samedi 2 avril 2016

Le calme et les agités.

En lisant deux billets de la blogosphère : celui-ci et celui-là je me suis senti rejoint par les propos tenus. Deux perceptions complémentaires, assez révélatrices d'ailleurs des personnes concernées.

Récemment, chez Pierre, j’avais laissé le commentaire suivant :
« Cinq jours au milieu des vignes dans un village alsacien. J'en reviens. (…) Pas de téléphone, pas de radio, pas de Smartphone. Je suis presque tenté d'écrire : « la vraie vie ». Face à un promontoire, j'admire la plaine d'Alsace. Un homme d'une cinquantaine d'année approche. je sors une banalité : - la vue est magnifique ! Il me répond aussitôt : - ici au moins on ne risque pas un attentat terroriste ! Me ramène-t-il à la réalité ? Laquelle ? Je réponds : vous êtes vigneron je suppose ? La réponse ne pouvant être que oui, j'engage l'échange sur le thème : que fait on a cette époque de l'année dans la vigne… 
Est-ce que sa réaction première m'a surpris ? Pas tellement finalement. l'invasion des esprits est totale. Seulement voilà, pour moi, il n'était certainement pas question d'engager une conversation sur ce terrain là. Parce qu'on aurait brassé du vent. Comme on brasse du vent sur les télés et l'information en continu. 
Au moins, là, j'ai appris ce que c'était que le « palissage ». 
Cela m'a semblé plus intéressant pour ma petite culture que la manière de fabriquer les explosifs… »


Je constate chez moi un phénomène qui m'a d'abord surpris. Plus je me trouve en présence des « agités du PAF (paysage audiovisuel français) », qui sévissent sur les télés avec leurs sempiternelles litanies catastrophistes et la primauté de l’immédiateté sur la nécessaire réflexion analytique de qualité,  plus je ressens en moi l'appel irrépressible du calme intérieur. Et donc, l'appel de la nature. 

Je vis dans un environnement urbain, mais dans un quartier aéré, dit résidentiel, quelque peu boisé, et je n'ai pas à aller très loin avec mon engin électrique pour trouver un endroit préservé avec quelques maraîchers encore présents… en attendant sans doute une urbanisation galopante qui finira bien par venir.
Dans ma situation, c'est un privilège. En effet, je n'ai plus, comme avant, la possibilité de prendre ma voiture et d'aller me promener seul dans la nature, loin des agitations urbaines. Pour cela, j'ai nécessairement besoin d'une assistance extérieure.
Cette frustration me fait d'autant plus toucher du doigt combien l'environnement est nécessairement un prolongement de soi-même. Je dis une évidence. Mais je ne suis pas certain qu'elle soit suffisamment perçue pour l'intensité qu'elle représente. (l'environnement oppressant crée l'angoisse)

Pour rester dans une certaine actualité, les djihadistes ne se recrutent pas au fond des campagnes perdues de la France profonde… c’est juste un exemple. Molenbeek n'est pas Trifouillis-les-oies…

Cela dit, qu'on habite la ville ou la campagne, chacun est nécessairement relié au monde dans le contexte médiatique qui est le nôtre. Les agités à l'intérieur d'eux-mêmes vivant à la campagne, développent autant que les urbains l'angoisse d'une sorte de « malheur qui nous attend inexorablement ». Il n'est qu'à voir les scores élevés du Front National dans les villages de la France profonde où il n'existe, de fait, aucune délinquance véritable, mais où les électeurs interrogés déclarent : « ça va finir par nous arriver »… (entendu à la télé).



Relié à l'agitation ambiante.
c'est ce lien-là qui se dénoue en moi. 
Cela tient plus du constat que d’un effort qu’il me faudrait faire.
Ne pas être relié aux agités.

