jeudi 3 novembre 2016

Aujourd'hui, ma vie est un roman.

Comme je vous le disais il y a peu j'avais reçu la visite subreptice n'a nommé Charles, pénétrant dans mon cerveau, pour me raconter qu'il n'avait pas vraiment de maison de son enfance, et que cela avait marqué son existence jusqu'à présent. Allez lire là-bas si vous voulez savoir tout ce qu'il avait commencé à me raconter.
Le problème avec les personnages, c'est que ça va ça vient, et mon fameux Charles, je me demande s'il n'est pas en train de s'enliser dans sa propre vie.

Il faut dire que je suis allé visiter une « fabrique un personnage » il y a peu de temps. Un atelier en réalité. Que certains appellent « d'écriture ». Là, on m'a montré une batterie d'outils genre crayons, stylos, feutres, et autres choses du genre, destinée à sculpter l'ébauche d'un personnage qui pourrait être le principal de la construction romanesque à envisager..


Armé de cela, chacun est parti en voyage dans son imaginaire à la recherche dudit personnage. Pas si facile que cela à fabriquer, il faut bien le reconnaître. Il faut passer chez le visagiste, le coiffeur, le tailleur, la manucure si c'est une Madame, et, dans ce cas là, au moins trois fois chez le coiffeur, cinq fois dans une boutique de vêtements, et au mois douze fois dans une boutique de chaussures. Ensuite, on l'emmène chez le psy, histoire de voir à quoi ressemble son psychisme, s'il a des déviances, des manies, s'il est borderline ou rangé des voitures, s'il ressemble à Monsieur ou Madame tout le monde ou s'il a une tête à claque, ou à faire tomber n'importe qui de l'autre sexe qui passe à sa portée. Et croyez-moi, chez le psy c'est assez compliqué. Ensuite il a fallu contrôler ses études, vérifier son CV, savoir où il travaillait, dans quel environnement, avec qui. S'il était marié, veuf, célibataire, coureur de jupon, homosexuel, bi ou tri sexuel, ce qu'il préférait chez l'autre sexe ou chez le même, s'il avait fait des gosses ou pas, si on entendait le faire mourir rapidement, ou faire des vieux os, si c'était un sage, un érudit, ou un type qui sait à peine compter sur ses 10 doigts et signe ses courriers avec une croix.
Par ailleurs, il faut passer voir la police. Et ça, ça demande quand même des relations. Est-ce qu'il a un casier judiciaire ? Est-ce qu'il a fait de la tôle ? Bref ! La galère…

Moi, vous me connaissez, toujours sage et obéissant, j'ai commencé à construire le truc après m'être demandé s'il valait mieux choisir un monsieur ou une madame. Finalement j'ai opté pour le masculin. Je me suis dit que c'était plus facile à mettre en scène s'il avait un service trois pièces plutôt qu'une fente au bon endroit. Bon ! Parait que faut pas faire trop dans le trivial dans ce genre de mise en scène… donc considérer la phrase précédente comme retirée.
Dont acte.

Puis, évidemment donnons-lui un environnement.
Le mien vivait à la campagne. Il m'a raconté qu'il était le fils d'un pauvre paysan. En réalité, après ma petite enquête, j'ai découvert qu'il n'en était rien. Son père exploitatait je ne sais plus combien d'hectares du côté de la Champagne. Il m’avait caché ça le bougre.
Je lui ai passé la savonnette où il fallait, disant : il ne faut jamais mentir à son auteur !
Re–dont acte, qu’il m’a dit.
Du coup je me méfie du personnage. Et ça c'est gênant.
Parce qu'il va falloir faire bon ménage avec ce dernier. Je dirais même qu'il me faudra de la sympathie pour lui, sinon, comment voulez-vous que je le pénètre. Enfin… c'est une manière de dire… n'allez pas imaginer je ne sais quoi. J'ai dit que je ne ferai pas dans le trivial !

