lundi 22 octobre 2018

Conversation téléphonique (consigne d'écriture)


Je ne sais pas vous, mais s'il y a une chose qui m'horripile, c'est cette manie des gens qui sortent sur leur balcon pour téléphoner. […]

Bien sûr, c'est la même chose pour ceux qui parlent à tue-tête au telephone dans le bus ou le métro... Eh, les gens, on n'écoute pas, mais on entend !

On n'entend pas tout pas tout, certes. Il n'y a qu'un locuteur. Et parfois, seulement parfois, c'est juste un peu frustrant... Alors, qui est au bout du fil ? Que dit-il ?...

Petit exercice du jour :  la reconstruction d'une conversation.
...
Non, Pas du tout.
...
En fait, là, je n'ai pas le temps. Et même tu me déranges.
...
Non, mais je...
...
Ecoute, je ne voulais pas...
...
Faudrait me laisser parler !
...
Comment ça ?
...
Mais pas du tout ! c'est toi qui...
...
Tu te fais des films !
...
Bon je te laisse là.
...
Oui, c'est ça ! 
...
OK ! Rappelle-moi ce soir. Je file, là !

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... Alors figure toi, Éléonore, que j'ai revu Gontran, tu sais, ce grand brun qui a ce charme fou des latinos, présent à la fête des fleurs la semaine dernière. Hé bien, il a clairement des visées  sur toi ! Je suppose que tu t'en étais aperçue.

Non, Pas du tout.

... Allez, ne fait pas ta miss jaurée, avec moi ce n'est pas la peine. Donc, comme tu le sais, j'ai pour mission, fixée par ton papa, de te trouver un bon parti. Et là, Gontran, cela me semble un bon choix. Sa famille est irréprochable, et leur fortune est conséquente. Je vais organiser une petite sauterie le week qui vient, et bien entendu je compte sur ta présence.


En fait, là, je n'ai pas le temps. Et même tu me déranges.

... Peut-être que je te dérange, mais c'est pour ton bien. Il est temps que tu changes tes comportements, d'ailleurs tout le monde le dit. Hier encore j'en parlais avec ta mère qui me le confirmait. Tu devrais plutôt me remercier, en tant que ton oncle, de prendre particulièrement soin de toi, étant donné que tu ne sais pas mener correctement ta vie par toi-même.


Non, mais je...

... Oui je sais tu vas encore me raconter que tu veux rester célibataire, que tu n'aimes pas particulièrement les hommes, les femmes n'ont plus d'ailleurs. Et bien je peux te le dire, tu crées une peine immense à tes parents. Ils sont au désespoir et toi tu ne te rends compte de rien. Tu te comportes en rebelle et ça, dans notre milieu, ne peut être toléré. Tu te rends compte du chagrin que tu fais à ta mère ?


Ecoute, je ne voulais pas...

... Tu ne voulais pas, tu ne voulais pas, mais c'est comme ça ! Tu es une fille indigne de sa condition. Après tout ce que nous avons fait pour toi, quelle ingratitude !


Faudrait me laisser parler !

... Pour que tu nous racontes encore ton discours qu'on connaît par cœur ? De toutes façons depuis que tu es petite tu n'as rien d'intéressant à dire. Il n'y a que toi qui te crois valable. Tu sais que c'est difficile de m'occuper de toi ? C'est bien  parce que j'aime profondément ma sœur et que je veille à la bonne gestion de notre famille . À ce titre je me sens obligé de me charger de ta vie.
Donc si tu ne sais pas t'intéresser à Gontran qui est un parti valable pour toi,   en raison de la fortune de ses parents, je crois que la famille va devoir prendre certaines mesures désagréables.


Comment ça ?

... Ne joue pas les innocentes. Tu sais très bien de quoi il s'agit. Tu connais parfaitement les règles de notre clan familial.


Mais pas du tout ! c'est toi qui...

... c'est ça !  Ça va encore être de ma faute ! Tu ne crois pas pouvoir toujours t'en tirer comme quand tu étais petite fille agaçante ! Tu es profondément ingrate finalement. Je l'ai toujours dit à ta mère. On ne fera rien de bon de toi. Tu fais le déshonneur de la famille.

Tu te fais des films !

... Non, la réalité est ce qu'elle est. Cela dit je suis désolé de te brusquer. Ce n'était pas mon intention. Mais tu refuses toujours toute proposition valable. Il faut nous comprendre, nous voulons ton bonheur finalement. Il suffirait que tu te montres raisonnable et tout serait parfait dans le meilleur des mondes.

