Accueil

lundi 23 janvier 2017

Hamon grand désespoir.

(théâtre politique d’anticipation)

Scène Unique :
Hamon-grand-désespoir  entre coté jardin (des promesses) — monologue solitaire :

— Or donc, en pays de Françoille, me voici Président.
grâce à l'écologie que j'ai entre les dents
je leur ai fait des promesses mirobolantes
Toutes mes déclarations furent excellentes.

Les dieux laïcs furent avec moi
et moi j'en suis resté coi
ma chance fut de m'appeler Benoît

Que vais-je faire à présent
je n’ai aucune idée pour un gouvernement
vu que personne ne veut être à mes côtés
puisque tous, j'ai réussi à les rouler

J’ai tenu au peuple le discours convenu des merveilleuses  promesses
mais n'ayant pas un sou, ça me fait chaud aux fesses
comment je vais pouvoir financer
tous les trucs que je leur ai balancés

Hamon-grand-désespoir, s’assied sur une chaise, près d’une table où est posé une téléphone.
Il se prend la tête entre les mains ne sachant véritablement pas que faire.
Long temps de silence — puis le téléphone sonne. 
Hamon-grand-désespoir hésite à décrocher, pourvu que ce ne soit le nième socialo qui veut être Premier ministre. — Le téléphone continu de sonner — Hamon-grand-désespoir finit par saisir le combiné, et parle d'une voix mal assurée, comme il sait si bien le faire.

— Allô ? (Voix presque chevrotante)  Comment ? Qui ça ? Vous êtes sûr ? C'est pas une blague ? (voir frisant un début de panique) oui, je comprends, maintenant que je suis président, je suis bien obligé de le prendre au téléphone. Passez-le moi…..

Allô ? C'est vous Monsieur Vladimir Poutine ? C'est pas Laurent Gérra qui me fait une blague ?
Oui oui, je vous crois… c'est que, oui… je suis pas encore habitué… oui bien sûr… ça va venir… merci pour vous félicitations Monsieur Vladimir Vladimirovitch Poutine. Vous voyez, je connais bien tout votre nom, …. oui, c’est bien je sais…. j’avais appris ça à l'école il n'y a pas si longtemps…
Ah, au fait, Monsieur Vladimir, pendant qu'on y est et si vous avez cinq minutes. Voilà, j’ai un petit problème. Et je sais, d’après ce qu’on m’a dit….   oui oui, on s'entraide entre dirigeants révolutionnaires de grands pays… oui je comprends bien… Comment ça des histoires d'ascenseur ? Ah oui… les petits arrangements habituels… je vais apprendre ça très vite, vous en faites pas Monsieur Vladimir, je suis socialo tout de même on a l’habitude des petits arrangements.…
Donc, comme je vous disais, puisque je vous ai au téléphone autant vous en parler tout de suite ça m'évitera de vous rappeler, vu que vous êtes pas mal occupés à faire la guerre, donc voilà : 

(petit temps d’arret : Hamon-grand-désespoir prend une grande inspiration…)

Voila ! Vous, vous qui êtes riche, enfin je veux dire très riche, enfin très très riche, est-ce que par hasard, des fois, en m'excusant de vous demander pardon, vous auriez pas 400 milliards ! J'en ai besoin d'urgence. Oui c'est pour faire un truc social, vous savez, comme vous faisiez en URSS dans le temps, où chacun avait un petit salaire pour un petit boulot inutile. Voilà j'ai promis presque pareil à tout le monde, sauf qu’avec moi il y a même pas besoin d'avoir un petit boulot inutile, Même s’il fait rien de rien, on a son indemnité chaque mois. 
On a appelé ça « notre nouvelle ligne idéologique » (si, si, sans rire !! Mais si je vous assure on l’a dit comme ça !!!)
Vous voyez, cher Vladimir, je suis en avance dans la Révolution. 
Et donc pour ça, il me faut 400 milliards dare-dare.
Pour vous c’est facile,  vous donnez l’ordre de faire un chèque, et hop on n'en parle plus ! Et donc je ne rembourserai pas, évidemment. On va quand même pas chipoter entre potes pour 400 milliards par an. …Oui parce que tous les ans faudra me refaire un chèque, oui j'ai promis ça pour longtemps au bon peuple de Françouille.
Allô ? Allô ?  ….. Ben flûte, pourquoi il a raccroché !

Hamon-grand-désespoir, se relève de sa chaise et fait les 100 pas devant la scène en déclamant.
Le téléphone Alcatel en main, brandi devant lui tel un crâne.

—Etre, ou ne pas être Président, telle est la question. 
Y a-t-il plus de noblesse d'âme d’être frondeur, décochant à Hollande mes flèches outrageantes, que de s’armer  contre une mer  d’emmerdes qui m’attendent ?
 Mourir... dormir, rien de plus ;... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du peuple qui va subir avec moi mille  tortures naturelles qui sont le leg de l’écologie, déjà proche du dénouement.
Mourir... dormir, dormir ! peut-être rêver ! Oui, là est l'embarras. Car quels rêves peut-il nous venir quand on a endormi le peuple sous des promesses irréalisables ! 
 C'est cette réflexion-là qui nous vaut la calamité d’un si long quinquennat.

