J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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lundi 14 octobre 2019

le pont de Ronde -Tour







Vous avez déjà une idée de ce qui surgit de cette toile d’Aldo Balding.
Racontez l’histoire que vous avez à coup sûr imaginée et prévenez en le disant en commentaire du devoir que je vous présenterai lundi.






le pont de Ronde -Tour


Parfois, le soir, l'ennui a tellement présidé à ma journée, les pensées tristes et visqueuses pénétré mon esprit, que, sur le coup de 23 heures, je dirige mes pas vers le pont de Ronde-Tour. Je réside dans ce pays où les brouillards bataillent avec les petites pluies froides pour remporter la victoire de la désespérance. Les mauvaises langues nomment l'endroit « le Pont des Putes ». Ces personnes mal intentionnées sont de véritables langues de putes. Il est vrai qu'à la tombée de la nuit quelques dames y déambulent et croisent des messieurs en quête d'amour aussi tarifé que frelaté.
Mais ce soir, les deux personnes qui se font face, ne semblent pas discuter le prix d'une prestation ni ses modalités. Cela fait déjà un bon quart d'heure qu'elles se parlent. Et, à moins de négocier des privautés hors du commun, le salaire de la travailleuse du sexe devrait être défini depuis un bon moment.
Je tente d'imaginer le contenu de leurs propos. Soit il s'agit d'une rencontre de hasard, soit ils se connaissent depuis un certain temps. Mais que peuvent-ils bien faire à discuter dans le froid  à cette heure-là sur un pont voué à la marchandisation des corps. Ma tentative est vaine. On peut tout imaginer. Tout inventer. Une belle histoire d'amour, ou du sordide. Un amour magique en pleine naissance et qui finira en conte de fées. À moins que l'homme ne soit le souteneur de sa proie exploitée, bien qu'il n'en ait pas l'allure. Mais, y aurait-il un profil type du maquereau ?
Et elle, immobile, mains dans les poches, figée, pétrifiée par le froid peut-être. Ce froid qui peut pénétrer jusqu'à l'âme, l'engourdir, et même la congeler pour longtemps.

Et moi, ne suis-je pas déjà mort ? Il y a longtemps que mon âme est desséchée comme une terre qui n'est plus abreuvée depuis trop longtemps. Une âme qui a connu la luxuriance et le bonheur, avant la sécheresse des épreuves, l'aridité de la solitude. Et on se dit qu'il faudrait en finir. Définitivement

Telles sont les pensées d'un auteur, un soir, où il se trouve à contempler cette toile qu'il a achetée aux enchères parce que personne n'en voulait. Ce pont lui avait semblé signifier une espérance à cause la lumière douce de la lune sur les pavés mouillés. Des lampadaires montraient le chemin qu'il suffisait de suivre vers le fond là-bas, qui mènerait certainement au bonheur. Et puis, c'était lui cet homme, face à celle dont il venait subitement de tomber amoureux fou. Il allait la prendre par la main et l'emmener au fond de la toile.

*


Parfois ,le soir, l'ennui a tellement présidé à ma journée, que je me mets à inventer tout et n'importe quoi. Pour ne pas penser. Pour ne plus penser qu'elle est partie.  Pour cesser d'espérer qu'elle revienne. Pour revivre peut-être.

36 commentaires:

  1. Hé bé...
    Tu trouveras peut-être la réponse dans les lignes du "Phénomène humain"...
    La solitude est de fait la pire situation qui soit.
    D'ailleurs, l'humanité le sait depuis longtemps qui a inventé cette torture qu'est la punition de l'ostracisme.

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    1. Oui mais, comme disait le grand philosophe Gilbert Bécaud : « la solitude, ça n'existe pas »

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  2. "Un amour magique en pleine naissance et qui finira en conte de fées"
    Et pourtant quelqu'un a dit que les histoires d'amour finissent mal en général !
    J'ai aimé ton récit, l'auteur est tourmenté, il y a de quoi avec une telle conclusion.
    Bises sereines.

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    1. L'auteur, devant un tel tableau, ne peut guère parler de la félicité délicieuse qu'apporte un coucher de soleil, sur les arbres euros, en Savoie ! ;-)
      Bises d'automne flamboyant.

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  3. De bon matin ce beau texte donne un peu l'envie de sauter du pont. Ne sautons pas. Imaginons une belle histoire d'amour. Et pourquoi pas ?

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    1. Les belles histoires d'amour se vivent-elles sur les ponts ?

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  4. Ce pont ressemble beaucoup à celui de Prague, le pont Charles, avec ses suites de statues tout du long. Les deux personnages ont de la chance de s'y retrouver seuls et ils devraient s'en réjouir et s'y promener simplement sans se raconter d'histoires et se prendre la tête, parce que ce pont, c'est d'ordinaire une autoroute, blindée de touristes 24 heures sur 24, franchement une horreur, on ne peut pas faire un pas devant l'autre sans se faire bousculer ou marcher dessus. Là, ils devraient arrêter de penser et juste jouir de la beauté du lieu, désert. C'est fou comme les gens ont le don de se compliquer la vie...

