J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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vendredi 12 avril 2019

En dérangement…


Ce n'est pas confortable de se trouver « en dérangement ». L'expression m'est venue en pensant au bon vieux temps où le téléphone filaire fonctionnait de la manière humoristique mais non moins pertinente dont la définissait un politique : — la moitié de la France attend le téléphone, l'autre moitié attend la tonalité. Combien de fois la ligne à la maison était « en dérangement » et cela énervait un peu tout le monde.

Pas d'énervement en ce qui me concerne. Mais le sentiment inconfortable de cet entre-deux d'un état à un autre. Depuis plusieurs semaines un certain nombre d'événements m'ont dérangé, au sens d'une provocation à certaines reconsidérations de mon habitus. Des pratiques et comportements qui sont comme « allant de soi ». Avoir à reconsidérer ce qui semblait une sorte d'acquis quasi définitif est dérangeant.

La tentation du « on continue comme avant » est une pente forte. Il faut alors ancrer « l'appel ailleurs » dans une roche solide, celle de l'être profond. Sinon la barque retourne au ballonnement berceur dont on ne veut plus dès lors qu'on prend conscience qu'il entraîne un engourdissement, que d'aucuns appelleront « celui d'une vie pépère ». Ce qui ne veut pas dire une vie inactive… on peut être très occupé dans une vie pépère.


 Il s'agirait plutôt de ce qui ressemble à une perte de sens. Or, ma vie s'affaiblit si elle n'a pas à mes yeux un sens fort. Une trajectoire où je puisse reconnaître mon humanité, et, osons le dire, ma dignité.

14 commentaires:

  1. L'inconnu peut être angoissant alors que nos habitudes nous sécurisent. Bien sûr c'est dérangeant mais tout cela peut peut être engendrer des opportunités naturelles. J'essaie d'être positif !!

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    1. Tu comprends donc le sens de ce billet.
      C'est tout à fait cela. L'inconfort du dérangement se fait ressentir parce qu'il y a comme tu le dis « des opportunités naturelles » qui cherchent à s'exprimer.
      Le risque est de passer à côté de l'opportunité. Or, je crois que l'opportunité passe, mais ne repasse pas.
      J'ai toujours bien aimé la chanson de Graeme Allwright « ne laisse pas prendre ta chance »…

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  2. cela ne doit pas être confortable pour toi ces événements "dérangeants"...
    Je ne peux que te souhaiter du courage pour ne pas perdre le sens ou la direction de ta trajectoire de vie
    et je t'embrasse

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    1. Peut-être que justement c'est parce que ce n'est pas confortable que c'est intéressant. Lorsque c'est trop confortable, c'est anesthésiant.

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  3. Le "en dérangement" nous fait aussi prendre conscience combien nous nous accrochons à des besoins inutiles. Le "en dérangement" nous épure, souvent dans la douleur. Le "en dérangement" est une proposition de chemin, un panneau indicateur, un retour à notre humanité, à ce qu'elle a peut-être de plus noble et de plus digne.

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    1. Tu dis mieux que moi ce que je tente d'exprimer. Merci.

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  4. Je te souhaite du courage et assez d'envies (au pluriel) pour te dé-déranger. Comme dit SPL, parfois il s'agit de laisser s'éteindre des besoins inutiles qui nous étouffent en nous faisant croire qu'ils nous sont indispensables. Je crois qu'il faut admettre que tu es en dérangement, et que tu tournicotes un peu désorienté pour savoir quel chemin prendre. Et puis tu en prendras un, et tu décideras que tu l'élis "le bon" car ils sont sans doute tous bons et un peu mauvais de toute façon, on trouve du nouveau et on abandonne du vieux, on part un peu dans le vide : un saut à l'élastique. Mais... on rebondit!