Peut-être qu’il y a là quelque chose qui tient un peu de mon activité professionnelle d'antan. Cet apprentissage de la « juste distance » autant lorsque je servais le Ministère de la justice, que dans mon métier d'aide à la personne, aux groupes et organisations.
Sans doute aussi un certain atavisme familial. Mon père était un homme calme face à ma mère dans une agitation maladive assez permanente. Moi, je n'étais pas calme, mais je monterai une résistance qui m'étonne encore avec le recul.

Là comme ailleurs, il y a toujours ce sentiment d'une sorte d'ambivalence.
Ma distance est-elle l'indifférence ?
Faut-il hurler avec les loups ?
Faut-il avoir peur de tout « comme tout le monde » ?

J’ai toujours de la difficulté à considérer que mon positionnement est le bon pour moi, à défaut d'être le meilleur en général. Même si bien souvent l'expérience montre a posteriori que je n'avais pas tort.


Je reste pourtant persuadé que le seul antidote est le calme et la paix intérieure. (Ce qui ne m'empêche pas de pousser mes coups de gueule à l'occasion… mais c'est alors une autre dynamique, dont plusieurs personnes récemment m’ont montré la valeur qu'elle pouvait avoir).

Qu'est ce qui génère ce calme et cette paix intérieure ?
Probablement mes certitudes profondes, en particulier ma foi en l'homme, en l'être humain et l'humanité. Rien ne peut véritablement, ni durablement, ni en aucune manière définitivement, modifier cette dynamique potentielle qui m'habite depuis toujours. Et comme j'ai l'occasion aujourd'hui comme hier, de côtoyer des gens qui partagent cette même « foi ». Il n'y a donc rien à craindre fondamentalement, ni aujourd'hui, ni sur le long terme.
Peut-être qu'en devenant vieux on peut se reposer sur une expérience personnelle qui confirme ces affirmations là. J'estime que c'est mon cas. Après tout ce que j'ai traversé, du plus heureux au plus horrible (et le plus horrible je ne l'ai jamais raconté), qu'est-ce donc qui pourrait bien m'arriver de définitivement dommageable ? Si ce n'est la mort… mais ce n'est là qu'un phénomène naturel…



Le contact avec la nature est un moyen pour  (re)trouver ce calme et cette paix. S'il est favorisant, il n'est cependant pas indispensable. En milieu urbain, au cœur de l'agitation, on peut faire le calme intérieur et se couper de l'extériorité envahissante. J'en ai l'expérience. En particulier mes longs séjours en centre de rééducation m'ont permis de découvrir comment entrer « dans sa bulle », même si je n'aime pas beaucoup cette expression-là. Mais je pense qu'elle est parlante. Et dieu sait si dans ce genre d’endroit l’agitation est permanente 24h/24h ! …

Sortir de l'influence « des agités », suppose de calmer  les effervescences de la sensibilité « à fleur de peau », pour trouver le calme en soi et la paix profonde, afin d’entrer en contact avec le lieu de la conscience qui permet les choix et discernements valables allant dans le sens de la vie.

Je serais presque tenté de dire que c’est là un devoir citoyen.
C’est sûr… Ce n'est pas le discours tenu par les manifestants…
(parole d'ex-manifestant qui en perdait la voix à crier des slogans…!!)

Ce devrait être aussi un devoir politique !
Et là… comment dire…. peut-être le jour où les poules se laveront les dents ??

Mesdames, messieurs, bon WE !
N’oublions pas que le vie est offerte comme un cadeau…
Et peut-être à une autre fois ….


20 commentaires:

