J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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mardi 26 février 2019

la nuit...




la nuit tous les chats sont moches
les gris, et les autres.
la nuit porte les soucis
les alourdit, les rend zombies…
Photo AlainX
La nuit ne dort jamais.
La nuit, le noir envahit et la faiblesse s'installe.
Nul n'y peut rien.
Pourquoi des nuits si longues ?
Si longues.

La nuit, les ombres du passé surgissent d'en bas.
Se glissent entre les os
le corps tremble, transi, glacial.

Nuit, pensées nuisibles.
Nuit funeste, fétide
nuit encre noire de Chine
nuit pesticide.

La nuit le borgne dort des deux yeux
l'aveugle se croit en plein jour
La nuit les ombres sont allongées, pour bronzer.
La nuit tout devient bizarre
quand elle entre en gare.

Le sorgueur, voleur de nuit, viendra-t-il ?
Dérobera-t-il la nuit, définitivement ?

Restituer le jour raisonnable
Céder la place au soleil
qui lui en connaît un rayon.


30 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas le mot sorgue, ni sorgueur.
    Ton poème illumine mon matin car tu sais comme j'aime apprendre de nouveaux mots...
    Hier, j'ai appris « anhéler »
    La vie est belle.
    Bisous
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    1. Je connais ton plaisir d'apprendre des mots.
      Je l'ignorais également il y a peu. Mais comme mes neurones sont comme des spaghettis qui glissent de mon assiette cérébrale, dans pas bien longtemps je l'aurais déjà oublié…

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    2. En effet elle est vraiment très jolie!

      PS c'est obligé, le "Prouvez que vous n'êtes pas un robot"? Qu'est-ce que ça m'énerve!
      Tu ne voudrais pas que je m'énerve, quand même ? (dit-elle avec un sourire langoureux...)

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    3. Ma chère Ambre,
      il suffit d'avoir un compte Google, et on ne te demandera même pas de prouver que tu es une femme !
      Ce dont personne ne saurait douter quand on lit certains de tes textes…
      (dit-il avec un sourire malicieux…)

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  2. Et bien j'ai aussi appris un nouveau mot! Merci Alain! Et pendant ce temps, la nuit s'efface pour laisser la place aux rayons du soleil presque printaniers. J'aime bien cette idée que l'aveugle se croit en plein jour durant la nuit. C'est très poétique. Bises alpines et belle semaine.

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    1. Peut-être que ça te fait deux mots avec celui de Célestine…
      merci beaucoup pour ton commentaire. Bises de ch'ti

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  3. J'aime bien la nuit, généralement, et ta photo est géniale!
    Dis donc, tu nous fais quoi, une petite déprime nocturne?

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    1. La photo est un souvenir de pleine lune, une nuit, quelque part dans le sud…
      j'ai failli la virer, parce qu'elle est floue… mais finalement c'est peut-être cela qui lui donne son charme mystérieux…

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  4. J'aime bien ton poème. J'aime bien aussi la nuit, ce monde du silence dans lequel je me glisse avec volupté…..

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    1. Le silence de la nuit, j'apprécie également.
      Mais cela devient parfois difficile de le trouver.
      Je me souviens, en chambre d'hôtes, de nuits silencieuses, remplies d'étoiles, dans une zone protégée de toute pollution lumineuse. C'était magique…

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  5. Avec vous, la nuit fait très peur et d'ailleurs, quand je lis votre poème il fait nuit dehors. Je résiste et... j'imagine le jour pour ne pas sombrer ;)

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    1. « Je vous rattraperai par la main »
      (Signé Morphée)

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  6. Je n'aime pas la nuit, l'obscurité et si j'adore me glisser dans mon lit en revanche me laisser aller au sommeil est vécu à chaque fois comme un pari. Genre "vais-je me réveiller ou pas? Mon petit véhicule va t'il traverser ces heures d'absence ou pas?" J'ai un peu avec la nuit le même sentiment qu'avec les substances qui nous font perdre la conscience de nous-mêmes. Je ne me suis jamais droguée ni cuitée parce que l'idée de ne plus être maître de moi-même m'était insupportable. Un jour mon fils qui avait 16 ans à l'époque et venait de prendre sa première et unique cuite m'a tenu le même discours. Sans doute que certaines personnes nous jugeront très couards mais qu'importe. Bref, je retrouve dans ton texte des choses de ma vie et ça me rassure.

