samedi 5 novembre 2016

Clitoris, mon amour…

Madame la Sous-directrice des Établissements Scolaires de la Ville de Paris, n'aime pas le petit bouton de la porte d'entrée des plaisirs féminins, vulgairement appelé « clitoris ».

(Source : France Inter, libération, actualité du livre, etc.)

Elle vient de faire connaître à tous les établissements sous sa responsabilité, que l'abominable livre sulfureux dénommé : « Dictionnaire fou du corps »  de Katy Couprie aux éditions Thierry Magnier, devait immédiatement être  censuré et soustrait à la vue des enfants, qui sont la pureté même, et ne peuvent bien évidemment avoir connaissance de toutes ces turpitudes sexuelles que rend possible ce petit bouton de la porte d'entrée.

Observons toutefois que ce Dictionnaire (sorti en 2012)  a été largement salué par la presse, récompensé par la pépite du livre OVNI du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, et par le prix international Bologna Ragazzi Awards à la foire de Bologne. L’auteur a également reçu une bourse du CNL pour la création de ce livre. 

Madame la Sous-directrice des Établissements Scolaires de la Ville de Paris a réfléchi durant quatre longues, longues, années, de 2012 à 2016, avant de prendre position sur le sujet … position sur le sujet… je ne sais si l’expression est la mieux choisie en l'occurrence… peut-être devait-elle expérimenter longuement la chose au préalable.

Est-ce que vous vous rendez compte de l’horreur absolue de tout ça ? Je veux dire de tous ces prix absolument illégitimement obtenus. On suppose que l'auteur et son éditeur ont dû magouiller en coulisse pendant des semaines et des semaines pour faire accepter ce bouquin qui parle de clitoris !
Mais quelle horreur, mon Dieu quelle horreur !
Et s’il ne s’agissait que du clitoris… mais on y trouve aussi vulve, pénis, vagin, spasme, sperme, et autres mots d’une vulgarité absolue.

L’éditeur a tellement été surpris qu'il a cru qu'il s'agissait d'un gag, d'une farce, d'un truc comique, d’un mail envoyé par un de ses potes pour faire rigoler toutes la maison d'édition. Mais non ! L'éditeur a vérifié auprès de la mairie. Ce mail est une réalité, il a effectivement été envoyé partout.
Il semblerait que Madame la Maire de Paris n’ait pas réagi. Sauf à s’emmêler les pinceaux en disant qu'il ne s'agissait pas d'une censure, mais d’un simple vague conseil.

On peut donc se rassurer sur l’absence de risques de constats des plaisirs de la chair dans les couloirs et/ou bureaux, de la Mairie de Paris, sans oser nommer les toilettes. Vous me direz que ce n'est que normal, le lieu de travail n’étant pas l’endroit idoine pour la chose, je veux bien vous le concéder, car seul le lit conjugal permet d'ouvrir la porte.
On suppose donc que dans les bureaux et couloirs de la mairie de Paris,  tout est calme, normal, sans petits cris sulfureux, et sans rien qui puisse laisser entendre que ce petit bouton de porte aurait pu servir à l'occasion à ouvrir des  endroits secrets.

Nous savons désormais que les petits enfants parisiens sont à l'abri de toutes ces choses horribles et sulfureuses concernant le corps, la chair, et j'en passe. Certes, on ne fait pas grand-chose pour les protéger des attentats terroristes… mais cela ne peut pas être une priorité au regard des bonnes mœurs à protéger en toutes circonstances.

Mais je vous laisse avec François Morel qui a parlé de tout cela bien mieux que moi :


45 commentaires:

  1. Bonjour,
    On n'en finira jamais des obscurantistes, de ces étroit du c*l (oups, je l'ai dit ?) et de l'esprit... Voire ces "c*ls de bénitier"...
    Ce sont les même personnes, d'ailleurs, qui refilent l'internet aux gosses de six ans le soir au coucher...
    Mort de rire...

