J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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jeudi 20 septembre 2018

Délestage immédiat, débarquement différé

Suite à ce billet d'AmbreNeige, relatant une période de tri de ses affaires, celles qui encombrent, je rédigeais un commentaire. Comme il devenait un peu long, je me suis dit que je pouvais en faire un billet sur mon blog. Le voici :

Question délestage, j'en suis à ma saison quatre ou cinq, la première eut lieu il y a quelques années déjà.
À chaque fois je me suis dit pourquoi ai-je gardé ces choses si longtemps ? D'autant qu'elles étaient dans le fond d'une armoire, d'un tiroir, dans un débarras.
C'est drôle un débarras : cela devrait être pour se débarrasser, et c'est en réalité pour garder plus longtemps.

Pourquoi ai-je gardé si longtemps ?
Sans doute que l'heure n'était pas venue.
« Objets inanimés avez-vous donc une âme ? » comme disait Alphonse à La Martine ! Hé bien oui ! Cette âme c'est un prolongement de nous-mêmes, tout ce que nous avons projeté dans des objets, des documents, des supports (photos, vidéos, K7, et autres).
Il faut du temps pour couper ces liens. Que l'heure en soit arrivée, soit comme une nécessité, soit comme une évidence.
C'est un signe tangible de l'évolution personnelle.
Les tris successifs que j'ai effectués m'ont permis d'observer comment se hiérarchisaient en moi les choix de virer ou de garder. C'était à la fois physique et émotionnel. Pour chaque élément entre mes mains trois choix se faisaient, trois possibilités qui n'étaient pas intellectualisées, mais tenaient d'une alchimie intérieure que j'ai peu à peu appris à bien cerner.
— Premier choix : c'était clair, je gardais.
— Deuxième choix : c'était clair, je virais
enfin, quand je dis clair, il y avait parfois une hésitation mais qui ne durait pas vraiment longtemps.
— Troisième choix : qu'est-ce que j'en fais ? Il y avait trop d'affects dans l'instant, trop de choses remuées, de souvenirs surgissant, d'émotions à gérer. Alors je différais : on verra tout à l'heure…

Lorsque j'avais terminé cette séquence de tri, et fait le tour de cette grande armoire dont le contenu devait être passé au crible, je revenais au paquet des atermoiements. Et là la plupart du temps les choses s'éclairaient. Les surgissements émotionnels  de retrouver des lettres anciennes (par exemple) s'étaient apaisés. Au point qu'il devenait possible de discerner entre le premier et le deuxième choix évoqué ci-dessus.

Il y a des strates dans la séparation, la plupart liées à l'évolution personnelle. On est prêt ou pas !
Le nettoyage par le vide systématique, pas plus que systématiquement tout conserver, n'est une solution satisfaisante.
Faire le tri c'est une occasion fameuse d'observer là où l'on en est par rapport à sa propre histoire, mais aussi de voir tout ce qui reste à faire pour pouvoir rompre avec certains boulets qui nous retiennent encore.
Faire le tri, c'est mettre de la propreté à l'intérieur de soi.

Ensuite se pose la question : qu'est-ce que j'ai envie de garder en vue de transmettre ?
Mais il y a aussi qu'est-ce que mes descendants aimeraient trouver ou connaître de moi plus tard, et qui n'est pas nécessairement ce que moi j'ai envie de transmettre ?

Vaste champ de méditation.


------------------



En parlant de vieilleries… :
un de mes premiers bidouillages avec Photoshop
il y a une quinzaine d'années
va falloir là aussi faire du tri
et virer toutes ces bêtises…

35 commentaires:

  1. Rebonjour Alain, je suis vraiment enchantée de ce commentaire un peu long qui s'est finalement transmuté en des mots sur ton blog.
    Très très intéressant, tu expliques bien, mieux que moi LOL.. j'agis au "feeling" en fait, si je réfléchis je ne fais plus rien :-)

    Arrêt sur le mot "séparation". Mais c'est bien sûr, comment n'avais je pas plus tôt fait le rapprochement avec la difficulté que j'ai à me séparer de.. Ce qui me permet de conclure que j'ai fait des 'aches de progrès! Pfou!!!! Trop fière ;-)

    Ensuite: qu'ai-je envie de transmettre? Mais oui, malgré mes agissements "au feeling", c'est bien la question que je me pose maintenant: qu'ai-je envie de transmettre, moi qui garde tout, écrit tout, note tout, ai des traces de tout.... Elle est très importante cette question, merci de l'avoir formulée pour moi :-) Je réalise qu'en fait, c'est exactement ce que je suis en train de faire. Il y a eu le travail généalogique pour soigner en partie l'arbre "malade", certaines choses ont été réparées, afin je l'espère de permettre à mes descendants d'avoir une vie plus sereine, plus légère... Tout ce qui était douloureux et noir, on en a plus besoin n'est-ce pas, maintenant?

