J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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vendredi 17 mai 2019

Trop, c'est beaucoup…


Il faut savoir modération garder.
Depuis un mois, et même plus, Destinée me cherche des ennuis. Je ne sais pas ce qui lui a pris. Peut-être qu'elle s'ennuyait dans son coin ? Mais bon, pourquoi moi ? La même question que se pose l'adolescent boutonneux, lorsqu'il se croit seul à avoir de l'acné.

Bon, d'accord je n'en suis pas à ma troisième récidive de cancer qui ne s'est pas encore déclenché, mais ça ne saurait tarder.
Bon d'accord, il y a pire, parce qu'il y a toujours pire. Le seul problème étant qu'aussi il y a mieux. Tout du moins, c'est ce que l'on croit.

Ma mère disait : il faut prendre son mal en patience.
Admettons ! Et après ? Qu'est-ce que j'en fais ? Je le dépose où, je le refile à qui ? A priori personne n'en veut.
Ça me rappelle une chanson à la fois idiote et à succès : « Je vais prendre ta douleur ». Cause toujours, ma belle. Tu sais bien que tu n'en feras rien, ou alors comme disent les gosses « du semblant ». J'appelle cela de la contrefaçon de compassion et en plus, fourguée en solde.

Bon je ne vous dirai pas en détail la hausse vertigineusement intéressante de mon coefficient personnel d'emmerdements maximum, mais il avoisine le pourcentage de destruction de la forêt amazonienne. (Ou d'une autre forêt, faites votre choix). Et tous sont liés à la préservation de mon autonomie physique. C'est dire si c'est sympathique.
Et tous s'originent dans des négligences humaines venant de gens qui ne s'en fichent pas du tout, mais seulement un peu.
Un peu + un peu +  un peu + un peu =  beaucoup trop.

Le problème c'est que plus ça dure dans le temps, plus j'accumule des entraves techniques, plus la perte d'autonomie s'accélère. C'est pas comme les antibiotiques. Là, c'est automatique. 


Hier en discutant avec une amie dont la fille vit au Portugal, j'apprenais comment fonctionne là-bas le « système de santé ». Je me disais que j'étais vraiment un super veinard d'être français et de vivre en France. Portugais, il y a belle lurette que je serai grabataire. (ou espagnol, ou québécois, ou anglais, 3 autres pays où j'ai des exemples précis. Ou  marocain... mais là c'est l'Afrique, donc c'est normal que ce soit pas terrible, me rétorque-t-on).

Vive la France !
Ceci est mon ultime consolation républicaine…

Donc en fait, je vais très bien, j'avais failli l'oublier !


26 commentaires:

  1. J'aimerais assez que l'illustration de ton billet ne tombe pas sous les yeux de notre ministre de la santé. Ça pourrait lui donner des idées : ici quand tu fais 200 km de n'importe quel côté, tu es à l'étranger...

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    1. ;-)
      Tu m'as fait rire… et c'est bien agréable !

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  2. Prendre votre douleur, on ne peut pas. C'est sûr et puis ce serait bien hypocrite de le dire. Mais sentir sa colère monter face à ces nouvelles politiques de santé parfois si inhumaines, être triste de son impuissance à vous aider, à vous réconforter, et surtout, vous dire qu'on pense fort à vous et qu'on admire votre force et votre courage et qu'on vous aime sans vous connaître, ça on peut et on le fait. Et aussi vous embrasser très fort avec toute mon amitié et mon affection !

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    1. Merci pour votre amitié et votre affection que j'accepte bien volontiers.
      La force et le courage sont des cadeaux de la vie. Là aussi je les accueille pour ce qu'ils sont, même s'il y a une certaine nécessité d'y coopérer…

      quant à notre système de santé : il y aurait beaucoup à dire, autant positivement dans les engagements humains ; qu'avec des bémols pour ce qui est des structures et organisations à tendance déshumanisante.
      Le plus désolant et que généralement les personnes exercent leur activité avec qualité, compétences et humanisme (comme partout il y a des exceptions) et que les découragements qui démobilisent s'originent fréquemment dans des structures inadaptées ou trop immenses ou inexistantes ou supprimées.
      Je pourrais donner de multiples exemples de ces errances structurelles que j'ai pu constater personnellement, pour moi et pour d'autres patients.