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  2. La chronique de Morel est un régal de second degré. Ton billet m'a fait beaucoup rire aussi.
    En même temps, je n'arrive pas à ne pas trouver désespérante et très inquiétante cette montée en puissance de l'obscurantisme comme dit Gilles. Le clitoris est tellement un symbole du drame originel des femmes. Tellement l'objet de tous les abus, de toutes les peurs ancestrales, de tous les asservissements. Comment sourire de cela ?
    Je vous laisse apprécier la vision d'une femme à travers cet extrait
    d'un film que la sous-directrice des Etablissements Scolaires de la Ville de Paris, cette mal baisée, vouerait évidemment aux gémonies.
    Le monde ira mieux quand guerre, Kalashnikov, attentat, esclavage, oppression j'en passe on pourrait en faire aussi un dictionnaire seront devenus des gros mots honteux. C'est dire que ce n'est pas demain la veille.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Ta vidéo m'a donné des idées poétiques ! ça part voyager dans l'univers, les étoiles, rien avoir avec les simagrées et tout le toutim.

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    2. Comme j'aime bien remonter aux sources avant de contribuer à la propagation de rumeurs les plus diverses, je suis allé à la pêche aux infos. Je n'ai pas trouvé mention du terme "clitoris" dans l'affaire en question, hormis dans le billet de François Morel.

      Ce qui n'enlève rien au plaisir de visionner l'extrait… tout en n'omettant pas de considérer qu'il s'agit de la perception d'une seule femme (ou du moins de celle dont l'actrice joue le rôle).

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    3. La perception d'une seule femme ?
      Tu es sérieux, Pierre ?
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    4. Je veux dire que la perception d'une seule femme ne peut représenter toute la diversité des perceptions :)

      Beaucoup peuvent penser comme elle, mais beaucoup peuvent penser autrement. Et il semble qu'il y en a qui pensent autrement...

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    5. Je suis d'accord avec toi Célestine, c'est de plus en plus difficile de ne pas désespérer. Et cette femme qui censure, qui décide pour toutes les autres à venir d'une certaine manière et au nom de quoi?, je ne peux même pas la blâmer tant je me dis qu'elle aussi, n'est que le produit de cette société entièrement dédiée à l'homme. "Mal baisée" probablement et dans tous les sens du terme. Après, c'est à nous toutes et tous d'être vigilants et de dire à ce genre de personne que son attitude n'est pas "normale".

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    6. Ah ! Je suis content de lire ton opinion, Désirée. comme homme, je trouvais le témoignage, ou plutôt le jeu d'actrice, de cette femme comme une opinion éminemment pénible. Faisant, s'en rendre compte, le jeu de l'infériorité féminine et du machisme triomphant. Par un raisonnement totalement à rebours, comportant sa part de perversion, et qui finalement ne peut engager qu'elle. Fort heureusement.
      Considérer cette femme comme un « modèle féminin d'exploitation sexuelle » est assez lamentable !
      Heureusement que je connais bien des femmes totalement différentes et épanouies dans leur vie de femme, et leur vie sexuelle… En solo, à deux, ou à plusieurs… ça change quand même de nos grand-mères !

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    7. Je pense que Désirée parlait de la sous-directrice des affaires scolaires, et non de l'actrice du film « Ceci est mon corps » que j'ai trouvé remarquable.
      Mais je m'engage peut-être pour Désirée...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  3. Il faut dire que l'ambiance est dans la régénération de tous les interdits que prônent les religions et à plus forte raison quand c'est leurs extrémismes qui sentent leur pousser des ailes.

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  4. Ton billet sarcastique m'aura permis, outre, le plaisir de le lire, d'écouter l'excellente chronique de François Morel et de découvrir le non moins sulfureux extrait proposé par Célestine :)
    Belle série de ricochets !

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  5. J'ai eu la curiosté de chercher quel était l'autre livre censuré.
    "Beta. Civilisations". Jens Arder. Une BD sur l'évolution de l'humanité.
    J'ai lu la présentation par l'auteur
    http://www.actuabd.com/Jens-Harder-Beta-Civilisations
    Et une autre analyse extérieure
    http://cafardsathome.canalblog.com/archives/2015/04/12/31879060.html
    Et vraiment, je me demande ce qu'il y a de subversif là dedans...
    Ca me paraît beaucoup plus intrigant que l'histoire du clitoris qui comme le souligne Célestine fait l'objet de peurs et de fantasmes depuis si longtemps...
    Je crois que je vais le commander pour Noël, histoire de comprendre...

