J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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lundi 14 janvier 2019

Histoire de Roland



Ma participation ne va pas vraiment dans le sens du texte mis en exergue… même si je suis parfaitement en accord avec la dernière phrase !…




L'année qui commence est comme une pièce vide. Un peu mystérieuse, avec des coins sombres mais de belles lumières à certaines heures du jour. Elle sera faite de ce qu'on y apportera et de ce qu'on supportera ou pas... On arrive avec son barda; il s'allègera ou s'alourdira. Quoiqu'il en soit, on est encore maître chez soi. Notre nid, notre foyer, notre refuge... et n'oubliez pas,  c'est d'abord dans votre coeur que je vous invite à mettre paix et joie. N'attendez pas que cela vienne d'ailleurs !





Histoire de Roland

— Voilà, c'est ici que j'habite depuis quelques semaines, déclara Roland en ouvrant grand la porte d'un geste ample, et en gardant la main sur la poignée. C'est modeste, mais calme, ajouta-t-il.

— Modeste ? Moi je dirais plutôt complètement délabré ! Soupirai-je en voyant cette pièce vide aux murs roses pisse, vu les relents d'urine qui vous envahissaient les narines.

— C'est-à-dire que je n'ai pas encore eu le temps d'aménager la chambre, se justifia Roland. Ni les autres pièces d'ailleurs. Pour l'instant je dors dans la voiture. Il ne fait pas encore froid, c'est tenable.

— Elle t'a laissé des meubles et des affaires quand même ? Ne me dis pas qu'elle a tout gardé pour elle ?

— Tu sais Jean-Pierre, vu la situation j'ai préféré tout abandonner. Et puis je vais probablement finir par retrouver du travail intéressant. Dès que j'aurai les moyens, j'irai glaner deux ou trois trucs chez Emmaüs.

— Est-ce que la police a clôturé son enquête ? Demandai-je sur un ton badin qui semblait simplement vouloir meubler la conversation.

— Je ne sais pas. L'autre jour il était question d'une reconstitution. Je ne vois pas bien ce qu'ils pourraient reconstituer  vu les dégâts… mais enfin… paraît que les flics sont comme ça ! Et je soupçonne le juge d'instruction d'être un horrible voyeur ! 

— Tu as au moins cette chance, mon vieux Roland, qu'ils te laissent en liberté. Tu pourras remercier chaleureusement et financièrement ton avocat pour sa compétence. Parce que ces vieux renards de flics semblent bien avoir accepté la thèse de l'accident. Il fallait quand même un avocat hors-pair pour leur faire croire cette salade.

— Je n'ai pas une tête d'assassin ! Ça a dû jouer ! murmura Roland comme s'il se parlait à lui-même.

C'est incroyable combien Roland prenait cette histoire à la légère, comme si c'était anodin. Une simple péripétie. La victime, une très belle femme, fut quand même complètement défigurée.

*


C'est trois jours plus tard que je fus prévenu par un coup de fil de Marcel.
On avait retrouvé Roland pendu dans la grande pièce vide.
Il paraît que les flics ont longuement cherché la chaise ou le meuble sur lequel il avait pu grimper pour se pendre.
Mais le légiste était formel. La mort était bien par pendaison. On n'avait pas accroché après-coup un cadavre au bout d'une corde.

Mettant fin à ses jours, Roland nous avait fait une sorte d'aveu.
Et cependant.
Comment donc avait-il pu s'y prendre ?
Décidément, dans cette maison vide, demeurent quand même pas mal de mystères !

Personne ne saura jamais la suite. Avec la mort de Roland, le dossier fut classé définitivement par le Procureur de la république.

C'est dans les mois qui suivirent que j'ai recontacté l'ex de Roland. On avait eu une vague aventure dans le passé. C'est même comme ça que Roland l'avait connue.

Finalement on a décidé de se mettre ensemble. D'autant qu'elle apprécie mon corps et la réciproque est vraie.
Parfois il nous arrive de reparler de Roland. Ce qui me choque un peu c'est qu'elle l'appelle toujours « le pendu ».



28 commentaires:

  1. Anonyme14/1/19

    Em... L'ex de Roland ne serait-elle pas un succube ?... Tu devrais faire gaffe, tout de même...
    ;-)

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  2. J'aime ces personnages, inquiétants et mystérieux à souhait !
    Suspense réussi.

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    1. Merci beaucoup, Antoine.
      J'avoue que je me suis délecté à l'écrire.

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  3. C'est bête, la pièce n'était pourtant pas vide, il y avait la lumière du jardin. Malgré son odorat sensible, ce Roland avait de la m... dans les yeux.

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    1. Que veux-tu !
      Sans doute était-il trop influencé par Stéphane Plaza !
      Il ne voyait pas le charme de l'endroit, ne pensant qu'au home staging....
      Tout repeindre en taupe !

