jeudi 10 mai 2018

Hors du monde.

Ce furent des journées infiniment agréables que je viens de passer sous un soleil bienveillant et  une petite bise  charmante en bord de mer.
Nous avions décidé de vivre ces jours hors du monde, si ce n'est hors du temps. Cela veut dire : ni radio, ni musique, ni Smartphone, ni journaux, ni TV, ni évidemment Internet. Uniquement le silence, le clapotis des vagues.

C'est fou comme cela me fait du bien. Je l’avais presque oublié. Comment se fait-il que durant l'hiver je me sois laissé aller à cette sorte d'addiction aux écrans. À ce tourbillon incessant d'une actualité envahissante, contre laquelle je ne peux rien. L’impuissance à agir fatigue et déstructure le psychisme. Je n'ai plus l’âge des chimères qui consistaient à penser que des mots déposés ici ou là dans un article, une revue, sur le net ou ailleurs, pouvaient  influer d'une quelconque façon la marche de la planète… 

En quoi cela sert-il de faire du bruit avec d'autres qui en font déjà des tonnes ! (du buzz comme on dit maintenant…)
Je sais bien que tout un chacun dispose d’un fond de mégalomanie depuis l'aube de l'humanité, mais cela ne justifie pas d'en rajouter des doses inutiles… 

Le silence conduit irrémédiablement au réel, c'est-à-dire une autre écoute, celle qui vient de l'intérieur. Bien sûr, on peut alors entendre le tumulte, le tintamarre et le tohu-bohu de nos agitations  psychologies envahissantes, que l'on n'a pas encore réussi à maîtriser, calmer ou extirper de nous. Mais cela n'est pas encore le réel de notre personnalité profonde. Ce ne sont que des agitations dont nous croyons qu’elles nous constituent, alors que ce n'est jamais que nous qui les agitons comme le  bébé agite son hochet, qui alors fait du bruit, jusqu'à ce qu'il arrête de le remuer. Et là, c'est le calme….

Lorsque nos marasmes et nos chaos internes se calment, s’en vient le réel qui nous constitue, c’est à dire la paix intérieure, bienfaisante et salvatrice, comme une permanence de Présence, qui semble nous placer hors du temps.

Mais pour cela, je ne sais pas faire autrement que vivre une coupure nette avec ce bourdonnement incessant, fatigant et nuisible du « bruit social » qui ne cesse de crier à mes oreilles, ses inepties, ses rumeurs alarmistes, ses interprétations perverses, ou ses analyses d’un futur catastrophique qui mettra fin à l’humanité rapidement. Si cela est vrai, je me demande pourquoi les gens ne se suicident pas par millions. Il faut croire qu'ils aiment envisager la catastrophe, mais n'y croient pas pour eux-mêmes. D'ailleurs, c'est un fait, les gosses aiment  jouer à se faire peur…

Hors du monde ?
Personne ne peut vivre hors du monde…
Il s'agit plutôt de passer dans l'autre monde.
L'autre monde n'est pas ailleurs qu'ici, mais il est « Autre »
La paix permanente qu'offre l'intériorité profonde, celle que je connais, est déposée dans un être humain, moi !, qui n'est pas hors de la planète… Et qui n’est pas non plus débarqué d'un engin spatial venu d'une autre galaxie…

 « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse à la manière de ce monde, mais je vous promets de vous rendre heureuse à la manière de l’autre monde ».
Telle fut la promesse reçue par ma copine Bernadette Soubirous, dans le fond de son coeur de jeune fille, par une certaine Dame. J’étais alors un jeune garçon de 10 ans lorsque je lus ce récit. Il me marqua pour toujours. La suite me démontrera combien l’intuition que cette femme aura une grande importance pour ma vie

Tout regarder et tout vivre depuis cet « autre monde » pacifié en moi, c'est peut-être cela mon désir le plus cher, pour la réalisation duquel j’aimerais plus  me mobiliser  que je ne le fais.

32 commentaires:

  1. Ghislaine11/5/18

    Un lache prise total dans l'harmonie spirituelle..........

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  2. Lire ton billet apaise, et donne envie de débrancher.
    Merci...

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    1. Parfois débrancher, en effet, fait beaucoup de bien…
      et je me réjouis que mon billet t'apaise.

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  3. Un billet qui me fait beaucoup de bien au coeur de la tempête que je traverse :-(
    Bisous Mon Babar
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Au moment où je te réponds, la tempête, heureusement, semble apaisée et je m'en réjouis pour toi.
      Bon voyage et belle découverte du côté de la Mer Morte (un nom singulier pour une femme si vivante… :) )

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    2. Non, la Mer Noire... (Bulgarie)
      Un endroit étrange pour une femme qui voit la vie en rose...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  4. "Le silence conduit irrémédiablement au réel": cette phrase est d'une vérité absolue, éprouvée par les sages de toutes les traditions. Et combien cette réalité fait du bien! Tu touches là, je crois, l'essentiel et le but de notre existence. Merci.