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    1. J'ai cherché à en savoir plus et, apparemment, ce sont des images qui auraient posé problème, sans que les autorités compétentes n'aient spécifié lesquelles (nulle mention de clitoris, semble t-il).
      Le mail incriminé aurait été émis suite à des remarques d'animateurs lecture. On peut se demander combien de remarques il aura fallu, provenant de quelle éventuelle obédience, et avec quelle légitimité, pour déclencher cette réaction...

      https://www.actualitte.com/article/monde-edition/victime-de-censure-thierry-magnier-attend-d-anne-hidalgo-une-position-claire/67456

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    2. Ah effectivement on peut aller loin avec une explication telle que celle ci : "Les vignettes évoquées ne sont pas choquantes dans l’absolu, mais renvoient à des éléments qui sont potentiellement choquants. Et cette appréciation découle de ce que l’on est, soi, comme individu.". N'importe quoi...
      Mais merci pour le lien, même s'il n'éclaire rien du tout. :)

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    3. Je me suis toujours demandé pourquoi le clitoris était l'objet de peurs et de fantasmes… enfin, de fantasmes… je veux bien… mais de peurs ? Que peut bien craindre l'homme de cela ? ( Homme au sens masculin et féminin). Quoiqu'il en soit pour l'être masculin que je suis, être un témoin de l'intense jouissance qui peut résulter du bon usage de la chose… ( je préfère dire témoin plutôt que co-participant de la réussite !…) Cela me semble compter parmi les instants les plus merveilleux de l'existence…

      Quant au clitoris en lui-même ( et puisque qu'il est dit qu'il n'en serait pas question explicitement) la définition que donne le livre incriminé est d'une rare poésie merveilleuse pour une définition de dictionnaire…
      je laisse chacun juge :
      Clitoris : n.m. Point culminant du sexe féminin à l'extérieur, érectile de surcroît. Petit organe précieux au pied de la colline, dominant la vulve et les petites lèvres. Plus discret et plus petit que le gland de l'homme, il fait pourtant le maximum. La femme en a tout d'abord la jouissance. « À bas le ciel, vive le clitoris ! »
      voir : femme, lèvres, nymphes, sexe, vulve.

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    4. Sans vouloir remettre en question ta perception, je me dis que ce doit être familio-culturel... parce que je ne me souviens pas avoir eu peur du clitoris (dont je n'ai découvert l'existence qu'assez tardivement, je dois le reconnaître). Au contraire, j'ai tout de suite trouvé fort intéressant ce petit bouton en constatant l'effet des diverses formes de pression, glissement et contact qu'on pouvait lui appliquer. Il fait partie de la grande richesse de la sexualité féminine…

      La définition du "Dictionnaire fou" est tout à fait délicieuse :)

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    5. Le plaisir féminin a toujours été considéré comme un truc de sorcières ou du diable. Peut-être parce qu'une femme peut jouir autant de fois qu'elle veut alors que l'o-homme est un peu limité physiologiquement.
      Une des preuves de cette peur obscurantiste, c'est la pratique de l'excision...Il ne faudrait quand même pas qu'une femme puisse se faire plaisir toute seule !
      Oui la définition du mot est délicieuse.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    6. Tu vas dire que je chipote, Célestine, mais le "toujours" me semble un tantinet excessif. Si le plaisir féminin est encore considéré tel que tu le décris par une fraction indéfinie des humains, reconnaissons que pour une autre faction indéfinie (sans doute très inférieure, je te l'accorde), nous n'en sommes heureusement plus là ;)

      Tu sais que j'aime la précision des mots et la justesse des idées, alors je me permets cette incise.

