J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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lundi 4 février 2019

Lettre à Sarah




Mais qu'a donc bien pu écrire Saul Smitger à Miss Sarah
pour que celle-ci soit si en colère ?...









Eh bien voici la lettre :




Sarah,

Comme vous le savez, je me suis efforcé de prendre soin de vous depuis le décès de votre chère maman, qui vous a laissé sans famille aucune.
Je l'avais promis à la défunte sur son lit de souffrance, avant qu'elle ne trépasse.
Je cherche à m'acquitter au mieux de ma tâche dans un contexte difficile, il faut bien le dire. D'ailleurs un de vos cousins qui est parti vivre sous les tropiques et avec qui je garde une bonne relation, me l'a confirmé. Vous n'avez pas un caractère facile, facile.

Pour ne rien vous cacher, je m'attendais de votre part à un peu plus de coopération voire de compréhension puisque je vous ai désormais entièrement à ma charge. 

Je m'aperçois que vous avez de nouveau effectué des achats inconsidérés, pour ne pas dire inutiles. Vous vous comportez comme si tout demeurait comme avant. Or il n'en est rien.

Récemment, vous avez prétendu que vous me rembourseriez toutes les avances que je vous ai faites, sur l'héritage de votre mère, dès que vous entrerez en sa possession.

Je me suis renseigné auprès du notaire. Il se fait que votre mère laisse uniquement un bon paquet de dettes, ayant mené grand train.

J'avoue que moi-même j'ignorais ce qu'il en était. Sinon, vous pensez bien que je n'aurais pas été le dernier amant de votre mère, si j'avais su que là rombière était ruinée. Quelle garce !
Oui, je suis un gigolo, et cette fois je me suis fait bien berner. Je croyais toucher le pactole, et bernique !

Dans ces nouvelles circonstances vous comprendrez aisément qu'il n'est désormais plus question que vous puissiez compter sur moi pour quoi que ce soit, et certainement pas pour me soutirer le moindre Louis d'or.
En outre, à l'avenir, il est hors de question que je fréquente votre lit.

Adieu ! Vous êtes finalement pire que votre mère !
Sous vos airs de sainte-nitouche se cache une fieffée gourgandine doublée d'une harpie.

Bien évidemment je ne vous exprime pas les sentiments qui sont les miens à votre égard, vous tomberiez en syncope.


Saul Smitger 

34 commentaires:

  1. Toujours accepter les héritages sous réserve d'inventaire !

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    1. L'ancien juriste que je suis ne peux qu'approuver

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  2. :D oh oh oh que j'ai ri, le vilain et la vilaine... Le baiseur bien baisé :D Excellent!

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    1. Tel est le prix qu'il croyait prendre... :)

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  3. Anonyme4/2/19

    Qui se ressemble s'assemble, dit le proverbe... Jusqu'à ce qu'ils se dévorent !
    Merci de me faire rire de bon matin.

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  4. Ah, toi aussi tu donnes dans le cynisme assumé !

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    1. C'était la meilleure chose à faire…

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  6. J'adore absolument ! Qu'aurait-on pu trouver de mieux ?. Désopilant !

    Merci !

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  7. Bien fait pour lui, oui !

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    1. … Mais c'est une pauvre victime…!!
      :-D

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  8. c'est vachement cynique ton texte!!!

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    1. Moi je voulais faire un texte de colère et de réconciliation
      mais ce n'est quand même pas ma faute si on m'a livré trois personnages peu recommandables !

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    1. Va falloir les ébouillanter pour qu'ils deviennent consommables…

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  10. mais quelle idée de mettre par écrit tant de choses qui peuvent être utilisées contre lui :-)

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    1. Déceptions et aigreurs sont de mauvaises conseillères…

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  11. ang/col4/2/19

    deux scélérats ! Ils ne devraient pas se quitter, ils sont faits pour vivre ensemble !

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    1. Des précurseurs de Bonnie and Clyde ?

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  12. Conclusion : telle mère, telle fille...
    Mais lui ne vaut guère mieux. Un drôle de trio, dis donc ! :-)

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    1. Sûrement un trio que j'aurais préféré ne pas croiser, mais je fais avec ce qu'on me donne !…
      :-D

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  13. J'aime bien le ton crescendo de la lettre, très habile, mais très ferme et sans appel !! :-)

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    1. Le crescendo m'a bien intéressé aussi… !

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  14. Un texte élégant sur la forme et cynique sur le fond, comme on l'entendait au XVIII°, à la manière des "Liaisons dangereuses"

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    1. Oui, c'est tout à fait dans le genre… j'y ai pensé après-coup… mais je n'arrive pas à la cheville de Choderlos de Laclos… !

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  15. Sarah ressemble à sa "chère maman" et je crois que cette fois-ci, c'est M. Saul Smitger qui va passer de vie à trépas ;)

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    1. Cela va finir par se savoir qu'il vit aux crochets de ces dames…
      c'est comme cela qu'on finit avec une paire de ciseaux dans le dos…

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  16. Le nerf de la guerre est toujours tapi dans les bonnes histoires bien sordides de manipulation et d'héritage...
    Bravo pour cette histoire bien brossée ;-)
     •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    1. On tuerait père et mère pour un héritage, sauf s'ils sont déjà morts évidemment !
      :-D

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  17. Tu me fais penser à ces histoires que l'on trouve sous la plume de la divine Agatha. Il y a toujours des histoires de gros sous finalement dans ces familles aristocratiques. Et tous ces gens raffinés mais absolument incapables de s'assumer qui vivent aux crochets d'un oncle ou d'une tante fortunée, qui finissent par trouver que la vioque met trop de temps à lâcher l'héritage et accélèrent le mouvement. Il y a un côté peinture sociale dans l'oeuvre de Christie très intéressant. Ces aristos qui méprisants sont bien plus méprisables que ceux qui les servent. Et pourtant.

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    1. Ton commentaire me fait dire que je devrais relire Agatha Christie (que j'ai lu à l'adolescence boutonneuse), je m'intéressais à l'intrigue policière bien peu à la peinture sociale.

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