    Oui, vaste champ de méditation! et merci à toi, Alain, pour ces réflexions.
    Belle journée, encore.

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    1. Ce n'est pas facile de se séparer, quel que soit l'objet de la séparation. On voudrait tellement être un tout, qui a tout, qui garde tout, qui absorbe tout jusqu'au-delà du possible. Certains amants/amantes expriment à l'autre le désir de le dévorer… certaines mères disent cela à leur bébé.
      Cependant tu as engagé le délestage nécessaire. Tu peux donc être fière de toi. !

      Agir « au feeling » n'est pas une mauvaise chose en soi. Le feeling peut être un indicateur fiable, à condition peut-être de faire appel à un minimum à la raison pour savoir s'il faut « le suivre ».

      Bravo pour le travail généalogique entrepris. Je crois beaucoup que nous pouvons concourir à une fonction réparatrice, dans la limite de nos possibles, et qui enclenche quelque chose qui pourra se continuer. On a sans doute besoin de clarifier ce qui fut douloureux et noir, ensuite, il est inutile de l'entretenir ou de le ressasser.

      Et merci pour ton billet qui m'a donné l'occasion de m'exprimer à mon tour
      toi aussi belle journée.

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  2. Merci pour cette profonde réflexion qui j'espère va me permettre d'avancer dans le concret et pas seulement dans ma tête....

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    1. Tu peux toujours essayer concrètement… et puis tu verras bien !
      :-)

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  3. Il faudrait pour moi aussi mais je crois qu'Ambre a trouvé ce qui m'empêche de débarrasser réellement.
    capiaineecho (eklablog)

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    1. Lorsqu'on a trouvé une cause, on a aussi trouvé une clé.
      Alors je crois que l'on peut enclencher quelque chose, en tout cas essayer.

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  4. le problème se complique qd son conjoint est du genre syllogomaniaque, qu'il est incapable de jeter le plus petit (ou plus gros) objet dépassé, cassé. Tout s'accumule alors... et j'ai beau demander qu'il respecte les lieux communs (au sens propre!) rien n'y fait!
    C'est une névrose qui pour être traitée, doit être reconnue comme telle, du moins comme un problème!
    Mon conjoint (par ailleurs le plus gentil des hommes, ne considère pas cette manie comme un problème.
    Je range donc strictement mon bureau, la cuisine... mais pour le reste, tout est envahi!!
    J'essaie de le responsabiliser: à notre décès que va-t-on laisser à nos enfants??? Du bric et du broc inutile et polluant!

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    1. Si ton conjoint considère que ce n'est pas un problème… alors que c'en est un… tu pourrais lui créer par un biais
      par exemple : « tu ranges ou c'est moi qui me tire puisque je n'ai plus de place pour vivre dans ma propre maison ! Et en quelque sorte plus aucune place dans ta vie ! ».
      Pour un « plus gentil des hommes » il pourrait au moins se montrer gentil avec celle qui tente de vivre sous son toit dans son petit réduit !

      Ta dernière phrase me questionne, en particulier ceci « à notre décès ». Vous avez l'intention de mourir ensemble le même jour à la même heure ?
      Si ce n'est pas le cas, statistiquement parlant ton mari devrait partir en premier.
      C'est donc toi qui auras le problème sur les reins !
      Remarque, faire venir une benne et en un ou deux jours, trois maximums le problème peut se régler !
      Il faut reconnaître que c'est quand même laissé un cadeau empoisonné à ses enfants. Dommage…

      Je sais que le problème te préoccupe beaucoup. Malheureusement les moyens d'action sont faibles. Cela ne veut pas dire qu'ils n'existent pas…

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  5. Anonyme20/9/18

    Ton texte est très éclairant... une méthode pratico-pratique pour "avancer dans le concret et pas seulement dans ma tête" comme le dit Manou. Pour ce qui est de transmettre je n'avais jamais pensé à ça ! "qu'est-ce que mes descendants aimeraient trouver ou connaître de moi plus tard" humm ! aucune idée. kéa

