre 2015

Vous avez dit spiritualité ?

« (…) l’avenir de l'humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité tout entière !
"Saurons-nous tous nous rassembler, à l'échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l'homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent (…) »
(Le philosophe et écrivain français Abdennour Bidar, musulman dans une « lettre ouverte au monde musulman »)

Un Pierre Rabbi dit sensiblement la même chose :
« La crise n’est pas financière mais humaine, spirituelle, et profonde »

Bien d’autres encore tiennent des propos semblables, on ajoutera des « valeurs » (humaines, de la République, universelles ….),
Mais que met-on exactement sous ces mots ? De quelle Réalité parle-t'on ?
Très modestement je tente une approche personnelle, sinon les mots finissent par se vider de sens…

Petite introduction : 

La nature profonde de l’homme est spirituelle (sinon il ne disposerait pas d’un « esprit »). Comment en arrive-t-on à nier cette réalité ?
L’homme occidental est devenu en quelques deux à trois décennies : individualiste, associal, (lent développement de violences et de rejets de l’autre, communautarisme), autocentré, replié sur lui-même (perte des solidarités de masse), et j’en passe…

Dans le même temps, on n’a jamais autant parlé des ésotérismes de tous poils, gourous patentés, illuminés à suivre, écoles diverses de sagesses, d’expériences psycho-spirituelles, mystiques ou paroxystiques, de réminiscence de vies antérieures... etc….
Tout cela,
—  soit dans le cadre d’emballements sensibles et de « trucs forts ressentis » que « tu devrais venir essayer, tu verrais, c’est raide/dingue ce machin… » ;
— soit dans une suspicion scientifique des « gens qui savent » et vous font entrer dans une case du DSM-IV (nomenclature des troubles psychiques, à soigner d’urgence avec des cachets).

Enfin je soulignerai la perte d’autorité, d’audience et d’influence des penseurs (ne plus penser, suivre le courant),  des intellectuels (qui ne sont que des bavards), des leaders d’opinion (qui nous bassinent et veulent nous endoctriner). Il ne faut plus écouter personne si ce n’est soi-même, ou le gourou politique qui pense comme nous (Mme Le Pen, exemple pris au hasard), qui a LA CLÉ de tous les maux sociaux et les solutions ultimes à tout. Suivons la/le. Enfin un Sauveur…..


Mais qu’est-ce qu’une spiritualité ?


C’est d’abord une question d’essence de la personne humaine.
Une aptitude incroyablement originale, d’un être animé de vie et capable de se penser par lui-même, au sein d’une collectivité qui lui enseigne ce possible. (l’enfant sauvage, l’enfant enfermé dans un placard, ne développe pas une pensée réflexive suffisamment élaborée.). L’aptitude est innée au sens d’un potentiel, mais seul  l’environnement humain (par des semblables) permet « l’humanisation ».

On voit tout de suite que le chemin inverse est offert : des êtres humains par nature, peuvent se déshumaniser et en déshumaniser d’autres (on le voit dans notre actualité, hélas).
On constate dans les enquêtes qu’il suffit de quelques semaines, quelques mois, pour « fabriquer des in-humains »… On sait ça depuis l’expérience de Milgram dans les années 1960, (en quelques minutes il le réalise….) … mais on s’en fout !! C’est pas une priorité nationale, car il faut d’abord satisfaire aux exigences de notre dieu moderne : Croissance/Consommation…

Une spiritualité c’est aussi un réalisme, c’est à dire une conscience. Une perception des réalités qui nous habitent et que notre raison sait analyser. La conscience que les causes sont en nous, pas en dehors de nous. Nous avons nos guerres intérieures, nos paix intérieures, nos errances, nos obscurités, nos lumières et nos fulgurances. L’ensemble évolue dans une cohabitation plus ou moins chaotique.
Tout cela nous en sommes chaque jour les exportateurs qualifiés. Dispensateurs de bonnes choses ou distillateurs de malfaisance.
Cette cohabitation incontournable me réjouit, quand je la sens porteuse de bienfaits et de paix. Elle m’effraie, quand je ressens que je porte à l’extérieur de moi ce qui peut générer souffrances et malheur d’autrui.


