dimanche 29 mai 2016

Verdun

Ce n'était pas prévu à mon programme cet après-midi,  j'ai cependant regardé la commémoration du centenaire de Verdun avec François et Angéla. Je me suis un peu étonné de regarder si longuement. Je me suis laissé prendre par une certaine ambiance audiovisuelle. Je me demande toujours si c'est une bonne chose ces vibrations sensibles, avec le risque que cela soit au détriment, soit de l'analyse, soit des ressorts des profondeurs humaines.

C'est une sorte de simplicité qui m'a ému. Pour ne pas dire quelque chose d'assez familier, malgré le cérémonial prévu. Évidemment, comme beaucoup sans doute, j’ai pensé à ceux de ma famille qui ont laissé leur vie dans les tranchées.  Mon grand-père croisa son frère sur le front. L'un y montait (le frère), lui en redescendait pour une courte « permission ». Mon grand-père ne revit jamais son frère, tué au combat.
Ce grand-père raconta une fois seulement, (je n'étais pas présent à ce récit) comment il enfonça sa baïonnette dans le corps d'un allemand. Sur tout le reste, on ne sait guère ce qu'il en fut pour lui. Mon frère, plus âgé, me dit qu'il tenta d'évoquer ces souvenirs-là avec lui. Le grand-père se contentait de dire : Si tu savais ! Si tu savais !… et mon frère d'ajouter : dans ces moments-là il avait le regard vide et lointain…
Même si je ne connais ces événements que par ouï-dire, je ne pus faire autrement que d'y penser en regardant les images sur l'écran.

*

Et puis le discours de notre président et celui de la chancelière. Cet appel à la vigilance avec le sentiment d'une gravité sous-jacente. Et cela me semble être bien la réalité, en effet.
Le fait de souligner qu'il faut très peu de temps pour détruire ce que l'on a mis des dizaines d'années à construire. C'est-à-dire la paix. Une paix fragile. 
Parce qu'il en est toujours ainsi de celle-ci, ne devrions-nous pas tout faire pour consolider ce vase fragile ?
On préfère se déchirer et vouer l'Europe aux gémonies, en la rendant responsable de tout.
Il paraît qu'il suffirait de quitter l'Europe pour que tout aille mieux, nous prédit une oiselle blonde de mauvaise augure…

C'est devenu tellement quelque chose de commun que c'est toujours la faute des autres, qu’on finit par se convaincre que nous n'avons aucune responsabilité personnelle et/ou collective. Puisque c'est la « faute à l'Europe »…



— la croissance qui stagne ? : la faute à l'Europe !
— Le chômage endémique ?: la faute à l'Europe !
— Les inégalités socio-économiques ? : la faute à l'Europe !
— la dégradation de l'environnement ? : la faute à l'Europe !
— les faillites, fermetures d'entreprises, licenciements ? : la faute à l'Europe !
— Les migrants qui déferlent ? : la faute à l'Europe !
— La stagnation, voire la baisse du niveau de vie ? : la faute à l'Europe !
— La loi El  Khomri ? : la faute à l'Europe ! (sic Mélanchon)
— La pluie qui mouille, et le gel qui glace ? : la faute à l'Europe !
— L'oiseau qui a chié sur ma chemise blanche ? : la faute à l'Europe !
— Le soleil qui se couche à l'ouest ? : la faute à l'Europe !


Mais c’est qui l'Europe ?
C'est nous ?
Mais non ! 
Nous on est français… on n'est pas l'Europe…

Ah oui ! Évidemment… j'allais l'oublier ! …

16 commentaires:

  1. Le problème, c'est que l'Europe que nous propose (je n'ose pas dire impose, mais ce n'en est pas loin) la commission n'est pas celle dont nous avions rêvé à ses débuts. Elle est quand même vachement peu démocratique avec son parlement qui n'est que le parent pauvre de l'assemblage.

