vendredi 28 juillet 2017

Évolution vs transformation. (tentative 1)


Ma vie préside d'une lente évolution comme l'arbre qui grandit et se déploie.

Dans mon jardin il y a un grand sapin. Il a commencé son existence chez nous dans notre salon il y a environ 30 ans. C'était ce qu'il est convenu d'appeler « un arbre de Noël » que nous avons ensuite planté dans le jardin. Durant 7 ou 8 années il ne s'est pas vraiment passé grand-chose. Quelques tout petits centimètres de verdissement à chaque printemps. C'était tout. Guère de croissance. Probablement que tout ce temps lui fut nécessaire pour se transformer personnellement. Comprendre ce qu'il en était de sa destinée. Il était né en pépinière, son destin était tout tracé, sa vie serait courte. Il subirait une transplantation en pot avec quelques racines. Il séjournerait dans le salon d'une famille, ferait sans doute la joie de quelques enfants, abriterait sous ses branches des cadeaux de Noël. Et puis s'en serait terminé. Il aurait comme tombeau une benne pour déchets végétaux. 
photo du net

Et voilà qu'il se retrouvait replanté, après avoir été transplanté. Quelque chose d'imprévu s'offrait à lui. Il avait sagement appris dans sa jeunesse à être conforme à ce que l'on attendait de lui. Un simple ornement pour Noël et ce serait tout. C'était un destin un peu court, mais on lui avait fait comprendre qu'on ne choisit pas. D'ailleurs, tous ses frères et les autres de la pépinière avaient parfaitement accepté. Pas un seul ne dérogeait à la règle commune, et chacun se souvenait de ce sapin qui avait voulu n'en faire qu'à sa tête… qu’on n'avait pas tardé à lui couper. Que les autres se le tiennent pour dit ! Et puis, de quoi pouvaient-ils se plaindre tous ces sapins à qui était promis à un destin merveilleux : faire la joie des enfants par le don de leur vie ! N’était-ce pas s’assurer un paradis  au royaume des conifères ?

Il prit plusieurs années pour réaliser qu'un plus grand destin l'attendait, tout à son étonnement que, - par il ne savait plus quelle magie  - il s’était retrouvé dans cet environnement inconnu jusque là, voisinant avec des confrères curieux qui ne lui ressemblaient pas tout en étant de bois. Il existait donc des semblables, mais différents ? Ainsi donc le monde vivait de diversités, qui ne se montraient pas nécessairement hostiles ? Personne ne lui voulait de mal, nul ne lui faisait de l’ombre.

Peu à peu il accepta l’idée que devenir lui-même et se développer, ne pouvait nuire à personne, mais au contraire enrichir un bel ensemble arboré auquel il se sentait désormais appartenir. Il avait trouver sa terre d’adoption. Il pouvait accepter de devenir un sapin majestueux qui irait tutoyer le ciel et pourrait prendre la pleine mesure de ses possibles. Cela ne gênerait personne, bien au contraire. Alors il se mit à grandir et se déployer dans le respect de sa nature profonde qu'il découvrait au fur et à mesure qu'il allongeait ses branches et faisait grandir son tronc.
photo du net

Voilà maintenant 30 ans que lui et moi avons fait cette découverte ensemble au fil des ans.

Voilà maintenant 30 ans que je me suis mis à l'écoute de ce sapin et de sa sagesse.

. Il m'a appris l'indispensable équilibre entre verticalité et horizontalité. 

. On ne peut monter haut sans une base solide. 

. On ne peut communiquer avec les étoiles que les pieds enracinés dans sa propre terre nourricière.

.On ne peut progresser sans une introspection intelligente qui s’est affranchie de l’ego pour accéder à l’Être.

21 commentaires:

  1. Il semble que ce texte soit une tentative... C'est une splendide métaphore, qui parle d'origine, de destin, et de résilience. Une magnifique leçon de vie. Merci.

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    1. oui, c'est bien cela....
      Ce n'était pas prémédité, c'est venu parce qu'on se remémorait qq souvenirs avec ma compagne.... (c'est notre anniversaire de mariage) et on se demandait qu'elle était l'année où on avait replanté ce sapin de Noel !
      Et le texte m'est venu "comme ça" .....

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  2. On ne peut communiquer avec les étoiles que les pieds enracinés dans sa propre terre nourricière.
    C'est tellement vrai...et tellement ce que je ressens. Merci Alain pour ce texte qui me parle.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Je ne suis pas étonné qu'il te parle....
      Ecoute-le jusqu'au bout !

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    2. Je l'ai lu, relu écouté et réécouté.
      Oui il me parle beaucoup.
      Jusqu'au bout♥︎
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  3. Un Jonathan Livingstone végétal ? Le texte est riche de métaphores et de symboles...
    Je comprends mieux mes vains messages aux étoiles, mon équilibre si précaire qu'une brise le brise, la où la bise ne le surprend pas ; sans horizontal, adieu le vertical...
    Tous ces principes aux vues d'un arbre...
    Merci mille fois

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    1. "équilibre précaire" dis-tu.....
      l'équilibre n'est-il pas sans cesse une sorte de marche allant de déséquilibres en ré-équilibres ? Comme le funambule sur ton fil d'acier. lesté de chaque côté de poids (ses forces en quelque sorte), il ne tombe pas mais progresse.....
      A moins qu'il ne faille reprendre le roseau de ce cher La Fontaine....

      Tu me sembles avoir plus d'équilibre personnel que ce que tu en dis....

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  4. Une histoire imagée et en même temps pleine de sens...
    On découvre et apprend beaucoup du monde qui nous entoure...
    De chaque vie en chaque chose...