  1. J'ai bien aimé ton commentaire AlainX, comme toujours même si je ne les commente pas toujours, qui nous rappelle combien il est difficile pour un citoyen lambda, de comprendre dans quel monde nous vivons. Les médias surtout de nos nos jours, entre les mains des puissants font la pluie et le beau temps. Je pense qu'il n'est pas un troisième pouvoir comme le dit, mais bien le premier. Il peut faire chuter quiconque n'est pas dans l'esprit ou l'ambiance du moment et faire remonter le plus tordu des hommes. Les médias sont dans nos foyers, nuits et jours. Ce qu'ils nous distillé comme informations en boucle,imprime un conditionnement à nos cerveaux. Une information surprise comme on l'a vue dans certains film de fiction, peuvent ameuter le monde. Le monde aujourd'hui est virtualisé, il n'y plus d'écart entre la réalité et la manipulation. Il y'a une sorte de course effrénée dont le maître d'ouvre est le PAF ( programme audiovisuel de forfaiture).Je me rappelle avoir lu un jour un écrit de Roger Garaudy,:il y'a de cela trente années( ce n'est pas aujourd'hui), il écrivait ceci: "Détenir un journal comme news week est plus important que de disposer de cent divisions blindées".
    Crois-moi Alain X, les événements qu'on avait vécus en Algérie pendant les années noirs du terrorisme, m'ont appris que la violence des informations en Algérie, en France et partout ailleurs avaient plus apporté de fric aux médias que d'encouragement et d'aides aux vivants ou survivans. Les guerres géostratégiques n'avaient que faire de nos larmes.Aujourd'hui malheureusement, le terrorisme s’est métastasé même en Europe, et les médias ont encore de beaux jours...

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    1. J'aime bien ta définition du PAF !
      En effet, les médias favorisent une colonisation des esprits qui est assez comparable avec le phénomène de l'omniprésence de la publicité. Comme disait il n'y a pas si longtemps encore Patrick le Lay : Ce que nous vendons [aux marques], c'est du temps de cerveau humain disponible ». Là on nous vend les pires produits que l'on sait, hélas, fabriquer : le rejet, la haine de l'autre, la méfiance, la peur, le repli sur soi-même, le jugement à l'emporte-pièce, populisme, et tout ce qui commence à avoir le relent des pires époques que l'on ait pu connaître…

      Il convient donc de développer une vigilance personnelle à chaque instant. Cela peut-être difficile parfois, mais c'est tellement éprouvant moralement de « suivre » l'actualité (au sens suiviste du mot), que le petit effort de prise de distance intérieure est moins pénible que de se laisser envahir par l'ennemi médiatique, qui, ne nous veut aucun bien… c'est même tout le contraire !…
      C'est le seul antidote dont je dispose : Le retour à la confiance dans l'intuition personnelle et le respect de soi-même et de sa conscience profonde, qui, par nature, est ouvert aux autres et à l'amour donné…
      Une goutte d'eau dans l'océan ?
      Évidemment…
      mais il n'y a rien donné dans l'océan… que des gouttes d'eau...

      Quant aux événements d'Algérie, j'étais jeune encore, tout cela est resté assez nébuleux dans mon esprit, je parle au niveau de la manière dont on en rendait compte dans les médias de l'époque. J'ai un souvenir, qui me resta forcément marqué : un ami de mon père avait retrouvé dans le coffre de sa voiture un cadavre d'algérien qu'on y avait déposé. Et il eut bien des démêlés avec la police à ce propos, évidemment…
      À l'époque, je sortais tout juste de mes trois ans de Centre de rééducation, vécu hors du monde et de l'actualité…
      j'avais eu le sentiment de revenir d'un voyage interplanétaire…

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  2. Tu étais dans mon Alsace, j'ose te demander dans quel endroit ?
    Cela m'aurait fait plaisir de te rencontrer...

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    1. Nous étions à quelques kilomètres de Colmar…

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    2. j'habite à quelques kilomètres de Colmar!!!

