J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
*

Pour éviter les difficultés à commenter : créez un compte Google gratuit en cliquant ici

, facile et cela n'engage à rien. Vous n'aurez plus à prouver que vous n'êtes pas un robot !


jeudi 14 février 2019

Leçon d'un petit bâton


Il y a trois ans, peut-être quatre, une plante du petit parterre devant la maison donnait des signes de faiblesse qui lui faisait courber l'échine.
Un fin bout de bois, tout droit, ramassé dans le jardin, servit de tuteur pour aider la petite plante à croire en elle au point d'aller puiser un peu de vie avec ses petites racines.

La petite plante n'avait sans doute pas envie de vivre bien longtemps dans l'univers végétal, elle continua à courber la tête et finit par rendre l'âme. Si tant est que les petites plantes aient une âme. Mais pourquoi pas. Seul le petit tuteur, conscient de son rôle et de sa responsabilité, demeura bien droit et bien planté dans le sol.

Voici la photo de ce petit tuteur qui ne dépassait guère 30 à 40 cm … avant qu'il ne prenne racine. C'était une petite branche du forsythia du voisin.
Il a pris de l'ampleur. Et encore, si vous l'aviez vu avant qu'il soit rabattu à l'automne, il menait des branches à plus de 2 m de hauteur.




Probablement que voyant qu'il n'avait pas réussi à bien aider la petite plante, il s'est décidé à devenir utile lui-même, d'autant qu'il avait certainement lu dans mon cerveau (vous pensez que ce n'est pas possible ? Mais qu'est-ce que vous en savez !) que j'enviais quelque peu le forsythia du voisin qui était si magnifique au printemps. Ce qui était d'ailleurs idiot, puisque je profitais de sa vue.

Le bâton de forsythia m'a donné des leçons :

—  Lorsqu'on fait confiance et que l'on donne une petite mission ou responsabilité, cela réjouit celui ou celle à qui on la confie.
En échange, et sans qu'on le veuille, une récompense apparaît au moment où on ne l'attend pas.

— La vie a quand même une puissance extraordinaire, et qui, fort heureusement, n'a strictement pas besoin de nous pour se tenir à disposition.

—  C'est nous qui, comme des cons, parfois l'exterminons avec nos engins de destruction sophistiquée dans les forêts et ailleurs… à moins que ce soit des engins électroniques tout aussi sophistiqués, qui permettent de  pourrir la vie, de détruire psychiquement, et en quelque sorte massacrer l'autre, parfois choisi au hasard, à l'aide de messages électroniques et cerise sur le gâteau, dans le parfait anonymat et l'impunité.

— Enfin comment se fait-il que l'on côtoye tant de gens qui désespèrent de l'existence et de la vie en eux, alors qu'elle ne fait que proposer sans cesse un déploiement qu'il suffirait d'accueillir avec confiance. Et je dirais même : avec foi.
La foi en soi, la foi dans les tuteurs.


34 commentaires:

  1. L'entraide, comme quoi... Cela me rappelle l'histoire de mes deux orchidées. Il y en avait une qui fleurissait depuis plusieurs années, donnant de très belles fleurs, et puis il y en avait une autre qui n'avait pas fleuri depuis bien longtemps. J'ai confié à la bien portante la tâche d'aider sa soeur malade. Je les ai mises en communication, feuilles contre feuilles. Et ça a marché ! La petite chétive a elle aussi donné de magnifiques fleurs. Je suis sûre que les plantes communiquent. L'histoire de ton petit bâton est une belle histoire, très belle, et les leçons que tu en tires très intéressantes.
    Merci pour tout cela, Alain. Bonne soirée. Je t'embrasse.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as particulièrement la main verte. Je n'ai jamais réussi à faire fleurir des orchidées, malgré les bons conseils que l'on m'a dits de leur prodiguer.
      Bien d'accord avec la communication entre les plantes. D'ailleurs les « savants » commencent à y croire, y compris le professeur nimbus ! J'ai moi-même assisté aux fiançailles et au mariage de deux sapins d'essences différentes dans mon jardin. Ils se sont peu à peu rapprochés par les branches, et aujourd'hui (après 30 ans environ) ils donnent l'impression de ne faire qu'un, sauf si on regarde leur cime où on voit qu'il n'y en a deux.

