jeudi 10 novembre 2016

Possession et confiance

« en ce temps-là », comme disait alainx à ses disciples…
… j’étais crédule
Un mot m'était promission
Et je prenais les campanules
Pour les fleurs de la passion

Non, ça c’est Aragon.

En ce temps-là, j'étais possessif comme il n'est pas permis de l'être. Une vraie sangsue affective. Le pire, sans doute, était que je n'en avais nulle conscience. Mon avidité dévorait tellement ma capacité à prendre un recul… que je n’en avais donc aucun.

Moi qui rejetais le plus loin possible une mère avide et possessive à l'extrême, qui me serrait contre son corps adipeux et qui sentait mauvais, jusqu'à m'en étouffer ; voilà que je vivais la même avidité envers « Elle » sans même m'en apercevoir. Elle n'avait pas de bourrelets superfétatoires et sentait bon. Non, ce ne fut pas ma première petite copine, ni la deuxième, ni la troisième.
« Elle » c'était Mademoiselle Sanbont, une aide-soignante du Centre. On n’avait pas encore cette terminologie. En ce temps-là, c'était : « une Demoiselle du Centre », chargée de nous aider à la toilette, nous habiller, nous préparer, et accessoirement vider les pots de chambre, éventuellement nous faire manger dans une assiette ordinaire, mais non, pas dans un pot de chambre. Lorsqu’on a 11 ans, et qu'une Demoiselle du Centre, qui en a sans doute environ 25, vous assiste dans un corps redevenu proche de celui d'un nourrisson, vous ne devez pas avoir de difficultés à imaginer l'intense intimité que cela représente.

« Elle, je ne veux qu'elle » comme ne chantait pas encore Ringo, qui avait alors tout juste mon âge à l'époque. C'était chez moi obsessionnel. Je désirais le monopole de Mademoiselle Sanbont, pour habillage, déshabillage et pâturage… Lorsque c’était une autre, ou pire, un autre, je crisais. Je faisais tout pour que l'autre andouille soit obligé(e) de passer deux fois plus de temps que nécessaire. Et quand un handicapé veut faire chier sa race avec ce genre de choses, il a des ruses de Sioux. J'étais pas mal en indien à plumes ! 

Passer sa puberté au Centre de rééducation, c'est un peu comme franchir le mur que Donald va nous construire entre Mexique et les Staites .  Il y a d'un côté, indigence relationnelle entre les jeunes que nous étions et qui rêvaient que leurs bandaisons puissent servir à l’extérieur; et de l’autre côté, au-delà du mur du centre, sont les jeunes filles ordinaires et valides qui ne nous attendent pas à bras ouverts… du moins c'est ce que nous croyions. 
Pour ma part j'ai franchi ce mur en emportant les mêmes désirs de possession dans ma valise, sauf que j'ignorais qu'ils s'y étaient glissés.

Je vous passe les épisodes ou certaines jeunes filles avaient saisi tout l'intérêt de vérifier si un certain handicapé, qui marchait avec les jambes raides, était en capacité de raideur, ailleurs. Je les ai déjà racontés dans le passé.

Ce n’est pas véritablement de « posséder » ces demoiselles, au sens sexuel du mot, qui m'intéressait en premier, après que j'eus vérifié la possibilité qui en était offerte. Ce que je désirais le plus, c'était une exclusivité : « de l'amour, de l'amour, de l'amour, » comme nous serine encore le vieux Johnny. Je veux dire en recevoir, en recevoir, encore et encore. Et comme j'étais toujours relativement con, je pensais que j'en donnais encore et encore.
Il me semble bien que c’est dans ce contexte que mon premier soi-disant grand amour capota lamentablement.

