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mardi 25 avril 2017

Bienveillance humaine.

Ce n'est pas la première fois que j'évoque cette disposition à la générosité de la personne humaine à l'égard d'autrui. Sans cette aptitude qui, je crois, quelque part, nous est conaturelle, nous serions probablement incapables d'une quelconque vie sociale qui soit autre qu'une jungle et un combat permanent d'opposition en vue d'une domination.

Si elle est  conaturelle (pas conférée de l'extérieur) c'est par potentialité, comme la graine contient l'arbre en entier. Mais l'arbre ne grandit pas sans une forme « d'éducation » qu'il trouve dans son environnement. Même chose pour l'être humain. La potentialité de bienveillance envers autrui ne se développe pas si on la laisse en friche dans le processus éducatif, pire, si on se comporte « méchamment » à l'égard de l'enfant, soit volontairement, soit par inconscience, en particulier des lois de son développement. À cela s'ajoute les avatars et les avanies de l'existence, qui font qu’on peut se retrouver dans une forme de méfiance plus ou moins forte, plus ou moins permanente, envers l'autre considéré comme un danger pour ne pas dire un ennemi. En tout cas quelqu'un qui, par nature, ne nous voudrait pas du bien.

Dans mon enfance trop solitaire, il n'y avait que « des grands » qui ne m'apparaissaient guère comme de possibles protecteurs, mais le plus souvent comme des personnes dont j'avais à me méfier, déguisées en faux amis qui me voudraient soit disant du bien. La catastrophe que fut mon entrée à l'école (ce sentiment de rejet des autres parce que je n'étais pas « socialisé », que j'ignorais les codes et les comportements qu'il convenait d'avoir) n'a fait qu'augmenter ma défiance envers autrui.

Il me faudra sans doute mon accident de santé à 12 ans pour découvrir qu'il existait chez les adultes des personnes « bienfaisantes » qui semblaient véritablement désirer mon bien et ma progression pour retrouver une autonomie suffisante pour vivre par moi-même. J'ai fini par accepter ce concept que l'autre n'était pas nécessairement un ennemi, qu’il pouvait être animé d’une bienveillance naturelle, même si j'ai gardé des zones de méfiance.

Ce n'est pas pour rien que j'ai choisi en premier un métier qui avait trait à « la justice », et que j'ai œuvré, comme je pouvais, pour la défense du faible vis-à-vis du Fort. Comprendre qu'il n'y avait pas que le combat singulier, fut-il juridique et/ou judiciaire pour construire un monde acceptable, fut un autre combat personnel de pacification. Un jour m'apparut comme une intuition flagrante qu'il me faudrait bien me décider à « déposer les armes ». Sauf que je n'avais pas alors les véritables clés de l'intériorité et que je n'étais pas encore rentré suffisamment dans ma pacification personnelle.
Cette pacification n'est manifestement pas achevée en moi. Je crains toujours le « trop bon, trop con ».

Après ce long préambule, (trop long), j'en viens à ce qui m'a motivé à l'écrire, c'est-à-dire quelque chose de très concret qui m'est arrivé ces jours derniers.

Certains le savent, pour me déplacer à l'extérieur, je suis tributaire d'un fauteuil roulant électrique, sans lequel je ne peux pas aller bien loin par mes propres moyens. Qui dit fauteuil électrique dit batteries. Il y a un an je les ai changées. Fin de vie normale, après 3 ans 1/2 environ. Les nouvelles se sont montrées défaillantes totalement il y a environ trois semaines. La société de matériel médical dont je suis client depuis une quinzaine d'années est venu me poser des batteries de secours, en attendant de diagnostiquer le dysfonctionnement. Le résultat ne s'est pas fait attendre : les batteries étaient mortes. Il fallait les changer.
J’ai reçu un devis par la poste. La sécurité sociale, dans sa grande générosité, m'offre royalement un forfait entretien de 100 €, partant du principe qu'un tel fauteuil électrique ne s’use certainement pas beaucoup… Le changement des batteries entraîne un « reste à charge » personnel d'environ 650 €. Pas grand-chose en quelque sorte !
J’ai un excellent rapport depuis toujours avec l'équipe de cette société importante de matériel médical. Je dois reconnaître leurs compétences, leur dévouement, j'ai eu une fois un dépannage tard le soir parce que j'avais crevé un pneu.
Recevant ce devis, j'envoie un mail circonstancié, en estimant que la garantie devrait jouer pour ces batteries qui se sont montrées défaillantes très précocement. 15 jours se passent sans que je ne reçoive une réponse. Peu m'importe. Les batteries de remplacement fonctionnent parfaitement. J'attends leur réponse.