      Supprimer
  2. Quelles belles leçons t'a donné ton petit baton de forsythia!
    Celle que tu indiques en dernier lieu ma parle fort:je répète pour bien m'en souvenir
    "elle (la vie) ne fait que proposer sans cesse un déploiement qu'il suffirait d'accueillir avec confiance. Et je dirais même : avec foi.
    La foi en soi, la foi dans les tuteurs."
    Les autres leçons ne sont pas mal non plus

    Les arbres n'ont cessé de me parler dans les moments difficiles ou non... ce sont des porteurs de Vie pour moi!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'Arbre de Vie nous est totalement essentiel…

      Supprimer
  3. Réponses
    1. Parfois la vie fait retourner à l'école…

      Supprimer
  4. J'aime beaucoup, beaucoup ce texte..

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je comprends bien qu'il doit te parler…

      Supprimer
  5. Je crois que ta sagesse de dire et de décrire les choses de la vie, sont vraiment des leçons à retenir. Chez toi, la vie nous appelle et n'attend que juste nous exprimions notre amour pour nous en imprégner sans calcul et sans artifice, mais juste faire le premier pas et laisser la suite nous surprendre.
    Ravi de te lire Alain

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il me semble en effet que je dispose d'un petit don d'observation de la vie dans la nature et chez les humains, et que j'en ai tiré bon nombre d'enseignements pour moi-même, et que j'aime partager si cela peut servir à d'autres…
      Tu m'aides dans ton commentaire à mieux le percevoir, et donc à continuer.
      Alors merci, Bizak

      Supprimer
  6. Une jolie histoire avec plein de pistes subtiles de réflexion.
    Ça m'est arrivé un jour aussi. Une branche attrapée un peu n'importe pour maintenir droite une autre plante, et toutes les deux ont poussé... Alors que lorsque j'essaie réellement d'en bouturer une, je n'ai de résultats qu'une fois sur trois...
    La nature est plus forte que nous, c'est clair.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Une fois sur trois s'est déjà pas si mal…
      et puis bouturer suppose un minimum de technique.
      Ce qu'on appelle « la nature » a vécu avant l'homme… et vivra après lui… (peut-être mieux…)

      Supprimer
  7. Comme un conte ! La nature nous donne des leçons de vie et sait très bien s'épanouir !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La nature est la plus grande Maîtresse… mieux vaut être son disciple que de croire que l'on peut la braver… !

      Supprimer
  8. ""La vie ne fait que proposer sans cesse un déploiement qu'il suffirait d'accueillir avec confiance. Et je dirais même : avec foi.
    La foi en soi, la foi dans les tuteurs.""

    Cette phrase particulièrement retient mon attention. Mais ton billet dans son ensemble est truffé de’ belles choses.
    Je sais que je regarderai mon petit forsythia avec un autre regard bientôt.
    Les crocus sont sortis, chaque année ils me prouvent que la couleur peut rester revenir dans nos vies.
    Bon week end Alain.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Cette phrase qui m'est venue à la fin, lorsque je me l'applique, contribue à ma plénitude.
      Bon week-end aussi, chère Mathilde.

      Supprimer
  9. Charlotte15/2/19

    J'adore ta petite histoire tout en fraîcheur tout en beauté et pleine de trésors. Quand on la lit on se dit: c'est pas compliqué de vivre en amour et joie si on est bien soutenu , bien accompagné ou si on peut (sait) bien accompagner et bien soutenir l'autre, les autres. Qu'est ce qu'on peut être con parfois !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ben voilà !
      L'art de se compliquer... et en plus c'est très « tendance » !
      Cela me rappelle cette phrase marquante d'un de mes maîtres : « vous ne vous êtes pas encore assez simplifié !… »

      Supprimer
  10. Une belle conclusion Alain.
    J’en avais besoin ce soir. Je suis bien tombée. Merci!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ton commentaire me fait très plaisir et je me réjouis pour toi…
      merci d'être venu le dire.
      Bon week-end, Val

      Supprimer
  11. Magnifique histoire qui met du baume au coeur! (et basée, en plus, sur des "faits réels"). J'adore.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci beaucoup, Sandrine.
      Mettre du baume au cœur
      j'ai fait mon bonheur.
      Ça pourrait presque être refrain d'une petite chanson…

      Supprimer
  12. Eh bien j'adore cette histoire, d'une part, et ensuite je la mettrai à profit pour aider mes plantes d'appartement, qui ne vont pas toujours aussi bien que je le voudrais. J'avais une vraie forêt tropicale à 30 ans, tout poussait sans soins ou presque, (mais l'appartement était très ensoleillé, faut préciser....) et maintenant, c'est pas le désert mais c'est un combat ! Je les mettrai en contact, les petiotes! Merci et beau, beau, le bâtonnet devenu grand!