C'est évidemment au cours de l'aide individuelle, que j'ai sérieusement commencée à la suite de cet épisode lamentable, que les prises de conscience naquirent. J'ai évidemment transféré à mort sur la femme que j'avais choisie comme aide. Et, tout aussi évidemment, elle engagea le processus de frustration, qui me fit beaucoup souffrir, et dont je ne cesserai de lui rendre hommage. Aujourd'hui, paix à son âme… c'est ainsi que je suis sorti de mon merdier de la possessivité. La frustration faisant apparaître la souffrance primale qu'il faut expurger dans les cris et dans les larmes.

J'ai alors compris que tout était une question de relation de confiance. Enfin pour moi en tout cas. Je ne veux pas en faire une généralité. Quand on désire posséder, c'est qu'on n'a pas confiance dans la générosité de l'amour de l'autre. Les est-ce que tu m'aimes ? répétés jusqu'à plus soif, et l'affection sans cesse revendiquée en sont les signes. 
S’ajoute évidemment le fait évident qu’on n’a pas non plus confiance dans sa propre aptitude à aimer.
Le désir de plaire, c'est-à-dire d'attirer l'attention, le désir de paraître bien sous tous rapports, et accessoirement pour tout rapport, c'est-à-dire faire croire qu'on est un miel qui attire l'abeille, et toutes ces sortes de forfaitures pour acquérir de l'amour, c'est une erreur magistrale et totale. J'en pris conscience avec toute l'amertume en bouche.

Il est probable qu’ainsi j'ai payé le prix de ma libération intérieure. Certes, elle ne peut jamais être totale, ce serait idiot de le croire. Mais elle a pris une ampleur suffisante au fond de moi, qu'il devient impossible de la déloger. En tout cas, c'est ainsi pour moi jusqu'à ce jour. Et je veux bien admettre que j'ignore de quoi demain sera fait.

Demain ce sera le 11 novembre. Anniversaire du jour où je ne me suis plus relevé valide.  Il y a un certain nombre de décennies en arrière, je fis la connaissance des « Demoiselles du Centre ».
Les prémices d'une libération des emprises néfastes… 

Comme quoi ce n'était pas si bête de choisir un jour d'armistice.

32 commentaires:

  1. C'est malin ! J'avais complètement et lâchement enterré qu'un jour, hospitalisé pour une appendicectomie, j'avais accusé ma gentille infirmière de me préférer le jeune prêtre de la chambre voisine. Elle s'était enfuie de ma chambre en pleurant.
    Bon, la bonne sœur qui régnait sur le quartier hospitalier m'a bien remonté les bretelles quelques minutes après, j'en frémis encore aujourd'hui, quel tempérament ! Et quelle leçon...

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    1. Que veux-tu, l'attirance pour le goupillon est irrésistible.....
      Sans parler de la confesse....

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  2. Charlotte10/11/16

    J'étais douée aussi en "possession" avec l'amour exigée à mon analyste et de lui demander en hurlant et pleurant comme un bébé:"Pourquoi vous ne m'aimez pas?" "je voudrais être votre préférée, votre meilleure analysante" etc. C'est que j'étais gourmande. Il me disait " vous voulez "tout" l'analyste et la psychanalyse".
    Il m'a fallu du temps pour sortir de ce transfert. Enfin maintenant c'est fait... ou presque! De plus il est mort. Il aurait quand même pu me demander la permission... de mourir ! j'aurais dit NON !
    J'applaudis ton texte, ton cheminement, tu es vraiment un grand homme. Fais gaffe, je crois que je fais un transfert sur toi de l'homme idéal!!!

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    1. Mais non, mais non… JE SUIS l'homme idéal !… En vrai !!

      plus sérieusement : le décès de l'analyste en cours de la cure est forcément une étape difficile… comme un inachevé.
      Reste que, entrer dans le transfert est chose aisée… en sortir…… c'est une autre aventure…

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    2. Charlotte12/11/16

      Quand je reçois des confidences de gens que j'aime et qui me racontent les problèmes et les douleurs de leur existence je leur donne mon écoute mais je constate que souvent ils ne veulent pas en sortir.Et si je leur conseille de consulter, je n'entends que de la résistance face à ce genre de démarche.Je suis persuadée que si tout le monde consultait le monde se porterait mieux !
      Quant à moi j'ai du reconsulter pendant 1 an pour me remettre de la mort de mon analyste adoré!!!