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  4. Bigre, drôle d'affaire...Apparemment plus de zones d'ombre que de pans de lumière dans ton histoire...
    Mais bon, elle aime ton corps, toi aussi, et ça, c'est positif ! ;-)
    •.¸¸.•*`*•.¸¸🦋

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    1. Tu vois, Quelles que soient les circonstances, tu arrives toujours à trouver comment sauver une histoire !
      ;-)

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  5. Je retrouve ici l'atmosphère bien particulière de tes nouvelles, avec le mystère qui convient, qui l'enrobe qui ne sera pas levé! Avec sa chute étrange...
    J'aime cette courte nouvelle!

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    1. Peut-on vraiment parler d'une nouvelle ? Juste un petit texte à l'emporte-pièce. Mais j'aime assez ciseler ce genre de petit machin !
      Et merci bien entendu pour ton appréciation, toi qui excelles dans le genre.

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  6. Cela me fait penser à de l'Hubert Monteilhet... c'est bien simple tout le monde finit par s'entretuer...
    Diable!

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    1. C'est vrai qu'Hubert Monteilhet a un peu trop tendance à copier mon style !
      Mais bon, grand seigneur, je ne dis rien…
      ;-))
      (en fait, je n'ai jamais rien lu de lui… ça fait un bail que je n'ai pas lu un roman policier…)

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  7. On comprend à la fin la désinvolture de Roland face à la situation. Il parait qu'aprés avoir pris cette décision ultime, on est dans cette disposition d'esprit.
    D'accord avec Coum, on retrouve bien ton style dans cet épisode.

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    1. Tu as tout à fait raison sur « la disposition des esprits » lorsque la décision est prise. Je suis témoin combien c'est terrible après coup pour l'entourage de constater : – il avait l'air d'aller bien !…
      Mon style ? Une de mes manières d'écrire sans doute.

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  8. Et l'ex qui se pend à ton cou, si c'est pas des gens suicidaires ça ! ;-)

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    1. Tu me fais rire !
      C'est juste en plus !
      :-)

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  9. Mais !... Tu nous tiens par la corde !... Récit fantastique dont j'ai bien envie de connaître la suite ! Va-ton assister à la mort de Jean-Pierre ?...
    J'adore !

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    1. C'est vrai qu'il pourrait y avoir matière à écrire une « vraie » nouvelle !
      Et si c'était Jean-Pierre qui ?… Enfin bref, je dis ça, je dis rien…

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  10. "L'année qui commence est comme une pièce vide. Un peu mystérieuse, avec des coins sombres mais de belles lumières à certaines heures du jour. Elle sera faite de ce qu'on y apportera et de ce qu'on supportera ou pas... On arrive avec son barda; il s'allègera ou s'alourdira. Quoiqu'il en soit, on est encore maître chez soi. Notre nid, notre foyer, notre refuge... et n'oubliez pas, c'est d'abord dans votre coeur que je vous invite à mettre paix et joie. N'attendez pas que cela vienne d'ailleurs !"

    Des mots à retenir en plus de ton histoire!

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    1. C'est vrai que c'est une belle manière d'introduire la consigne pour donner des idées.
      Mais j'ai préféré un chemin de traverse…

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  11. J'adore ton histoire, tu devrais écrire des romans policiers.

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    1. À 15 ans, sur une vieille machine à écrire Japy, j'avais commencé un roman policier façon Agatha Christie (dont je dévorais les livres dans la collection « Le Masque »). Une histoire d'empoisonnement. J'avais même demandé des précisions médicales à un médecin ami de mes parents…
      je n'ai pas dépassé la page 50… et j'ai perdu le tapuscrit !
      :-(

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  12. Avec un début comme ça, je tiens les 300 prochains matins de mon blog !
    C'est vraiment bon, bon sang !

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    1. Merci pour ce commentaire, dont bien entendu j'apprécie la teneur !
      Et encore : tu n'as pas vu la version façon San Antonio que j'ai écrite dans la foulée pour un atelier d'écriture dédié…

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  13. Ton imagination est digne de celle d'Agatha Christie ou Georges Simenon, Stephen King et d'autres... Je suppute que tu dois écrire des polars et que tu en as plein tes tiroirs !
    Quel dommage que l'on n'ait pas la clef de l'énigme...

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    1. C'est beaucoup trop d'honneur que d'évoquer ces sommités… !

      Dans le recueil de nouvelles « à vélo vers l'éternité » publié sous mon nom de plume Alain Rohand (voir dans la marge), certaines ont des allures policières…
      mais bâtir tout un roman, c'est un peu autre chose…

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  14. C'est vrai que la pièce est lugubre... Si je me réfère au texte et à l'image, ça augure mal pour l'année qui vient ;-)
    Sinon, je trouve que ça demande un développement... Tu nous laisses en plan, c'est pas chic!

    (((Roland avait-il une bonne détente? Pour sauter assez haut pour s'enfiler le cou dans le noeud coulant)))

    Bises qui en voudraient plus

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