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    1. On a rêvé..... c'est peut-être là le problème....
      Dans mon jeune temps, je suis allé en Allemagne ( peu importe les circonstances…) participer à une rencontre de jeunes européens français et allemands.
      On y rêvait en effet…
      mais pas tous… notamment ceux qui voulaient nous casser la gueule à la sortie…
      comme je l'ai dit en répondant à un commentaire sur mon billet précédent : « le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ! »

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    2. Je crains fort que cette bête dont tu parles soit vachement internationale. Elle, fera peut-être l'Europe après tout... (mais ce ne sera pas non plus celle dont nous avions rêvé)

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    3. Qu'est-ce qui fait passer du rêve à la réalité ? C'est bien connu : le projet !
      C'est probablement cela qui manque à l'Europe, un vrai projet de société conforme à sa nature profonde.
      Tant qu'on veut construire uniquement par la finance et l'économie… on voit ce que ça donne…

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  2. Il est tellement plus facile de déclarer « c'est la faute des autres » que de se demander : et moi (nous) que fais-je (faisons-nous) concrètement pour qu'il en soit autrement ? Car à partir de cette question s'ouvre le gouffre qui sépare nos idées de nos actes…

    Merci de le rappeler.

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    1. Merci d'avoir compris l'essence même de la deuxième partie de mon billet…
      de ta part cela ne m'étonne pas.

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  3. Bon ok, c'est pas la faute de l'Europe ( encore qu'on pourrait se demander pourquoi pile en même temps les français et les belges se battent contre une " loi travail" quasiment identique mais bon, admettons.)
    Ok, c'est à nous d'agir.
    Oui, mais comment ?
    Quand on descend dans la rue, ça va pas. C'est pas bien, ça fait désordre. Parce qu'on est récupérés par des casseurs qui en profitent pour se défouler.
    Quand on fait la grève, ca embête tout le monde, on bloque la sacro sainte économie, c'est pas bien.
    Quand on prône la paix et l'amour on passe pour un rigolo complètement à côté de la plaque.
    Alors par les urnes ? Oui mais le 29 mai 2005 on avait dit non à la constitution ultra libérale. Et ils se sont un peu torché le c...avec la décision du peuple souverain.
    Et là on s'apprête à voter en 2017 en sachant bien qu'on a le choix entre la peste, le choléra, la fièvre aphteuse et le scorbut.
    Ou alors voter blanc ? Mais c'est pas comptabilisé dans le décompte des voix. Donc ça sert à rien.
    Faire la révolution, passer tout le monde par la guillotine ? On a vu ce que ça a donné par le passé.
    Déconsommer, rouler à vélo, covoiturer, ne plus prendre l'autoroute, recycler, réparer au lieu de jeter, manger bio et végétal, éveiller les consciences des mouflets ça, oui, je le fais au quotidien. C'est ma part de colibri.
    Mais concrètement, qu'est-ce qu'on peut faire pour empêcher LVMH, Vinci et Bernard Arnaud et consorts de dicter leur loi au monde entier, la loi du billet vert... Je vais réécouter " les deux oncles" et faire l'amour avec un allemand, ça fera peut être pas avancer l'humanité mais j'aurai œuvré pour la paix entre les peuples, et au pire, passé un bon moment.
    Celestine en mode découragé.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Tu es désespérante....
      Faut essayer le gaz ! (comme en 14/18 d'ailleurs....)

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    2. Je comptais que tu me remontes le moral...
      Je vais me mettre la tête dans le micro ondes thermostat 12 comme disait magdane...
      😀

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    3. Ah oui Célestine, tu sembles être vraiment découragée, là. Tu frises le pessimisme défaitiste :/
      Pourtant, parmi toutes les pistes que tu fermes aussitôt après les avoir proposées, plusieurs ne sont pas des impasses...

