J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
*

Pour éviter les difficultés à commenter : créez un compte Google gratuit en cliquant ici

, facile et cela n'engage à rien. Vous n'aurez plus à prouver que vous n'êtes pas un robot !


lundi 11 décembre 2017

Compression du temps (consigne de Lakevio)





La consigne du Lundi chez Lakevio




Jeu - devoir à consigne N°5 - Témoignages croisés. 
Sur ce tableau à trois personnages, donnez la version de chacun sur la scène.










Compression du temps


Gloria (à droite - jeune) — Jamais, non, je crois que jamais je ne me suis sentie aussi bien. Être contre lui, ma tête dans son cou, me laisser aller. Et son bras si fort, si puissant, si protecteur et qui m'entoure. Je suis à lui. Définitivement. Il fera de moi ce qu'il voudra. Les mauvais jours sont terminés. Je savais bien que je me sortirai des griffes de l'autre. Je savais qu'un jour il viendrait : mon sauveur, mon ange gardien pour toujours. Quand il a planté ses yeux dans les miens, mon âme s'est mise à chanter une mélodie douce qui a vibré dans mon ventre. Ma poitrine s'est emplie d'un air frais, printanier, comme une brise douce qui va dissiper tous mes nuages. Il était là, enfin, ce bonheur dont j'avais presque désespéré, le voici. Pour toujours. Avec lui.


Douglas (en chemise crème) — Bon sang, cette môme, c'est vraiment inespéré ! Si j'avais raconté ça à Erwan il m’aurait ri au nez, ce con. Et pourtant, mon pote, elle est dans mes bras. Hein ! Qu'est-ce que t'en dis ? Tu n'en dis rien, parce que tu ne sauras jamais. J'suis accroc. Total. Elle me rend dingue.  On va se tirer. Loin, très loin, très très loin. On tourne la page. Et même, bien mieux que cela, on brûle le livre. On repart. Même pas à zéro, on repart à  moins cent. Elle et moi, on est à l'origine du monde. Fini les plans foireux, les flics à mes trousses, les maisons de correction et tout le bordel de cette société pourrie. On se tire ! On aura quatre enfants, ou cinq. Et pourquoi pas six ! Ils seront éduqués hyper correctement. Je braquerai des banques s’il le faut pour leur assurer des études dans les meilleures écoles, les plus chères. Ah non, Putain ! J'ai décidé de me ranger des voitures de me refaire une conscience. J'allais presque l'oublier.


Gloria (à gauche - vieille) — Et dire que c'est ici qu'on avait tout décidé ! Il y a si longtemps maintenant… il me reste mes yeux pour pleurer, la bouteille de pinard et le verre ballon pour essayer d'oublier. J'y avais cru, naïve et bête que j'étais. La bonne étoile, les faveurs du ciel : foutaise ! Ma mère avait raison : « ma fille, on est là pour souffrir et crever tout seul ». Douglas, mon Douglas, où es-tu mon amour ? Je reviens ici chaque semaine. J'espère encore te voir entrer, j'espère encore te voir planter tes yeux dans les miens, j'espère encore que l'on pourrait tout recommencer. Tu sais ? Comme tu me l'avais promis ? Mais si, souviens-toi. Tu avais dit qu'on serait seuls au monde, rien que nous deux.

Seule, je le suis ce soir, mais sans toi. Douglas, mon Douglas, même si je suis devenue vieille et laide,  je t'en prie ouvre la porte de ce bistrot. Viens, que je puisse me blottir dans ton cou.

33 commentaires:

  1. je suis seule ce soir, avec mes rêves... et mon gros rouge qui me donne des visions ;-)

    RépondreSupprimer
  2. C'est génial ! j'adore ce point de vue. Merci, Alain.

    RépondreSupprimer
  3. Tu réussis à faire de ce tableau un peu crasseux une histoire de femme déchue et déchirante... Chapeau!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il me semblait que l'œuvre elle-même sentait la tragédie… et à tout le moins l'échec……

      Supprimer
  4. Je la trouve pas si vieille que ça, Gloria.
    Elle ferait mieux de tourner la page et d'arrêter de s'accrocher à ce type qui n'a pas vu quels trésors elle cachait sous son apparence légèrement ridée.
    Il ne la mérite pas, et la môme subira le même sort dans quelques années... ;-)
    ¸¸.•*¨*• ☆

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Laquelle ? Celle sur la banquette ?... D'une certaine manière il n'y a que ce seul personnage....
      Toute sa vie de femme y est contenu.
      Elle jeune et Douglas ne sont qu'une projection du passé dans le tableau.
      D'où le titre.
      Elle fait effectivement le constat d'un échec annoncé dès l'origine.

