mardi 17 avril 2018

La photo de l'année ???



Ceci est la photo  prise par Ronaldo Schemidt qui a reçu le prix du World Press Photo.
Au cours d'une manifestation avec affrontements violents, et suite à l'explosion  du réservoir d’essence d’une moto de la Garde nationale, le jeune manifestant se transforme en torche humaine. 

Coup de bol magistral : le photographe est là pour fixer la scène !
C’est la photo de l’année !

La présidente du jury, Magdalena Herrera, a justifié son choix en déclarant que « la photo de l’année doit raconter un événement. Elle doit aussi soulever des questions… Elle doit nous parler et montrer un point de vue sur ce qui s’est passé dans le monde cette année. C’est une photo classique, mais elle a une énergie et une dynamique instantanées, des couleurs, du mouvement et elle est très bien composée. Elle a de la force. »

Voilà, voilà ! Si, si, elle a déclaré exactement cela… mais oui je vous l'assure !
Étonnant, non ?

Voici deux autres images que le jury avait sélectionnées.




C'est vrai que ces deux images inspirent de la compassion. C'est un peu ringard, et puis ce n'est pas une image « assez forte » a estimé Madame la présidente.
C'est statique et banal, ça manque de nouveauté, et pas des belles couleurs ni des mouvements artistiques… 
C'est vrai qu'un type  en feu qui court, ça en jette. On dirait presque de la photographie de plateau de tournage d'Apocalypse now de Francis Ford Coppola ! Franchement, il y a de la couleur, c'est même assez esthétique finalement. Le ton rouge domine, comme le feu, le mur de briques rouges aussi
c'est quasiment meilleur qu'une photo posée en studio. Celui qui a réalisé ce chef-d’oeuvre photographique  est un véritable artiste ! Il faut s'incliner devant lui. Respect, mec !

Évidemment, mec de mes deux, tu aurais pu déposer ton appareil photo, courir au secours de ce manifestant victime, tenter de le secourir, mais non, tu justifies parfaitement la manière dont tu t'es comporté :
«J’ai été guidé par l’instinct, c’était très rapide. Je n’ai pas arrêté de déclencher avant de réaliser ce qui se passait »
ah bon ? Tu réalisais pas ?

Ah ! L'instinct de Ronaldo Schemidt Quelle bête !
 Tu as raison, tu fus très animal en quelque sorte…Peut-être as-tu pensé  ou ton inconscient a pensé pour toi :  « Putain ! Je vais faire la photo du Siècle ! Succès assuré ! »

C'est sans doute pour cela que tu as déclenché instinctivement, parce que dans ton cerveau conditionné depuis des années par ton fulgurant désir de célébrité, tu ne fais que rêver à une situation comme celle-là, à la perspective d’être publié et d'avoir le premier prix d'un jury. Ne me raconte pas d'histoire on sait bien que tous les photographes de reportages en rêvent… Faire LA photo. Alors Putain ! Quelle belle occasion ! Pas question de secourir ce pauvre type ! Déclencher, déclencher, déclencher… et surtout envoyer très vite la photo à tous les médias… Fallait vraiment pas faire le con à ce moment-là et surtout ne pas se comporter en humain qui tente de secourir son semblable  ! Surtout pas !! Professionnel ! Vas-y  ! à l'instinct Coco, à l’instinct !
Putain !  Quel succès !

Et Madame la présidente du jury Magdalena Herrera,  qui a l'audace d’oser justifier son choix par les propos  cités plus haut. ( « une énergie et une dynamique instantanées, des couleurs, du mouvement »). Je vous rappelle, madame la présidente, que le type est en train de cramer, souffrir, qu'il fuit en panique, et qu'il va peut-être mourir …. Et pour vous : c'est magnifiquement photographié !

Moi, madame la présidente, j'aurais honte de tenir de tels propos… inhumains… Comment pouvez-vous être tombée aussi bas ! ?
Vous avez quoi dans le cerveau ? un Polaroïd ?

Mais que voulez-vous, la fonction crée l'organe… la fonction crée la connerie…
Plus c'est horrible, plus il faut montrer.
et Madame la présidente a une devise qui a le mérite de la simplicité idiote :
 plus c'est horrible… plus  c’est artistique…Plus ça mérite le 1er prix !

On vit dans une époque merveilleuse.

N’est-il pas ?