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    1. Pour ma part c'est une question que je considère comme assez importante, la transmission pour après sa mort. En particulier si on a une descendance.
      J'ai trop rencontré dans ma vie professionnelle d'aidant des personnes qui souffraient de ne pas avoir reçu en transmission une sorte « d'héritage moral, spirituel, humain etc. » (que chacun trouve son mot). Souvent on prend des dispositions pour les biens matériels, qu'ils aient de la valeur ou non, mais le plus important, qui est « le trésor intérieur », on le laisse à l'abandon avant de partir.
      Bien sûr il y a ce que la descendance a pu recevoir tout au long de l'existence, durant son éducation, sa vie d'adulte, (ou ne pas recevoir…), mais il y a d'autres attentes chez nos enfants par exemple.. Je sais ce que les miens souhaitent pour en avoir parlé ouvertement. Ce furent des échanges ayant une certaine intensité. Et j'ai appris beaucoup de choses, à cette occasion, sur ce que sont mes enfants.

      Souvent les parents prennent des dispositions testamentaires, parfois font des donations, parce qu'il existe un patrimoine conséquent. C'est considéré comme premier… alors que c'est loin d'être un essentiel.
      L'art de mettre la charrue avant les bœufs…

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    2. Anonyme20/9/18

      Je vais en parler avec mon fils, après lecture de tes sentiments à ce sujet, je suis curieuse de ce qu'il pourrait me dire. kéa

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  6. Eh bien tu me ramènes à cette chanson de Michel Legrand:
    "C'est fou ce qu'on peut laisser dans un objet ou dans un livre
    Notre vie est dans ces choses qui nous ont regardés vivre..."
    J'entasse peu. Et c'est encore trop. Je trie, je jette, je donne, c'est selon. Et c'est toujours à refaire. Je n'en reviens pas. Ne garder que l'essentiel est un travail de longue haleine.
    Merci pour cette belle réflexion, que j'irai prolonger chez Ambre Neige :-)

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    1. c'est toujours à refaire. Je n'en reviens pas. Ne garder que l'essentiel est un travail de longue haleine.
      Tu as raison. Je le réalise en te lisant.
      Il y a des choses nouvellement arrivées, dont l'usage l'utilité ou la nécessité est temporaire, mais je les garde au-delà de ce temps (des documents notamment). Je sais pertinemment que je vais les jeter « un jour », mais non, je les garde par-devers moi en attendant ce jour… c'est idiot finalement !

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  7. Répondu chez Ambreneige… lorsque les déménagements sont nombreux il n'y a plus grand chose dans le débarras …
    Tu évoques la transmission qui est un sujet qui a une réelle importance pour moi. Mais ma transmission se situe non pas à laisser des objets, un compte bancaire, des biens… mais bien plutôt dans des mots, des gestes, des actes que l'on fait de notre vivant. Laisser une empreinte de sentiments, d'amour, de bonheur me semble bien plus important et bien plus présent. ces souvenirs ne seront jamais rangés dans un placard en attendant un tri pour se retrouver dans la benne.
    A la naissance de ses fils mon fils m'a dit : je voudrais maman que tu sois pour mes enfants la même mamie que j'ai eu la chance d'avoir.
    Voilà, ce que je trouve merveilleux comme transmission… Le souvenir d'une mamie (avant cela maman !) aimante, attentionnée ……
    Bien entendu à chacun ensuite de transmettre selon ses critères, sa manière de vouloir laisser une petite trace.
    Je fais en cadeaux des livres avec des petits contes très personnels à mes petits enfants. De livres de photos qui racontent un peu la famille… l'humain et ses sentiments, toujours.
    Mon histoire familiale n'ayant jamais eu la possibilité de garder quoi que ce soit de matériel de mon enfance, peut être que ceci explique cela…
    Un texte qui amène à nous poser beaucoup de questions.
    Bon week-end

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    1. Bien entendu, je partage tout à fait ce que tu exprimes dans la première partie de ton commentaire. Il y a la trace affective que nous laissons. Elle est indélébile.
      Mais une transmission « tangible, matérielle » a aussi pleinement une valeur. Je ne parle pas du patrimoine évaluable en euros (encore que…) mais les choses que tu évoques également. « Des documents qui racontent » . J'aime bien l'expression.
      Par exemple, il y a quelques « œuvres d'art » dont j'ai fait l'acquisition au cours de ma vie (je te rassure, je n'ai pas pu m'offrir des Picasso…) et chacune d'elles a été faite dans un contexte avec du sens. Mes enfants ne savent pas forcément tout à ce sujet. J'ai commencé à rédiger quelques textes avec la photo de chaque œuvre en expliquant le pourquoi du comment… j'ose penser qu'après ma mort il y trouveront un intérêt.