Rentrons de mon séjour à la mer, je reçois de leur part une lettre froide, administrative, quasiment comminatoire, en substance : vous n'avez pas accepté le devis. Si vous ne le régularisez pas par retour du courrier nous viendrons vous remettre « le matériel d'origine ».
Mais c'est quoi ce grand n'importe quoi ! Ils veulent me remettre leurs batteries pourries ! Non mais je rêve !…

Je suis outré. Je téléphone pour avoir la personne qui suit cette affaire. (c'est une grosse société médicale). On me dit qu'elle est en congés jusqu'à ce jour.
Je vis tout cela très mal. Je suis repris par ce sentiment confus toujours tapi dans l'ombre, prêt à resurgir au moindre gratouillage sur cette zone sensible. Quelque chose du genre : « Décidément ! Tous des salauds ! cette société HandiMachinTruc ne s'intéresse à rien d'autre que faire du fric. Ils n'ont que les sourires de façade. Je les déteste… »

Malgré les propos apaisants de ma chère et tendre compagne d'existence, je n'arrive pas vraiment à me sortir de cette confusion absurde. J'ai ce sentiment quasi « victimal », qui par ailleurs me dégoûte tant… Bon d'accord, ça ne me met pas non plus au bord du suicide. Disons que ça me gâche partiellement le week-end. Déjà qu'il va falloir aller voter dans le cadre de cette campagne électorale qui a quand même frôlé les sommets de la finesse intellectuelle, du débat démocratique de très haute tenue, et qui fut véritablement digne du siècle des Lumières.

Ce matin j'appelle et on me passe l'habituelle charmante Madame  GentilleVoix, qui suit mon dossier. Je suis prêt à engager le combat singulier avec mon gourdin de Cro-Magnon, mon épée de Roland, ma Kalashnikov piquée à un terroriste… 
J’évoque cette lettre reçue, que j'estime « peu admissible compte tenu des circonstances » j’emploie une formule light, je tire une balle à blanc.
Madame  GentilleVoix est toute surprise. 
— « Ah mais non ! Ça c'est une lettre automatique de relance aux clients qui exagèrent ! Vous n'auriez pas dû la recevoir… je m'occupe de votre dossier. On est en pourparlers avec le fournisseur pour qu'il prenne cela en garantie. C'est pour ça que ça prend du temps. Ne vous inquiétez pas. Je m'occupe de vous. Tout va bien avec les batteries de  remplacement ? »

Bref je me suis bourré le mou pour rien ! Cette fois c'est contre moi-même que j'enrage. Et dans le même temps ce soulagement, qui me ramène à la réalité et non pas à mes fantasmes de gosse exploité dans son enfance, auquel on a fait volontairement mal.

Je retrouve cette humanité à laquelle je crois profondément. Mais voilà. Il n'est pas toujours évident de demeurer dans la profondeur de soi en toutes circonstances. Je m'en croyais davantage capable. Il me faut revenir à l'humble réalité du seul petit chemin parcouru jusque-là.