Une spiritualité c’est un conscience « éclairée de l’intérieur ». Ce qui suppose une reliance avec un « plus-grand-que-soi », dont la conscience est la petite voix intime. Car, qu’on le veuille ou non nous sommes habités d’une dimension de transcendance. Sinon, on ne s’extasierait pas devant la beauté, de la nature, d’une oeuvre, de l’espace, de l’infini…. sinon on serait dans l’incapacité d’admirer quoi que ce soit, et au fond incapable d’aimer….


Une spiritualité c’est une reliance à soi-même au sens d’une relation intrapsychique entre :  esprit et âme ; entre tête et coeur ; entre intuition et raison ; etc…. mais aussi une reliance humaine et collective, une reconnaissance mutuelle de partage, une nécessaire communauté d’appartenance à  rejoindre comme un « groupe essentiel », ce collectif de sens oeuvrant pour l’humanisation du monde, que ce soit de grandes choses ou de toutes petites.  J’ai eu cette chance d’appartenir à divers collectifs d’action (pas de discussions…..) où la spiritualité est en action, agissant concrètement, tentant d’apporter sa part.


———— 
voila ….
C’est pas grand chose tout ça….

Reprenons nos vies ordinaires....



22 commentaires:

  1. Je vis sans doute dans un microcosme. Mais dans ce microcosme-là, dans le tissu associatif humanitaire, la spiritualité, la reliance, la solidarité et l'élan vers l'autre ne sont pas des coquilles vides.
    La chaleur humaine circule, on se bouge le c...comme dit un de nos amis communs. L'action, même insignifiante, donne de l'énergie et ce n'est pas un vain mot. C'est ce courant d'amour, cette spiritualité profondément humaine dont tu parles et dont parlent Pierre Rabhi et quelques autres. Dans mon association, "Honduras par coeur" on apporte du sens, par l'entraide, à notre chemin sur cette planète. Et surtout, on travaille à enlever de la tête des gens l'idée que c'est la planète qui est en danger. La planète elle s'en fout, elle a encore cinq milliards d'années devant elle, elle peut voir venir. Mais c'est notre humanité (aux deux sens du terme) qui est en grand danger.
    L'esprit, le coeur, l'âme et le corps, toutes les composantes de cette humanité si précieuse, cela commence par là, la reliance, tu as raison: faire communiquer toutes ces parties de nous vers le beau, le mieux, le plus haut de l'être et non de l'avoir.

    En écrivant sur un simple blog, nous contribuons à faire avancer cette pensée, et ce n'est pas rien. Même si nous ne sommes pas adoubés par l'intelligentsia, même s'il nous faut rester humbles et savoir que nous ne sommes qu'une infime partie du grand tout, n'empêche, nous en faisons partie. Nous créons le monde, nous sommes des penseurs colibris.
    Cette pensée met en joie dès le matin...

    Bises célestes
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Fort heureusement, nous ne serons jamais adoubés par une quelconque intelligentsia ! Ce serait notre grand malheur de l'être !....
      Je ne crois qu'à la montée en conscience individuelle. (qui seule peut générer des collectifs spirituels, non religieux évidemment, non adeptes non plus de la Nouvelle Religion Laïque), Ce fut mon changement radical d'orientation professionnelle. Tenter d'oeuvrer à cette croissance en humanité.
      l'intelligentsia de la haute administration m'a considéré comme traitre....
      C'est un travail de l'ombre. On passe des podiums à applaudimètres, à la solitude d'un petit cabinet de consultation, à écouter des détresses humaines et à tenter de redresser des errements mortifères....
      Le plus difficile est sans doute (pour moi) l'ascèse de bosser pour un très très long terme.... Je ne connaitrai rien des fruits d'abondance.....
      Le semeur n'est jamais celui qui moissonne...

      Quant à la planète, content de voir que nous sommes d'accord.... La planète elle s'en tape, faute de conscience d'elle-même d'ailleurs.... "Sauvons la planète" est un slogan détestable....
      Mais personne n'ose dire : Sauvons l'humanité".....
      Celui qui a proposé ça, il y a 2.000 ans, les hommes se sont empressés de le trucider....

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    2. "Le semeur n'est jamais celui qui moissonne... " c'est vrai.
      Il faut une abnégation de bâtisseur de cathédrales pour faire ce métier, comme tous les métiers en lien avec l'âme... ;-)

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    3. Sinon, Balavoine, le grand penseur du XX° siècle, a dit : " Qu'est-ce qui pourra sauver l'amour ?" C'était pas mal...
      ;-)

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    4. foin de bel avoine !!