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EDIT : Grâce à un commentaire, je m'aperçois que j'ai commis une coquille à propos des noms. Confondant le nom de la victime et  celui du photographe. J'ai donc bien évidemment rectifié mon texte et je m'en excuse auprès  des lecteurs.
(ma source : Télérama — mais c'est bien moi qui avais commis l'erreur…) 

31 commentaires:

  1. Je comprends ton indignation, moi qui me précipite pour soutenir la moindre personne qui trébuche autour de moi.
    Je suis consternée par toutes ces photos horriblement spectaculaires. Je les fuis. Ainsi que les vidéos du même acabit.
    Une partie de l'humanité est devenue voyeuriste et se complaît dans la violence bien installée sur son canapé.

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    1. Ce qui m'inquiète cette cette forme de « mauvaise exemplarité » qui aboutit à ce que un certain nombre de jeunes inconscients provoquent volontairement des situations de danger pour des personnes humaines afin de pouvoir les filmer avec leurs Smartphones et les diffuser sur des réseaux sociaux, histoire de faire du buzz.
      On dit souvent que l'exemple vient d'en haut…

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  2. Secourir... perso j'ai rarement à la main l'épaisse et grande couverture qui me permettrait de tenter d'étouffer de l'essence enflammée...
    Je me souviens aussi de cette autre photo primée http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/07/26/une-si-pesante-image_3454254_3246.html

    Est-ce que Capa n'aurait pas dû témoigner de la guerre d'Espagne? Se jeter devant le soldat républicain qui se prenait une balle et mourir à sa place?

    Ce n'est pas le photographe qui crée l'horreur du monde... Il en témoigne.

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    1. Ce n'est pas le photographe qui crée l'horreur du monde... Il en témoigne.
      La question que je me pose, en tant que simple être humain, est :
      Est-ce que si j'avais été témoin de la scène, j'aurais sorti mon Smartphone pour faire des photos ? Et est-ce que, afin de témoigner de l'horreur du monde, je les aurais aussitôt balancées sur un réseau social ?
      Peut-être ! Nul n'est parfait !
      Mais, « à froid », à mes propres questions je réponds très fermement NON ! ma conscience m'aurais interdit d'agir ainsi... en tout cas je l'espère…
      Mais chacun a sa propre conscience... Ou des réflexes instinctifs… comme dit le monsieur Photographe professionnel.
      Je suis très favorable au journalisme d'investigation. Je le suis beaucoup moins au journalisme du voyeurisme primé.
      Mais comme tu dis souvent, cela n'engage que moi évidemment.
      C'est bien pour cela que j'ai fait mon billet. Une forme d'engagement personnel.

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  3. Totalement d'accord avec ton coup de gueule, Alain. Ce sensationnalisme à tout prix est méprisable. Tout est com'. C'est le coup de com' permanent. De l'image qui en jette, de la mise en scène en lieu et place de la réalité, du slogan à la place de la pensée. Et les gens adorent, ils en redemandent. Tout se raccourcit désormais à l'expression la plus triviale, celle qui résonne immédiatement avec notre cerveau reptilien.
    La photo de cet homme en feu, celle qui a eu le prix, me met aussi en colère. Plus de 500 000 ans d'humanité,d'"évolution", de "Progrès" pour en arriver à ça...
    (J'ajoute, en incise, que Capa a aussi mis en scène "sa" guerre d'Espagne. La célèbre photo de l'homme tombant sous les balles est une reconstitution (étudiée maintenant par le menu dans les écoles de photo). C'est un exemple célèbre dans le métier de photoreporter de guerre que l'on débat toujours : témoigner d'une réalité par une reconstitution réaliste est-il mentir au public? Est-ce un fake? Ou alors est-ce mieux de montrer la réalité crue pour informer - sans bien sûr lever le petit doigt pour aider... PRESS écrit en gros sur ton gilet pare-balles te donnant une totale immunité.

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    1. C'est vrai qu'aucun reporter n'a jamais été tué dans l'exercice de son métier... :-/
      J'imagine que Capa a aussi mis en scène le débarquement sur les plages de Normandie? C'est vrai, il aurait pu repêcher tous les soldats qui n'atteignaient pas la plage, m'enfin... ;-)

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    2. D'ailleurs, à moins que ma mémoire ne me fasse défaut, il me semble que Capa est mort en sautant sur une mine en pleine guerre d'Indochine. A moins que ce ne soit le résultat d'une mise en scène ;-)

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  4. @ La Baladine : Chère madame, tout doux, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je ne parle pas du débarquement allié mais de la guerre d'Espagne. Renseignez-vous sur Capa et la guerre d'Espagne. Pas à la télé, pas à la radio, pas chez les idéologues et les experts en tout. Chez des vrais photographes de reportage de guerre.

