vendredi 16 décembre 2016

À l'atelier ...

Atelier d’écriture hier matin, chez moi :
Petit exercice d’échauffement pour démarrer :
Écrire quatre paragraphes commençant successivement par : — j'ai quitté — avec — j'ai traversé — j'ai vu.

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J'ai quitté l'enfance sans nostalgie comme on quitte une maison triste où rien ne nous attacha jamais, sans désir de retour, sans but précis comme une errance, vers l'inconnue délivrance.

Avec ardeur j’ai entrepris l’ascension vers le sommet, par les chemins tortueux où chaque caillou blanc et une espérance et chaque pierre noire nouvelle désolation.

J'ai traversé des hivers ensoleillés, des étés pluvieux, des printemps de sécheresse, des automnes lumineux. Le temps est nécessaire aux fécondations prometteuses, autant qu'aux moissons décevantes. Tout chemin mène à son but. Là-bas, au loin, mais si proche déjà, s’en viennent des temps nouveaux.


J’ai vu, au sommet de ma colline, l’espace infini de l'inaccessible. Scrutant de mes yeux vieillissant un horizon tremblant, je vis apparaître un enfant turbulent et rieur. — C'était peut-être moi.

15 commentaires:

  1. Faire sortir le sublime, la profondeur de l'être, de quelques mots banals tirés d'un chapeau. C'est là ton grand talent, Alain.
    ♥︎
    ¸¸.•*¨*• ☆

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  2. l'art d'écrire un essentiel à partir de mots surgis du hasard...
    C'est beau! c'est profond!
    L'émotion m'est venue en lisant le dernière phrase...

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  3. Grand talent plein d'émotion...

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  4. Avec peu de mots, montrer que la vie est un cycle et que les souvenirs d'enfance remontent toujours à la surface, d'une manière ou d'une autre. Très beau.

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  5. Charlotte16/12/16

    Reste cet enfant turbulent et rieur...Il a toujours raison quelque part.

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  6. On quitte l'enfance, mais jamais vraiment l'enfant qui reste en nous... Qui sait si ce n'est pas lui qui a guidé ta main dans cet exercice! Tu es un virtuose. C'est en ça que tu m'intimides...

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  7. Une vie qui passe de l'enfance à la maturité. J'espère que tu as gardé en toi l'émerveillement de l'innocence !

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  8. Talentueux Alain,... écrire avec si peu de mots, et traduire autant d'émotion.... tout un Art... c'est ce que je ressens au plus profond de mon être... merci beaucoup de nous offrir une aussi grande sensibilité dans la dernière phrase, notamment avec cet enfant "turbulent et rieur" qui était assurément toi Alain...merci beaucoup pour ce fil argenté qui se délie entre les phrases et remonte le temps toujours émerveillé ...
    bonne soirée.
    Den

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  9. Moi aussi, je suis admirative.
    Passez un bon weekend.

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  10. "Scrutant de mes yeux vieillissant un horizon tremblant"
    C'est magnifique.
    Merci Alain.

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  11. "je vis apparaître un enfant turbulent et rieur. — C'était peut-être moi" ! Je suis troublée. Comme si en te lisant, je trouvais confirmation de mes recherches à l'Atelier. J'ai proposé aux "apprentis acteurs" un moment d'introspection vers l'enfance. Je leur ai demandé de me raconter leurs jeux d'enfants. Retrouver le plaisir du jeu, la simplicité de ce plaisir : c'est tout ce qui compte en fait ! Je suis contente.

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  12. MERCI A TOUTES/TOUS POUR VOS COMMENTAIRES
    J'ai beaucoup aimé comment chacun/e s'est exprimé/e avec sa sensibilité personnelle.
    Merci encore.

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  13. Je crois bien Alain que je m'aperçois aussi peut être en te lisant, marchant sur ma colline, avec enfin un sourire ... merci.

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  14. Ici les mots de départ n'ont rien fait d'autre qu'attirer les mots que tu ne disais pas... tout est sorti comme une guirlande. Et se termine par un enfant rieur, celui que peut-être tu n'as pas pu être et qui pourtant... était là, en toi, attendant son heure pour rire...

    J'ai aimé ton petit "exercice anodin" en tout cas ;-)

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