mercredi 24 octobre 2018

Il suffit de presque rien…


Je poursuis mes rangements/éliminations dans mes affaires personnelles. Je me programme un temps chaque jour (si possible).
Je suis dans le tri d'une période importante de ma vie professionnelle. Importante parce que j'y ai connu les avancées les plus essentielles de mon existence.
Cela me ramène à des moments de grande intensité. Des souvenirs oubliés remontent à la surface. D'excellents comme d'exécrables. Ces derniers vont à la poubelle. Les premiers retrouvent l'intensité du moment.
Autrement dit cela me confirme dans la permanence et l'éternité des instants essentiels de mon existence. J'oserais peut-être en faire une généralité.


J'ai relu un texte de quelques pages, d'un homme dont j'ai reçu énormément. J'avais oublié une partie du contenu. C'est, je crois, parce que je ne l'avais pas compris à l'époque.

C'est tellement clair à la relecture. 
Un paragraphe m'a mis en arrêt intérieur. Je l'ai relu trois fois. Quelle lumière !

Quand on est trop jeune, que l'on n'a pas encore suffisamment d'expérience, certaines lumières aveuglent. Peut-être faut-il que la vue baisse pour ne plus être éblouie à ce point.

Les pages retrouvées m'ont mis dans une grande paix intérieure.
Dans le même temps un nouveau frémissement de vie a palpité en moi.


Le texte date de plus de 30 ans. C'est aujourd'hui qu'il est écrit pour moi.

26 commentaires:

  1. Il ya une époque pour comprendre…..Sans doute parce que l'on a fait un bout de chemin.

    Quand on est trop jeune, que l'on n'a pas encore suffisamment d'expérience, certaines lumières aveuglent. Peut-être faut-il que la vue baisse pour ne plus être éblouie à ce point. Comme j'aime cette phrase !!

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    1. « Une époque pour comprendre »
      paradoxalement cela fait peut-être partie de la sagesse…
      si on cherchait à tout comprendre avant d'entreprendre… peut-être ne se passerait-il pas grand-chose.
      Mais il y a des ratés, pour que ceux-ci nous apprennent.

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  2. Avec le temps, viennent le recul, une sorte de sagesse et parfois la sérénité. Cela permet de revenir sur des épisodes de notre vie et d'en avoir une autre relecture. Finalement, la vie, c'est cela, ne pas croire que l'on va tout comprendre d'un coup mais se laisser le temps de la réflexion. Belle suite de semaine.

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    1. D'une certaine manière, tu rejoins ce que dit Daniel et ma réponse.
      Tu as raison, il y a un temps pour chaque étape de la vie.
      La compréhension ne peut pas toujours précéder l'action.
      L'analyse suppose un vécu préalable. Sinon c'est pure spéculation.
      Merci pour ton commentaire et bonne semaine à toi également.

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  3. J'aime vraiment beaucoup comment tu dis les choses: "Quand on est trop jeune, que l'on n'a pas encore suffisamment d'expérience, certaines lumières aveuglent. Peut-être faut-il que la vue baisse pour ne plus être ébloui à ce point."
    et c'est tellement vrai, tant de choses, avec l'âge, sont relues et comprises autrement. Ou comprises tout simplement. Je l'ai expérimenté aussi.
    (tu es bien courageux d'être régulier dans tes tris... Moi je fais ça un peu au feeling, ça donne moins de résultats! ;-))
    Bonne fin de journée à toi

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    1. C'est une belle chose que l'homme puisse faire retour sur lui-même.
      Il lui est nécessaire de connaître et comprendre son histoire, pour poursuivre sa vie avec plus d'intelligence et peut-être avancer vers plus de bonheur d'être.

      Je ne sais pas si c'est du courage parce que cela relève de plus en plus un impératif intérieur d'action. Faire de la place pour la suite de ma vie.

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  4. Anonyme24/10/18

    Moi j'ai vraiment le goût de lire ce texte ! S'il est trop personnel, tu pourrais peut-être le modifier un peu. Étant donné la connaissance que j'ai de toi, je suis assurée que ce texte doit être d'une grande qualité. Enfin, à toi de décider. kéa

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    1. Merci, kéa, d'exprimer ton souhait.
      Je vais y réfléchir, parce que c'est vraiment assez personnel.

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  5. Il m'est arrivé aussi de relire plus tard un texte, une lettre, cachée dans mes affaires et d'être super étonnée de la lire comme si c'était la première fois, dans une espèce de sidération, de la comprendre enfin! Il aura fallu tout ce temps...
    C'est une expérience très spéciale

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    1. Il est vrai que pour « une même chose » il nous est offert cette chance de plusieurs « premières fois ».
      Je l'ai vérifié, par exemple, à propos des œuvres d'art. En particulier et quelques-unes dont je dispose chez moi. C'est vrai aussi pour certains livres… et bien d'autres choses aussi…
      ainsi peu à peu s'enrichit notre humus intérieur. (Enfin, il me semble…)

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  6. Parfois ce qui nous est dit, écrit, enseigné s'inscrit un peu pêle-mêle dans notre tête, ou notre cœur, ou les deux, de bric et de brac, des mots des bribes des phrases qui s'entassent au petit bonheur la chance, ou se gravent dans les cases "choses à vérifier" ou "à voir de plus près" ou encore "à expérimenter soi-même" et ça souvent sans qu'on en ait même conscience. Et puis mine de rien, ces phrases ces mots cheminent, cheminent, et un beau jour apparaissent dans leur exactitude.
    Ton texte est beau, émouvant. Beau.