D'après ce qu'il m'a dit, mais je n'ai pas encore vérifié auprès de l'État civil : il s'appellerait Aurélien Martin. Un type assez ordinaire probablement. Quoi que, si on pense à feu Jacques Martin, l'animateur bien connu, qu'on plongea tout de suite dans l'oubli après sa mort, il ne serait pas si couleur de murailles que ça.
En revanche, Aurélien, ça vous a quand même un petit côté empereur romain pas désagréable.
Faudra voir !
Il m'a aussi indiqué qu'il avait fait des études supérieures : supérieures à quoi ?

Je suis en train de me demander si je ne vais pas avoir aussi des difficultés avec cet Aurélien, comme j’en ai eu avec Charles.
Je me demande dans quel bazar cette bande de personnage va m’embarquer.
Et je ne vous ai pas encore parlé de Gonzague, Gaétan, Malik, Julie et Amandine.
Ça promet !

Il y a du monde qui est débarqué chez moi.

12 commentaires:

  1. Charlotte3/11/16

    Allez au travail Alain. Tu as du pain sur la planche. Faudra le couper en très fines tranches.Je te fais entièrement confiance !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah ! Charlotte, merci de faire fonctionner la planche à encouragements. J'en ai bien besoin, tant la tâche me paraît immense…
      ;-)

      Supprimer
  2. Tu es peut-être en train d'inventer un nouveau style de roman, dans lequel l'auteur passerait son temps à inventer des personnages... En tous cas, ton texte m'a fait sourire tout du long, et ça c'est déjà accrocheur pour le lecteur !
    Son père exploitatait dis-tu...Serait-ce que non content d'exploiter ses ouvrières, il se permettait de les tâter ?
    Rhôô !
    J'attends les autres avec impatience. Surtout Gonzague. Je ne sais pas pourquoi, j'adore ce prénom...en salade avec des petits oignons.
    ¸¸.•*¨*• ☆

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vrai que c'est un peu ce que j'ai fait dans ma première "nouvelle".
      Quoiqu'il en soit, t'avoir fait sourire est un petit bonheur pour moi.

      hiiiiii ! " exploitatait".... maintenant que tu as épinglé ce mot, je ne peux pas le corriger. Je l'ai mis en italique !
      Du coup tu me donnes une idée quant au comportement de ce cher papa !…
      D'ailleurs… dans la deuxième nouvelle… il y a un peu de cela à un certain moment…
      (tu vois comment je fais ma pub…)

      Supprimer
  3. Ha ha Célestine a tout de suite démasqué l'exploit-tâteur de service. Ce Charles promet un destin fabuleux à défaut d'avoir une enfance sans failles... :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. « Le fabuleux destin de Charles Martin » !
      cela ferait le pendant au destin d'une certaine Amélie…

      Supprimer
  4. Oh AlainX.. rien que de lire tes introspections face à la création de ton personnage je me délecte avec un grand sourire...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ta délectation fait mes délices…

      Supprimer
  5. J'ai adoré lire et sourire. J'espère que Charles ne te pénètrera pas au point de prendre ta plume et de diriger la suite.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est cela qui est le plus à craindre, probablement…
      les personnages ont l'art de donner du fil à retordre à l'auteur…
      au fond, il faudrait s'en passer… !

      Supprimer
  6. Voilà ce que c'est l'imagination !

    RépondreSupprimer
  7. J'attends avec impatience les aventures d'Aurélien ! :-)
    Sinon, maintenant que mes petits-fils (bretons et lyonnais) ont regagné leurs maisons respectives et que le calme est revenu à la maison, j'ai enfin pu commencer ton dernier livre. Je n'ai lu encore que quelques pages, mais je peux déjà dire que je vais aimer ! :-)

    RépondreSupprimer

Si vous avez des difficultés à poster un commentaire ou si celui-ci n'apparaît pas, vous pouvez me l'adresser par mail (voir adresse dans la marge à droite tout en bas).
Merci.
Je le publierai en votre nom.