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    1. Ton propos est « fort ». Mais très juste au demeurant. J'ai écrit cette phrase parce que je l'expérimente. Je crois que la sagesse se recueille au désert, auprès d'un oasis. Cela ne pas dire qu'il faut nécessairement aller à 1000 miles de toute terre habitée…

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  5. c'est bon de lire ces paroles de sagesse, qui rejoignent ce qu'il y a de meilleur en nous, de plus profond, de plus vrai!
    et... fais le bonjour de ma part à ta copine Bernadette, que je ne connais que de nom;-)

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    1. Les humains ont cette extraordinaire capacité : Descendre dans la profondeur de soi, quand l'autre s'exprime à ce niveau de lui.
      Bien sûr, encore faut-il utiliser cette capacité que certains ont tendance à négliger. La superficialité est tellement excitante !

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  6. On s'encombre trop de choses inutiles, comme si on se plait à se tirer dans tous les sens à la recherche du temps à rattraper. Le temps n'a pas besoin d'être rattrapé, il est... et tout le temps !

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    1. Tu es de ceux qui savent gouter le temps de l'instant.

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  7. Charlotte11/5/18

    Te lire ici maintenant m'apporte de la paix.

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  8. Vivre dans l'autre monde, celui du silence, de la paix, de l'essentiel... Merci AlainX pour cette belle réflexion, ce partage de tes pensées et de ton expérience.
    Je fais parfois quelques incursions dans l'autre monde, et effectivement quelle calme plénitude.

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    1. Peut-être mon texte t'incitera-t-il à multiplier les incursions. :-)

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  9. J'ai le sentiment que tu atteins la sagesse du Pierre de Paul Guimard dans "L'âge de Pierre", cet homme que l'âge réconcilie avec sa vie et sa destinée, au point qu'il se sent devenir partie intégrante du monde minéral qui l'entoure. Nous sommes toutes et tous cette infime, intime particule de l'univers, bien peu sont celles et ceux qui en ont conscience... :-)

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    1. C'est bien difficile d'avoir pleinement conscience d'être cette particule de l'univers, sans en ressentir un vertigineux vertige… au risque d'en perdre toute identité dans un Grand tout où même la matière aurait disparu. Enfin… disparu… encore faudrait-il que cela soit apparu un jour. L'univers tel que nous croyons qu'il existe depuis des milliards et des milliards d'années-lumière, est-ce une réalité ? Mais non… à peine le temps de dire "ouf" c'est déjà fini. L'univers, selon certaines théories, n'aurait vécu qu'un milliardième de milliardième de seconde et certainement moins d'ailleurs… avant de s'écrouler sur lui-même.
      On peut remarquer toutefois que cette croyance habituelle d'un Univers qui n'a ni début ni fin est tout aussi inconcevable !
      Bref nous ne sommes rien et je ne suis même pas là en train de répondre à ce commentaire !
      un petit remontant ? Une Marie Brizard ? Une vodka ? Un sucre trempé dans l'alcool de menthe ?
      ;-)

      Mais plus sérieusement, si nous sommes particules de l'univers, nous avons cependant un intérêt suprême à l'être. Supprimer la moindre particule et, selon les lois de la gravitation, semble-t-il, l'univers tout entier risquerait de disparaître.
      c'est dire l'importance que nous avons ! Quand bien même chacun de nous n'est pas grand-chose.
      ( sauf toi et moi et nos conjoints et enfants bien sûrs… ;-) )

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  10. Le lâcher prise des choses négatives permet d'aller vers le silence afin d'apprécier la paix et d'atteindre ou de tendre vers la sérénité. Depuis longtemps je me suis défaite du joug des infos de tous poils car comme tu le dis l'impuissance à agir fatigue et déstructure de psychisme. Oh combien on s'encombre de choses inutiles non seulement matériellement mais aussi psychologiquement. L'homme en se tordant de plus en plus l'esprit finit par perdre le B à BA du bon sens qui pour moi est la meilleure forme d'intelligence.
    Ne sachant pas ce qu'on trouvera dans "l'autre monde", même si Bernadette dit qu'on sera plus heureux, essayons de vivre le mieux possible sur cette terre avec les autres.

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    1. La société contemporaine, et ce que l'on appelle communément « société de consommation », a pour principal objet de nous mettre dans l'esclavage de l'encombrement des choses inutiles dans tous les domaines, comme tu le dis.
      Les esclaves modernes et hélas consentants, s'appellent « les consommateurs »
      Il est donc sans doute plus difficile d'arriver au lâcher prise que tu évoques.

      Quant à « l'autre monde » dont parle Bernadette dans ses visions intuitives, il n'est pas ailleurs que dans « l'ici et maintenant ». Il n'est pas la récupération religieuse qui en a été faite par l'église pour vendre sa marchandise d'un quelconque « paradis après la mort » Ça c'est de la connerie en branche !
      « L'autre monde » c'est le même que celui qui existe à la seconde où j'écris… mais simplement « autrement ». Donc c'est un choix excessivement personnel et individuel de chacun d'y entrer ou non.
      Choix que j'essaye chaque jour de faire. Je ne dis pas y arriver quotidiennement…
      Quoi qu'il en soit, je fais ce choix uniquement parce qu'il est plus satisfaisant et me procure bonheur et paix intérieure. Je suis donc un parfait égoïste…!