L’important c’est le chemin, dit-on. Bien. À condition que ce ne soit pas une justification. Car quand même il faut bien espérer que le chemin mène quelque part, vers ce à quoi je crois de toute mon âme…

28 commentaires:

  1. J'ai lu ta lettre AlainX avec minutie, dont tu exposes toutes les péripéties de ta mésaventure avec les services de cette société de matériel médical, que chacun d'entre-nous a certainement vécue d'une manière ou d'une autre, ce même cas de lourdeur avec les administrations. Ce que je retiens, c'est que souvent, c'est ce grain de sable dans les rouages qui fait péter l'individu au point de maudire le monde entier. Et ce grain de sable, c'est souvent ce problème de communication,ce relais qui ne fonctionne pas ou mal, quand on laisse le répondeur automatique s'ingérer dans les affaires humaines, à plus forte raison quand la personne dans le besoin est dans l'handicap. On ne peut laisser la machine nous diriger.La technologie est utile certes, mais pas pour être raisonnable ou compréhensive. Finalement tous nos problèmes ont à l'origine ce fameux grain de sable...Et pour te répéter comme tu le disais dans ton billet: "J'ai fini par accepter ce concept que l'autre n'était pas nécessairement un ennemi. Bien à toi AlainX

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    1. Merci, Bizak, pour ce commentaire si juste...
      C'est tout à fait cela. Le grain de sable qui nous fait exploser. J'ignore vers quoi avancera la jeune génération. Je ne serai plus de ce monde pour le voir. Mais l'informatisation et l'automatisation obligeant de plus en plus à faire toutes les démarches par Internet devient un véritable cauchemar dès qu'un grain de sable s'installe…
      Ma compagne a rencontré cela pour sa déclaration de cessation d'activité libérale. Une véritable galère. Tout devait se faire par Internet. Mais le site refusait obstinément de considérer comme valide le numéro de déclarant qu'elle entrait. Recommencé des dizaines de fois. Vérifié et revérifié. Et toujours le même message d'erreur… Il a fallu environ 72 heures pour réussir avoir quelqu'un au téléphone… (Évidemment avec un numéro surfacturé ou vous attendez des plombe quelqu'un.... qui ne décrochera jamais…) et qui a commencé par le prendre de haut : si vous n'êtes pas capables de rentrer correctement un numéro !… Pour finir par regarder de plus près et conclure : ah oui : il semblerait qu'il y ait un bug…
      un jour tout cela explosera la gueule de ceux qui ont conçu ces systèmes totalement dépersonnalisés. Peut-être même qu'un jour il sera impossible d'avoir quelqu'un physiquement au téléphone… je veux dire un véritable être humain… s'il en existe encore dans le monde du travail… avec l'extraordinaire progrès des voix synthétiques qui s'adaptent au discours de l'humain, on finira par ne parler qu'à des octets planqués dans le fond d'une armoire blindée à l'autre bout de la planète…
      heureusement : comme dit la chanson « et moi je serai mort mon frère »…

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  2. Voilà un type d'incidents que le paladin et moi connaissons bien.
    Toute la difficulté alors est de ne pas se livrer à des conjectures hâtives et des soupçons erronés. Faire confiance et se dire que tout cela procède d'une erreur de communication. Ce n'est pas si simple, et j'avoue ne pas y parvenir chaque fois. Je peux m'enflammer très vite, c'est mon petit côté amadou ;-)
    Heureuse et soulagée pour toi.
    Ton chemin est long, il n'est pas pavé de roses, mais il est beau ♥

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    1. J'ai beaucoup regretté mes soupçons erronés. Et même amèrement à titre personnel. Je suis peut-être prétentieux mais je me disais que ce n'était pas digne de moi d'avoir encore ce type de réaction. Il est vrai que cela tombait sur un terrain quelque peu fragilisé par d'autres problématiques plus « sérieuses ». Mais bon… j'ai toujours quelque peu présumé de mes forces. Ce fut d'ailleurs une nécessité. D'une certaine manière, si je me m'était pas cru "plus fort", peut-être que justement la force, la vraie, au final ne m'aurait pas été donnée… Et qu'au mieux je serais devenu « un légume » comme on avait dit à mes parents… sympa au final les médecins !
      la vie demeure un combat. La difficulté à éviter c'est de ne pas la transformer en guerre.