      Je ne crois pas à des solutions miracles quelques soient ceux qui gouvernent l'État. En revanche prendre en considération les initiatives locales et les projets innovants serait le bienvenu. Mais le monde de la santé est sclérosé dans ses structures et innovateur dans sa recherche.
      Nos sociétés ne manquent pas de paradoxes…

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  3. Je sais que ton billet est présenté d'une humeur brave et résistant à tous les embruns et postillons de saloperies, mais bon... on y sent aussi une légitime colère-crainte. Que je comprends. Que te dire d'encourageant? Je ne sais pas, je le voudrais mais la seule chose solide qui m'apparaisse est que tu es ton preux chevalier personnel, fourbis tes armes, selle ton destrier, lève ton glaive, et si ça ne console en rien de savoir que les soins sont encore pires ailleurs, eh bien au moins ici c'est moins pire que le pire. Et notre guerrier intérieur est toujours le meilleur, je crois! Une grosse embrassade aussi (mais ton armure me rend les choses difficiles...)

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    1. Devant une telle proposition je peux enlever toute ma ferraille armurière !
      Sous la cuirasse la peau est tendre…
      merci de m'avoir fait sourire avec tes propos chevaleresques, ça fait du bien !…

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  4. J'ai attentivement lu votre message et parfois souri, malgré la gravidité de ce que vous évoquez. L'objet de votre préoccupation est à l'intérieur de vous et vous luttez courageusement, diantre. Méditer parfois aide, sans parler de l'humour qui est votre grande défense. Quant au Portugal, y ayant vécu aussi, je confirme, en France, les choses vont mieux ;)

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    1. Vous avez raison quant à ma préoccupation intérieure. Je crois pouvoir dire que dans ma jeunesse et même jeune adulte, j'ai mené un combat âpre et constant pour retrouver mon autonomie physique. J'ose dire que j'en suis sorti vainqueur. Alors de réaliser qu'il faut repartir au combat alors que l'on avait cru à un « plus jamais ça », ce n'est pas évident tous les jours.
      Mais d'avoir écrit ce texte m'a redonné une énergie et « Destinée » va voir de quel bois je me chauffe !

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  5. Un vieux sage du Mont Athos, le père Silouane, disait: "Garde ton esprit en enfer et ne désespère pas". Si tu ne sais pas en quoi tu peux avoir confiance, ton coeur, lui, le sait.

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    1. Merci pour cette citation qui déporte en un autre lieu de soi…

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  6. Je saisis tes mots douloureux, Alain, que je ressens, d'autant plus que j'ai vécu dans cet espace presque quatre mois, à la suite d'un mauvais diagnostic...estomaquée, avec les plus grands professeurs,, par chance, et qui m'ont sauvés la vie suite à une erreur....mais aussi avec des personnels en quantité minimale, au-dessous de tout ce qui est impensable. Ce qui est sûr c'est que nous sommes, chacun, seul, avec notre unique force psychologique, et/ou, - je ne trouve pas les mots - lesquels peuvent nous permettre de dépasser ces instants d'horreur, d'enfer.... et pourtant j'ai tant continué à souhaiter vivre cette vie, pour mes petits, pour moi..... pour la vie elle-même !...et encore ne nous plaignons pas plus, nous sommes en France, et la prise en charge pour le pourcentage maximum (je parle d'handicap) est quand même assumé le plus souvent... de ce que je sais ou crois savoir !
    bises et courage à toi que je reconnais bien là, brave et positif !
    L'ignorance de cette souffrance-là que j'ignorais, dont je n'avais pas un soupçon d'idée, me donne froid dans le dos,...
    amicalement
    Den

