J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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lundi 25 février 2019

Une histoire de famille

A vos plumes !




Une histoire de famille

Mathurine Borniche avait pondu deux filles, Euphrasie et Théoxane, aussi exécrables qu'elle. C'est dire si les occasions de s'ébaudir étaient aussi rares  dans la famille qu'une dent de poulet élevé aux graines de lin.

Elles formaient une triplette inséparable, depuis le brusque décès du père Éléazar Borniche, mort d'un coup de pistolet de cavalerie modèle 1763 de la manufacture de Maubeuge, qu'il tenait de son aïeul, qui lui-même le tenait à la main lorsqu'il menaça sa belle-mère pour une bête question de partage des louis d'or d'un héritage.

La police accorda immédiatement du crédit à la thèse selon laquelle la mort d'Éléazar Borniche résultait d'un accident bête, lorsqu'il s'était astreint au nettoyage annuel de l'arme. Le coup était parti tout seul. C'était d'ailleurs la même explication que Borniche avait donnée lorsque sa femme s'était retrouvée enceinte deux fois.
C'est dire si les Borniche avaient le sens des relations nécessaires.

Les filles Borniche étaient désormais  à la tête d'une petite fortune (la fameuse transmission des louis d'or de l'héritage). En conséquence leur mère veillait sur elles comme un banquier veille sur son coffre-fort.

Tandis que le chauffeur de la Renault AH-1905  les conduisait au cimetière comme chaque semaine,  leur mère enjoignit à ses filles de porter la main à l'épaule et selon le rituel, de jurer fidélité à leur virginité, jusqu'à ce que Mathurine Borniche en décide autrement. C'est-à-dire jusqu'à ce qu'elle ait trouvé pour chacune d'elles un parti digne d'intérêt, ce qui voulait dire suffisamment fortuné, en sorte que ne soient pas dilapidés les louis d'or familiaux.

C'était sans compter avec le fils du baron de Tourne-Moinfaure, qui lui aussi venait faire semblant de pleurer son aïeul dans ledit cimetière, et dont Euphrasie et Théoxane tombèrent simultanément amoureuses dès qu'elles virent la profondeur de ses yeux bleus et la hauteur de son chapeau haut-de-forme. Mathurine Borniche, à qui on ne la fait pas, comprit aussitôt que le malheur était proche. Il était de notoriété publique que la lignée Tourne-Moinfaure était désargentée depuis trois générations.

Chacun sait que l'amour est aveugle, et que quand il y en a pour deux il y en a pour trois… chacun le sait, sauf Mathurine Borniche qui en connaît autant sur l'amour que tout ce qui concerne la réparation du moteur d'une Renault AH – 1905.

Un an plus tard, lorsque baron de Tourne-Moinfaure épousa Euphrasie, et ne tarda pas à faire de Théoxane sa maîtresse, Mathurine Borniche vit son visage se couvrir de rides en quelques semaines, devenir émacié et sa chevelure rougeoyante blanchit. Elle dépérit de jour en jour pour finir par s'éteindre.

On raconte que les soirs où la lune est argentée, une ombre fantomatique traverse le cimetière du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest ; et qu'il arrive parfois que l'on retrouve des louis d'or sur quelques tombes ; et que le gardien  du cimetière s'empresserait de les faire disparaître au fond de ses poches..
On raconte tant de choses…

(Merci d'avoir lu jusqu'au bout… ce n'était pas très inspirant !…)


10 commentaires:

  1. Eh bien moi j'ai adoré, vraiment! Un régal pour commencer la semaine. J'adore ce genre de récit caricatural mais qui, lorsqu'on l'a terminé, rappelle toujours quelqu'un qu'on a connu malgré tout :)

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    1. Alors, ça me fait plaisir, parce que mon autocritique était plutôt négative…

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  2. Je me suis régalé à lire cette histoire amusante. Comment ça, pas inspiré ? Bien sûr que si, mais il est vrai qu'on raconte tant de choses...

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  3. Mais si, mais si...
    J'aime bien cette version du portrait de Dorian Gray.

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  4. on a parfois l'impression que son texte est nul (ou a peu près!)
    Et puis les lecteurs apprécient...
    Ton texte est amusant, j'aime le nom du Baron de Tourne-Moinfaure!!! c'est délicieux!

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  5. Une chose est sûre : ces trois femmes nous ont fait délirer... et ton texte est aussi extravagant que l'est le mien.
    Je me suis bien amusée à te lire !

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  6. Inspirant, je ne sais, mais pas mal inspiré quand même ! j'ai bien aimé et j'adore toujours les noms choisis et les détails.
    Très amusant.

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  7. Moi c'est l'image qui ne m'a pas inspirée du tout...
    Je trouve que ton histoire est géniale, je n'avais pas la moindre idée stimulante à écrire sur ces trois personnages revêches...
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  8. J'ai beaucoup apprécié l'humour de ton texte, son ironie sous-jacente, et...les noms pittoresques que tu as donné aux trois donzelles.
    Et puis, il y a un fonds de vérité dans cette histoire...

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  9. @ À CHACUNE ET CHACUN

    Merci pour vos commentaires bienveillants.
    Je pensais ce texte sans valeur, et, comme dit Coumarine, les lecteurs semblent apprécier…
    alors tant mieux.
    Merci à tous pour votre indulgence.

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