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    7. "Le plaisir féminin a toujours été considéré comme un truc de sorcières ou du diable"
      Je dirais plutôt qu'il a été considéré comme tel par la chrétienté au temps de son époque triomphante.
      on sait bien qu'une femme honnête n'a pas de plaisir !
      Mais aujourd'hui, bon nombre de prêtres partagent les plaisirs de la chair avec ces dames.
      Les temps changent…
      (Enfin… ceux qui peuvent encore… Il est vrai que cela se fait plus rare vu l'âge moyen du clergé... quoique !…)

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    8. Par la chrétienté...et un certain nombre d'autres religions, je pense, de par le monde...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    9. Pour les trois monothéismes c'est évident. La femme juive n'a rien à envier à la musulmane. Un bon juif loue Dieu d'avoir eu un garçon, et se demande quel péché abominable il a pu commettre pour avoir eu une fille… au final, c'est peut-être encore la femme chrétienne qui s'en tire le mieux… c'est dire s'il y a du boulot !
      Pour les autres religions, je ne connais pas suffisamment pour me prononcer. Mais tu as certainement largement raison…

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  6. Charlottex5/11/16

    Mais quelle connerie. Toi par contre tu m'as fait bien rigolé.Je suis pour l'éducation sexuelle à l'école mais pas avec n'importe qui. Quand je pense qu'en sortant d'humanité cad à 18 ans je ne connaissais quasi aucun de tous ces "mots" vu que j'étais dans une école catholique et que ma mère ne m'a quasi rien expliqué il y a un vrai progrès maintenant mais ce n'est pas fini.

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    1. Difficile probablement pour une mère d'expliquer ce qu'elle ne connaît pas elle-même…

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  7. Que je l'aime ce François là, je me régale toujours de ses mots, de ses colères et ici de sa dénonciation.
    L'affaire est triste (que l'on remonte ou pas à la source), désespérante aussi.
    C'est méconnaitre la manière dont les plus jeunes font aujourd'hui leur éducation sexuelle.
    C'est méconnaitre et mépriser d'une certaine manière la jeunesse et la femme. L'éducation accompagnée à l'aide de livres est bien plus porteuse qu'en regardant you porn....

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    1. En effet…
      À propos de la pornographie chez les jeunes têtes blondes ou brunes… voici un fait qui m'a été rapporté par une femme que je connais, et qui intervient dans les classes au titre de cette fameuse « éducation sexuelle ».
      Un jeune est venu lui poser une question en aparté :
      — est-ce vrai, Madame, que les femmes préfèrent qu'on leur fasse par l'anus ? J'ai vu ça dans les films.
      Cette personne que je connais m'a précisé, après discussion avec ce jeune, qui ne s'était nullement agi d'une provocation à son égard…
      je laisse à chacun le soin d'apprécier cette anecdote.

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    2. J'ajoute à propos du témoignage de cette femme, quelle précise dans ses interventions :
      — je rappelle que la fellation n'est ni un préliminaire, ni une pratique obligatoire…

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  8. Il y a toutes sortes de sensibilités bien différentes d'une culture à une autre, d'une éducation à une autre, et je ne me permettrais pas de cataloguer comme certains le font, du style : ceux qui ont la mienne, donc la bonne (!) et les autres donc des cons puisqu'ils ne pensent pas comme moi.
    Personnellement j'ai eu une éducation religieuse, je suis chrétienne (donc peut-être crétine et autres jolis surnoms) pourtant je connaissais parfaitement tous les secrets de mon corps bien avant Charlottex.
    Je reste persuadée que la religion, et non l'obscurantisme, n'est pas le problème du non intérêt des filles pour leurs corps.
    L'éducation des filles dans la famille, l'importance donnée aux filles dans la société, l'intérêt porté par les hommes envers les femmes pas seulement basé sur leurs propres désirs masculins, et surtout la curiosité des filles pour leur propre corps, sont bien plus responsables de cette méconnaissance du sexe féminin.
    Combien de femmes attendent bien sagement de connaître l'orgasme grâce à monsieur, qui lui bien souvent n'a qu'une vague idée de comment y parvenir ! Combien de femmes ont eu la curiosité d'explorer leurs corps avant de laisser un autre le faire. Comment alors guider l'homme, lui parler de ce qui nous fait décoller, nous perdre avant même d'atteindre l'orgasme ?
    Les femmes sont bien plus au courant de ce qu'elles peuvent faire pour que l'homme atteigne son plaisir, plutôt que le leur !
    Alors si des livres existent pour qu'elles puissent mieux jouir grâce à leur clitoris, je dis tant mieux et interdiction d'interdire ! Et par la même occasion cela servira également aux hommes !
    Mais j'ai moi même beaucoup appris par la lecture qui existait déjà, pourtant peu de femmes de ma génération et la suivante ont eu la curiosité de lire ces ouvrages.
    Alors est-ce que cela suffira pour que les femmes portent plus d'attention à leur bouton de rose qui peut leur ouvrir le merveilleux jardin de l'orgasme… je n'en suis pas si sûre. Mais il faut toujours essayer !
    Combien de femmes savent qu'elles peuvent atteindre l'orgasme sans rapport sexuel, ni aucune manipulation extérieur de leur clitoris ?