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  3. Deux perceptions complémentaires, assez révélatrices d'ailleurs des personnes concernées
    Effectivement. Pierre a écrit sa partie avec le talent qu'on lui connaît, son esprit d'analyse et de synthèse faisant merveille pour exprimer la position que l'on peut avoir vis à vis des événements et des médias, et ses pointillés étaient une invitation à écrire ma partie, celle qui correspond à mon tempérament.
    j'aime beaucoup ce que tu dis du "calme intérieur" et notamment comment tu affirmes ta foi dans l'homme et un optimisme structurel qui me fait du bien. Beaucoup de bien. Qu'un homme comme toi écrive:
    Il n'y a donc rien à craindre fondamentalement, ni aujourd'hui, ni sur le long terme.
    Peut-être qu'en devenant vieux on peut se reposer sur une expérience personnelle qui confirme ces affirmations là.
    c'est vraiment important pour moi.
    Je suis heureuse que mon billet (et celui de Pierre) t'ait inspiré des mots beaux et structurants.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. C'est toujours intéressant de faire le constat de convergences par des chemins diversifiés, suivant les personnes, leur point d'approche particulier, en fonction de leur système de pensée et de leur manière d'être et de vivre. Sans bien entendu fixer les gens dans un personnage, on y retrouve les fortes tendances personnelles, pour le peu que l'on connaisse un petit peu la personne dont il s'agit… et c'est très bien comme ça !

      Pour ma part j'ai été également heureux de lire ces deux approches, celle de Pierre et la tienne. On a nécessairement besoin de ces reliances par le dedans. Car, aucun combat ne peut être mené en solitaire.
      Je ne crois pas au « seul contre tous ». Qu'il y ait des figures d'humanité ! C'est évident ! Mais, dès que l'on regarde de plus près, on voit bien à quel point le leader fédère autour de lui. Sinon c'est l'échec assuré.
      Le drame est lorsque le leader fédère une bande de cons ! Parce que, connard (connasse) lui(elle)-même !
      C'est hélas le sale constat que l'on peut faire actuellement ! Je ne désigne personne… il n'y a qu'à suivre la ligne brune… ou certains ripouxblicains...

      (Je n'allais quand même pas terminer sans un mini coup de gueule !…)

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  4. J'aime bien ces moments où les réflexions émises sur un billet se prolongent chez d'autres. D'ailleurs je pense que ton commentaire chez moi à influencé ma réflexion, en me rappelant l'importance de cet ancrage profond que constitue la nature. Il m'arrive de l'oublier…

    Comme toi je crois qu'on peut trouver ce ressourcement même au coeur des villes. En s'arrêtant pour écouter les oiseaux, regarder les frondaisons des arbres, méditer devant un fleuve, observer la course des nuages dans le ciel. Et même en regardant les humains en mouvement, vaquant à leurs occupations. Ce qui compte c'est de se mettre légèrement en retrait, sortir du flot et prendre le temps de se reconnecter à nos sens.

    Je me souviens de tels moments en plein Paris, en quelques lieux propices.

    « Ne pas être relié aux agités », dis-tu. En effet, il me paraît important de se préserver de leur potentiel de contamination. Un stressé communique son stress, un inquiet son inquiétude, un agité son agitation. Tu écris aussi : « Rien ne peut véritablement, ni durablement, ni en aucune manière définitivement, modifier cette dynamique potentielle qui m'habite depuis toujours. ». Cette conviction est une force. Je pense être habité par la même.

    Merci pour ce texte. Il me fait du bien :)

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    1. "Ce qui compte c'est de se mettre légèrement en retrait, sortir du flot et prendre le temps de se reconnecter à nos sens.". Oui, c'est tout à fait ça.
      Et c'est possible quasiment en toutes circonstances. À cause justement, selon moi, de ce point d'ancrage intérieur que tu évoques au début et qui est comme le plus beau cadeau de la vie qui ait pu nous être fait.

      Se préserver de la contamination. J'aimerais tellement voir plus souvent dans le PAF l'expression des mesures prophylactiques qui existent à ce sujet. C'est très bien de relancer une campagne contre le sida, comme ce fut le cas ces jours derniers. Mais la violence des virus pernicieux de la pensée, qui se propagent un peu partout, mériterait là aussi, une campagne d'ampleur. Hélas… une certaine classe politique est tellement elle-même contaminée, qu'il va falloir manœuvrer habilement pour la contourner. Je parle ici principalement un certain niveau national. Les élus locaux, qui ont parfois un sens aigu de l'abnégation, c'est tout autre chose. Mais ils ne font évidemment jamais là une des médias… sauf quand il y a des dérapages…
      il n'y a pas que dans Paris que les loups sont entrés…

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  5. Se mettre en retrait est une bonne chose, j'essaie de le faire au maximum, mais ce n'est pas toujours facile lorsque l'on vit avec quelqu'un qui écoute les infos plusieurs fois par jour et qui les commente. Je vais m'acheter des bouchons d'oreilles, c'est peut-être la solution, faute d'autre chose... (sourire)
    Bonne soirée, Alain, et merci pour ce billet.