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    3. La résistance au changement est un grand frein chez beaucoup de personnes. On s'accommode assez facilement de « ce qui ne va pas ». Au moins… ça permet de se « se plaindre ». Cela donne le sentiment d'être compris et éventuellement aimé… sauf que, assez souvent, les personnes qui sont « toujours en train de se plaindre » finissent par faire le vide autour d'elle… cela a au moins le mérite de leur donner des raisons supplémentaires de se plaindre encore et encore…

      je ne serai pas aussi absolu que toi sur « le monde se porterais mieux ». Il faudrait sans doute plutôt changer le regard, et miser sur le potentiel humain qui cherche à s'exprimer dès la naissance… une évolution positive suppose en particulier une aide à la fonction parentale. Évidemment il ne faut pas compter sur l'éducation nationale en ce sens… tant mieux quelque part… ça peut éviter les absolutismes.

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  3. Magnifique texte, Alain... Ce recul que tu as sur toi, ton parcours, tes erreurs, tes libérations... J'admire ton analyse.
    Oui, la possession n'est pas l'amour. C'est un signe de manque d'estime de soi, qu'on fait rejaillir sur l'autre, en manque de confiance en lui...
    J'espère avoir un jour ce même recul que j'admire chez toi !
    Bonne soirée, merci, tu éclaires mon chemin aujourd'hui... semé de ronces et de roses, les 2 étant aussi piquantes !!

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    1. Tu as quand même déjà une grande capacité d'analyse. La prise de recul et peut-être l'apanage des tempes grises…!!
      si mes petits textes éclairent ton chemin… c'est le mieux que je puisse espérer…
      bon week-end !

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  4. Le désir d'exclusivité, ou du moins de préférence, si ce n'est de prééminence, s'en émancipe t-on un jour ? Il me semble qu'on apprend à le dépasser en comprenant qu'il est un leurre (une forfaiture, dis-tu…), mais qu'il reste tapi au fond de soi...

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    1. Il y a beaucoup de choses « primitives » qui restent tapies au fond de soi. Pour éviter qu'elles ne ressurgissent quasiment contre notre gré, ( Pulsions passionnelles, par exemple, avec les actes très néfastes…), je n'ai trouvé d'autres remèdes que l'expulsion quasi manu militari des souffrances enkystées dans la sensibilité. Encore faut-il que nous leur offrions la capacité de surgir, c'est-à-dire en évitant le refoulement et le déni. C'est quand même mieux que de déclencher un jour une maladie dite psychosomatique qui peut parfois être ravageuse…
      Avec l'âge, j'en vois naître autour de moi, chez des personnes qui me sont chères et précieuses, de ces maladies là. Et c'est quand même une source pour moi de grande tristesse. Surtout lorsque la personne que l'on connaît bien commence à faire des prises de conscience en disant des choses comme : — si j'avais su ! J'aurais « pris soin de moi » bien avant !
      Cela dit la vie cache toujours des trésors enfouis qui peuvent eux aussi surgir à la surface des êtres, d'une manière inattendue et salvatrice.

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  5. Je n'ai pas l'esprit de possession, mais j'en ai souvent été l'objet.
    Ce n'est pas très confortable, je puis te l'assurer.
    On en développe une sorte de méfiance pour toute approche un peu trop appuyée...
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Une belle personne attire la convoitise, les papillons et les sangsues…
      faut devenir moche ! ;-)
      Après cette bêtise, je comprends très bien ce que tu dis. D'autant que les approches sont rarement avec de bonnes intentions, autant dans le domaine de l'affectivité, que des engagements, et autres…
      Il est des personnes qui pensent que nous sommes quelque peu « open bar »…

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  6. C'est un beau moment de strip-tease émotionnel que ce texte là dans lequel humour et pudeur s'observent et se neutralisent! Un parcours intérieur dense avec des sensations à fleur de mots!