      Mais les bâtisseurs de cathédrales, ça m'a rappelé Anne Sylvestre et une amie "de ce temps-là" qui me la chantait dans sa chambre sous les toits, à la nuit venue....
      Souvenirs... souvenirs.....

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  2. Pour reparler de Pierre Rabhi (je suis abonnée à sa page facebook enfin celle des Colibris) j'adore cette petite histoire de la jungle en feu, des animaux qui fuient et le petit colibris qui va à la rivière cueille une goutte et s'en va la jeter dans l'incendie. A un moment les autres animaux lui font remarquer que ça ne sert à rien et il répond: "Je fais ma part". Voilà. Faire sa part pour le bien de tous.

    Je note autre chose dans ce texte cher Alain: "Elle m’effraie, quand je ressens que je porte à l’extérieur de moi ce qui peut générer souffrances et malheur d’autrui." Cette phrase m'a fait réflêchir. Il m'arrive d'écrire des lignes pleines de fiel, de rancoeur, d'incompréhension, de rage. Il m'arrive de les publier même. Mais de plus en plus si je jette mes mots les plus corrosifs dans un texte et que je le publie j'ai aussitôt l'envie de l'effacer (et c'est ce que je fais la plupart du temps). Je voyais cela comme de l'auto-censure. Mais non, en fait non, je n'ai juste pas envie de faire du mal. Même à de fieffés cons.Je n'ai juste pas l'envie de me faire du mal en tentant de leur en faire.

    J'aime beaucoup beaucoup ce texte Alain. Merci. D'être assez "éclairé de l'intérieur" pour faire remarquer qu'on peut avoir une grande spiritualité sans forcément être de telle ou telle religion. Personnellement j'ai piqué ici et là pour mon cheminement personnel, chaque fois qu'un petit caillou m'a paru lumineux je l'ai mis dans ma poche et j'en ai été allégée. Cela va de mots de chez Barjavel, Pearl Buck (oui, oui) , mon très cher Bobin, le Jésus des Apocryphes et bien d'autres. Il y a beaucoup plus de porteurs de lumières que ce que l'on croit. ;)

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    1. Merci pour tes propos.
      Moi aussi je publie des textes "pour en découdre".... des commentaires parfois corrosifs (involontairement, mais quelque part c'est pire encore, quand on prône une montée en conscience...). C'est important il me semble de voir cette part "noire" en nous, non-lumineuse.... C'est cela aussi une montée en conscience.... et aboutir à ce que tu dis : "ne pas faire du mal".... Mais le mal on le fait..... Reste la fonction réparatrice dont nous sommes dotés....et l'auto-réparation nécessaire vis à vis de soi et de la relation qu'on nomme " pardon".

      Quant à la spiritualité dont je parle, là je suis certain désormais qu'elle n'est pas dans les Religions Institutionnelles patentées et hiérarchisées.... Les Religions sont des déviances de messages spirituels délivrés.
      Après il y a les PERSONNES spirituelles (par celles qui nous font marrer ;-) ... encore que.... ). Qui ont Foi en l'Homme et le démontrent par leur vie. J'en ai côtoyé. Ce fut la chance sans doute. Des Maîtres en humanité, des vrais.
      Se faire disciple est une liberté que je me suis donné....
      Et je mesure combien je suis bien petit face à l'ampleur qui réside en eux.

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  3. Je vous rejoins tous les deux pour le développement de vos analyses qui sont pertinentes et justes. J'ajouterai et je ne suis pas très versé dans les religions, mais ce que ma raison intègre logiquement, je l'admets sans me demander qui l'a dit ou d'où ça vient. Selon donc ce que j'ai lu, le prophète Mohamed a dit: "Aime pour les autres ce que tu aimes pour toi-même !". Mais est-ce que les zombis qui massacrent tout ce qui bouge, s'inspirent de cet homme? Est-ce des charlatans qui ont profité de la détresse ou de la naïveté des hommes pour semer leurs haines? Est-ce le monde qui est trop injuste, inégal alors que la technologie a fait des progrès énormes pour résoudre les problème de malnutrition, de logement, de travail, de santé, de justice etc..?. La réponse se trouve dans nos systèmes de gouvernance où les nantis ont mains basses sur tout et leur conscience ne se résume qu'à empiler des masses d'argent et la planète et ses habitants, c'est le dernier de leurs soucis, si encore il en fait partie.