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    1. Rien n'a jamais été établi formellement. Et Capa était bien sur place, sa compagne est d'ailleurs morte écrasée par un char républicain, non?
      Et les vrais reporters de guerre meurent régulièrement sur le théâtre de leurs activités. Immunité, vous avez dit immunité?
      Rassurez-vous, je suis toute douce ;-)

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  5. Exemplaire ! Un société qui se porte bien. On y trouve tout: l'égoïsme, la violence, le goût pour la sensation, l'irresponsabilité. Quelle drôle de société.....Mais on en fait parti !!

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    1. On en fait parti, mais on n'est pas obligé de concourir sensationnalisme face à des personnes en danger.

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  6. Ouh là ! c'est un sujet brûlant si j'ose dire sans passer pour cynique, alors que je suis simplement un peu imprégnée de "l'effet Desproges"...
    Les avis partagés font la richesse du débat.
    Rien n'est simple, j'essaie d'entendre les arguments des uns et des autres, mais ce qui est certain, c'est qu'il existe pour moi d'autres moyens pour témoigner de l'horreur que de la photographier. Ce ne sont pas Picasso, Neruda ou Léo Ferré et bien d'autres encore qui me contrediront.
    La photo est certes horriblement choquante, et l'utilisation que l'on en fait avec cette histoire de prix l'est encore plus.
    Ce qui est inquiétant, c'est que l'on voit désormais des gens sortir leur smartphone pour filmer une agression, au lieu de venir en aide à l'agressé.
    Confer ces ados qui ont filmé la noyade mortelle d'un homme en rigolant...Il faut dire qu'en Floride, la non-assistance à personne en danger n'est pas un délit...et dans un pays armé jusqu'aux dents même dans les écoles...
    L'abaissement du niveau de conscience est horrifiant.
    Et les images d'horreur quotidiennes banalisent l'horreur, l'apprivoisent.
    Le bon sens, l'empathie naturelle disparaissent.
    Mais ce n'est que mon avis.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Filmer plutôt que secourir… et même mettre en scène…
      c'est un dégât collatéral assez horrible du développement de cette manière de considérer un métier pourtant noble du reporter photographe.
      J'ai supprimé une phrase dans mon billet parce que dans mon propre emportement j'avais utilisé le mot « mépris » à l'égard du photographe en question.
      C'est tout un ensemble médiatique pervers que je dénonce. Emporté par la frénésie du pouvoir, de l'argent, de la notoriété usurpée, voilà à quoi l'on aboutit…
      Multiplier l'horreur la banalise.
      Magnifier une telle photo et la primer comme une œuvre artistique, voir l'auteur accepter un tel prix, est,… comment dire… bah il n'y a rien à dire tellement c'est…

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  7. Sans analyser la photo en elle même ou défendre ou non le photographe, moi je me fis à ma première impression, à mon instinct, à mes’ tripes. Que je regarde une photo ou que j’entende une phrase d’un discours ou encore que je lise un article. Ce qui importe pour moi c’est ce que je ressens . Et la, lorsque j’ai vu la photo au journal de 20heures, j’ai ressenti l’horreur et un malaise profond. Ils ont dit que le jeune homme avait été grièvement blessé. Comment fait on pour instinctivement appuyer sur le déclencheur ? Alors que le premier réflexe devrait être de se déshabiller pour jeter un vêtement sur la victime? D’ou Ma question: photographier’ filmer , témoigner portable à la main est_il Devenu un acte de bravoure, de témoignage, ou de voyeurisme? Je ne comprends plus rien à cette société !!!!!

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    1. Une chose est de photographier une scène de manifestation, un malheur collectif, ou par exemple les deux autres photos sélectionnées (il y en avait six, je ne les ai pas toutes mises) autre chose et qu'un jury « magnifie » la photo d'un être humain transformé en torchère, en la qualifiant de la manière que j'ai reprise.
      Autre chose encore et l'attitude ( que j'estime injustifiée) d'un photographe.
      c'est-à-dire comment avons-nous fait pour que la société en soit là ?