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  3. Bref tu as fait le cric... :)
    https://www.youtube.com/watch?v=RESYl6lSc44

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    1. ;-))
      Super le Bellemare !!
      Merci pour cet épisode de rire !!

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  4. Cette histoire, très bien racontée , aurait pu arriver à chacun d'entre nous. En tout cas elle m'est arrivée plusieurs fois. On se projette sur la suite d'un événement en imaginant plusieurs scénarii et l'on se trompe souvent. On imagine, on suppute.....Et puis la réponse est tout autre !
    Conclusion: ne pas trop s'en faire !!

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    1. Notre fonctionnement imaginaire nous joue souvent des tours... Soit on tente de le mettre dehors, soit en construit des scénarii pour de grands réalisateurs… le problème c'est d'arriver jusqu'à eux !…
      :-)

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  5. Charlotte26/4/17

    Tu as un sacré tempérament !Mais je trouve que tu te soignes très bien! Mon mari a aussi parfois ce genre de réaction au volant de sa voiture quand un connard lui fait une queue de poisson. C'est fou ce que moi je deviens calme extérieurement quand lui s'énerve exagérément.
    Tu as fait ton mea culpa donc tout t'est pardonné!

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    1. Évidemment, le problème sur la route est qu'il y a énormément de connards...
      :-)
      Heureusement qu'il y a nous, qui, c'est bien connu, conduisons tous excellemment !
      :-)

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  6. Tout est toujours et encore une question d'équilibre, comme dit mon pote Francis, entre les différents pôles de nos personnalités. Parvenir à pardonner, à comprendre, à garder son calme, à rester zen, sans avoir le sentiment de se "faire avoir". Tu as raison, c'est un long cheminement. En politique, notamment, tout accepter n'est pas forcément la solution...
    Ton paragraphe sur la bienveillance envers les enfants me touche particulièrement, cela ne t'étonnera pas.
    J'ai tellement rencontré de collègues qui parlaient comme des bouledogues à leurs élèves, quand ils ne les méprisaient pas, carrément. La bienveillance est une des clés de l'éducation. Le pôle opposé étant l'exigence, car il ne faudrait pas accepter n'importe quoi sous prétexte de bienveillance...Là encore, un subtil dosage est à trouver.
    Pour en revenir à ton histoire, il me vient à l'esprit les fameux accords toltèques, et notamment celui qui dit: « Ne pas faire de supposition » Il est clair que l'on se « bourre le mou » pour rien, la plupart du temps, les choses qui nous font souffrir ou nous mettent en colère ont une explication toute simple.
    Il nous faut juste un peu de patience...et essayer de nous débarrasser de nos a-priori, nos présupposés, et de l'idée que les gens n'ont qu'une envie: nous nuire.
    Je suis bavarde, mais c'est que ton billet remue beaucoup de choses...
    Bisous cher Babar
    Céleste
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Tout le monde est d'accord avec les accords toltèques, puisqu'ils sont une construction intellectuelle à base de bon sens commun. La difficulté est que notre psychisme en particulier notre inconscient est dirigé par d'autres moteurs bien plus subtils et qu'il faut des années pour les domestiquer. Quand on y arrive…
      Comme tu le dis, il faut une infinie patience, je dirais même une extraordinaire ascèse personnelle d'acceptation de nos limites et de nos comportements à la mords-moi le machin…

      Il me semble qu'il faut aussi prendre en considération les personnes qui ont pour objectifs précis et déterminés de nous « rouler dans la farine » pour en tirer un profit personnel à notre détriment. Tout le monde n'est pas beau et tout le monde n'est pas gentil ! Je suppose que tu en as l'expérience personnelle…
      En tout cas, moi j'ai un beau palmarès, directement issu de mes engagements combatifs, à l'époque où j'en avais encore les forces. J'y ai laissé plus que quelques plumes…
      Y renoncer par respect pour l'affaiblissement de ses propres forces est aussi une ascèse…
      bisous solidaires.