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    1. Ah ! Chère Baladine, je reprends tes derniers mots. Ton commentaire est beau et émouvant. J'aime beaucoup comment tu « poétises » toutes ces petites expériences que tu as évoquées, avec une grande justesse et finesse. C'est exactement ça. J'y perçois la belle sensibilité de la femme que tu es.
      Un grand merci.

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  7. Comme quoi il faut du temps pour tout.

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  8. Peut-être que certaines périodes de notre vie nous font lire notre vie en diagonale, trop rapidement, en effleurant seulement des points essentiels… pas le temps de prendre le temps pour savourer certains temps… l'efficacité, l'avancement sur notre chemin…
    Cependant, je reste persuadée qu'une partie des paroles, gestes, écrits, que nous avons eu durant ces périodes, est bien en nous, nous en avons été pénétré sans en prendre totalement conscience.
    Si nous reprenions le chemin à l'envers, nous distinguerions ça et là quelques petits éclats de ces écrits, gestes, paroles… Nous absorbons, emmagasinons, rangeons, nous nourrissons de chaque éclat positif ou négatif. Tout est en nous, même si le tourbillon de la vie nous fait croire que tout s'efface.
    Le tri dans nos affaires à cela de particulier, nous remontons le courant et retrouvons de belles plages de notre vie.

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    1. (...) une partie des paroles, gestes, écrits, que nous avons eu durant ces périodes, est bien en nous, nous en avons été pénétré sans en prendre totalement conscience

      Je partage tout à fait ce que tu dis là.
      Nous sommes « traversés » par tout ce qui concerne notre vie, comme le petit torrent traverse la prairie verdoyante.
      Certaines choses passent sans trop laisser de traces. D'autres sont tellement marquantes qu'elle frappe notre conscience.
      D'autres encore sédimentent dans notre terre sans que nous le sachions clairement. Créant ainsi une sorte d'humus intérieur sur lequel pousse notre existence profonde.

      J'ai souvent utilisé cette métaphore de la sédimentation naturelle.
      Merleau-Ponty écrivait à propos de ce phénomène : « un « monde des pensées », c'est-à-dire une sédimentation de nos opérations mentales, qui nous permet de compter sur nos concepts et sur nos jugements acquis comme sur des choses qui sont là et se donnent globalement, sans que nous ayons besoin à chaque moment d'en refaire la synthèse (Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, 1945).

      Je remplacerais volontiers « monde des pensées » par« monde intérieur », c'est-à-dire que j'étendrais son propos au-delà du seul registre mental, même si tout doit passer par lui, non pas comme lieu mental, mais comme capacité à percevoir et analyser l'ensemble des « lieux intérieurs » de la personne humaine.
      (Je ne sais pas si je me fais comprendre…)

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    2. Notre "monde des pensées" s'infiltre dans notre "monde intérieur" qui sait très bien analyser, disséquer, digérer et répartir dans l'ensemble des "lieux intérieurs" qui nous habitent.
      Tu as raison, c'est cela notre existence profonde, celle qui fait que nous sommes nous, unique, seul, se nourrit de cette richesse qui passe, nous "traverse" et dépose à chaque fois couche sur couche jusqu'à former une terre riche et féconde.
      Ma pensée est sans doute plus simple dans sa façon de s'exprimer, mais nous nous comprenons sur cette capacité que notre "âme" (!!) possède à être perméable même inconsciemment aux bienfaits qui nous ont été dispensés. Le moment venu l'éveil se fera.

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    3. Angedra, je plussois !
      plus simple ?
      Je crois que c'est moi qui ai tendance à être parfois un peu trop compliqué… ;-)

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  9. J'apprends à reconnaître les cadeaux de la vie. Retrouver une telle lettre, des années après, en tirer la conclusion que c'est aujourd'hui qu'elle te parle vraiment : voilà un cadeau très touchant, j'irai jusqu'à dire bouleversant.
    Comme si de petits cailloux traçaient la silhouette de notre chemin pour nous amener vers nous-mêmes, mine de rien, d'expérience en expérience.
    Encore un texte plein de ton humanité qui confirme une fois de plus combien tu m'éclaires, pas après pas, depuis que je t'ai rencontré. Un phare, oui. Encore et toujours.
     •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    1. À propos de ton deuxième paragraphe (les petits cailloux) il est intéressant d'écrire l'histoire des pierres blanches qui ont jalonné notre existence, pour en comprendre l'intelligence par l'intérieur et par notre expérience.
      C'est-à-dire l'histoire des événements que l'on a vécus comme « positifs et constructifs » de notre personne.
      Il arrive que l'on revienne sur son histoire avec le fil conducteur de « tout ce qui a été mal et raté ». Bien entendu, c'est une approche qui a sa valeur. Ce fil-là nous enseigne aussi.
      Mais si des épreuves il peut sortir un bien, le « bien pour nous » a été bien plus abondant si l'on regarde les pierres blanches au long de la route.
      Je dis cela pour en avoir fait l'expérience et reçue les bénéfices.