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    1. Ah oui, je comprends bien ce que tu évoques, lorsque le partenaire est assez « accro » à l'actualité…
      pas facile à gérer…
      Il faudrait arriver à parler avec l'autre du « pourquoi profond » qui génère ce comportement un petit peu compulsif parfois. Mais ce n'est pas évident. Je crois que l'écoute et le commentaire permanent cela permet, - c'est une hypothèse, - de surnager, comme lorsqu'on se débat parce qu'on craint de se noyer…
      débattre… se débattre… voilà un bon sujet d'échange !
      J'espère que par ailleurs tout va bien pour toi !…
      Bien amicalement

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    2. Sinon, tout va bien pour moi, Alain. :-)
      Belle fin de semaine à toi. Amitiés.

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  6. Anonyme6/4/16

    "Trouver la bonne distance", prendre de la hauteur, aller dans le sentiment qui se trouve au-delà (ou en deça ?) des émotions tyranniques. Car "Hurler avec les loups" revient souvent à se contenter de clichés, préjugés et autres fantasmes pour comprendre et vivre dans le monde. Alors, faut-il se barricader dans sa tour d'ivoire de celui qui, en paix, regarde la violence qui se déchaîne partout avec détachement ? La posture est délicate... Quelle est la troisième voie ? Croire en l'homme ? ce n'est pas si facile quand on est lucide ... Croire en un possible pour ouvrir une brèche ... croire en une alliance entre des vies fugitives qui est la seule façon qu'il y ait de l'ETRE, ne serait-ce qu'un jour, dans le monde de la matière comme dit Yves Bonnefoy (qui porte bien son nom)
    Amicalement
    k.role

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    1. Probablement que « la bonne distance » est quelque chose d'infiniment personnel, propres à chacun, selon qu'il est, sa sensibilité, sa manière d'être et d'agir.
      Croire en l'homme ? Il est bien évident que si c'était facile… ça se saurait… mais c'est justement parce que je suis lucide que je crois en l'homme… mais, on peut en effet préférer les forces de mort qui, de toute façon, ne gagneront jamais dans l'univers…
      et comme cela fait quelques millions d'années que c'est ainsi. C'est-à-dire que la vie ne cesse de se développer. Je peux peut-être lucidement y croire aussi.

      Et en effet « croire est un possible » c'est-à-dire quelque chose de tout à fait réalisable et réaliste.
      Après tout, puisque j'y crois… c'est donc que c'est possible… !

      C'est toujours un plaisir de te lire ici.

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  7. J'oserais dire : la vie ne suffit pas. Il faut défendre la vie humaine telle qu'on la souhaite, pour chacun, pour tous : une vie qui a du sens, une vie qui vaut la peine d'être vécue ! ... peut-on ignorer le collectif ? sa puissance de nuisance, cette pulsion de mort dans la vie même qui asservit, mutile, violente les corps et les consciences. Peut-on vivre en paix dans ce monde là... ??? Je me demande, je me demande.

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    1. Je comprends bien le sens de tes propos. Les puissances de nuisance existent il me semble depuis la nuit des temps…
      le phénomène actuel avec le développement des médias omniprésents amène l'effet amplificateur particulièrement néfaste pour les esprits. On peut se poser la question de savoir si ce n'est pas une volonté de certains.