      Merci pour ton commentaire très intéressant et bon week-end à toi aussi.

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  8. Vaste débat ! Pendant un temps j'étais dans la phase "ça peut toujours servir", mais au décès de ma mère, je suis passée en mode "warrior" je ne garde plus que ce qui me rend heureuse. Je me suis aperçue que j'avais conservé un certain nombre de choses qui me venait de mes grands-mères ou de mes parents et qui m'encombrait sans me donner la moindre satisfaction. Je suis donc passée par la case vente aux enchères pour les bijoux de famille (que je ne porte pas) ou la vaisselle (qui en 30 ans a du servir 5 ou 6 fois) qui avaient une certaine valeur, par le don pour ce qui était en bon état (les livres, les vêtements, les meubles). Bref je me sens beaucoup plus légère, maintenant il va falloir que je prenne entre 4 yeux Monsieur mon Héritier qui a laissé chez moi un certain nombre de choses, il va falloir qu'il choisisse garder (et emmener chez lui) ou jeter, grand moment en perspective !

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    1. je ne garde plus que ce qui me rend heureuse

      Que voilà un superbe critère !

      En te lisant je réalise que j'ai gardé les bijoux de ma mère dont je dois dire qu'ils me laissent ni chaud ni froid ! Qui plus est je ne pense pas qu'ils vaillent grand-chose. Ils sont dans une boîte, dans une armoire, n'occupent pas grande place mais passer par la case vente aux enchères serait une bonne solution.
      Pour ce qui est des choses laissées par la descendance : J'ai posé un ultimatum à l'une de mes filles il y a quelques années. Si tu ne viens pas tout chercher avant le 31 décembre tout ira aux encombrants.
      Le 28 décembre ils ont débarqué avec une camionnette… tout est parti !…
      Ils savaient que je tiendrai parole !

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    2. Quel intéressant commentaire que celui de Martine!
      Comme beaucoup d'entre nous j'ai (toujours) les bijoux de ma mère, grand-mères, mais aussi ceux d'une grand-tante et je n'ose pas me débarrasser de ces bijoux que je ne porte pas et que mes enfants ne porteront pas....
      C'est donc ce qu'ils représentent que je garde...

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  9. Je suis une jeteuse. Sans doute par réaction à mes parents qui gardaient tout, car ça pouvait encore servir... Il faut dire qu'on avait une grande maison, et que tout ce qui pouvait encore servir montait au grenier pour qu'on l'y oublie, que les mites s'en régalent. Maintenant que je vieillis, chaque jour un peu plus, je m'attache aux objets qui ont une histoire. En même temps je me dis que je ne veux pas accumuler car le jour où je passe de vie à trépas, ce seront mes neveux et nièces qui devront s'embêter à faire le tri, et je veux partir légère :)

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    1. Ah ! Le fameux « ça pourrait encore servir »… avec cette évidence que ça ne servira jamais plus à rien… mais… « on ne sait jamais ». Mon beau-père était comme cela. Après sa mort, ma belle-mère n'a rien fait à cet égard. Lorsque cette dernière est décédée, il a fallu deux jours complets ( et deux nuits !) à quatre personnes et avec une benne à la porte rien que pour tout virer !
      Ma compagne a alors dit : On ne fera pas subir cela nos enfants !