    Je trouve très belle l'histoire de ton sapin et de ce qu'il y a pu éclairer en toi...

    Bises !
    Ju'

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    1. Tu as raison sur l'apprentissage.
      Cela suppose une ouverture à se laisser enseigner.
      Ce que tu sais vivre il me semble

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  5. Anonyme29/7/17

    Jolie métaphore, aussi parlante que le poussin qui brise enfin sa coquille, le canard qui se découvre cygne, la chenille qui en a assez de ramper et épanouit tout son potentiel. J'espère que l'humanité en tant qu'entité en fera autant bientôt !!!... Il peut y avoir des ratés, mais ce ne serait pas dans la nature des choses! Sauf que l'humain, contrairement aux autres espèces, peut se complaire dans l'ignorance de sa propre nature. kéa

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  6. L'humanité est en gestation. Il y a si peu de temps qu'elle a commencé....
    Les personnes que j' ai croisées, vivant comme tu le dis, "dans l'ignorance de leur propre nature" sont en général plutôt malheureuses.... Sans doute faut-il du temps pour accepter que nous ne somme que "nature"... Et que la respecter, c'est se respecter.

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  9. De passage sur ton blog où je ne suis pas venue depuis... houla... :) et comme d'hab, je prends plaisir à lire ton texte qui donne une "pensée" à son arbre de Noël. S'il n'a pas trop bougé au départ c'est qu'il a du se dire "tient, c'est bizarre, mes racines ne touchent plus le pot, qu'y a t'il donc au loin ?". Poussant ses racines toujours plus loin, il s'est dit "si je trouve de l'eau, je serais autonome et je pourrais pousser plus haut". Et il a trouvé ce qu'il cherchait. Alors, il s'est dit : "maintenant, je peux grimper au plus haut et développer mes branches sans risque de manquer de nourriture". C'est comme un enfant qui a un déclic parce qu'on lui donne ce qu'il attendait et cela lui permet de grandir encore et encore de manière exponentielle parce que grâce à cet apport, on lui a montré sa voie. Je ne m'exprime pas aussi bien que toi mais ton texte est excellent et devrait être étudié dans les écoles ! ;)

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  10. Charlotte2/8/17

    Et qui sait, avec le réchauffement climatique; tu pourras peut-être bientôt fêter Noël dehors, au pied de ton sapin .En Afrique comme il n'y avait pas de sapin, on tentait de mettre dans le salon un petit palmier !!!. Le pauvre il n'aimait pas çà du tout...
    Ce que j'ai appris de tout çà :il ne faut pas rester enfermé à l'intérieur !

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  11. J'ai le même au fond de mon pré ! Si ça se trouve, il s'est posé les mêmes questions que le tien. Je devrais aller lui parler un peu plus souvent, c'est vrai que je le néglige un peu celui-là, il n'est pas tout près de la maison. Il aurait pourtant je suis sûre tout plein de choses à me dire. Je vais le considérer autrement dorénavant. Dès demain matin, je vais aller lui parler. :-)
    Merci Alain pour cette histoire pleine de sens.

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  12. Que dire? Sinon que c'est un texte qu'il faudrait absolument proposer à des enfants, pour qu'ils en parlent, en débattent et que l'enseignement profond et nécessaire qu'il contient les pénètre.

    Pendant des années nous aussi avons acheté des sapins en pot que nous donnions à un collègue de mon mari qui habite la campagne et possède un "jardin" immense mais qui était tout nu. Nombre de ces sapins sont morts d'avoir les racines trop courtes mais une dizaine a survécu et fait aujourd'hui un début de forêt. Quelque part ces survivants me mettent du baume au coeur car j'ai de la douleur à la pensée de leur courte vie. Depuis cinq ans malgré les cris de ma fille nous ne faisons plus de vrai sapin, nous avons acheté un artificiel sur lequel je pose quelques gouttes d'essence de pin de Sibérie pour avoir ce délicieux parfum de Noël et que l'on replis comme un parapluie quand les fêtes sont passées.

    Merci pour ce beau texte cher Alain

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  13. J'espère être comme ce sapin ! Un vrai sapin et non un mouton !

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  14. Ce sapin à bien de la chance d'être venu chez toi. Il ne le savait pas mais même trente ans après tu lui donnes des faveurs bien plus consequentes qu' à la Noël avec les enfants. Mes sapins n'ont pas tous subi les mêmes réflexions. Certains ont donné des signes de dynamisme d'emblée dès que le printemps arrivait puis s'etiolaient comme pour dire que j'avais trop d'ambition pour eux. D'autres ont vécu la richesse de vie du tien mais je les voyais beaucoup plus heureux par rapport à leurs copains de pensionnat et fiers de nous montrer leur plaisir de continuer leur vie à nos côtés. Lorsqu'il y a deux ou trois ans l'un d'eux est parti pour vivre Noël collectivement, tout en majesté, Number Two, qui l'a vu partir, était ému comme un enfant qui perd quelque chose de precieux.
    Le beau sapin a eu deux fêtes de Noël où il fut mis en valeur par la magie que chacun donne à l'événement mais entre les deux , combien de fois je l'imaginais faire la nique à tous ceux qui l'ont abandonné pour tant et tant de raisons.

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  15. j'ai reconnu dans ce texte métaphorique bon nombre d'humains qui végètent et parmi eux quelques uns se hissent au dessus de la foule.... MERCI

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  16. MERCI À CEUX QUI ONT COMMENTÉ ET AUXQUELS JE N'AI PAS RÉPONDU.
    en lisant Le billet suivant, vous comprendrez pourquoi je suppose.
    Encore merci à tous d'avoir commenté.
    J'y suis sensible.

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