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    1. Je n'avais pas lu le commentaire de Désirhée Thomée, quand j'ai rédigé le mien et je dis donc : je suis d'accord avec vous trois.

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    2. Bonjour Bizak, pour te répondre je dirai que les hommes qui veulent le pouvoir se sont toujours trouvé des hautes références (quoi de plus haut que dieu?) pour justifier leurs actes barbares. L'inquisition, les nazis, Staline, Pol Pot, le KKK etc etc la liste est trop longue et trop déprimante pour citer tous les malades mentaux qui ont perpétrés au nom de "dieu" ou de la "liberté" voire même du "bien de tous" les plus atroces massacres. Une chose demeure incompréhensible à mes yeux -peut-être parce que je suis encore capable de penser sainement- c'est le désir éffréné de certains de décider pour les autres. Mais de quel droit?? Au nom de quoi? Et là je me dis que si je ne comprends pas c'est parce que c'est tout simplement un désir qui flirte avec la maladie mentale. Ces gens sont malades. Dangereusement malades. Et la plupart des malades se retrouvent au sommet des pouvoirs et les peuples trinquent.

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    3. Cher Bizak, les zombies comme tu dis ne s'inspirent par de Mohamed, ils l'utilisent pour leurs projets mortifères. Pas compliqué de sortir des phrases hors de leur contexte (historique ou autre) pour justifier tout et n'importe quoi....
      Dans la Bible on trouve aussi des massacres "au nom de dieu"....
      De tous temps, l'utilisation de la détresse des personnes a toujours parmi d'enrôler des êtres humains, de les endoctriner et d'en faire des assassins.... quand c'est une volonté puissante, cela donne de terribles résultats.

      Est-ce la "faute" des gouvernants ? des systèmes démocratiques ? du capitalisme ?
      En tout cas, en démocratie, ce sont ceux que nous nous sommes choisis....

      Je suis d'accord, le monde n'est pas joli-joli. Les corruptions et compromissions jalonnent toute les systèmes politiques. Le gout du pouvoir est frénétique. La priorité à s'y maintenir le plus longtemps possible est le premier critère des choix politiques courants. (j'en fus témoin de visu dans mon parcours pro). Flatter les "bas-instincts" de l'électeur est plus payant électoralement que viser une montée en conscience collective.
      Mais je craindrais le risque de voir le "tous pourris" avoir des effets ravageurs et accélérer l'arrivée aux pouvoirs d'extrémistes encore bien pires pour le Peuple que les hommes/femmes politiques que nous avons actuellement ....

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  4. En ne parlant que de notre société européenne je partage en partie - mais en partie seulement - ce constat d'une "crise de spiritualité". Pour ma part je l'attribue à la désaffection du religieux, longtemps seule spiritualité admise. Il y a donc nécessité ressentie de se tourner vers d'autres formes de spiritualité, avec des tâtonnements plus ou moins heureux, plus ou moins pseudo-religieux.

    Par contre je ne perçois pas cette sorte de dérive généralisée que tu évoques et il me semble au contraire que nombreux sont ceux qui s'orientent vers une spiritualité "individuelle" (dans le sens de personnelle, choisie, avec la quelle ont se sent en équilibre…). L'individualisme a du bon : il permet de rester "en accord avec soi" (il a aussi du "mauvais", nous sommes d'accord). Nombreux sont les "chercheurs de sens" qui essaient de trouver vers quoi ils ont envie d'aller, vers quel monde, vers quel rapport aux autres et à leur environnement. Et cela en étant porté par une "spiritualité" qu'ils inventent, sensible, intuitive, originale.

    Tout ça pour dire que si je suis plutôt d'accord avec ce que tu dis de la spiritualité, le constat que je dresserais de la spiritualité actuelle serait plus optimiste :)

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    1. Nous ne sommes peut-être pas si en désaccord que ça. Il faut sans doute que je précise mieux certaines choses. Mais un court billet ne peut faire le tour de questions aussi vastes....

      Je déplore un individualisme, au sens de cette tendance de s'affranchir de toute obligation de solidarité envers autrui. Dans le meilleur des cas, c'est le repli familial, tribal ou communautarisme. bref : le nationalisme n'est pas loin, qui va très bien avec l'individualisme. Et d'ailleurs une droite extrême en fait ses choux gras avec succès, hélas !