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  11. Non, l'autre monde n'est pas le paradis et ce n'est pas ce que l'église en dit. Il est dit : vous êtes dans le monde mais vous n'êtes pas de ce monde, c'est à dire celui de violence, richesse et gloire auquel on veut de plus en plus nous faire croire. Alors se retirer de ce monde, vivre simplement, juste avec beaucoup d'attentions à ses proches, vivre en paix et en joie de par sa propre volonté c'est déjà être dans l'autre monde ici et maintenant. Bravo, pour ces jours de paix.

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    1. Disons que je ne crois pas à une « autre forme de vie » après la mort… de toute façon, ça ne m'attire pas…
      j'essaie de vivre comme tu le dis, en particulier l'attention aux proches et ceux qui croisent ma route.
      Merci pour tes propos qui sonnent juste.

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  12. Bonjour Alain
    Ce que tu as ressenti ces jours, c'est ce que je ressens lorsque je me retrouve dans ma petite maison bleue, dans le village où elle se trouve, entourée de ces gens sains et bienveillants qui vivent là-bas. Ne plus être happée par le net, délaisser l'ordinateur (il n'y en a pas là-bas, et je n'en emporte pas). Ne pas regarder la télé. Juste profiter, savourer chaque instant, sans chercher à l'occuper forcément. Etre là, pleinement, en pleine conscience. Quel bonheur !... J'ai parfois du mal à partir de chez moi, faire les bagages, changer mes habitudes, mais lorsque je suis là-bas, je n'aurais plus envie d'en repartir. Il n'y a que là-bas que je trouve une telle paix intérieure.
    Belle journée à toi, Alain. Je t'embrasse.

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    1. C'est toujours très bon d'avoir un havre de paix où l'on peut venir se poser et se reposer. Et puis rompre avec l'ordinaire des jours et nos habitudes. J'aime beaucoup ta maison bleue. Elle est attirante et j'imagine aisément ton environnement.
      Pour ma part, c'est au bord de la mer, sur les grandes plages de la Manche où rien n'arrête l'œil jusqu'à l'horizon.
      Là je cueille la paix intérieure d'une manière encore plus savoureuse.
      Belle suite pour toi. Je t'embrasse également.

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  13. Merci Alain. Il était temps que je vienne te lire, j ai encore trébuché.... Ta sagesse m apporte un peu de sérénité. J entre parfois un peu ds le monde dont tu parles mais jamais bien longtemps et helas tout se complique. Merci vraiment.

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    1. En effet, cela fait un moment que je ne t'avais pas vu dans ces parages…
      tant mieux si mon petit texte a pu te faire du bien.
      Tu as le droit de revenir quand tu veux !
      :-)

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  14. Personnellement j'aime assez l'idée que tu sembles "addicted" aux écrans pour découvrir que non, tu attendais le temps d'autre chose... Moi aussi, je me laisse parfois voguer sur ces mois un peu idiots, bêtes lectures ou téléfilms, ou paresse, ou gourmandise. Et je ne m'inquiète pas : ça ne fait que passer, tant que j'en ai besoin ou envie.

    C'est, en somme... la paix aussi. Le bonheur est beaucoup de choses, des imaginaires et des modestes, je crois que c'est du côté modeste qu'il faut se tourner mais... c'est la source d'une grande douceur de vivre...

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    1. C'est surtout que durant la période hivernale, vu ma condition physique, je vis un peu comme un type « assigné à résidence »…

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  15. Prendre le temps de faire silence en soi afin de mieux s'écouter, s'entendre… Pouvoir créer sa propre oasis dans le monde stressé dans lequel nous vivons. Tu as entièrement raison, inutile de partir à des centaines ou milliers de km pour décrocher des acouphènes qui brouillent notre quotidien.
    C'est ce que je sais faire tout en restant chez moi … (bon, lorsque je parle d'acouphènes je sais de quoi je parle… étant habituée à dominer mes propres acouphènes j'ai de l'expérience pour mieux combattre celles venant de l'extérieur. Je suis habituée à dominer les parasites !!!��

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    1. Aie ! Pénible les acouphènes !
      Peut-on en faire des compagnons ? Tu sembles dire que oui...
      De toutes façons le silence intérieur n'existe pas. quand on met quelqu'un dans un caisson de « chambre sourde » il faut peu de temps pour qu'il atteigne la folie…

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    2. En faire des compagnons bien obligée ! Inutile de se révolter, donc une seule solution les déjouer, les tromper par notre force à toujours stimuler notre cerveau de façon à ne pas laisser ces bruits parasites prendre le dessus.
      Ne pas se laisser dominer, ne pas stresser finalement les acouphènes sont une très bonne école de maitrise !! Ceux qui n'y arrivent pas … peuvent frôler la folie comme dans ta chambre sourde. Comme j'ai déjà assez de "folie" dans mon coeur, je ne veux pas lui laisser aussi mon cerveau !!!!

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