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    4. Il paraît que le découragement est une composante de toute personne saine...
      Ça me rassure.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    5. Ah bon ? qui a dit ça ??
      ;-)

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  4. En lisant ton texte AlainX sur ces douloureux événements qu'étaient ces guerres dont la bataille de Verdun, la plus sale, la plus inhumaine, je me suis mis à penser aux algeriens ou marocains qui avaient eux fait la guerre pour d'autres, car pauvres colonisés, une chair à canon gratuite. Je me demande si parfois quelqu'un hormis leurs proches, pensent à eux ou bien étaient-ils comptés dans les pertes et profits. Les guerres sont toutes sales et leurs conséquences sont incommensurables. A l’échelle de l'individu, celui qui laisse son amour sans la revoir et qui elle devient aussi une victime collatérale, sans compter les proches, les amis etc.
    Je hais les guerres, toutes les guerres, elles n'enfantent que haines, que l'exclusion de l'autre.
    Je suis triste aujourd'hui, car j'ai l'impression qu'on a encore rien compris à la leçon. Je pense à ces oiselles blondes de mauvaise augure… qui peut être demain seront les faiseurs de miracle comme ceux qui prédisent une récompense de 70 vierges dans l'au-delà à ceux qui se font exploser dans un marché public.

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    1. Les situations que tu évoques commence à peine à être prises un peu en considération.
      Quant aux dégâts collatéraux que tu évoques, ils se transmettent à la génération suivante, hélas.
      C'est vrai des nations ( les ennemis éternels et séculaires…), jusqu'aux querelles de villages où l'on ne sait même plus pourquoi on a tant de haine d'une famille à une autre depuis cinq générations… tout le monde a oublié le facteur déclenchant, la broutille initiale… ( je dis ça, parce que je pense d'être exempt concret que je connais…).
      Les guerres seront de plus en plus sales dans la mesure où ceux qui les mettent concrètement en oeuvre, ne sont même plus sur le terrain, mais à des milliers de kilomètres avec leur Joystick à la main, maniés comme des phallus, à l'image des jeux vidéo… en guidant des drones… qui massacrent les populations civiles.
      Comme disais je ne sais plus qui, demain il vaudra mieux être un militaire qu'un civil. Avec les armes dites moderne on aura beaucoup moins de chance de se faire tuer quand on est militaire. puisque le militaire de demain sera pénard dans son bunker de l'autre côté de la planète.

      Mais la vraie solution, c'est la pacification du cœur de l'homme, c'est un travail individuel en premier. Et celui-là, il est ouvert à chaque être humain qui le désire, puisque c'est un travail sur soi qui n'a besoin de personne d'autre que soi-même pour s'accomplir.
      Commençons par ça.
      Si on estime que c'est dérisoire, et, pire encore, inutile, alors comme dit plus haut je propose… le gaz…

      ( quant aux 70 vierges… pourquoi des vierges… la femme « expérimentée » est bien meilleure que la petite jeune effarouchée… sauf bien sûr si on a une nette préférence pour le viol… )

      Bon OK ----- > je sors --------------------->

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  5. Charlotte31/5/16

    Mais oui, commençons d'abord à faire le ménage dans notre propre maison dans notre propre famille , avec notre entourage avec notre voisinage.Si nous pouvions nous aimer, un peu plus, un peu mieux, les uns les autres cela irait mieux. Ce n'est pas une leçon de morale, c'est un petit conseil qui peut rapporter gros.Par exemple faire un compliment à quelqu'un, génère autant de joie à la personne qui reçoit ce compliment qu'à la personne qui le dit.C'est du donnant donnant

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    1. Et aussi, côtoyer des gens différents de nous : autres cultures, autres conceptions, autres milieux sociaux, etc. et pas seulement en vacances ou voyages organisés à l'étranger !
      Les circonstances de la vie font que j'ai eu cette « chance ». Et ceci depuis mon enfance… tiens ! Je devrais raconter ça un jour…
      la pacification intérieure est en notre pouvoir. C'est loin d'être évident toutefois (en tout cas pour moi…), mais je suis certain que c'est payant sur le long terme, et je parle ici quasiment générations…
      donc tu as raison : commençons d'abord ainsi…

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