Hamon-grand-désespoir, changeant de ton, s'adressant au public, cherchant sa complicité : 
— Je ne suis quand même pas mauvais dans la parodie de Shakespeare ! Hein ?

Entrée, côté Cour (des miracles)   du Comte de Monte-et-bourre, 

— À moi, Benoit, deux mots !
Ôte-moi d’un doute.
Connais-tu bien Don Peillon Vincent  ?
Parlons bas, écoute.
Sais-tu que ce vieillard grisonnant fut la même vertu,
La vaillance et l’honneur de son temps, le sais-tu ?
À quatre pas d’ici je te le fais savoir.
Premier  Ministre il réclame afin de tout avoir.

Entrée, coté cave, d’un Énarque déguisé en eunuque, avec  à la main une bouteille et deux vers de Cid … Il déclame à son tour :

— Amis, buvons au peuple et à son désespoir
 qu’il ne manquera pas de nous faire rapidement savoir
puisque promesses de ciguë nous lui avons fait boire

Exercer le pouvoir est un vrai laminoir
Pourquoi notre nouveau monarque rés-publicain, n’a-t-il pas choisi de rallier  l’étendard
de Don Macron et sa femme cougar

Le rideau tombe jusqu’en bas
le peuple-public n'applaudit pas
Il est déjà dans la rue

réclamant la tête de l'hurluberlu.

30 commentaires:

  1. Diantre Messire: A mon grand désespoir je craignais de ne plus vous revoir! Ouf vous zêtes là.

    Bon sinon Hamon qu'en dire si ce n'est qu'il me fait l'effet d'être le petit frère têtaclac de la grande Valls. L'un ou l'autre me parait sortir du même muid. Il n'y a plus grand chose à attendre des politiques et le grand mouvement de changement vient du "bas" c'est évident. Le tout étant de choisir le moins con pour président et surtout celui qui ne nous mettra plus de bâtons dans les rouages question environnement, surtout que du côté de la planète ça urge grave. Perso je me laisse séduire par la "Mélench'" comme l'appellent affectueusement ses ouailles...ça devient de plus en plus cornélien de voter dans ce pays!

    En parlant de Macron, ses meetings adolfiens me font froid dans le dos. Un petit jeune qui a des idées de vieux rentier. Et puis il a bien trop de dents: on dirait un squale.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il reste quand même Fillon ! et son Petit Canard de femme ! (Pénélope = canard sauvage en grec)
      Le "Canard enchainé", qui révèle le scandale des emplois fictifs de Madame, devrait désormais s'appeler : "La Pénélope enchainée"

      Fin de la Sécu mais du bon blé pour Pénélope....
      Pénélope : Ah ! la Sal..... !
      et hop je n'en dis pas plus !

      Supprimer
    2. Aaaah c'est pour ça que les accusations glissent sur elle comme la fiente sur un canard laqué?? ^^

      Supprimer
  2. Bravo de réussir à nous faire sourire...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. sourire = C'est une nécessité absolue en ces jours....

      Supprimer
    2. sourire = une nécessité absolue tout le temps... :-)
      ¸¸.•*¨*• ☆

      Supprimer
  3. Comme chantait l'autre : "Ça sent si bon la France !"
    Remarque, c'est pas mieux ici...
    Belle performance !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En Belgique, vous êtes probablement meilleurs.
      Vous savez vous passer d'un gouvernement pendant de très longs mois.
      En France nous en avons un sur le papier : mais ces temps-ci, il sert à quoi ?

      Supprimer
  4. Quel choix cornélien! Mais pour qui va-t-on voter à la présidence de la République....Moi c'est clair, je ne voterai pas...Rien à se mettre sus la dent !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je sais que tu ne votes plus depuis longtemps.
      Pour ma part, si cela m'arrivait, ce serait une première dans ma vie de citoyen.
      Faudra-t-il que j'en arrive à cette extrémité ?

      Supprimer
  5. Anonyme24/1/17

    "Si voter changeait qq chose, y'a longtemps que ce serait interdit !" (Coluche)
    Je ne trouve pas que ce soit une boutade mais totalement vrai. kéa

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est sûr que… on peut aussi avoir un autre slogan :
      un bon dictateur sanglant…
      c'est un bon produit pour longtemps…
      toujours vrai aujourd'hui comme avant...