      Supprimer
    2. Oups ! oui désolée, à ton éclairage je comprends que mon interprétation n'a pas tenu compte du titre.
      Je suis restée basique, quoi...
      Du coup, ça ne change quand même pas le fait qu'il l'ait laissé tomber une fois vieille... ;-)
      ¸¸.•*¨*• ☆

      Supprimer
    3. Quand l'a-t-il laissé tomber… elle dit : « il y a longtemps déjà ».... mais avec ce temps compressé… et ce que l'on sait ?

      Supprimer
    4. Tu as raison, j'ai fait une lecture complètement erronée de ton texte. Zéro pointé !
      En revanche, pour me rattraper, je viens te dire que ta nouvelle bannière est simplement merveilleuse et me parle beaucoup.
      Toi, mon arbre...
      ¸¸.•*¨*• ☆

      Supprimer
    5. Comme tu le sais c'est l'arbre de mon avatar... Mais là, il est en grand !
      Merci pour la dernière phrase.....

      Supprimer
  5. C est vrai que finalement c est assez mystérieux et ton interprétation est juste... Vraiment bien.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est que j'adore me glisser dans une faille temporelle !

      Supprimer
  6. Très belle interprétation .
    Toute une vie résumée dans ce tableau...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est ce qui m'a frappé. La mère et la fille semblaient tellement « clonées ».... que j'ai opté pour un seul personnage féminin en jouant sur une dimension temporelle.

      Supprimer
  7. que voilà une vue bien sombre de l'amour!
    Bien sûr c'est de la littérature, et quand on écrit, on a les droits de voir les choses en noir...
    ;-(

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Aussi sombre que le tableau est glauque…

      Supprimer
    2. Et j'ajouterai… est-ce qu'il s'agissait vraiment d'amour ?
      De passion… peut-être… !

      Supprimer
    3. c'est vrai! ils'agit sans doute de passion, et celle-ci on le sait est éphémère...et s'effiloche à la moindre difficulté
      j'ai confondu quelque peu le personnage un peu primaire tel que tu en parles, et l'auteur (toi donc) qui prône l'amour qui dure
      ;-)

      Supprimer
    4. Tu veux parler de Douglas ?
      je prône l'amour qui dure ? Je me contente de parler de ce que je vis. Il se fait que mes amours sont plutôt du genre durables ( pas tous…)
      Je donne tant que cela l'impression d'un vieux Kato qui prône l'indissolubilité du mariage ?
      ;-)
      Pauvre image de moi !

      Supprimer
  8. C'est retour vers le futur que tu nous fais ! La distorsion du temps, j'adore !
    Quelle bonne idée !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce genre d'histoire, comme les voyages dans le temps, ça m'a toujours fasciné… au moins lorsque j'étais jeune…
      j'ai un peu adapté le truc !

      Supprimer
  9. Un vie est passée ! Un rêve s'est envolé. Reste la bouteille de gros rouge....C'est dur la vie !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hélas, ce n'est pas toujours ce que l'on avait envisagé…

      Supprimer
  10. Elle est moche et sinistre, l'atmosphère de ce tableau... Tu as réussi à lui donner un supplément de vie... Même si la vie projetée n'est pas rose mais plutôt rouge comme le ballon (ou noir, c'est noir, même)...
    Quel talent !
    Bonne soirée à toi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est intéressant ce tableau comme support pour une consigne....Mais je ne l'accrocherai pas dans mon salon…
      :-)

      Supprimer
  11. Deux travestis se disputent un jeune nigaud.

    RépondreSupprimer
  12. J'ai beaucoup aimé cette idée que tu as eue d'installer sur ce tableau deux niveaux-temps... mais quel désespoir, même si Douglas a des espoirs de miracle, tout recommencer avec pour seule différence une autre femme, aussi naïve que le fut la précédente...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En effet, ce tableau m'a donné le sentiment de cycles successifs, à chaque fois plus ou moins funestes...
      hélas !…

      Supprimer
  13. Tu as rendu Gloria moins dure que moi je ne la voyais ! =)
    J'aime bien l'idée que tu en as fait de ce tableau !!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci ! J'ai tenté un peu d'originalité…

      Supprimer

Pour éviter les difficultés à commenter : créez un compte Google gratuit en cliquant ici
, facile et cela n'engage à rien. Vous n'aurez plus à prouver que vous n'êtes pas un robot !

Si vous avez des difficultés à poster un commentaire ou si celui-ci n'apparaît pas, vous pouvez me l'adresser par mail (voir mon profil).
Merci.
Je le publierai en votre nom.