Bon je te laisse là.

... Tu as tort de ne pas vouloir m'écouter. Je sais très bien ce qui te convient. Aucun oncle n'a pris autant soin de sa nièce. Tu ferais mieux de t'en rendre compte.


Oui, c'est ça ! 

... Il y a beaucoup de choses qui doivent encore t'être enseignées. Il faut absolument que tu saches d'où tu viens, qui tu es vraiment, quel est la raison impérative qui nous lie tous ensemble et qui fait notre unité, notre union à la vie à la mort. Il faut que je te parle de tout cela. C'est important désormais, presque urgent.


OK ! Rappelle-moi ce soir. Je file, là !

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Les éléments de réponse imposés m'ont semblé orienter vers une histoire de couple plutôt dans le style épisode de dispute. J'ai voulu choisir une autre option.
Je me doute que les dames qui vont lire ne vont pas être aux anges !…
S'il s'agit d'un texte de fiction, il a cependant des analogies avec certaines situations déplorables que j'ai pu connaître dans ma profession… sans pour autant, bien sûr, pousser le bouchon si loin…


21 commentaires:

  1. BRAVO. Merci de me réjouir ainsi.

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    1. Je m'en réjouis à mon tour…

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  2. Moi aussi, j'ai choisi l'option drame familial... mais on aimerait en savoir plus sur les règles du clan familial !

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    1. Si je me mets à expliquer les règles du clan… on sera encore là demain matin ! ;-)

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  3. Il fait effectivement un peu trop dans le genre tonton flingueur, l'ancêtre ! ;-)

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    1. il veut le bien de sa nièce voyons !
      :-)

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  4. Il se "la joue" un peu le tonton, non ? Pauvre Eléonore, elle va avoir du mal à imposer ses choix.

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    1. Il serait en effet qu'elle fasse sa révolution…

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  5. Je remarque que tu choisis toujours des Eléonore ou des Gontran mais jamais de Raymonde ou de Steven? Pourquoi?? Cette question me taraude.

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    1. Je viens de téléphoner à mon psychanalyste. Il m'accorde un rendez-vous en urgence, compte tenu que je ne voudrais pas que cette question te taraude trop longtemps !

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  6. Ah, ah, chouette dialogue!

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    1. On s'y croirait en effet !
      ;-)

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  7. ben dis donc, cet oncle ne fait pas dans la dentelle, il cloue le bec à chaque phrase que sa nièce ose dire!
    C'est très bien mené!

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    1. C'est uniquement parce que la nièce ne comprend pas ou est son intérêt, voyons !

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  8. Bien louche la famille et bien trop présent le tonton!! j'ai bien aimé ton texte.

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    1. Merci d'avoir apprécié, moi je me suis bien amusé à l'écrire !

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  9. Dis donc, c'est le clan des Siciliens, là ?... Qu'est-ce que Tonton réserve à la petite Eléonore ?... Pas la baignoire d'acide, quand même ? !!! Je sais, j'ai l'esprit caustique et même plus ce matin mais je reviens de vacances + mes petits-enfants et j'ai une angine !...
    Bravo, bien sûr pour l'originalité et l'énigme... :)

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    1. Tiens ! La baignoire d'acide ! Ce serait une excellente punition. Merci de m'en avoir donné l'idée !
      Quant à toi ne refiles pas ton angine à tes petits-enfants !
      Soigne toi bien !
      Bien entendu, je ne t'embrasse pas…
      ;-)

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  10. Tellement de gens veulent le bonheur des leurs, malgré eux...
    Tellement de gens savent ce qui est bon pour nous
    Ça me rappelle tellement des choses, ça me parle tellement...
    C'est tellement bien analysé tout ça...
    Bref, cette pléthore de tellement pour te dire que j'ai ri, mais un peu jaune ;-)
    Bisous mon babar
    •.¸¸.•*`*•.¸¸✿

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    1. Évidemment, j'ai forcé le trait jusqu'à la caricature.
      Et cependant la réalité dépasse parfois la fiction… si bien que je comprends la couleur du rire.
      Les gens de bon conseils ne sont pas aussi retors que l'oncle mis en scène. C'est leur insistance et la quête de pouvoir sur l'autre qui est à déplorer.
      Il n'y a que « cet autre » qui détient les clés de la prison de bonheur frelaté ou on voudrait l'enfermer.
      Quant à toi, il me semble que tu as fait bon usage desdites clés…

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