      Supprimer
  6. Tu as un grand sens de la dramaturgie...et on sent que le marathon t'a délié la plume .
    Wouaou quelle verve !
    ¸¸.•*¨*• ☆

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce sont surtout mes 20 participants avec 250 textes qui ont délié leur plume !
      Moi, à présent, je me rattrape…

      Supprimer
    2. Ravie de te revoir en tous cas...
      ¸¸.•*¨*• ☆

      Supprimer
  7. Seulement du spectacle sur le ring, à compter les avantages !
    c'est dramatique... mais quelle éloquence pour le dire, Alainx.... un choix cornélien entre et entre.... et nous où sommes-nous ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dramatique : c'est le mot !
      quand je tourne mon regard vers n'importe lequel des prétendants, de l'extrême gauche à l'extrême droite, je ne vois qu'un horizon bouché… je veux dire politiquement, par économiquement.
      Peut-être une lueur d'espoir du côté de Cyril Hanouna ou de Patrick Sébastien ?

      Supprimer
    2. Mouarf ! c'est vrai que là, c'est du lourd...

      Supprimer
    3. Si Sébastien est le summum de l'égo et de la beaufitude, Hanouna comme le dis Célestine: c'est du lourd. Un Trump à la française?? Non. Pire.

      Supprimer
    4. En fait, je n'ai jamais vu une émission de Hanouna. Je connais juste ses saloperies en direct à la télé par des évocations dans la presse ou la radio. Mais a priori il semblerait que ce soit un vrai trouduc.

      Supprimer
    5. Je t'avoue que moi non plus, j'ai juste reçu les éclaboussures de ses déjections télévisuelles par ci par là: cela m'a suffit pour savoir que je n'aimais pas. Non seulement c'est un trouduc mais en plus je le soupçonne d'être très pervers.

      Supprimer
    6. Désirée,
      Hélas aujourd'hui, être pervers est une grande vertu médiatique....

      Supprimer
  8. Oui, nous sommes dans de beaux draps avec tous ces politiciens qui promettent n'importe quoi pourvu qu'ils se démarquent des autres. On les connaît les promesses, il y en a guère qui sont tenues, quasi aucune d'ailleurs. Tous ces beaux-parleurs, tous des menteurs !... Moi non plus, je ne sais absolument pas pour qui je voterai. :-(
    Par contre, quel régal de te lire, Alain ! :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est là un problème de démocratie mal comprise : croire qu'il faut promettre la lune en couleur pour se faire remarquer en vue de se faire élire....

      Supprimer
  9. Pour le plaisir bas d'une " bonne " rime ( étendard / courgar ) ?
    vous me semblez cependant être d'une génération à se souvenir de Gabrielle Russier,
    et si le coeur vous en dit vous trouverez aisément sur le Net la lettre que son jeune amoureux éternellement transi ,devenu cependant grand père, écrivit il y a quelques années à sa toute neuve petite fille " Gabriella"sous l'intitulé Gabrielle Russier Antigone ...

    Lucile Avril

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Est-ce bien nécessaire de recourir ici à une rhétorique déclamatoire de l'amalgame qui consiste à associer abusivement des personnes victimes d'une histoire dramatique ...
      C'est faire bien trop d'honneur à un pamphlet !

      Supprimer
  10. Lucile Avril m'ôte les mots, du moins elle a devancé les miens. Ton "bon mot" m'a fait mal. Mal à la femme que je suis. A l'amoureuse que je suis. A l'attachée à la liberté que je suis; la liberté d'aimer, la liberté de vivre, de choisir sa vie.
    "Et c'était un amour peut-être
    Un amour pourquoi, un amour comment
    Un qu'on ne met pas aux fenêtres
    Un qui ne ferait pas même un roman

    En brandissant votre conscience
    Vous avez jugé au nom de quel droit
    Vos poids ne sont dans la balance
    Pas toujours les mêmes, on ne sait pourquoi"
    Anne Sylvestre

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai répondu ci-desssus.
      cet amalgame déplorable m'a fait mal.

      Supprimer
    2. Je suis désolée, il n'était pas dans mon intention de te blesser; mais sans doute peux-tu comprendre qu'il est toujours pénible, pour une femme, de constater la pérennité de ce sexisme ordinaire et rampant, qui se dissimule partout, y compris dans les choses les plus apparemment anodines... "Cougar", c'est injurieux, dévalorisant, c'est un jugement ad hominem... Le pamphlet ne s'attache-t-il pas à ce qu'il faut combattre?
      Encore désolée que tu l'aies reçu ainsi. A mon sens, il s'agissait juste de discuter la forme, sur cet instant précis.

      Supprimer
    3. Être suspecté de sexisme quand, dans une autre vie, on a écrit, dans les années 70, des articles juridiques dans des revues spécialisées dénonçant la discrimination par le sexe en droit français de l'époque ( Et notamment dans le droit dit « de la famille »)… cela est en effet blessant.
      Le fait que, en jouant les rimailleurs, j'ai pu me laisse aller au choix d'un mot sujet à polémique, ne justifie pas l'amalgame que je dénonce.
      Cela dit, j'apprécie avec toute sa valeur ta dernière phrase.
      Et pour ma part, l'incident est clos.

      Supprimer

Si vous avez des difficultés à poster un commentaire ou si celui-ci n'apparaît pas, vous pouvez me l'adresser par mail (voir adresse dans la marge à droite tout en bas).
Merci.
Je le publierai en votre nom.