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    1. Quid de la poule ou l'oeuf Angedra? Je suis aussi chrétienne et, je l'espère, pas trop crétine.

      Vous prenez le problème par le mauvais bout si je puis dire. Les filles ne sont que le produit d'une éducation séculaire et patriarcale! ON leur a appris que se toucher c'est mal (seul l'homme a le droit de porter la main sur ce fameux clitoris) , qu'avoir du plaisir (et surtout seules sans la divine bite) c'est mal, alors pensez, prendre un miroir pour s'étudier le con... Et si en fin de compte beaucoup de femmes ou jeunes filles n'ont que du désintérêt pour leur corps ce n'est certes pas sur elles qu'il faut jeter la pierre. Manquerait plus que ça. Car malgré nos luttes et soubresauts, nous sommes toujours le produit d'une société entièrement tournée vers le bien-être des hommes, et les cinquante dernières années de relative libération de la Femme sont un roc sans cesse grignoté par des hommes qui ne se remettent pas d'avoir perdu presque tous leurs pouvoirs sur les femmes (mouvement "masculiniste" à gerber).

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    2. Loin de moi l'idée de jeter la pierre sur les femmes. Mon propos justement dénonçait tout ce qui fait notre société qui est menée par les hommes. Malheureusement lorsqu'une femme réussit à "parler" même les femmes suivent les hommes pour crier avec eux !
      C'est bien pour cela que je précise que "Les femmes sont bien plus au courant de ce qu'elles peuvent faire pour que l'homme atteigne son plaisir, plutôt que le leur !" Elles pensent sans doute que c'est ainsi qu'elle garderont un homme, et tant pis pour elles !!
      Je parlais bien d'éducation concernant ce manque d'intérêt pour son corps. Mais sans jeter la pierre aux femmes, ne faut-il pas se poser tout de même la question sur l'indifférence des femmes à se sortir de ce carcan ? Pourquoi se sont-elles libérées pour leurs relations sexuelles, choisissant le sexe/amitié, le sexe en dehors du mariage, le sexe d'un soir, etc, et pas pour oser parler de leur plaisir ?
      Dans mon intimité, je n'ai jamais rencontré des hommes qui voulaient asseoir leurs pouvoirs sur les femmes. Bien au contraire, ils ont su inspirer et favoriser mes découvertes. Des hommes amoureux de la femme et amoureux de partager. Mais je n'aurais pas accepté qu'il en soit différemment. Alors qui accepte ou non que les hommes soient ainsi ?
      Je ne suis donc absolument pas non plus à dire que tous les hommes sont de ce mouvement "masculiniste" . Il y a des femmes responsables de leur ignorance, tout comme des hommes qui continuent à vouloir tenir la femme sous leur coupe.
      Comme j'aime penser que la femme est un être douée de raison, d'intelligence, d'initiative… et non un être qui attend que l'homme lui donne l'autorisation d'être ce qu'elle veut être,(je continue à voir autour de moi ces femmes dépendantes entièrement des hommes simplement par peur de s'assumer seule), je dis que la femme peut penser par elle-même et décider de sa vie comme de son plaisir.

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    3. Entièrement d'accord avec vous les filles.
      N'oublions pas que rien n'est jamais acquis à l'homme (et donc à la femme)...
      Et restons vigilants.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    4. Angedra, pourquoi elles ne parlent ni ne cherchent leur plaisir? Parce que dans leur tête est profondément ancré qu'aimer le sexe, avoir une sexualité épanouie, c'est mal. Les choses avancent très lentement et je crains plus que tout qu'elles n'aillent plus désormais dans le bon sens quand je vois l'ampleur du phénomène "slut shamming" sur les réseaux sociaux. Comment une jeune fille est cataloguée "pute" si elle fait des expériences. Je pense sincèrement que la pierre n'est pas à jeter aux femmes qui ne sont que le produit d'une éducation pesante, rampante et que c'est quand même bien difficile psychiquement de se libérer du carcan des interdits et là, je peux en témoigner en toute connaissance de cause ayant eu pour mère une femme pour laquelle il n'y avait qu'un rôle possible pour ses filles: celui de "maman".

