J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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vendredi 7 septembre 2018

Le temps de l'instant favorable

Photo AlainX



Il est des soirs où le désir de prendre le large se fait sentir plus intensément.
Il faudrait embarquer, à l'instant même.
Canot à moteur ou voilier silencieux
qu'importe.

Faire comme l'on voudrait, suivre son désir,
 là, 
maintenant, 
de suite.

Mais la mer est basse.

L'embarcation ensablée
sur le flanc.

L'horizon promettait pourtant une vie en rose, là-bas.

Bientôt la nuit se fera sombre.
Ce sera le moment d'écouter le silence des vagues.

Voyons, soyons sérieux
c'est à l'aube que le voyageur lucide monte à bord.

Il ne peut qu'attendre que la mer soit prête à le porter.


Seul l'inconscient rame dans le sable.

26 commentaires:

  1. Medceline7/9/18

    Ah... La somme de ces petits moments d'éternité où l'on voudrait tout plaquer... Larguer pour de bon ces amarres de plomb qui nous enferment dans la moiteur étouffante du conformisme...
    Aller respirer l'air iodé des côtes enfin désertées par le tourisme de masse... Arpenter les chemins sans se soucier d'un autre rythme que le sien propre... Alors, ramer dans le sable, c'est peut-être le début du voyage. Certes, on n'avance pas des masses, mais on se remet quand même en mouvement !

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    1. La moiteur étouffante du conformisme.
      Tu dis bien les choses.
      Mais pourquoi se laisse-t-on étouffer tout en râlant ?
      J'aime ton optimisme que ramer dans le sable peut-être le début du voyage…
      mais le découragement guette.
      Il manque la mer porteuse.
      (Merci d'être passée par ici, je me demandais ce que tu devenais…)

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  2. Une envolée pleine de sagesse ;-)
    C'est vrai qu'ils sont nombreux, ces moments où on aimerait "prendre la mer", sauf que maintenant c'est plutôt elle qui nous prendrait, sans doute ;-)
    Joli poème, très belle photo.

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    1. N'es-tu pas une amoureuse de la mer ?
      Peut-être te prendrait-elle amoureusement dans ses bras.
      ;-) ... Pour t'emporter vers la félicité…
      Et merci pour l'appréciation.

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  3. texte magnifique, émouvant, sensible, poétique... comme je les aime!
    et qui pose des questions importantes: suis-je un voyageur lucide, qui attend patiemment "que la mer soit prête à le porter"?

    "seul l'inconscient rame dans le sable"...sans doute mais aussi je crois l'impuissant, qui ne peut aller jusqu'à la mer, malgré son grand désir d'y arriver

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    1. Content que tu aimes ce texte. Cela ne m'étonne pas d'ailleurs…
      Ton dernier paragraphe donne à réfléchir. : Qu'en est-il de nos impuissances, qu'en faire, comment les gérer ou les contourner ?
      Il y a des grands désirs qui ne peuvent s'assouvir de la manière dont on les envisage.
      C'est peut-être cela qui nous fait rester sur la berge.
      Je parle d'expérience. Ma situation physique m'a obligé à bien des renoncements. Lorsque je me fixais là-dessus je courais à ma perte, si tant est que j'aurais pu « courir ».
      Avant que je ne comprenne que mes aspirations profondes comportaient mille et une manière de les mettre en œuvre très concrètement. Ce que j'ai tenté de faire.

      J'ai gardé en moi un souvenir assez précis lorsque j'étais jeune au centre de rééducation. Il était question de réapprendre à monter un escalier avec les deux jambes raides. J'ai déclaré clairement au kiné de l'époque :
      — Mais c'est impossible, je n'y arriverai jamais !
      Sa réponse est restée gravée en moi :
      — Si ! Tu arriveras. Mais autrement !
      Et il avait raison, le bougre…

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    2. merci Alain pour cette réponse qui comme souvent, porte à réfléchir!
      Pour parler de moi, je dois tellement "faire attention" et c'est si fatigant, que souvent je renonce (par exemple à affronter des lieux où il y a beaucoup de monde!)
      Je n'ai pas encore cherché les "mille et une manière de mettre en oeuvre" ma manière de me déplacer

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    3. Bonjour Alain, bonjour Coum,
      je lis vos réflexions avec beaucoup d'attention. Ici ou là, cela me parle.
      "c'est si fatigant, que souvent je renonce (par exemple à affronter..."
      Qui a dit qu'il fallait absolument affronter des lieux où il y a beaucoup de monde? (sauf évidemment quand il n'y a pas d'autre choix, mais supposons que tu aies le choix..
      Je me demande si parfois, on ne se met pas trop de "pression".
      Plus exactement, n'a-t-on pas des tas de croyances, pour ne pas dire des certitudes, sur ce qu'on doit faire, sur ce qu'on peut faire, sur la façon dont les choses DOIVENT se passer?...
      Mais au final, si on essaie de faire autrement, comme l'avait dit le kiné d'Alain, où serait le problème?
      Ou si on essaie d'être plus indulgent avec soi? (ça, c'est pour Coum ;-))

      J'ai eu envie d'intervenir, mais je vous demande de me pardonner la difficulté que j'ai à exprimer ce que je voudrais dire; sans doute parce que, moi aussi, je tâtonne ;-)
      Belle journée à vous.