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    1. Peut-être aussi qu'humour et pudeur enrichissent…

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  7. Intéressant texte introspectif, qui renvoie à des choses plus ou moins similaires dans ses jeunes années...
    Concernant la possession, un collègue me parlait un jour d'un de ses amis qui avait appris l'infidélité de sa femme. Et il voulait trouver l'amant, "pour lui casser la gueule". J'ai demandé à mon collègue, si c'était nécessaire : d'une part, ça ne règle pas l'origine du problème qui se situe dans son couple plus qu'à l'extérieur. D'autre part, personne n'appartenant à personne... son ami ne faisait-il pas erreur en s'arrogeant sa femme comme sa propriété ? Parce que, malgré les apparences, elle n'est pas un objet.
    Il m'a répondu "peut-être, mais ça lui ferait du bien".
    Ok, rien à rajouter : si c'est thérapeutique, alors...

    La plus belle chose qui soit dans une relation à deux à mon avis, c'est d'accepter la liberté de l'autre de partir, à tout moment. Facile à dire ? Oui, beaucoup plus que de l'appliquer. Mais n'est-ce pas cela, le siège d'une relation : être à côté avec son consentement, et non retenir contre son gré ?

    Peut-être que dit ainsi, cela paraît idéaliste, mais ça ne me semble pas l'être complètement ;-)

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    1. Accepter la liberté de l'autre de partir ? De toute façon… Il dispose de cette liberté… surtout aujourd'hui, où peu de gens sont dans des liens juridiques plus ou moins contraignantes.
      Vouloir le retenir « à tout prix » ? on voit bien que c'est vain…
      voilà plus de 45 ans que je vis avec la même compagne de vie, et que j'ai le sentiment que chacun y vit en liberté personnelle. Tout au moins, qu'il y a eu au fil des ans une nette progression en ce sens.
      Liberté totale ? Évidemment cela n'existe pas… Dans aucune situation, dans aucune relation quelle qu'elle soit. C'est à chacun de fixer les bornes de sa propre liberté, c'est-à-dire ce qu'il consent librement à accepter comme « frustration ». Sinon on reste dans une sorte d'infantilisme, qui est le propre d'un stade de l'enfant (je suis le tout, je suis unique, j'ai droit à tout, je réclame tout…), mais qui n'est pas compatible avec l'adulte. C'est-à-dire avec l'être humain qui a appris que la frustration structure et, paradoxe s'il en est, concours à une plus grande liberté. En particulier par affaiblissement des dépendances de tous ordres, et notamment affectives.
      De cette liberté, tous ceux qui sont sortis d'une dépendance plus ou moins pathologique, en témoignent.

      J'ajouterai que plus l'on se fonde sur la confiance en l'autre, plus on se donne des gages d'une liberté accrue.
      je ne parle pas ici « en général », même si je généralise quelque peu, je parle de ma très modeste expérience personnelle.

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  8. Dans un couple, si l'un des deux est trop possessif, voire jaloux, l'autre aura tendance à vouloir retrouver sa liberté rapidement.
    Je ne suis ni jalouse, ni possessive, juste confiante. C'est la clé, il me semble.
    Bonne soirée, Alain.