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    1. Les images de ce pont vues sur Internet confirment tout à fait ce sentiment horrible d'envahissement permanent. Comment peut-on s'imprégner d'un lieu dans la bousculade ?
      J'ignorais l'endroit en écrivant mon texte. Il reste que le tableau ne reflète pas la joie exaltée d'une rencontre merveilleuse ! ;-). Et cette fois je n'ai pas eu envie de faire un détournement de consignes.

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  5. Il faut en faire une histoire d'amour, un rêve éphémère et ne surtout pas sauter du pont.

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    1. Ou alors il faut faire comme Brassens : « il suffit de passer le pont ; c'est tout de suite l'aventure… »
      d'ailleurs je l'évoque, l'aventure est au-delà du pont…

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  6. C'est une histoire d'amour qui se joue sur ce pont, un amour pluvieux peut-être qui garde les mains dans les poches une façon entre amants de couper les liens.
    Ou amour naissant qui avance vers la lumière avant de nouer leurs mains pour un futur à deux.
    Ton histoire nous entraîne vers de multiples possibilités et nous offre une fin qui peut être un espoir…

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    1. C'est cela en effet : une sorte de « tout est toujours possible », qui sait ce que seront nos amours présents et futurs. À chacun de choisir ce qui lui convient.

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  7. Il faut accrocher le tableau au fond d'un couloir, pour ne pas l'avoir en parmanence sous les yeux.
    Bravo ALain.

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  8. J'aime bcp ton texte, qui ouvre plein de possibles!
    Le texte est beau, bien écrit, mais l'histoire est sombre...

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    1. Le tableau aussi est sombre… la lumière hypothétique.
      Mais tous les possibles demeurent.

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  9. Quitte à inventer pour occuper la solitude, autant inventer une belle histoire.

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    1. Certes, mais quand on est dans la tristesse d'un amour perdu… arrive-t-on à inventer de belles histoires ?

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  10. Beau texte....mais dommmage qu'il y ait le dernier petit paragraphe si triste ....tiens!Je vais faire comme si Je ne l'avais pas lu 🙂

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    1. C'est vrai que la fin n'est pas intriguée. Il y a une petite lueur cependant…

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  11. Triste mais finalement poétique. Ce petit texte m'a beaucoup plu.

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    1. C'est une tristesse romantique qui laisse poindre un filet d'espérance…
      nos états d'âme sont multiples.

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  12. La solitude et ses grands moments, de quoi déprimer. Je comprends ce pauvre homme qui semble perdu dans son brouillard. il lui faudrait de la chaleur humain en plus de la chaleur tout court.

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    1. J'ai bien dû faire avec le tableau ! Qui ne respire pas la foule gaieté !
      ;-)

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  13. colombine14/10/19

    Très beau

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  14. Il suffit de passer ton pont, c'est tout de suite l'aventure...
     •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  15. Si j'avais dû écrire une histoire sur cette toile, ça aurait été une histoire de photographe fasciné par cette femme, sur laquelle la lumière est parfaite. J'aime à imaginer la photo que ça aurait pu faire. D'ailleurs au bout de son bras droit il y a un appareil photo, caché par le manteau de la dame.
    En tout cas elle n'a pas du tout la tenue d'une travailleuse du sexe. Donc je n'imagine pas une histoire sordide. Ni une histoire d'amour d'ailleurs. Juste un moment entre ombre et lumière. Entre lesquelles oscillent toutes nos vies, toujours.
    Alors j'espère que l'auteur trouvera le chemin vers la lumière.
    Après avoir fait sa photo ! ;)


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  16. C'est vraiment beau. Très bien écrit!
    Une sorte de désespoir bien rendu, l’échappatoire pour ne pas penser. Magnifique!

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    1. Ben voilà…
      il y a des désespoirs magnifiques, parce qu'en réalité ce sentiment n'est offert qu'à ceux qui croient dans la vie…
      Merci d'avoir apprécié la recherche d'un certain « style »

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  17. Je ne sais pas. L'attitude de la femme, les mains dans les poches et les épaules carrées et solides, me fait penser qu'ils ne sont pas encore intimes, elle est sur ses gardes. Mais ses cheveux prennent la lumière d'une façon qui peut-être trahit qu'on est au départ de quelque chose de doux...

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    1. Mon texte est une mise en abyme.
      Le narrateur regarde la femme dans la toile, tout en regardant l'œuvre, avec une distance et en même temps une proximité. Ce qui l'amène à porter un regard sur lui-même.
      Dans un autre état d'esprit il pouvait s'inventer une toute autre histoire…

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  18. Moi qui ne m'ennuie jamais , comment aurais je fait pour ne pas penser ?

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    1. Oui, mais toi, chère Chinou, tu as une vie riche et passionnante !

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