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  8. La situation au Venezuela qui a amené à cette photo, voilà ce qui me choque. Combien de morts dans les manifestations, des deux côtés?
    Mais ça n'engage que moi, évidemment.

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  9. Révoltant... C'est le seul et unique mot qui me vient à l'esprit. Et je crois qu'il veut tout dire. Bises alpines.

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  10. Le photographe de l'AFP Ronaldo Schemidt a remporté jeudi le prix de la photo de l'année au World Press Photo 2018 pour une image spectaculaire prise pendant des émeutes à Caracas et qui, pour les jurés, symbolise un pays "qui brûle".

    L'image qui a reçu cette récompense, la plus élevée des prestigieux prix World Press Photo, a été prise l'an dernier pendant les affrontements entre les forces de sécurité et des opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro. Les jurés ont expliqué l'avoir choisie parce qu'elle "déclenche une émotion instantanée".

    Basé au Mexique, Ronaldo Schemidt avait été envoyé au Venezuela, pays dont il est originaire, pour couvrir les troubles au printemps 2017. Le 3 mai, il a vu des protestataires s'en prendre à une moto de la Garde nationale dont le réservoir a soudainement explosé au visage de José Victor Salazar Balza, un manifestant de 28 ans.

    "J'ai senti le feu dans mon dos et j'ai réagi par réflexe: je me suis mis à prendre des photos sans savoir ce que je photographiais. Ce n'est qu'au bout de quelques secondes que je me suis aperçu qu'il y avait quelqu'un qui brûlait", a raconté à l'AFP Ronaldo Schemidt.

    La photo primée montre le manifestant, qui porte un masque à gaz, en train de courir, le corps enveloppé par les flammes. Le jeune homme a subi de graves brûlures, mais il a survécu.

    "Sur le moment, je n'ai pas pensé que j'allais gagner un prix avec ça", a poursuivi le photographe. "J'étais vraiment choqué par ce que je voyais. Je n'avais jamais assisté à quelque chose d'aussi violent".

    "C'est un reflet de ce qui se pasait alors au Venezuela. Et maintenant c'est encore pire", a-t-il ajouté.

    Le prix a été remis jeudi lors d'une cérémonie à Amsterdam.

    "La photo de l'année doit raconter un événement", a déclaré la présidente du jury, la directrice de la photographie du magazine Geo France Magdalena Herrera. "Elle doit aussi soulever des questions... Elle doit nous parler et montrer un point de vue sur ce qui s'est passé dans le monde cette année".

    Ce prix est une récompense aigre-douce pour le photographe vénézuélien de 46 ans qui a quitté son pays il y a dix-huit ans, et dont la famille subit elle aussi les pénuries, l'hyperinflation et les privations provoquées par la crise au Venezuela, liée à la chute des cours du pétrole. Les violences, entre avril et juillet 2017, avaient fait 125 morts.

    "Je ressens des émotions contradictoires", a-t-il dit. "Je sais comme tout le monde ce que le Venezuela est en train de traverser".

    (source le monde)

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  11. Je m'étais déjà fait cette réflexion à propos d'une photo célèbre d'un enfant famélique guetté par un vautour. Je me disais que le vautour était le photographe, qu'il aurait mieux fait de nourrir l'enfant au lieu de le photographier. Mais peut être l'a t-il fait ensuite, peut être que cette photo a servi à éveiller certaines consciences, qui sait... J'ai vu aussi les films et les livres de Salgado, il n'avait pas de pouvoir sur ce qu'il voyait, il pleurait mais il faisait ses photos, il témoignait.

    Par contre dans ce cas le photographe n'a rien fait d'autre que de prendre et envoyer sa photo. "Son instinct". Oui, en tant que photographe je peux comprendre, mais il ne doit pas être très fier de lui...

    Ici je ne suis même pas d'accord avec l'attribution du prix, car la photo ne raconte pas un événement en elle même, on a besoin d'explications pour la lire, elle ne parle pas forcément de violence, ça peut être un accident, et ça peut être pris n'importe où, même en France...

    Sinon je comprends ton indignation envers la présidente du jury qui décortique cette photo comme si c'était un événement sportif, sans prendre en compte le côté humain derrière. C'est ça le pire je trouve, sa lecture de la photo.

    Et oui, ce qui fait le plus peur c'est l'escalade dans le sensationnalisme et la banalisation de la violence, comme le souligne Célestine dans son commentaire.