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  10. Charlotte21/9/18

    Je ne suis pas une amasseuse de biens. Je n'aime pas les intérieurs pleins de babioles. J'ai quelques très beaux tableaux que j'ai hérités de mes parents : je les regarde régulièrement avec affection et émerveillement Je ne garde que ce que j'aime.Mais je me suis séparée d'écrits dont je ne voudrais pas la lecture par mes enfants plus tard quand je serai morte. C'est ainsi que j'ai supprimé tous mes textes concernant ma psychanalyse. Après chaque séance je faisais en quelque sorte le point et le consignais dans mon ordi.J'ai tout envoyé à la poubelle avec quand m^me une certaine nostalgie alors que ce n'était pas de tout repos . Je garde une nostalgie de cet homme extraordinaire qui m'écoutait avec tant de tact et respect. Sa mort m'a causé un grand choc. Je me suis également séparée d'une correspondance orale que j'échangeais avec un ami quand nous étions séparés dans l'espace. ce fut assez douloureux, mais encore une fois, ces cassettes ne regardaient que moi.Lui aussi est mort depuis plus de 13 ans.
    De moi je transmets mes créations sculpturales dont je suis très fière.Je leur en ai déjà donné d'ailleurs.
    Pour le reste un grand tri a déjà eu lieu quand nous avons déménagé il y a 6 ans.

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    1. Éliminer des documents comme ceux que tu indiques c'est sans doute une manière « d'intégration » en soi-même de tout ce que l'on avait écrit, on se débarrasse du support de ce qui a sédimenter en soi.
      En tout cas c'est ainsi que j'ai vécu de me débarrasser de tous mes textes et documents relatifs à mon cheminement personnel.

      Ta descendance bénéficiera de tes belles œuvres d'art, tes splendides sculptures. Tu as raison d'en être fière. Celle que j'ai vue sont impressionnantes.

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  11. Comme tout le monde je trie. Pour moi, à chaque fois que je le fais, c'est une occasion presque philosophique de tester mes capacités de détachement. Parfois je vire et je regrette !!

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    1. Est-ce que le détachement n'est pas une aventure dans la durée ? Je veux dire que l'on n'aura jamais fini de se détacher. Les attachements succédant aux détachements. C'est très visible me semble-t-il justement dans les choses matérielles. Très enseignant en quelque sorte.
      J'ai une question. Tu répondras peut-être si tu repasses par là. Est-ce que le regret que tu évoques n'est pas parfois légitime ?
      N'y a-t-il pas un paradoxe : des choses dont il ne faut pas se détacher… en raison d'une sorte de… détachement… justement.
      Le regret peut nous tirer en arrière.

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    2. Question complexe. Bien sûr qu'il peut être légitime. dernièrement j'ai brulé plein de papiers appartenant à ma mère …...Un petit serrement au cœur !

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  12. Tous les commentaires (et tes réponses) sont très intéressants. Merci donc d'être venu me lire, Alain, et d'avoir prolongé la discussion ici!
    Bon week-end à tous!

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  13. Je n'en suis pas sûre, je peux me tromper, mais il me semble que la différence entre ce problème et d'autres problèmes plus universels c'est que celui-là me semble ne concerner que les sociétés de consommation. Un peu comme les régimes amaigrissants, par exemple. dans les deux cas, il s'agit de se débarrasser d'un surplus amassé, et qui devient gênant. Un surplus occasionné par une consommation excessive.
    Il est clair pour moi que la démarche de simplification résulte d'une prise de conscience de ce qui est important et de ce qui ne l'est pas, et que c'est un travail qui doit se faire conjointement au propre et au figuré.
    Faire le tri des relations, des idées polluantes, de tout ce qui engonce notre esprit, va de pair avec un tri matériel. Trier, jeter, donner, revendre, mutualiser, c'est non seulement une démarche écologique mais aussi salutaire pour faire le clair en soi.
    Tu sais que je suis en plein dedans. Pas toujours facile de se débarrasser d'objets qui ont compté à un moment donné. On veut garder des traces de nous, de notre vie d'avant, des souvenirs, des choses à transmettre à sa descendance, alors on hésite, parfois trop...
    J'aime bien l'idée de « ne garder que ce qui nous rend heureux » comme le suggère une de tes lectrices.
    Je pense qu'être capable de se détacher du passé matériel, c'est une preuve que l'on sait aller de l'avant...Mais encore une fois, ce n'est pas facile. Il reste que, comme Charlotte, je pense aussi à me débarrasser de choses trop intimes sur lesquelles je ne voudrais pas que mes enfants tombent dessus après ma mort. :-)
     •.¸¸.•*`*•.¸¸✿

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    1. Clarifier ce qui est important pour l'accomplissement de sa vie, au regard de ce qu'il est moins ou pas, suppose en amont une lucidité sur sa propre personne et le sens de sa propre existence. C'est loin d'être évident, cela demande du temps, et c'est remis en cause à chaque étape de sa vie.
      Et ensuite, lorsqu'on a clarifié… il faut passer aux actes. Ce qui est encore autre chose !