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    4. Tu as raison sur cette manière que l'on peut avoir de « se mettre la pression ». C'est d'ailleurs une expression qui ne fait pas parti de mon vocabulaire personnel.
      Celui que j'évoque, qui rame dans le sable, se met la pression parce qu'il croit que plus il fera des efforts pour ne pas avancer, plus ce sera louable et méritoire.
      Se mettre la pression relève d'obligations venues de l'extérieur et que l'on a absorbé par... Justement… la pression sociale extérieure.
      Probablement parce que la recherche de l'exploit et de la performance sont valorisés à l'excès dans le monde contemporain, principalement par les médias et l'exemple des « champions du monde » toutes catégories confondues… il faut être le premier, le plus fort.
      il n'y a qu'à voir les parents qui réclament à cor et à cri que leurs enfants soient les premiers de la classe !
      J'appelle cela : l'art de préparer des esclaves pour le capitalisme…

      C'est déjà archi ch... dans le monde professionnel qui exige la sur-performance… si en plus on s'en rajoute soi-même cinq louches !…

      Pour éviter la tyrannie de se mettre la pression il faut revenir à soi, à ce que l'on décide par soi-même en tenant compte de ses possibles du moment. Alors on s'aperçoit que le champ des possibles est bien plus immense qu'on le croyait… c'est pour moi le sens de la leçon du « autrement » car, je n'ai pas tout dit, mais dans mon exemple de jeunesse, le "autrement" c'est eu pour résultat que c'est totalement par moi-même que je l'ai trouvé. Ma manière de monter l'escalier était unique et ne relevait pas d'un modèle établi par la science médicale… je dois dire que cette manière de faire bien souvent étonna mon entourage… cela ne manquait pas de me donner une originalité qui n'était pas prévue au départ… !
      Faire par soi-même, pour soi-même, et avec sa méthode, voilà le secret. Ce qui ne veut absolument pas dire que l'on ne recourt pas à autrui pour y parvenir. Mais c'est dans une collaboration, pas dans une obéissance servile.

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  4. J'aime beaucoup cet art de vivre sa vie en décideur... Tant il est vrai que l'obstacle réel qui nous est opposé est quasi toujours bien plus petit que celui qu'on s'invente!

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    1. Oui, c'est curieux cette propension que l'on a parfois (que j'ai parfois) d'envisager une sorte de pierre qui n'arrive jamais…
      (c'est bizarre jusque-là je n'avais pas vu ton commentaire… idem de celui de Célestine ci-dessous…)

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  5. Je plussoie sur les paroles de la Baladine.
    Attendre le moment propice, et le fruit tombe, bien mûr et sans effort.
    Les choses se mettent à couler dans l'évidence.
    Parole d'une qui a ramé sur le sable et qui un jour a compris ;-)
     •.¸¸.•*`*•.¸¸✿

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    1. T'Inquiète, je crois que « rameur dans le sable », et une profession bien souvent exercée. Fort heureusement, la plupart du temps, ce sont de courts CDD ! Quoique !…
      :-)
      Il y a une attente active qui est féconde.
      Il m'a toujours semblé que les mères de famille qui ont attendu des enfants devraient savoir de quoi il s'agit…

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    2. Tout à fait, j'y ai pensé en écrivant mon commentaire...Etonnant, non ?
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  6. "Seul l'inconscient rame dans le sable"... le voyage intérieur a ses attraits que l'autre voyage, celui du large, ne peut nous faire trouver ;)

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    1. Le voyage intérieur est peut-être le plus merveilleux que l'on puisse faire…

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  7. Une page merveilleuse!
    Sachons attendre l'aube pour partir vers d'autres horizons!

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    1. Guetter l'aube c'est peut-être aussi vivre les plaisirs subtils de l'attente…

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  8. Ah oui ça me fait penser à une citation "Ne pas attendre que les orages passent, mais apprendre à danser sous la pluie". Attendre que la mer soit haute ou ramer dans le sable, c'est un peu pareil. J'en suis là aussi, on en est tous là quelque part...

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    1. Peut-être que le marin qui attend la marée haute, en profite pour préparer le matériel qui lui sera nécessaire à la navigation.
      Il est parfois les attentes actives
      mais,… parfois non…

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  9. C'est si bien dit, si bien mis en mots et images... Oui, les attentes attentives si elles n'effritent pas le projet à force de prudence usante... Et non aux précipitations qui n'offrent que de faux départs!

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    1. Avec ton talent bien connu, ajouté à ta grande expérience, tu as parfaitement résumé tout cela…

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  10. J'aime beaucoup ton texte !

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  11. Anonyme17/9/18

    "...une vie en rose là-bas!" hahaha cette phrase me fait bien rire ! là-bas, plus tard, lorsque telle situation, tel événement ou telle personne..., et ainsi de suite... tu appelles cela l'inconscience et tu as bien raison. Oui il est cool ton texte ! il montre de belle manière un piège dans lequel nous mettons le pied bien souvent. kéa

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    1. Un piège est conçu pour que l'on aille tomber dedans.
      Il est fabriqué tout particulièrement pour être très attirant, sinon, ce n'est pas un piège !
      « Une vie en rose » ailleurs, plus tard, quand on sera arrivé à l'horizon (c'est-à-dire jamais), voilà bien le piège en effet.
      Ce qu'il cache c'est que « la vie en rose » (pour reprendre cette expression) elle vit en nous à notre insu, même au cœur des difficultés. C'est là un paradoxe que l'on a peine à considérer tant cela semble impossible à celui qui n'en a pas fait l'expérience.
      C'est toujours pareil, seul l'expérientiel analysé est un guide qui fait foi.

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