    Bonne journée. Ou plutôt bonne nuit ;) Bise

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    1. La drogue, cela ne m'a jamais attiré, bien au contraire…
      L'Alcool, en revanche, je me suis fait avoir dans mon jeune temps… : l'ambiance festive, et quelque chose du genre « je ne veux pas… mais quand même si… »

      Par la suite j'ai trouvé mes véritables griseries avec délice, surtout quand j'ai constaté qu'il n'y avait besoin ni de substance ni d'ersatz pour s'en délecter.

      Avec la nuit, je suis ambivalent. Tantôt je l'adore, tantôt je la déteste. J'ai vécu des nuits terribles et vécu des nuits merveilleuses ; des nuits d'amour et des nuits de souffrance. Des nuits de méditation et des nuits d'angoisse. Enfin bref, des nuits humaines en quelque sorte…
      Belle journée à toi. J'aime bien quand tu viens commenter.

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  7. Eh bien j'aime l'ambiance noire de cette nuit noire très animée et habitée, parce que le matin y succèdera, avec le soleil et les sorgueurs au repos... Je connais des nuits paisibles en général mais il arrive qu'en effet, la night mare, la jument de nuit, me casse les pieds avec son galop au clair de lune, et j'attends le matin... qui vient toujours.

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    1. Quel beau commentaire !
      Il n'y a rien à ajouter…

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  8. Pourtant, les nuits d'été à la belle étoile sont belles et émouvantes...

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    1. Mais oui, tu as raison.
      J'en ai connu quelques-unes.
      Chez les ch'tis aussi c'est possible… avec trois ou quatre pulls !
      ;-)

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    2. non, Alain, ne donne pas dans les clichés, nous aussi nous avons de belles canicules dorénavant !!!

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    3. Ces derniers 15 jours te donnent raison…
      quoi qu'il en soit, pour rien au monde, je ne quitterai mes terres du Nord !

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  9. Paradoxalement, j’adore la tombée de la nuit: être la dernière à aller me coucher, veiller seule, l’ete: sortir une dernière fois au frais. Lire tard... et en même temps je la déteste parfois: quand le sommeil n’en vient pas, quand les pensées se font plus noires le soir...

    Le matin efface tout. Heureusement.

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    1. En effet, les paradoxes de la nuit…
      cette nécessité qui nous fait du bien… et en même temps capable de réveiller le ténébreux qui nous habite.

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  10. et mon com s'est envolé (blogspot est redoutable avec ses écrans antispams illisibles), je disais juste que tu projettes de superbes ombres chinoises sur l'écran noir de tes nuits blanches...

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    1. Oui, c'est pénible ces barrages. J'envisage d'ailleurs d'aller m'installer ailleurs.
      Le remède possible : ouvrir un compte Google c'est simple et ça n'engage à rien.

      Et merci pour ce commentaire que j'apprécie.

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  11. Anonyme3/3/19

    Magnifiquement décrit de l'intérieur, cette nuit angoissante, malfaisante, où tous les démons se déchaînent sans qu'on puisse les chasser, où l'on attend le jour comme une délivrance, enfin.
    Superbe texte, vraiment, Alain.

    Nicole Giroud

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    1. Forcément j'apprécie, Nicole, ton avis d'écrivain (d'écrivaine ?)
      Merci beaucoup.

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  12. Ah, la nuit nuit, comme dirait le magicien ! Heureusement qu'opère le sorgueur sachant sorguer ! Il ne nous laisse que le jour pour nous consoler! Après la nuit bizarre, vient le jour raisonnable. Quel poème du sombre, somptueux de mots et si riche d'idées.

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    1. Oui, un poème du sombre. Solidarité pour traverser de nuit.
      Accepter que le jour (intérieur, parfois) tarde à venir.
      Et dans ce cas pourquoi attendons-nous toujours l'aurore…
      la désespérance est une passagère clandestine.

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  13. Il faut traverser la nuit pour atteindre l'aube...
    Très belle écriture ainsi que la photo qui l'accompagne et qui retranscrit parfaitement l'image de cette nuit là..

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    1. oui, il faut la traverser.
      Un incontournable.
      Parfois on voudrait s'en extraire, sauter par-dessus elle.
      Mais le réel est autrement…
      et puis, sans sommeil, nos vies disparaîtraient.

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