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    2. Oui j'en ai l'expérience personnelle.
      J'avais un peu trop tendance à faire confiance et à trouver tout le monde beau et gentil...
      mais je me suis soignée.
      Comme tu le sais.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    3. Oui, je le sais, j'en suis même quelque peu témoin. Garde précieusement le fond de ton regard de confiance, c'est une dimension que j'aime chez toi. Toute la difficulté est dans ce que tu dis "un peu TROP tendance".... C'est toujours un exercice délicat de trouver le bon ajustement, surtout quand l'autre avance masqué...
      Reste que la confiance partagée est peut-être la plus belle chose au monde....
      Bises confiantes.

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    4. :-)
      Je ne compte pas me départir de ce regard là, surtout si tu l'aimes...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  7. Anonyme27/4/17

    J'ai eu à vivre, dernièrement, une situation de ce genre et j'ai suivi exactement le processus que tu décris (pas mal décue de moi au final). Je suis arrivée chez ma dentiste plutot crinkée alors que de son bord elle n'avait aucune intention de me contredire. Heureusement cette histoire m'a appris qq chose sur moi... Réalisation que je suis généralement dans un état assez calme et serein ce qui fait que les moments ou je me laisse perturber par les événements ressortent clairement du paysage alors qu'avant c'était le contraire : agitation en général et moments de calme occasionnels.

    J'ai lu "La bonté humaine". J'ai beaucoup apprécié. Les situations peuvent différer totalement de ce que présentent les médias (Katrina par exemple)... évidemment il en est de meme aujourd'ui avec Damas, Pyongyang, etc... mensonges par dessus mensonges par dessus mensonges... tellement triste et dangereux tout cela. kéa

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    1. Je me retrouve assez bien dans ce que tu dis dans ton premier paragraphe. Je fus un grand agité, toujours sur le qui-vive est prêt à bondir. Si mon enfance peut expliquer ce moyen de défense nécessaire à ma survie, il fallait bien qu'un jour l'adulte « passe ailleurs ». Mais le passé nous rattrape toujours quelque peu suivant les circonstances et les occasions. Ainsi en est-il de ton exemple, du mien et de quelques autres relatés ici et là.

      « la bonté humaine » est un livre phare pour moi. Hélas, j'ai ce sentiment face à la situation du monde en général et de la France en particulier en cette période électorale, que plus que jamais cette phrase terrible et d'une actualité effarante : — « Le monde est mené par deux dynamiques : la peur et le mensonge ».
      Triste et dangereux comme tu dis.
      D'autant plus quand on constate que les comportements politiques, médiatiques et économiques vont tout à fait dans le sens de l'entretien de la peur et du maniement du mensonge, avec cette terrible réalité : plus c'est gros, plus ça fonctionne !

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  8. Je te comprends complètement, il m'arrive d'enrager contre moi-même après avoir attribué de mauvaises intentions à des gens, moi aussi...
    Oui, l'important c'est le chemin et non le but, mais bon sang, qu'il est long ce chemin, et comme on aimerait en voir les pétales de roses et non les ronces qui le jalonnent...

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    1. Comme tu dis, prêter de mauvaises intentions, alors qu'en réalité les gens sont animés d'intentions plutôt bonnes. (Pas systématiquement évidemment). Dans l'exemple que j'ai relaté c'est bien le cas. Cette société de matériel médical cultive le service du client/patient. J'en ai l'expérience depuis 15 ans. La négociation de la diminution de mon « reste à charge » est en cours, puisque les batteries ne sont plus sous garanties. Je ne peux pas exiger la lune, mais une solution satisfaisante pour chacun sera possible.