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    1. http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/07/26/une-si-pesante-image_3454254_3246.html

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    2. Il est très bien cet article, je ne savais pas tout cela, mais dans ma tête je lui donnais une chance, à ce photographe, et j'ai bien fait... Merci La Baladine.

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  12. Charlotte18/4/18

    je suis comme toi scandalisée.

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  13. Une photo est parfois un ressenti à partager
    pour que le monde sache et arrête de se boucher les yeux...
    mais pas de concours pour ça ...ce n'est pas honnête...
    Un jour j'ai pris au Burkina un enfant buvant dans un marigot à côté d'un âne qui buvait également, l'eau était boueuse avec plein de détritus, cette image c'était pour montrer à mes élèves pour leur dire que eux avaient de la chance même s'il ne le croyait pas... Cette année à Katmandou, je n'ai pas pu photographier certaines scènes...c'était trop lourd...en particulier une lépreuse...Un grand débat en effet...qui pose beaucoup de questions ...Se taire ou montrer mais pour quel objectif...

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    1. Tu as compris ce sur quoi je m'insurge dans ce billet rédigé un peu « coup de gueule ».
      Le choix de donner une notoriété mondiale à une scène tragique en lui attribuant un prix et en la considérant comme une « œuvre photographique », personnellement, je ne l'admets pas.
      Je me demande quelle tête je ferais si j'étais une personne ainsi photographiée dans une circonstance qui pourrait me marquer à vie. Il faudrait en plus subir que d'autres en tirent une gloire… et même rémunération…
      Décidément, les victimes ont toujours une double ou une triple peine...
      Ce n'est pas moralement admissible (à les yeux évidemment) sous couvert de montrer au monde la tragédie des hommes.
      À vouloir tout montrer, on peut pervertir une noble cause.

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  14. Je suis d'accord avec toi. La photo est ce qu'elle est, mais imaginer que le photographe (qui n'a pas réalisé, n'est-ce pas...) a équilibré les couleurs et la composition de la photo pour qu'elle soit...belle, parfaite même, c'est encore presque pire que l'avoir prise...

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    1. Je n'ai pas voulu m'étendre sur cet aspect de la « retouche », faute d'éléments suffisants. Mais je me pose toutefois quelques questions à certains endroits de la photo.,étant habitué de la retouche sur PhotoShop professionnel (à titre d'amateur). Ceci d'autant plus que le World Press Photo a dans le passé décerné un prix à une photo « bidouillée » ne se rendant compte que tardivement de cela et ayant fait marche arrière alors.
      Quand un jury s'aperçoit de ses erreurs a posteriori, on peut se poser des questions sur sa compétence…

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  15. Réponses
    1. Je comprends.
      Est-ce que cela peut être le but recherché ?
      Mais est-ce que cela fait avancer une « cause » et laquelle… ?

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  16. C'est horrible de penser à la photo à faire à ce moment-là au lieu de penser au type en train de brûler vif sous ses yeux... Est-ce que l'objectif rend aveugle et sourd à la détresse... ? A-t-il réalisé ce qui se passait sous ses yeux ?

    Quant aux commentaires de la présidente, c'est un monument d'inhumanité...


    Il y avait une photo comme ça qui avait fait scandale, un enfant en train de se noyer... Cela me soulève toujours autant le cœur.

    Sous prétexte de "montrer", on renforce ce sentiment d'horreur et de déshumanisation des hommes.

    Merci Alain, de savoir rester humain, à tout jamais.

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    1. C'est le processus même de sélection de cette « image de l'année » que je conteste avec vigueur.
      Je veux bien admettre les propos du photographe tel qu'ils sont repris dans l'article du « monde » qui a été cité plus haut, et que j'ignorais lors de la rédaction de mon billet.
      Mais les explications de la présidente semblent en effet largement dépasser les bornes de l'admissible…
      je n'ai pas cherché plus loin les avis sur ce « prix », mais j'espère ne pas être le seul à m'insurger contre de telles pratiques qui malheureusement tendent à se développer…

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  17. Ce matin j'écoutais France Inter j'ai pensé à toi.
    On dirait dit qu'Abbas répondait un peu à ton interrogation.
    C'est très court, à réécouter ici
    https://www.franceinter.fr/emissions/le-7h43/le-7h43-26-avril-2018

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