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    1. Tu as raison. La personne possessive et jalouse crée elle-même les conditions qui vont conduire l'autre à la quitter un jour. Sauf si la personne « possédée » trouve suffisamment de bénéfices secondaires pour rester. Et c'est bien plus souvent qu'on pourrait le penser… je pourrais en témoigner dans un certain nombre de cas de ma pratique professionnelle. Mais bon… tant que le système pervers satisfait !… Chacun je choisis le lit où il pense dormir le mieux…

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  9. Ah ! la possession fait faire bien des bêtises. Heureusement, je n'ai jamais connu ce penchant même toute petite et de plus maman m'a toujours appris à donner. J'étais donc bien préparée. La confiance dans un couple est primordiale. Chacun doit garder sa liberté de penser. Ce n'est pas parce qu'on n'est pas sur la même longueur d'onde qu'il faut en faire tout un plat. Au contraire, cela permet d'avoir des discussions. Avoir des activités différentes permet des ouvertures d'esprit à partager. Arriver à se suffire à soi même est quand même la plus grande liberté qui soit. Cela n'engage que moi. Bon dimanche.

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    1. Petite question, Lauriza : quand tu dis n'avoir jamais connu le penchant de la possession, est-ce que tu l'appliques aussi aux relations amoureuses ? Je veux dire : est-ce que cela va jusqu'à accepter que ton éventuel conjoint (ou assimilable à ce statut) puisse rencontrer qui bon lui semble ? Je te demande ça parce que j'ai plusieurs fois entendu des personnes affirmer qu'elle n'étaient pas possessives… tout en refusant catégoriquement de rester en relation si elles n'étaient pas "l'unique".

      Merci d'avance :)

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    2. @ Lauriza
      À propos de pensées et de prises de positions différentes, Et puisque nous sommes en période électorale, je me souviens d'un échange avec nos enfants (ils étaient jeunes alors) une de mes filles disant :
      — vous vous aimez beaucoup, et pourtant vous ne votez pas pareil ! C'est bizarre quand même !
      il s'en était suivi un échange très intéressant !

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    3. @Pierre
      Mariée à l'âge de 20 ans, donc plutôt très jeune, j'ai toujours fait confiance me disant que si un jour mon mari désirait me quitter c'est qu'il n'était pas heureux avec moi. Il a beaucoup voyagé pour son travail, donc nous avons été séparés souvent. Je sais qu'il a rencontré d'autres femmes mais je ne lui ai jamais demandé ce qu'il faisait avec elles. Se torturer l'esprit ce n'est pas mon genre et je vais te dire, que mon égo est très petit car la confiance en moi est très grande. Alors la possession et la jalousie je ne connais pas. J'ai toujours laissé mon mari libre de ses choix et c'est ainsi qu'il est toujours avec moi et depuis très longtemps alors je pense avoir été jusqu'à aujourd'hui l'unique. Aimer l'autre c'est le laisser respirer au lieu de l'étouffer, c'est de faire un havre de paix et non pas de guerre à chaque retour, c'est ne pas l'accabler de questions négatives qui n'attirent que le mensonge pour ensuite faire qu'il aille voir ailleurs. Quand on fait confiance à quelqu'un, oui il faut accepter qu'il puisse rencontrer qui bon lui semble sans chercher souvent la petit bête là où elle n'est pas. Les gens se torturent souvent l'esprit pour pas grand chose. Ce n'est pas mon cas.

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    4. Merci Lauriza, de témoigner de cette façon d'être en relation de confiance. Et tu as certainement raison en évoquant comme préalable la confiance en soi. Je suis tout à fait d'accord avec toi quand tu parles de laisser respirer l'autre plutôt que l'étouffer. En effet, en le laissant libre… il n'a guère de raison de chercher à quitter cette situation.

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  10. Ce n'est pas de la basse flagornerie juste mon sentiment que décidément tu es ou tu es devenu avec le temps, un bien bel humain. Je n'ai souffert des dégâts du besoin de possession (moins la jalousie que la peur de l'abandon) (enfin je crois) qu'après que "l'autre" m'ait copieusement cocufié. J'avais 23 ans, j'étais atrocement naïve ça a duré des mois et je n'avais rien vu venir. C'est pour ça que depuis j'ai une grande tendresse pour tous les cocu(e)s du monde: on ne sait pas tant qu'on n'a pas expérimenté le cataclysme que c'est de voir son monde entier s'écrouler à cause d'un trahison. D'ailleurs, je te confesse que je reste ultra-réactive face au mensonge. Pas bien ça...