      Ton dernier paragraphe me touche, bien entendu.
      Il me fait un bien profond. Parce que, je vais bien devoir finir par le reconnaître, j'essaye de me vivre autant que faire se peut comme un « serviteur de la vie vraie ». C'est très simple au fond, et très humble : il suffit d'être soi, vraiment.
      Rien d'autre, mais tout cela…
      Toutefois ce n'est pas toujours évident, il y a tant de sollicitations extérieures qui cherchent à nous entraîner ailleurs…

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  10. Bonjour Alain,

    Mince mince mince ! Je viens de te faire un commentaire (non connectée) et cela n'est pas passé je ne suis pas sûre de réussir à retrouver les mêmes mots mais je vais quand même essayer :-)

    Ton texte résonne bien en moi... Les images que tu utilises pour exprimer cette explosion d'éclaircissement suite à la lecture d'un message laissé des années auparavant, cela me parle beaucoup... C'est aussi là, me semble-t-il qu'on mesure la force du lien et parfois aussi de l'amour que l'autre personne a porté à ce que nous étions en train de vivre...


    J'apprécie toujours la manière que tu as d'expliciter les choses qui qui parcourent ton intérieur... et qui font souvent échos chez tes lecteurs :-) Pour cela je te remercie pour ce partage de mots.

    Pour ma part, je ne sais pas si cela te le fait, mais cela arrive même avec mes propres textes...
    Il m'arrive parfois de relire de très vieux textes, et de ressentir ce que tu appelles cet "arrêt intérieur", état dans laquelle je peux me trouver car une forme de lumière jaillit et vient redonner à nouvel éclairage sur cette jeune que j'ai été... Car l'âme elle n'est souvent pas assujettie à l'inexpérience de la jeunesse :-)

    Une bise amicale :-)

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    1. Je suis d'accord, July, cela m'arrive aussi avec mes propres textes. J'ai gardé le premier journal intime, écrit sur un cahier d'écolier, ouvert au centre de rééducation où j'ai séjourné enfant, à 13 ans. (Aujourd'hui on dirait ado ou pré-ados). Je fus surpris combien j'avais déjà une sorte d'acuité sur mes semblables (les autres enfants, les rééducateurs) que j'exprimais, bien sûr, avec ma conscience et les mots d'alors, mais il y avait quand même l'embryon de « portrait psychologiques ». Et aussi un certain « style », pas désagréable !

      Ce qui a jailli en relisant cela, en forme de lumière finalement, c'est combien il y a dans l'être humain de potentialités en possibles et en attente. Il me semble qu'elles sont beaucoup plus importantes en graines qu'on ne le pense le plus souvent.
      Évidemment nous n'allons développer que quelques-unes de ces potentialités, suivant nos choix, nos conditions de vie, nos cultures, les impératifs de l'existence, les accidents de la vie, etc.
      Mais l'homme est infiniment riche de possibles !

      Malheureusement, il est aussi très riche en capacité de faire n'importe quoi des trésors déposés en lui… jusqu'à les gâcher définitivement, comme un enfant inconscient casse son jouet préféré…
      C'est pourquoi j'appelle de mes vœux tout éducateur à quelque stade qu'il soit placé de favoriser chez l'enfant et le jeune (et certains adultes) le goût de côtoyer sa conscience profonde, qui est un guide sûr, un être de confiance qui séjourne en nous-mêmes.
      C'est lui qui détient les clés qui nous ouvrent les portes de notre accomplissement véritable.
      Mais tu sais cela, puisque tu t'engages en ce sens et fais ma réjouissance pour toi.
      Je t'embrasse de grand cœur.

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  11. Anonyme27/10/18

    Alain?
    Ainsi les commentaires ne passent donc jamais?

    Val

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    1. Celui-là est passé en tout cas !
      J'ai reçu ton mail à ce sujet. J'ai consulté mes spams, au cas où…
      mais je n'ai rien de toi qui sois atterri là…
      si cela ne passe pas tu peux m'envoyer le texte par mail comme suggéré ci-dessous. Si tu as un compte Google, ça peut faciliter les choses je crois.
      J'espère pour toi que cela s'améliorera…

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  12. Anonyme30/10/18

    Vais tenter de voir pour un compte Google...
    Val

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  13. C'est drôle comme certains écrits nous reviennent juste au bon moment. Je ne pense pas qu'il s'agisse de hasard. J'ai déjà connu ce genre d'expérience.

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