J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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lundi 21 août 2017

Sans doute un délire…

J'avais décidé de m'installer à l'ombre d'un doute.
À force de regarder les certitudes que d'autres annonçaient dans la lumière, j'étais aveuglé par trop de vérités qui me semblaient tellement frappées au coin du bon sens, qu'elles me donnaient la migraine.

Je me suis donc mis en quête d'un doute.
Un doute unique et solitaire que je pensais trouver facilement dans la ville, écrasée par des lumières. Malheureusement, la plupart des citadins ne doutent de rien. Ils savent tout, puisqu'ils habitent là où réside la connaissance dans des bâtiments construits pour cela.

À la sortie de la ville, s'étalait la campagne. Dans ces étendues paisibles de la plaine cultivée je trouverais certainement. Entre un champ de blé et des coquelicots, devaient bien pousser quelques pensées sauvages à l'allure bleutée que le vent doit secouer jusqu'à les faire douter d'elles-mêmes.

Après une longue marche durant des kilomètres et des kilomètres, sous le soleil accablant et l'atmosphère humide, j'aperçus au loin une forme étrange. Elle montait de la terre. Enfin c'est ce qu’il me sembla. À moins qu'il ne s'agisse de la vapeur d'un mirage. Ne portant nul chapeau ou couvre-chef quelconque, mes neurones étaient presque portés jusqu'à ébullition. De cette grisaille noire, étrange, informe, qu’une ondulation hypnotique empêchait mon regard de regarder ailleurs, sortit tout à coup un doute terrible presque effrayant qui progressa vers moi et me couvrit de son ombre. Figé sur place, je ne pouvais remuer ni le petit doigt, ni le gros orteil.

Voulant pousser un cri, j’ouvris la bouche mais rien ne sortit. Au contraire, l'ombre du doute pénétra jusqu'au fond de ma gorge, descendit dans mes poumons amenant instantanément une difficulté à respirer.  L’ombre me serra le cœur qui se mit à battre la chamade. Mes jambes furent prises de tremblements que mon esprit ne parvenait pas à contrôler. L'ombre du doute se noua dans mon ventre qui devint dur et douloureux.

Figé sur place, incapable du moindre mouvement, j'attendis.

À l'heure où vous lirez ces lignes, sachez que j'attends toujours.

Maurizio



22 commentaires:

  1. Je ne doute pas (je sais c'est pas bien) de ta capacité à douter, mais j'ai une certitude (je sais c'est signe de folie), ton image est glauquissime, et je comprends bien qu'elle t'ait inspiré ce conte glaçant. Mais à ce que je connais de toi, je te crois capable de faire le choix qui te sortira du doute.

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    1. À n'en pas douter, j'ai une certaine fascination pour l'œuvre de Maurizio Cattelan. Mais je doute qu'elle ne te plaise.
      Avoir quelques certitudes me semble un signe d'évitement de la folie. Le doute me saisirait de penser que tu en aurais sur tout et son contraire. C'est cela et cela seul qui serait inquiétant...!
      ;-)

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  2. Un vraiment cauchemar à la Maurizio ...., Alain, mais tu trouveras très certainement une sortie à ce cheval enclavé dans ton hésitation.
    Tu nous diras !

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    1. Un cauchemar vraiment à la Maurizio, c'est mieux !!

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    2. Pourquoi tu rectifies ? Le « vraiment cauchemar », cela me plaît bien…
      À force de se taper la tête contre les murs, le cheval est passé à travers.
      Pour moi pas de problème : il suffit que je rue dans les brancards !

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  3. Tu as quand même une belle puissance d'écriture, n'en doute pas...
    Mais tu vas dire que je ne suis pas objective.
    L'amour est-il objectif ?
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Merci pour l'appréciation !
      L'amour est-il objectif ? Déjà que l'œil du photographe n'est pas toujours objectif !
      Alors, l'amour !
      C'est quand même embarrassant : car alors tu sous-entends que je n'ai pas de puissance d'écriture !
      Et bien, moi je t'assure de ne pas en douter, je ne suis pas impuissant…
      et ça, c'est de l'amour vérifiable ! Objectif en quelque sorte…
      ;-)))

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    2. Faut pas décortiquer tous mes mots comme ça... ;-)
      Moi je vouais juste dire que je t'aime, c'est tout
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  4. Étrange ce texte: tu nous emmènes dans un rêve, ou est-ce un cauchemar?
    Ce doute dont tu parles... est-il existentiel? du genre: est-ce que je vis? ou suis-je aux frontières de la mort?
    est-il d'un genre plus léger: comme si tu doutais d'une décision que tu as prise?
    serait-il un simple délire, comme si tu t'étais laissé aller à écrire en laissant venir ce qui vient?


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    1. Et bien, voilà des questions auxquelles je ne doute pas tu trouveras une réponse…
      pour te mettre sur la voie, la dernière phrase me semble correspondre à une certaine réalité quelque peu douteuse par ailleurs. Mais, quand on doute du doute… il n'y a plus d'ombre qui soit.

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  5. Charlotte23/8/17

    J'aime quand tu délires...
    Es tu toujours là à attendre ? Attends moi, j'arrive au grand galop
    Nous pourrions aller voir ce qu'il y a de l'autre coté du mur...
    Sans aucun doute il y a quelque chose... Mais quoi?

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    1. Je ne suis pas contre de traverser…
      la vie est toujours plus intéressante quand on franchit des murs !

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  6. Ce doute est un cauchemar, ne peux-tu trouver ne serait-ce qu'une petite certitude allumée pour te guider là où le doute n'est plus permis?

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    1. Si, si...
      Par exemple, j'ai la certitude que tu écris d'une très jolie façon…

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  7. Il est confortable parfois de s'installer à l'ombre d'un doute, mais celui dont tu nous parles est carrément cauchemardesque !

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    1. Il l'est en effet !!!
      Faisait trop chaud !!
      Même à l'ombre d'un doute !
      ;-)

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  8. Anonyme29/8/17

    Le doute est à la périphérie, la Certitude au centre. Le doute torture, la gratitude submerge. kéa

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    1. c'est joli et juste, ce que tu dis là !

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  9. Anonyme29/8/17

    Très belle description de ce qu'est le doute qui nous piège et nous paralyse ! kéa

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  10. Mieux vaut le doute que les certitudes. On se donne au moins les chances d'avancer. Le doute ouvre des portes, les certitudes les ferment !

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    1. Il semblerait que tu aies la certitude que le doute permet d'avancer !
      ;-)

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