      Une vie qui a du sens relève d'un choix personnel. Je veux dire c'est à chacun de le trouver. Quant au collectif il s'agit de rejoindre le/les collectifs qui vont dans le sens de ce à quoi l'on croit et qui débouchent sur des combats nécessaires.
      J'ose dire que c'est ce que j'ai fait dans ma vie jusqu'à présent.
      Aujourd'hui je suis bien affaibli. Je mène donc mes petits combats comme je peux.
      Vivre en paix dans ce monde-là ! ?
      Si c'est impossible, alors nous sommes définitivement foutus !
      Pour ma part j'ai souvent fait l'expérience de la paix profonde du combattant de la vie et de l'humain.
      En ce sens ce qu'il est convenu d'appeler les réseaux sociaux présente des aspects positifs, à condition de ne pas croire que l'on a une action extraordinaire en restant derrière son écran d'ordinateur… ou en pianotant sur son Smartphone…

      un dernier mot si besoin : vivre en paix, cela n'a strictement rien à voir, - je parle pour moi, - avec vivre tranquillement et les pieds en éventail sur la plage… la paix est toujours le fruit d'un combat. Un combat personnel en premier.
      Mais si on n'a pas une âme de pacificateur, alors on ne peut que concourir à ce que tu dis à propos de la pulsion de mort. La pulsion de mort est un choix. On n'est pas obligé de le faire…
      bon j'arrête là…
      la richesse de ton commentaire suscite bien des réactions en moi…
      c'est ce qui est intéressant.
      :-)

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  8. Ah ! Merci, je n'en attendais pas tant :)
    Je n'ai plus l'habitude de commenter sur les blogs. J'ai dit ça comme ça, j'ai juste l'impression que c'est de plus en plus difficile de trouver sa voie, une voie qui permette de s'engager dans un combat nécessaire : c'est quoi ce combat nécessaire. Tu vas me dire : chacun doit trouver le sien... et ça tourne en rond :)
    Je te taquine. Ce qui me semble le plus difficile c'est de quitter les généralités pour s'investir pleinement dans le singulier, l'inattendu (d'une rencontre ou d'une parole) ou autre que sais-je... (je divague)
    Bonne soirée

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  9. "Et le plus horrible , je ne l'ai jamais raconté" Eh ben dit donc ce doit être quelque chose après ce que tu as déjà livré dans ton livre et que tu nous distilles au fil de tes textes et commentaires.Impressionnant de lire ces quelques mots qui m'ont plus accrochés que tout le texte pour lequel je suis en harmonie.

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    1. J'ai pensé qu'un jour je pourrais tout raconter. Disons en tout cas qu'il n'est pas encore venu. Et je pense qu'il ne viendra pas.
      Pour ne pas que les esprits vagabondent là où il ne faudrait pas, je peux dire qu'il s'agit de « choses » dont je fus à la fois témoin et acteur et qui se sont déroulées dans le milieu hospitalier. (tu connais il me semble ce milieu....).
      Elles ne sont pas dicible et je pense même qu'on ne me croirait pas…
      C'est sûr… j'ai dû rêver ! Mon corps aussi… il en porte des traces qui ont dû se faire toutes seules…
      C'était un autre temps… tout du moins je l'espère… sans en être certain…

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    2. "C'était un autre temps" écris tu. J'en conclus que c'était pendant les longues hospitalisations de ton enfance. Ces "choses" ont bien eu lieu, cependant le moment n'est pas encore venu où tu ressens le besoin de les dévoiler. J'ai toujours été étonnée des impossibilités de raconter leur guerre d'Algérie par mon oncle sous-lieutenant et mon beau frère para. J'ai approché une explication quand mes enfants ayant passé une année scolaire à l'étranger ne nous racontaient rien du tout mais quand ils étaient ensemble ou avec des copains de même expérience ils n'arrêtaient pas. Nous n'avions rien en commun donc nous ne pourrions rien comprendre. Tu as remarqué que les langues se délient enfin concernant la pédophilie de la part de certains curés? Et pourtant c'était un autre temps.

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