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  9. Depuis un an une société concurrente d'EDF a résilié pas moins de trois fois mon contrat chez mon fournisseur. Totalement à mon insu (je n'ai nulle part répondu à une enquête, ni signé quoi que ce soit). Je te passe le sentiment de révolte que cette histoire génère chez moi et ce que j'ai ressenti en août dernier en rentrant de vacance et en découvrant la lettre de résiliation d'EDF.Notre stupeur, notre incompréhension et plus le sentiment de n'être qu'un tiroir-caisse pour des gens sans scrupule, un "client" qui n'a pas droit à la parole, au choix, sauf celui de raquer là où on lui dit de le faire. Ma mère aurait hurlé au téléphone, serait rentrée "dans le lard" tout de suite, ma plus jeune soeur pareil. J'ai une démarche tout à fait différente. J'ai pu noter qu'avec une grande majorité de personnes la bienveillance provoque la bienveillance. En voiture par exemple c'est incroyable ce qu'un gentil sourire peut dégonfler l'énervement, l'insulte. J'en ai fait maintes fois l'expérience et je suis horriblement mal quand je dois voyager avec des gens qui s'emportent pour un rien et jure à tout va. Donc personnellement je m'efforce d'être bienveillante (même si un doute m'effleure quand je vois qu'en face ça traîne des pieds pour faire son job). Et puis je pense aussi que ça doit pas être drôle tous les jours de faire face à des clients/patients/usagers en rogne...les êtres humains sont fragiles.

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    1. En effet, on obtient plus par la négociation, fût-elle avec fermeté, que par l'affrontement brutal.
      Encore que… dans certains cas…
      Dans ce que j'ai relaté, ce n'est qu'intérieurement que j'ai assassiné tout le personnel de cette entreprise !
      :-)
      Au téléphone je fus d'une gentillesse ferme. De même qu'avec le commercial avec qui je négocie le montant de la remise qu'il appelle « geste commercial ». J'ai dit que j'aimais beaucoup les grands gestes !

      À propos de cette histoire de l'EDF, tu n'es pas la première personne qui me parle de choses de ce genre.

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  10. Je suis du genre à ne pas savoir râler. Je demande ce que j'estime être mon droit… et bien souvent je m'aperçois que cela ne marche pas ! Heureusement mon fils me "motive" par téléphone pour hausser un peu le ton… et je dois reconnaître que cela fonctionne mieux bien souvent que la gentillesse selon qui nous fait face ! Aujourd'hui même pour me faire rembourser une somme indûment réglée suite à une erreur de ma banque.
    Je comprends que tu te sois tourmenté suite à ce courrier qui "émanait" d'une machine !!! Les machines sont de plus en plus intelligentes et se mettent à "cracher" des âneries sans qu'un être humain ne puisse vérifier !!!!! L'excuse est de plus en plus utilisée par des sociétés à qui je conseillerais donc de mettre un robot pour surveiller le travail des employés humains !
    J'espère que tout rentrera dans l'ordre pour toi et que tu bénéficieras d'un grand et généreux geste.

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    1. C'est plutôt une bonne chose je crois de commencer « gentiment ». Ça peut fonctionner si 'interlocuteur est de bonne composition. Il me semble cependant qu'il y a de plus en plus une sorte de montée lente et sournoise d'une forme d'agressivité, largement employée par les grandes entreprises, administrations etc. Dans ces cas là je crois qu'il ne faut pas hésiter à monter le ton. On peut le déplorer, mais l'expérience démontre que c'est celui qui râle le mieux qui obtient le plus vite satisfaction. ( car « bien râler » est tout un art !)