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    1. J'ai mes parts d'ombres, mes errances, mes contradictions, mes trahisons avec moi-même, et aussi mes belles lumières, mes fiertés sur le chemin, mes réussites et mes échecs assumés ... alors, si « un bel humain » c'est tout cela… alors oui… comme d'autres, je ne suis quelque peu.

      La trahison que tu évoques est forcément douloureuse et marque profondément, parce qu'elle vient porter atteinte à un essentiel de soi qui est la confiance. Je ne suis pas certain qu'il faille alors parler d'un besoin de possession, mais probablement plutôt d'une blessure au niveau de l'être profond. Potentiellement, celui-ci reste intact. Je l'affirme. Mais quand il est transpercé par la trahison, la cicatrisation est longue et la trace en demeure. Ainsi par exemple de ton ultra réactivité face au mensonge, qui est à la mesure de la dimension de vérité de ton être.
      Cette réactivité agit alors comme un réflexe difficilement contrôlable au départ. Mais il est possible ensuite de prendre le recul nécessaire pour apprécier en fonction de tous les paramètres d'une situation.
      Mais dis là des choses que tu sais certainement…

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    2. Je ne crois pas qu'un "bel humain" puisse exister sans ses ombres et ses petites bassesses. Mais c'est sans doute de les percevoir comme telles qui fait un "bel humain". Enfin, je crois, tu sais je n'affirme rien, je cherche :)

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    3. Moi aussi je cherche… mais ce que tu dis là me va bien…

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  11. On apprend beaucoup des amours de jeunesse si est pas trop con. Moi aussi j'étais très possessif sans doute par carence affective Mais la vie s'est chargée de me mettre sur le bon chemin. Il m'a fallu du temps pour comprendre que plus on possède, plus on a peur de perdre. Maintenant mon âge me permet de commencer à pratiquer le détachement. C'est d'un grand bienfait !

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    1. Nous nous ressemblons quelque peu, cher Daniel. Enfin c'est le sentiment que j'ai.
      Je me sens aussi entrer dans l'âge du détachement. Et en même temps dans celui de l'attachement à l'essentiel...
      Quant à la peur de perdre, je crois qu'elle est à la mesure de l'intensité de l'amour que l'on peut vivre et donner. Comme si ce mouvement vital de la respiration du : donner/recevoir allait s'interrompre…
      c'est pour moi une forte de manifestation de la peur de la mort de l'autre. Comme s'il allait nous être « enlevé ».
      Et pourtant je constate que ceux qui sont morts m'ont tous étés redonnés autrement…
      ça n'empêche pas que perdure la peur pour ceux qui vont suivre…
      j'ai encore du chemin à faire…

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  12. Bel effeuillage Alain, où l'émotion perle au coin de la page, entre retenue, délicatesse et sourire... lesquels permettent une réelle empathie, et une certaine re-connaissance dans l'attachement, le détachement, en apercevant ce qui est essence-ciel.... chercher, tenter de comprendre, dans les recoins les plus confus de soi... décrypter... fouiller au plus profond...
    Dans tous les cas, merci de nous permettre de rajouter du bon sens à notre sens. On ne né pas un "bel humain",Alain, tu sais bien... on le devient, mais faut du temps....
    Den

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    1. Nous sommes sans cesse en devenir… merci de le rappeler…
      peut-être parce qu'il y a au fond de nous quelque chose comme un inépuisable… qui pourra nous amener jusqu'au bout de la route.

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    2. ...D'éternels apprentis, Alain, nous sommes... en quête d'un toujours, et d'un encoeur' !
      merci !
      Den

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