lundi 29 octobre 2018

Un lundi chez Laquevio


avec les mots obligés suivants :
épouvantail (évidemment !) cendre escargot tombereaux pourchassait fondra minuscule vantard amorce Sud-africaine.



L'épouvantail

Il était une fois, dans un pays lointain, un Prince hideux, à la figure de cendre, qui avait épousé une sud-africaine : Melissa métisse d'Ibiza, car dans les contes on peut inviter Julien Clerc et ses chansons.

Le Prince hideux  avait rencontré cette jeune femme à l'occasion d'un safari où l'on pourchassait l'escargot, à coups de trompettes d'Aïda, dans ces contrées lointaines du bout de l'Afrique, où il ne fait pas bon vivre à cause d'une chaleur éprouvante et intense qui amène sur le front des tombereaux de perles de sueur sanguinolente.

Melissa donna au Prince hideux un fils qui devint de plus en plus maigre en grandissant, en sorte qu'il se mit à ressembler à un épouvantail, et que le peuple, toujours méchant, l'affubla de ce nom.

Le Prince hideux considéra Melissa comme responsable d'avoir mis au monde ce rejeton minuscule, indigne de succéder à Sa Majesté lorsque le temps sera venu. Il déclara alors à son chambellan :

— On la fondra dans le chaudron à potion magique de Panoramix, car dans les contes on peut également faire intervenir René Goscinny et Albert Uderzo.

Ce n'était là cependant qu'une amorce de solution, car le fils Épouvantail portait sur la tête le bicorne à galons dorés de Napoléon, (mais oui, et sans que « l'empire contre-attaque », l'histoire de France à sa place dans un conte) 
Ce couvre-chef procurait au fils l'intelligence de la stratégie guerrière. Le prétendant à la succession n'était pas vantard. Il n'avait parlé à personne des pouvoirs que cela lui conférait. L'Épouvantail avait comme projet un immense massacre pour se venger du destin funeste qui l'avait fait naître et grandir ainsi.

La fée clochette, qui passait par là à l'occasion de son voyage de noces avec Peter Pan (et pourquoi ils n'auraient pas le droit d'être là !), saupoudra tout ce petit monde de poudre magique.
Aussitôt tout redevint dans l'ordre : Melissa devint la Belle au bois dormant, le Prince hideux se métamrphosa en Prince charmant, et le fils Épouvantail s'enflamma pour une nouvelle vie.

On raconte dans les chaumières qu'il partit aux Unis-Etats faire fortune dans le burger et qu'il a désormais le tour de taille d'un chêne tricentenaire.

« Tout est bien qui finit bien » conclurent les Dupont – Dupond, qui comme toujours n'en manquent pas une.

Mais comme ils avaient la bénédiction de Hergé, plus personne n'osa plus rien dire pendant 100 ans.

20 commentaires:

  1. Là, ton psychanalyste aura matière à se rendre utile... ;-)

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    1. Mais je crains qu'à la fin de la consultation, il ne soit lui-même obligé d'en parler à son propre psychanalyste…
      °-)

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  2. Et comme un conte, il se termine bien. J'ai bien aimé transiter par les contes et les chansons. J'aime être bousculée dans les évocations comme toi dans l'inspiration !
    Merci, Alain.

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    1. Merci de ton indulgence !
      Je n'étais pas très inspiré, je me suis laissé divaguer…
      mais j'assume !

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  3. Et bien quand tu dis vague, tu es quand même assez précis ! J'ai rit une nouvelle fois en te lisant

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    1. Si tu as prie, c'est le principal… avec le froid qui revient, ça réchauffe !

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  4. Alors là, j'en reste baba...au rhum !!!. J'ai aimé les 2 histoires des participants homme qui n'ont pas fait dans la dentelle...du Puy !!!...Les femmes, nous, avons été plus "fleur bleue" avec cet épouvantail. Pas inspiré ? Alors là, si vous l'aviez été, à quoi on aurait pu s'attendre..

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    1. Il faut croire que les hommes aiment déambuler en dehors des sentiers battus !
      Mais ton texte est excellent, même s'il reste dans la lignée des contes traditionnels

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  5. Excellent !! quel parcours de lecture ! j'ai aimé te suivre au fil des chansons, des écrivains, des dessinateurs, des films …. et c'était bien ! bonne après midi Alain.

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    1. En lisant ton commentaire je me dis que c'est un conte pour lecteurs de Télérama !
      °-)

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  6. Comme d'habitude, tu nous as gâtés avec tes délires et tes emprunts divers et variés ! Surtout, ne change rien à ton style !

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    1. D'accord, bourlingueuse, j'obtempère rien que pour ton plaisir !
      ;-)

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  7. Ton histoire surréaliste nous plonge dans ton imagination qui se libère de tout contrainte. Tu y convoques aussi bien des êtres de chair que des personnages de fiction, les uns et les autres participent ainsi à mettre de la vie dans ce conte ou deux mondes se traversent, se télescopent pour nous surprendre et nous faire sourire.
    J'ai aimé me faire bousculer ainsi par ces arrivées qui nous font basculer….

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    1. La taulière du site voulait un conte pour petits et grands !
      Je ne me suis pas laissé conter fleurette.
      J'ai produit ce laissé-pour-compte
      et je n'ajouterai rien d'autre : c'est pour solde de tout compte.

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  8. Ah, ah, je ris et souris toujours quand je lis tes textes (et même si je n'ai pas participé à ce lundi, je ne suis pas douée pour les contes o;)

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    1. Figure-toi que je ne suis pas doué non plus, c'est pourquoi j'ai produit cet ersatz !
      :-)

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  9. Quel talent !
    Il faut dire que tu as su t'entourer de collaborateurs illustres !
    •.¸¸.•*`*•.¸¸✿

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    1. Peut-être que grâce à eux je vais finir par devenir illustre moi aussi !
      AlainX en mode melon

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  10. Je ne sais pas comment tu fais pour jongler aussi facilement avec les mots que moi je sais parler aux arbres ? Oui c'est vrai on n'a jamais fini de conter fleurette sur des princes et des princesses, auprès du feu, une nuit d'un bel automne.
    Merci pour ce plaisir de te lire

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    1. Et merci à toi de ta visite par ici…
      J'espère que tu vas bien.

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