    RépondreSupprimer
    Réponses

    1. C'est clair, il y a des endroits où tout pousse tout seul.
      Il y a aussi des gens qui ont la main verte, et d'autres moins.
      Le bâton, devenu grand, attend pour l'instant le surgissement du printemps…
      après ce que je viens d'écrire sur lui, il a tout intérêt à me surprendre !

      Supprimer
  13. Les plantes sont comme nous, d'ailleurs nous venons de la même évolution globale, elles aiment un environnement favorable.
    On avait changé de place une jolie plante qui nous offrait sa vigueur et ses sourires.
    Elle a pas du tout aimé ! Et elle a su comment nous le faire payer !…
    On l'a remise là où elle voulait…
    Elle nous a dit merci.

    RépondreSupprimer
  14. Mais il est où, mon long commentaire ???
    Bouhouhou ! il y a des jours où Blogspot me donnerait envie de rejouer la tirade de Lino Ventura dans les Tontons...
    Bon enfin, passons...en gros j'adorais ton billet, ton histoire de bâton m'a émoustillée la fibre... (jardinière, évidemment, que vas-tu chercher ?)
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Anonyme18/2/19

      Le mien aussi s'est évanoui je ne sais où. kéa

      Supprimer
    2. @ Célestine
      Mais moi je ne vais rien chercher du tout…
      j'attends que ça vienne !

      @ Kéa
      il a dû être censuré… tu disais trop de belles choses… (enfin j'espère) !…

      Supprimer
    3. Anonyme19/2/19

      Je voulais dire qu'il me parle fort ton texte, dire que ce petit bâton devenu une plante magnifique qui fleurit et donne sans doute des baies pour nourrir les petits oiseaux, c'est moi, c'est chacun de nous, si nous choisissons de plonger profondément nos racines dans cette terre immensément aimante qu'est la vie sur terre. kéa

      Supprimer
    4. @ Kéa
      j'aime beaucoup ton prolongement sur la fécondité. Là sont les véritables fruits de la solidarité, dans l'échange des nourritures que chacun apporte à l'autre, que l'autre apporte à chacun. Le partage d'une générosité du Vivant. C'est quand même autre chose que le chosifier ou le détruire…

      Supprimer
  15. C'est tellement beau ce que tu viens d'écrire, de raconter. Ce petit bout de bois c'est toute la force du Vivant. C'est comme ces herbes folles qui poussent sur le goudron, c'est la Vie qui jaillit de la mort. Cela fait beaucoup de bien de lire ce petit texte, merci. :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Avec intensité, je me réjouis de lire ton commentaire. Que mon texte te fasse du bien. Je suis toujours étonné de ce que la Vie resurgisse sans cesse. En particulier de la mort. Même le cadavre produit de la vie. Si on se laisse entraîner loin dans cette réalité, on peut commencer à comprendre l'éternité.

      Supprimer
  16. Très proche des fables de La Fontaine (c'est un compliment pour moi). Mieux que les enseignants peut être, les tuteurs et la transmission sont souvent d'une richesse insoupçonnée...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Content que tu aies apprécié.
      Un enseignant est souvent un répétiteur des choses apprises.
      C'est bien, mais c'est insuffisant.
      Je ne sais plus qui disais, lorsque l'école devint obligatoire :
      — tu vas aller à l'école tous les jours ? Mais alors quand est-ce que tu vas apprendre à vivre !
      J'ai une tendresse pour les Maîtres d'apprentissage.
      (Cela dit bien entendu je ne remets nullement en cause l'école obligatoire, bien au contraire…)

      Supprimer

Pour éviter les difficultés à commenter : créez un compte Google gratuit en cliquant ici
, facile et cela n'engage à rien. Vous n'aurez plus à prouver que vous n'êtes pas un robot !

Si vous avez des difficultés à poster un commentaire ou si celui-ci n'apparaît pas, vous pouvez me l'adresser par mail (voir mon profil).
Merci.
Je le publierai en votre nom.