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lundi 25 avril 2016

La mygale et la fourmi

Étant donné que Madame Coumarine, a mis fin à son excellent blog : « paroles plurielles » en 2008, (et oui, j'ai un peu de mémoire), et ne semble pas avoir le désir de reprendre cet endroit où les amoureux des mots trouvaient un magnifique lieu d'expression, je me suis dirigé vers un autre lieu que je découvre et qui ne me semble pas dénué d'intérêt.

J'y ai donc déposé subrepticement ce petit texte sur la consigne en cours



S'inspirer de cette photo + Mot à placer : ficelle.

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La Mygale et la fourmi

Une mygale répondant au doux nom de Avicularia aurantiaca, avait pris la grosse tête en raison de l’aspect assez snob de son nom, du moins c’est l’opinion qu’elle s’en faisait.
Elle décida donc de partir en voyage pour se faire connaître des contrées avoisinantes.
Chacun le sait, la mygale est romantique. Elle rêve du grand amour définitif et affectionne les étreintes jusqu'à la mort.
En chemin elle ne cessa de se répéter sa devise : 
— Venin, vedi, vici. 
Ce qui en arachnida-vulgus signifie : j'ai du venin, venez voir, c'est par ici.
Cette sorte de mantra était destiné à attirer ses proies entre ses douces pattes velues, et il faut bien le dire, cela fonctionnait plutôt bien.
Elle se nourrissait ainsi de l'amour et de la mort.

Par on ne sait trop quelle intervention de dame nature, elle se retrouva sur une plage de galets ou une sirène s'était endormie, après avoir ôté ses atours en forme de mini-queue de baleine, histoire de se dégourdir les pieds.

Or, chacun le sait, lorsqu'une sirène ôte sa queue de baleine, après avoir dénoué toutes les ficelles, il lui vient des fourmis dans les jambes. Ce qui immanquablement se produisit.
Notre mygale, curieuse à ses heures, entendit le cro-onde des fourmis. Personne n'ignore ce particularisme de la fourmi : la four micro-ondes.
La mygale à l'ouïe fine. C'est un détail que beaucoup de gens ignorent.

Comme les marins d’antan étaient sensibles au chant des sirènes, pour leur malheur, hélas, la mygale est sensible à ce petit bruit caractéristique des fourmis, que les humains ne savent pas déceler.
Et tout particulièrement des fourmis dans les jambes.
Ce sont les prémices de son bonheur.

La mygale sentit monter en elle l'intense plaisir précédant la piqûre venimeuse, que les humains ne peuvent connaître.
Alors elle planta ses crochets dans la chair tendre, injecta son produit assassin, dans un spasme de puissant plaisir, en s'écriant :
— « Putain ! C’est le pied ! »


8 commentaires:


  1. Et bien , je vois que t'es drôlement amusé avec ce texte. La chute est excellente. J'ai ri, souri, et ri encore ... du début à la fin. ça fait du bien!

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    1. Merci !
      Je me suis en effet bien amusé à l'écrire. Que cela te fasse rire, que demander de mieux !
      :-)

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  2. Hé hé ! excellent ! Ta fable a le goût du venin d'aragne : elle est mortelle ! yo !
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. (PS: Mortel , en langage ado-prépubère, ça veut dire génial) ^^

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    2. Je tente de divertir le bon peuple…
      des prépubères aux grands-mères des maisons de retraite…
      pour elles aussi, bientôt ce sera mortel !

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  3. "Venin, vedi, vici."
    Quelle devise formidable pour une araignée venimeuse!
    Même si tu ne signais pas ce texte, on devinerait sans peine qu'il est de toi: style inimitable!

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    1. Oui, mais toi tu sais me reconnaître partout !
      Signe que tu me connais bien…

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  4. Moi aussi, j'ai souri en lisant ton texte. Ça fait du bien ! :-)

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