      Angedra ton commentaire me destabilise, d'un côté tu sembles défendre les femmes et de l'autre tu écris "tant pis pour elles". Moi ce que je dis c'est qu'un être humain c'est fragile et qu'il y a toujours des explications derrière une attitude peut-être incompréhensible de femme cherchant (encore) la sécurité auprès d'un homme. Pour ce qui est des hommes je n'ai pas d'a-priori mais je suis aussi parfaitement lucide en ce qui les concerne et souvent d'ailleurs me reviens en mémoire la phrase de Duras: "« Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n’est pas possible, on ne peut pas les supporter. »"

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  9. Est-ce tant le clito, que le symbole de libération et d'émancipation qu'il peut représenter, qui pourrait faire peur ?
    Le clito peut faire peur à cause du pouvoir qu'assumer son corps induit : être maître de son corps, de son plaisir, de la liberté et surtout de l'affranchissement que cela procure, c'est acquérir une position égale à la masculinité.

    Les religions (ou leur part obscure, c'est-à-dire une grosse partie de leur fondement) ont su maintenir la femme en état d'infériorité par de bien séduisantes culpabilités depuis des siècles : l'impureté des règles qui la reléguait à une sorte d'éternelle impure qui souillait la pureté de dieu (donc des hommes kof kof), son rôle limité de génitrice bien cadenassée à la maison, le péché du plaisir qui ne la concerne pas, la soumission à céder son corps à dieu (donc aux hommes qui en régissent les lois, kof kof bis), et bien d'autres joyeusetés pour mériter un paradis dont je ne doute AB-SO-LU-MENT pas de l'existence (pourvu que les femmes continuent de récurer les chiottes pour l'éternité).

    Mais aussi la femme-objet contemporaine du monde de la mode (l'image glamour façonnée pour le plaisir du regard masculin -pas trop enveloppée hein, ça pourrait dégoûter les hommes), la femme-objet du monde pornographique pour les fantasmes masculins, contribuant à s'approprier, encore et toujours, l'image et le corps.

    En dommages collatéraux, il en serait presque "normal", que :
    La femme soit "sous-qualifiée" dans le monde de l'entreprise, à compétences égales avec un collègue masculin.

    La femme soit en sous-nombre dans un gouvernement masculin... (bon, en même temps, une Boutin ou une Morano, on s'en passe très bien aussi, on ne fait plus trop la différence avec la bêtise brute masculine).

    Une partie des femmes ne serait-elle pas encore sous le joug de ce si lourd héritage du rapt de leur corps, et toujours dans la difficulté à s'autoriser à s'en approprier la propriété (et là, je rejoins la carence éducative, ou plutôt la transmission d'une éducation tronquée, soulevée par Angedra) : récupérer son corps des mains de dieu, des mains de l'homme. C'est le leur. Dans une société masculine, qui entretient ses codes, ce n'est pas facile. La pilule a été un début de libération, donnant la possibilité de choisir, la possibilité d'être maître de son corps (et de sortir de l'ornière des gosses à torcher, si je puis me permettre l'image).
    On voit bien que les tarés extrémistes religieux, s'attaquent à la liberté du corps féminin pour asseoir leur pouvoir (anti-avortement, anti-contraception, et de manière plus large : anti-euthanasie, anti-homos...).

    Je suis très proche de la vision de Célestine, de par les femmes que j'ai rencontrées. Et j'apprécie beaucoup la vidéo :)

    Le clito ne fera pas peur aux hommes qui partagent le pouvoir, je suppose. Qui voient la femme comme une égale, et ne la relèguent pas à une fonction ou un objet de plaisir (même, et surtout, inconsciemment).