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    1. Les besoins inutiles sont ceux qui ne nourrissent pas une aspiration profonde de l'être. C'est sans doute cela que j'appellerai le bon chemin. Le bon chemin est rarement en ligne droite sur une route ensoleillée embaumée des senteurs du printemps… enfin cela n'a pas été vraiment ainsi dans ma vie. Et pourtant ce furent de bons choix et de bonnes orientations. Mais chaque chemin mène vers un autre. L'erreur serait de poursuivre sur une route où l'on n'a plus rien à faire.
      J'en suis là.
      Merci pour ce commentaire pertinent.

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  5. Encore un billet qui me parle fortement, Alain.
    « Lorsque c'est trop confortable, c'est anesthésiant. » Et l'on ne se rend même pas compte que l'on rentre dans une routine, confortable certes, mais une routine. Et puis un jour, il se passe un événement, on fait une rencontre, une opportunité se présente, et brusquement c'est le questionnement : est-ce qu'on continue cette routine où l'on n'est pas malheureux finalement, ou bien est-ce qu'on se lance sur ce nouveau chemin qui se présente, cette opportunité qui ne se présentera peut-être pas une deuxième fois ? Il n'est pas facile de prendre la décision, je comprends très bien Alain...

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    1. Ce que tu exprimes me rejoint. Souvent dans ma vie j'ai su saisir des opportunités, et même parfois j'ignorais que s'en étaient… c'est après-coup que je me disais : « mince ! J'ai bien fait !… ». Peut-être qu'en prenant de l'âge et en voyant certaines de mes forces décliner, je me « contente » d'une sorte de routine de vie globalement satisfaisante.
      Mais aussi, j'ai vu des projets collaboratifs abandonnés ces derniers temps. Peu importe ici les raisons, mais j'ai beaucoup regretté. Ce n'est pas très facile parfois de relancer la machine. Le confort et… si confortable !
      Mais je ne voudrais pas y perdre le sens de la vie que je peux encore donner.
      Merci pour ton commentaire et bonne fin de week-end, chère Françoise.

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  6. Bonjour Alain,
    ton texte me parle beaucoup, mais comme souvent, me laisse sans mots. J'ai failli écrire "cent maux" et je le laisse à ton appréciation.
    Il y a une nouvelle "mode" en ce moment, qui consiste à "sortir de sa zone de confort". Est-ce de cela dont tu parles?
    J'ai l'impression d'avoir tout fait à l'envers, d'avoir été "en dérangement" toute ma vie, et de maintenant trouver enfin un peu de "confort". Alors j'y regarde à deux fois avant de faire un pas dehors.
    La plupart du temps, je n'ose pas commenter ce que tu écris. Je te prie d'être indulgent.
    Bon dimanche à toi, Alain :-)

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    1. Je ne suis pas fanatique de l'expression « sortir de sa zone de confort » : pour aller où ??? On dirait que c'est une fin en soi, un impératif à la mode.
      Mais bon, il y a en effet un peu de cela. Sauf qu'il faut un appel intérieur à quelque chose qui en vaut la peine et pour lequel on s'engage avec élan et joie. Quelque chose qui mobilise de l'intérieur et pousse à un certain engagement.

      Je ne connais pas beaucoup l'histoire de ta vie, mais je n'ai pas le sentiment que tu en aies fait n'importe quoi. Au contraire. Seulement parfois on ne voit pas le « fil rouge » qui préside à notre parcours de vie. Pourtant je suis certain qu'il y en a un pour chacun. Mais je comprends très bien l'appel et le désir d'un certain repos salvateur. C'est légitime.

      Tu n'oses pas commenter ? C'est bien dommage. Car tu exprimes des choses intéressantes et des questions pertinentes. Alors n'hésite pas…
      bon dimanche à toi aussi. Ici le ciel est plutôt bleu, mais il fait un froid de canard à l'orange…

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  7. Et pour aller vers l'être profond, la méditation est un chemin, semble-t-il... mais il est long ;)

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    1. Raison de plus pour ne pas tarder à y aller.
      Car c'est une spéléologie passionnante. Parole d'adepte !
      Comme on disait dans le temps dans les guides : « vaut le détour »…

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