      En politique, la tendance est la même. Qui plus est d'un gouvernement dit de gauche. Au plan économique on développe les droits individuels (autoentreprise, artisanat individuel, sous-traitance, générant une fragilité sociale extrême, démembrement industriel etc....) Tout cela au détriment des droits collectifs (voir les projets de réduire à pas grand chose le Code du Travail, issus d'un siècle de "luttes sociales"). Merci le banquier Macron !

      L'État se retire de plus en plus des institutions sociales, du service public démantelé au profit du privé, primauté de l'initiative privée qui favorisera toujours les inégalités et les injustices, etc.
      Bref, Individualisme à tous les étages…

      Tout autre chose est une spiritualité individuelle, telle que j'en parle dans ce billet. Elle débouche alors en effet sur ce que tu dis, une recherche du sens, des initiatives, et surtout, un rapport et une ouverture au collectif tout à fait autre, dans la mesure où il transcende les intérêts particuliers, sans méconnaître ceux-ci, mais en faisant du collectif un vecteur d'accomplissement personnel. Dès lors, comme tu le dis : "on se sent en équilibre"....

      Quand je parle de spiritualité, c'est de cela dont il s'agit. Une spiritualité en actes positifs. (c'est le dernier point de mon billet).
      Si la "spiritualité en chambre" est souvent une nécessité pour engager le chemin vers le profondeurs de soi, il convient assez rapidement de sortir de la chambre pour rejoindre.....

      Tous cela est, à mes yeux, totalement à l'opposé de l'individualisme.

      Merci de ton commentaire pertinent qui me permet ces précisions.

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    2. Merci pour ces précisions éclairantes :)

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  5. La spiritualité est me semble t il l'apanage de l'homme au même titre que le rire. Si elle reste individuelle elle donne de la lumière intérieure qui va rayonner autour de la personne dans son quotidien.
    C'est bien le problème, car les religions naissent peut-être de ce besoin de s' unir dans un même projet .. de vie ou ....
    Comment faire pour que de l'individu cette spiritualité embrasse la planète dans le sens que tu nous démontres superbement?

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    1. L'aspiration à construire ensemble quelque chose qui en vaille la peine, est grande dans l'homme et dans le monde.
      La bonté humaine est plus puissante que la haine.
      Mais faire sortir de soi de telles aspirations suppose de faire un minimum son unification personnelle. Sinon la/les division/s demeurent installées tant nous venons d'un monde chaotique et sans âme....

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  6. La spiritualité est un mot dont le contenu m'est difficile à percevoir, comme tous les mots abstraits, comme l'amour, la joie etc. Je n'ai jamais rencontré LA spiritualité, mais bien des gens qui ont cultivé leur être spirituel.
    Comment je fais ça pour ma part (cultiver mon être spirituel) ?
    En cheminant sans relâche vers un retour à l'essentiel
    En prenant soin de mon être profond, qui me met en contact avec "plus grand que moi"

    Alors c'est vrai que ces êtres en contact avec leur être profond mènent un combat pour l'humanité, d'une façon ou d'une autre
    C'est parfois sous forme d'actes très modestes, mais qui mettent à leur niveau un peu pus d'amour, un peu plus de lucidité, un peu plus d'humanité (je pense à toutes ces personnes lors des attentats de Parie qui on eu des gestes d'accueil vers les autres)

    Merci pour ce billet. j'ai mis un peu de temps pour commenter, parce que j'ai pris la peine de le faire descendre en moi...

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    1. Comment tu fais ta part ? quel est ce chemin sans relâche ? quel est ce "retour" ? d'où reviens-tu ? De quoi se constitue ce "moi profond" ? le contact entre quoi et quoi ? etc...
      (je ne demande pas de réponses ici évidemment...)
      Tout cela est en interaction et définit ta "spiritualité".... et si d'autres partagent des éléments semblables, cela donne UNE spiritualité caractéristique d'une groupe qui devient "essentiel" pour s'accomplir soi et les autres.
      quand cela prend de l'ampleur se fait jour un "courant spirituel".... etc.. etc....
      (un jour hélas, on crée une Religion, pour aller impose son "courant" à la terre entière ! La spiritualité devient alors normative et fixiste. Pouvoir et domination, quand tu nous tiens !!).
      La "spiritualité" n'est pas qu'un concept théorique. Il y a un contenu. Le tien, le mien, celui d'autres...
      A la fois personnel et à dimension universelle.
      alors elle se met à porter un nom....
      C'est simple au demeurant....
      Sinon en effet on manie de l'abstraction, parce qu'on sort de l'observation de la réalité pour s'évader dans un monde d'idées, source des idéologies.