    Sinon AlainX, lorsque j'ai lu ton article, la première question qui m'est venue en tête, était de savoir s'il y avait une origine religieuse, aussi lointaine soit-elle, à cette censure. Si c'est le cas, je dirais que c'est dans l'ère du temps (cool. Qui a encore éteint les Lumières ?). Dans le cas contraire, on peut se poser la question de savoir si un pays laïque n'est pas un tantinet gangrenné lorsqu'il singe ce qui ressemble à des tabous religieux alors que l'éducation est un des piliers d'une société qui lui donne des chances de ne pas être trop arriérée. Avec le contenu pornographique si (complaisamment ?) simple d'accès sur internet, qui fausse complètement le regard masculin sur la sexualité (autant féminine que masculine), on a vraiment besoin de mettre du sens à tout cela pour désamorcer les images brutes qui participent à desservir, encore une fois, les femmes.

    Désolé pour le commentaire long.

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    1. La plupart des religions ont un mépris évident pour le corps de la femme, et pire encore pour son sexe et sa sexualité. Pour faire pendant à cela, il y a une vénération de celle qui donne naissance à un fils de Dieu sans rapport sexuel, "vierge", puis devenue la « femme sans corps », élevée au ciel dans un « corps glorieux », C'est-à-dire une âme sans corps.
      Quant à la femme commune, elle est toute à la fois une sainte et une putain. Tout le « travail » consiste à séparer le bien du mal. À fabriquer une sainte (sans corps), et à expurger la Putain du corps, par une saine éducation qui abolit "ce sac de tripes" qu'est le ventre et le sexe de la femme. ( L'expression sac de tripes, figure noire sur blanc dans des textes chrétiens démontrant l'abomination du corps de la femme).
      Certes, tout cela évolué dans la chrétienté contemporaine. il ne faudrait pas non plus le nier. Mais le mal installé est difficile et long à extirper.
      Si le sujet t'intéresse je conseille deux bouquins :
      "Les quatre femmes de Dieu : la putain, la sorcière, la sainte et Bécassine" (de Guy Bechtel, que j'ai déjà évoqué sur ce blog)
      "Oser la bienveillance" de Lytta Basset, théologienne philosophe, qui se livre à une analyse cinglante des ravages de la vision négative qu'à la religion depuis l'histoire du « péché originel », auquel plus personne ne croit aujourd'hui, mais qui continue à influencer toute la culture de nos pays, dans des domaines où l'on croirait pourtant l'avoir passé par-dessus bord… c'est lumineux . Plein exemple très concrets dans le monde d'aujourd'hui, politique, économique, sociale, culturel, et plein de pertinence dans l'analyse. On voit comment 20 siècles d'obscurantisme mettront encore plusieurs décénies à se dissoudre… et encore… Il n'est pas certain que l'on échappe un jour au retour d'une religion d'État en France…

      À quand une encyclique du pape sur : du bon usage du clitoris chez la femme et le couple chrétiens !

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    2. Merci pour les références, je les note sur un fichier.

      Il faut avouer, qu'on entend un peu trop les coups de béliers de religieux sur les portes de la laïcité en ce moment. Un Etat religieux, miam, le rêve.

      Surtout pas le Pape ! Enlevons le clitoris de ses mains inexpertes (d'après la fonction qu'il affiche)! Qu'on lui laisse son dieu et ses anges, aux autres les plaisirs charnels avant de griller joyeusement en enfer !

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    3. Pour le pape tu as sûrement raison… il y a déjà un certain nombre d'années, un homme politique, je crois que c'était Michel Charasse, (sans garantie du blogueur), disait du pape de l'époque :
      — le pape n'a vraiment rien compris à l'usage du préservatif : la preuve, il le met à l'index !

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    4. Je ne dirai qu'un mot: merci à Personne. Ça fait du bien de lire ça, vraiment.
      Et merci à Alain pour la citation de Charasse, elle est fort drôle.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  10. J'ai vu il y a peu une représentation modelisée en 3D du clitoris: c'est vachement beau. On dirait un cygne qui déploit ses ailes :)

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    1. Oui !… J'ai vu ça…
      je me suis fait la même réflexion que toi : on dirait un bel oiseau déployé !
      C'est quand même mieux que ce terme trivial de "la moule"...