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    1. Je compatis à ce que tu relates de ton expérience.
      Nous avons une force intérieure qui sait se manifester au moment opportun et nous porter secours et assistance. Cela n'empêche pas des traversées difficiles et chancelantes.
      Je n'ai pas de reproche à faire au regard de la manière globale de ce dont je bénéficie grâce au système de santé pour la gestion de mon handicap.
      Là, ce sont divers « petits manquements » concernant des personnes différentes, des compétences différentes, qui en s'accumulant ont crée de plus grandes difficultés pour moi dans la durée. Et quand quelque chose semble se terminer… autre chose recommence…

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    2. Je te suis, je te précède, et t'accompagne, admirative,Alain.Je comprends tout ce dont tu parles... et j'ai vu également....
      Bonne soirée à toi, si on peut s'exprimer ainsi...moi qui ressens tant tes difficultés, et ne pouvais imaginer, il y a quelques mois à quel point, il y avait problème, désespoir et souffrance dans ces structures. Je n'imaginais pas ..... et pourtant je ne suis nullement naïve, mais de l'avoir vu, vécu dans sa chair, c'est autre chose...et tout cela ne peut être compris par tout le monde.... c'est pour cette raison que j'hésitais à parler de cette expérience, pourquoi faire ? ? Je l'ai fait, et parfois je le regrette un peu... et encore je m'en suis sortie, par chance, par, je ne sais pas pourquoi !!! oui je sais, ce n'était pas mon heure....j'ai eu de la chance.... les médecins étaient étonnés de ma force de récupération. Pourquoi parfois on arrive à dépasser ses douleurs, ce qui devrait être insoutenable ! ne lâche rien, je te sens dans le combat, et montre nous de quel bois tu tu chauffes !!
      Den

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    3. Il y a toujours une grande différence entre ce que l'on sait ou suppose par information extérieure ce que l'on vit réellement dans sa propre chair pour soi-même ou pour son entourage.

      Je comprends ce que tu dis à propos de partager ses expériences. Dans le domaine de mon billet, j'évoque assez rarement les difficultés de ma condition physique. Il est vrai que j'ai « mes endroits pour dire », mais parfois c'est insuffisant, et aussi je crois que le témoignage personnel a une valeur dans la mesure où « il fait sens ». Sinon, je n'aurais pas publié un livre sur le sujet !

      Je crois qu'autrui peut avoir besoin d'être en présence de cette « force de récupération » que tu évoques pour l'avoir vécue. Être témoin, même si c'est par une lecture, de l'extraordinaire puissance de vie que nous détenons à l'intérieur de nous et qui se manifeste dans les épreuves, ce n'est « pas rien » et certainement pas inutile.

      Ce qui ne convient pas peut-être c'est la plainte perpétuelle, négative, parfois la complaisance ou le besoin qui fait que l'on ne cesse de joindre ou de râler à propos de tout et de rien, et que finalement la vie est foutue d'avance…
      ça cela aurait tendance à m'énerver ! ;-)
      Mais rien de tout cela chez toi, évidemment…

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  7. La vie est parfois bien dure avec nous. Dans ces cas là, on a bien le droit de sortir un peu ses doutes et ses souffrances, surtout lorsque cela touche la santé.
    Je n'ai pas de mots réconfortants à vous offrir, mais mes pensées vous accompagnent Alainx. Courage à vous.

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    1. Chère Landrynne, vous m'offrez le réconfort de votre lecture et de laisser trace de votre passage. C'est beaucoup, et vos pensées me font du bien. Soyez-en assurée.

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  8. Alain, je ne trouve pas les mots pour te réconforter mais tu sembles avoir un grand courage et une certaine dérision. Tu as certainement la force en toi pour réagir au mieux . J'espère aussi que tu es bien entouré . Bon courage !

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    1. Une certaine dérision : cela fait en effet partie de mon arsenal défensif ! Un élément parmi d'autres. Tu es bien placé pour savoir qu'il y a des moments plus difficiles que d'autres à traverser. Chacun puisse ses forces là où elles lui sont disponibles et accessibles.
      Oui, je suis bien entouré. Je n'aurais de cesse que de rendre hommage à celle qui partage ma vie depuis tant et tant d'années. Elle est une présence et un soutien indéfectible. La réciproque existe aussi, enfin elle me le dit !
      C'est peut-être cela qu'on appelle l'amour partagé ?