      Tout du contenu de mon billet s'enracine dans l'expérientiel de ma petite personne....

      Je ne suis pas bien original cependant. Je fais ce constat que j'appartiens à ce courant spirituel assez universaliste, qui s'affranchit des religions et de leur contrôle sur les consciences, et des institutions étatiques qui désirent plus que jamais le triomphe de la pensée unique.

      (Je ne sais si c'est plus clair pour toi.... mais de toutes façons ce sont pas des thématiques simples !!!....)

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  7. Une petite anecdote. Il y a une grosse quinzaine d'années alors que je n'allais pas des mieux, je me suis laissée convaincre par une amie d'assister à un genre de messe/rassemblement des Chrétiens évangéliques dont elle est son mari faisait partie. J'y ai entraîné mon mari (mon dieu que cet homme m'aime c'est fou!!!) et j'y ai été très mal tout du long. On se serait cru dans un de ces séminaires à la mode pour coaches et autres "peuthes" new age: tout le monde s'applaudissait tout le temps et lançait des "amen" à tout bout de champ. Le pire a été à la fin quand tout le monde s'est d'abord pris la main, puis embrassé, serré dans les bras. Je me suis sentie très mal à l'aise, comme si j'assistais à une gigantesque imposture. Depuis pour moi clairement la spiritualité est un chemin individuel. Je conçois que pour d'autre le groupe soit nécessaire, mais moi ces "grands messes" ce n'est vraiment pas mon truc, mon truc à moi c'est la spiritualité des champs, des arbres et des fourmis. ^^

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    1. Ah ces merveilleux rassemblements où tout le monde s'aime, se bizouille, s'impose les mains, gagatise en psalmodies miaulées, prophétise et même guérit les femmes hystériques devant la foule ébahie et reconnaissante....
      J'ai connu aussi, .... me suis enfui avant la fin.... avant qu'on me demande d'ouvrir mon portefeuille pour me débarrasser de cet argent sale qui corrompt l'élu que j'allais devenir, (mais enrichi les gourous, parce qu'ils ont l'art de rendre propre l'argent sale par recyclage dans leurs lessiveuses à profits juteux....).
      J'appris quelques années plus tard que le Grand Gourou était en tôle pour viols et autres peccadilles sexuelles...

      Rien à voir avec la spiritualité, tout à voir avec l'exploitation de la crédulité religioso-sensibilo-culcul, qui fait encore des ravages un peu partout....

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  8. Charlotte29/11/15

    Comme tu le mets en tête de ton blog:"“Au fond, toute âme humaine est cela : une fragile lumière en marche vers quelque abri divin, qu'elle imagine, cherche et ne voit pas.”
    André Maurois.Mais oui car:" Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" livre de Stig Dagerman. Et La religion apporte à certains cette consolation ...
    Mais la spiritualité consciente et éclairée, individuelle et collective, n'a pas de religion ( C'est mieux).Elle se base sur le réel sur l'humanité.
    Est ce que j'ai bien compris ce que tu as si bien expliqué?!!!

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    1. La spiritualité suppose un effort de lucidité sur soi-même, sur la Réalité observable en soi et autour de soi.
      des "savoirs de spiritualité", qui apprennent aux hommes à vivre, comme disait Foucault qui donc différent des "savoirs de connaissances" qui ne fournissent que des concepts, objectifs sans doute, mais qui n'apportent pas un chemin de réalisation de soi en profondeur, mais seulement une réalisation extérieure fondé sur le succès, la célébrité et la domination (richesses matérielles, réussite professionnelle, statut social, statut religieux dominant, - pape - prélat - vedettariat, reconnaissance sociale .... ; etc....).

      La consolation, c'est encore autre chose....
      Consoler en promettant un avenir radieux pour bien plus tard (ce que font les religions, qu'il s'agisse du Paradis des délices des chrétiens ou des 72 vierges promises aux djihadistes...), c'est une consolation détestable, puisque fondée sur une arnaque.
      Le vrai consolateur propose que l'objet de la douleur se mute en objet de joie.... Et il aide à sa réalisation ici et maintenant. Ce n'est pas du tout pareil....

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