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  11. Ah le clitoris... sujet tabou... ne pas oublier que l'excision a été pratiquée au XIXème siècle, dans des cliniques françaises et américaines, par peur de "l'obsession de la masturbation"...
    Le fameux Professeur Charcot, spécialiste de l’hystérie féminine...
    Dans l'imaginaire collectif, l'hystérie renvoyait surtout à une réaction conséquente au plaisir solitaire féminin. Le raccourci a été vite expédié : une femme libérée et se donnant du plaisir était rapidement étiquetée comme hystérique ou épileptique.
    Youpi, que c'est chouette d'être une femme à travers l'Histoire et aussi la Géographie...

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    1. Mais oui… faut quand même comprendre… il y a longtemps que l'on connaît les conséquences de la masturbation sur l'audition… et ça, plus personne n'en parle !
      et puis le plaisir solitaire… c'est pas avec ça qu'on va repeupler la France !
      Enfin, le plaisir de la femme, il se manifeste parfois d'une manière bruyante et intempestive qui peut troubler le voisinage et l'ordre public, surtout en cas de masturbation après 22 heures !
      Il serait temps quand même de revenir à de saines considérations.
      ;-)

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  12. J'ai lu le billet, les commentaires, j'ai regardé la vidéo (j'ai ri, mais pourtant ce n'est pas vraiment drôle), et je pense tout comme vous, c'est-à-dire qu'il y a encore encore beaucoup à faire pour que la sexualité féminine et le plaisir de la femme puissent s'épanouir librement et ne soient pas considérés comme quelque chose de sale, de vulgaire. Pourquoi est-ce si compliqué, pour les hommes (pas tous, heureusement), d'admettre, d'accepter, que les femmes puissent avoir du plaisir ? Pourquoi est-ce que cela persiste à rester quelque chose de sale, de méprisant ? Vous lire, tous, m'a un peu éclairée, mais pas forcément rassurée...

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    1. Dans la mesure où ce n'est pas dans mes schémas de pensée, j'ai de la difficulté à comprendre moi aussi ces comportements masculins à l'égard du plaisir de la femme. Pour moi, au contraire, le plaisir partagé (ou solitaire) est une grande source de réjouissance personnelle et réciproque.
      Est-ce que les hommes qui partagent cela sont des exceptions ?
      et ce n'est pas non plus rassurant de voir comment nombre de jeunes filles « traitent » leurs copines qui prennent plaisir au plaisir… réel ou supposé...

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  13. Anonyme17/11/16

    Interdiction vaut large publicité, donc auteurs et éditeurs sont largement gagnants - François Morel est aussi talentueux qu'humain et sympathique -
    peut être ne faudrait il pas faire d'amalgame entre liberté individuelle, légitime accès aux connaissances, et prosélytisme. En l'occurrence la décision de la ville de Paris (qui est le sujet du billet )ne vise pas à jeter le plaisir féminin aux enfers, mais à laisser les écoles à leur rôle strict. leur coeur de cible comme on dit ailleurs.
    Et cette interdiction, qui va inciter les gamins à se précipiter sur le livre, (quitte à être déçus parce que moins explicite que le web) n'a vraiment rien à voir avec la protection antiterroriste.
    Joelle

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    1. Je ne sais ce qu'il faut entendre par « les écoles à leur rôle strict », mais probablement qu'il ne faut pas non plus céder aux lobbys d'une certaine parentèle extrémiste qui justement voit le diable partout… la Ville de Paris semble être sensible aux lobbyistes, là comme ailleurs…
      Avez-vous eu ce livre entre les mains ? Il n'y a pas une seule ligne sulfureuse dedans…
      sauf bien sûr, si on est serré à certains endroits…
      En revanche, Internet est accessible librement dans les écoles, le moindre fœtus quelque peu développé sait parfaitement contourner en quelques clics les soi-disant protections installées… mais comme de toute façon, chaque gosse à son téléphone portable qui offre accès à tout… les pauvres parents lobbyistes de la bonne pensée française aseptisée ont du souci à se faire avec leurs combats d'arrière-garde …

      Merci d'avoir laissé ce commentaire intéressant et d'y exprimer votre point de vue.

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