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  9. Il y a des périodes où l'on ne supporte plus, et je dirais que c'est normal, trop c'est trop comme tu dis. On a besoin de le dire, et ça fait du bien. Et puis, on se dit qu'on a traversé nombre de difficultés et qu'on s'en est toujours sorti, alors cette fois encore on y arrivera. C'est ce que je te souhaite très fort, Alain. Tu as la chance d'être bien entouré et aimé, c'est une aide puissante.
    Je t'embrasse très fort.

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    1. En effet, existe cette certitude au fond de soi qu'on y arrivera. La difficulté vient lorsque « ce fond » est caché par de l'eau trop trouble et qu'on ne le perçoit plus.
      Souvent l'affection de l'entourage aide à rejoindre ce lieu d'une forme d'espérance au présent.
      Merci pour tes mots.

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  10. Anonyme19/5/19

    Cher Alain, je n'ai jamais eu à traverser d'aussi grosses tempêtes que toi sur le plan physique au cours de ma vie !... jusqu'à date en tout cas. J'ai lu ton livre "Le passage se crée" et c'est à moi que ça a fait du bien de le lire, bien plus que n'importe quoi que moi je pourrais te dire. kéa

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    1. Ah ! Tu as lu mon livre… je me réjouis qu'il ait pu te faire du bien. Je ne l'ai pas écrit avec cette intention, mais je constate qu'un certain nombre de personnes ont pu en tirer des profits personnels. Le fait que tu sois parmi elles a pour moi une saveur toute particulière puisque tu commentes chez moi depuis bien longtemps, même si je ne te connais qu'un peu à travers cette zone de commentaires…
      Quant aux grosses tempêtes physiques, je te souhaite d'en demeurer épargnée, on peut très bien s'en passer dans la « Vie » !…
      Enfin, je peux te dire que tu m'as dit des choses ici qui m'ont beaucoup apporté. Une relation qui dure a toujours des bénéfices réciproques.

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  11. Dans les tags tu mets "Grogne". Tu as raison, ça fait du bien de grogner. Et il y a de quoi si les problèmes viennent de négligences humaine. Et puis c'est aussi en grognant très fort qu'on fait bouger les choses parfois. Je ne peux qu'espérer très fort que tout ça va s'arranger.
    Le même jour que ta note ou presque une amie postait cette note, je t'y envoie en espérant que ça va te faire sourire, ce sera toujours ça de pris...
    http://direbonjour.canalblog.com/archives/2019/05/15/37339323.html

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    1. Je ne parlerai pas forcément de négligence humaine, mais d'une sorte de réactivité tardive. Même la conscience professionnelle peut comporter des zones d'inconsciences…
      J'espère aussi que tout va s'arranger, mais certains aspects se montrent plus délicats qu'il n'y paraissait au départ.
      Et merci pour le lien qui m'a fait sourire en effet… (j'ai d'ailleurs commenté…)

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  12. Anne Dony21/5/19

    Euh... Que dire ? Il parait que râler fait du bien... moi, ça marche très moyen ! ;-)
    L'autodérision, c'est pas mal... et tu n'en es pas dépourvu ! :-)
    Bon, moi je me contente de te faire une bise de soutient-encouragement-amitié :-*

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  13. Charlotte21/5/19

    Je t'ai lu en t'écoutant.Ce que je retiens c'est que même si ta vie n'est pas facile du tout, tu es quand même très fort, plus fort que ton handicap parce que tu sais lui tenir tête.
    Je t'écouterais bien pendant des heures sans me lasser car par toi j'apprends beaucoup et en plus je t'admire.En psychanalyse on dirait que je fais un transfert ! Mais qu'est ce qu'on s'en fout . Je pensais à mon frère qui s'est suicidé il y a 25 ans et parfois je me dis que si je m'étais plus occupé de lui etc... Non je n'aurais pu le sauver car on ne guérit pas du traumatisme qu'il a subi adolescent. Mais j'aurais pu être plus présente...
    Je t'embrasse .

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