      Mais tu sais tout cela puisque tu es dans une étape de ce genre. Pour ce qui est d'objets à se débarrasser il faut prendre son temps surtout pour les éléments qui ont encore une charge affective forte. Le « hésiter trop » existe (surtout si sur 10 objets on en garde neuf !...), Mais si l'hésitation est raisonnable, je crois qu'il faut attendre que cela mûrisse. Enfin, je donne ici mon expérience. Quelque chose qui tenait à cœur et dont on se débarrasse trop vite, continue à nous encombrer la pensée même si l'objet n'est plus là…

      Pour terminer sur une pointe d'humour, je n'ose pas te dire : bon débarras !
      Parce que c'est trop sujet à interprétations diverses ! ;-)))

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    2. Lol, oui, je n'aimerais pas trop entendre ça de ta bouche... ;-)
       •.¸¸.•*`*•.¸¸✿

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  14. Je suis en plein dedans, Alain, je jette, je ne jette pas ?! Pour te dire combien ton billet me parle ! Récemment, je me suis fait la réflexion que si j'arrivais à me débarrasser de tout ce qui m'encombre, que ce soit matériel ou émotionnel, j'arriverais à me sentir plus légère, et peut-être bien à perdre ces quelques kilos que j'ai pris ces dernières années. A mon avis, tout est lié. J'emmagasine, dans tous les sens du terme...
    Bon week-end à toi, Alain.

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    1. Ta réflexion est intéressante, Françoise
      Je réalise qu'à l'époque où j'ai commencé à mettre de l'ordre un peu partout dans mes affaires, j'ai aussi changé de mode alimentaire. J'ai viré je ne sais combien de kilos d'affaires… et j'ai aussi perdu 10 kg de poids, que je n'ai pas repris et je me porte mieux.
      Tu as raison : tout est lié d'une certaine manière.
      Bonne suite de désencombrements…
      et bonne semaine à toi.

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  15. J'avoue tout : je ne suis pas capable de jeter ! Ou si peu... et mes enfants sont ravis de trouver des objets de leurs grands-parents datant de près de cent ans !
    J'habite ma maison depuis 59 ans et comme elle est vaste, j'ai de quoi garder... J'imagine souvent le moment où mes descendants devront la vider ; je leur souhaite bien du plaisir...

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    1. Ah oui ! En 59 ans dans une grande maison il a dû s'en accumuler des choses…
      Les enfants aiment retrouver des choses anciennes, mais il est moins sûr qu'ils en aient envie chez eux plus tard. Enfin, la tendance est plutôt à « l'habitat IKEA » si on n'en croit le chiffre d'affaires démentiel et international de cette société.
      Remarque, c'est pratique, les meubles IKEA s'écroulent d'eux-mêmes au bout de quelques années. Ils sont « auto – dégradables »… il suffit d'avoir une cheminée à feu de bois et le tour est joué.
      Bon, je rigole !
      Merci de ton passage.

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  16. Comme le dit la bourlingueuse ci dessus, la prise de conscience arrive souvent au moment où il faut vider la maison de ses parents, ou grands parents. On s'aperçoit alors qu'on jette sans état d'âme ce qu'eux avaient gardé précieusement. Alors on réfléchit sur ce qui est précieux ou non, pour soi, pour les autres....
    Bon, après il faut passer à l'acte ! Ca me prend une fois par an, mais ce n'est pas encore assez pour tout trier...

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    1. Notre environnement matériel est un prolongement de soi, notamment quand on l'a élaboré soi-même, comme son logement, les objets qui s'y trouvent etc.
      ce n'est pas la même chose pour ceux qui viennent après le décès, sauf s'ils ont gardé eux-mêmes un grand attachement à l'environnement des ascendants.

      C'est lorsqu'il y eut à vider la maison très encombrée de ma belle-mère décédée à plus de 90 ans, que j'ai personnellement pris conscience qu'il fallait faire place nette avant de s'en aller, si possible.
      Et se délester donne manifestement de la respiration intérieure. (enfin en ce qui me concerne)

      Cependant tu as parfaitement raison, c'est toujours à refaire, d'année en année.
      D'ailleurs j'ai commencé à m'y mettre pour cette année ici !

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