      À propos des machines inhumaines. Il y a bien des années, je me souviens de ce collègue qui appelait je ne sais plus trop quelle administration. On était au début de l'informatisation. ( À une époque où on pouvait encore avoir quelqu'un au téléphone…) et l'interlocutrice de se justifier : « je n'y peux rien, c'est la faute de l'ordinateur ! » Et mon collègue de répondre — « bon, alors passez-moi l'ordinateur que je parle directement avec lui ! »…

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  11. Il est bon parfois de prendre du recul. J'ai vécu assez récemment une histoire qui m'a pas mal déstabilisée, mais au lieu de réagir rapidement (et agressivement), j'ai préféré réfléchir à ce qui s'était passé, et au lieu de me focaliser sur le côté négatif de la chose, j'ai préféré rechercher le côté positif. Et du coup, je me suis sentie mieux. J'ai désamorcé l'angoisse et la colère qui avaient commencé à monter en moi. Et je sais maintenant que cette personne avait pensé agir par bienveillance mais qu'elle avait été juste très maladroite (nous nous sommes expliqué depuis par écrit).
    En fait, ce commentaire un peu hors sujet par rapport au sens de ton billet, Alain, mais qui veut dire qu'il faut toujours prendre du recul et que les gens bienveillants existent, mais cela, je ne te l'apprends pas. (sourire)
    Bonne soirée.

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    1. Ton commentaire a le mérite de rendre compte d'une expérience très humaine de ta manière d'avoir géré cet incident relationnel.
      Je te reconnais là dans ta dynamique d'être et ta bonté bienveillante.

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  12. tout cela a du être bien désagréable - cependant il ne faut sans doute pas attendre de sentiment de la part de structures fonctionnant selon des procédures et des taches automatisées comme des administrations.Dès que madame Gentille voix intervient, les relations redeviennent de type humain...
    "Celui-là sera durement déçu qui s'ouvre et s'offre à tous, et quête de la bienveillance autour de lui. Ne pas trop attendre des autres ; mais n'en pas attendre trop peu. Cet homme capable de voler un morceau de pain, il est capable aussi bien d'offrir son dernier morceau de pain. Les hommes sont ainsi, mêlés de bon et de mauvais. Comme le ciel d'où nous viennent soleils et pluies, sourires et colères. Et au total, il faut quand même croire en l'homme." (G. Hyvernaud, lettre à une petite fille)

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  13. Oui, tu as raison, la "structure machine" déshumanise très vite. Par sa froideur elle crée des dégâts, surtout lorsqu'on se retrouve en situation d'être fragilisé pour une cause ou une autre.
    J'aime bien la citation. En effet il faut croire en l'homme, et j'y crois, parce qu'il possède en lui un potentiel de bonté et de bienveillance qu'il reçoit de sa propre évolution dans l'histoire de l'humanité. Mais une sale bestiole :-) reste toujours en nous ! Toujours prête à bondir…
    démêler en nous le bon du mauvais, un travail souvent à reprendre…

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  14. J’allais reparler des accords toltèques... mais Célestine l’a si bien fait... :-)

    Je crois que le chemin ne peut mener qu’à un mieux... non à une perfection ;-)

    Et je crois aussi que les blessures les plus profondes ne se referment jamais complètement...

    J’ai compris une de mes réactions en lisant ce billet et ses commentaires. C’est que ma blessure à moi, c’est l’indifférence. Parce que ma réflexion première dans ce genre de circonstance serait de penser que les gens se foutent complètement de ce qui peut m’arriver. Et je comprends donc mieux ma réaction de surprise quand on cherche à m’aider ou quand on est gentil avec moi. Et quand les gens sont « vaches »... je suis tout aussi surprise... mais du coup, ça désamorce complètement une quelconque colère que je pourrais avoir face à quelqu’un qui m’agresse.
    Ce n’est pas mieux ... mais ça me donne un recul intéressant en cas de crise. ;-)

    Et après avoir écrit ce commentaire... je me suis même dit que je n’avais pas de raison de le poster puisque ça parle de moi et que tout le monde s’en fout... ;-) Donc je poste quand même en lutte contre ma nature... ;-)

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