J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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vendredi 3 juillet 2020

Du bon usage d'un livre.

Dans le cadre d'une consigne d'écriture de Kaléïdoplumes

il était proposé ceci :


Ecrivez un texte ou une poésie en vous inspirant de cette image.

Contrainte: Insérez dans votre texte la phrase suivante:

Là-bas, plus loin, coule une rivière qui nous sert de démarcation (Les Ombres Du Soir/ H-F Thiefaine)


Comme j'ai bien aimé mon texte, (le narcissisme finira par m'étouffer), le voici :


Du bon usage d'un livre.


Je vis le cœur léger et sans souci. Je sais que tout va bien.

C'est la phrase que je me répète chaque matin avant de me lever. Peut-être que vous ne me croirez pas, mais chaque matin elle fait son effet. Parfois je me réveille la nuit, le cœur lourd de soucis réels ou supposés. Et même dans les brumes nocturnes qui envahissent mon cerveau je ne manque pas de m'inventer des problèmes qui n'existent pas dans la réalité. C'est idiot, mais c'est ce que je fais trop souvent. Tout cela exista jusqu'à ce que je lise dans un livre  que l'on peut s'évader loin des tracas.


C'est très simple, il suffit de se rendre à la page 476, là où il y a une page pelouse et un cerf-volant dont on doit se saisir en se souvenant de l'enfance. Je n'avais évidemment accordé aucune attention à la personne qui m'avait donné ce conseil, et même, je dois l'avouer, j'avais pensé qu'elle était certainement la 476ème des imbéciles. Il me faudra  du temps pour réaliser que l'imbécile c'était moi.


Arrivé à cette page il convient de se saisir du cerf-volant. Alors on se retrouve immédiatement avec le cœur léger et sans souci. Il reste évidemment pour que cela fonctionne dans l'ordinaire du temps, à scruter l'horizon pour voir que là-bas, plus loin, coule une rivière qui nous sert de démarcation. Elle coule entre les deux pages, celle de gauche où l'on se trouve, et celle de droite où il faudra se rendre.


Une fois que vous avez franchi cette ligne du livre il reste à vous asseoir sur le banc au pied du réverbère. Et c'est à cet endroit précis, à une heure déterminée, que surgit cette évidence, capable de vous accompagner chaque jour fabriqué par l'univers, et qui s'inscrira au fond de votre cerveau : « Je sais que tout va bien ».


J'ai passé une partie de ma vie à informer bien des gens de l'existence du livre que j'évoque. La difficulté résulte dans le fait que le titre en reste caché. Autrement dit, vous pouvez consulter les milliards de pages d'Internet, vous ne trouverez pas une référence vous permettant d'accéder à l'ouvrage.


Donc il reste une seule chose à faire, très simple, mais qui demandera un certain temps, c'est de vous procurer 500 pages blanches, de les relier, et de commencer à écrire tout ce qui vous encombre dans l'existence, vous fait le cœur lourd, vous désespère, vous oblige à penser que tout va aller de mal en pis, qu'il n'y a qu'une solution, le désespoir absolu, et au final la disparition de la planète qui a bien voulu vous héberger jusque-là.


Vous devrez écrire tout ce magma en terminant impérativement à la page 475. Il faudra attendre un coup de vent qui a deux utilités : tourner la page pour faire apparaître la page pelouse, et aussi déclencher le vent nécessaire à faire envoler le cerf-volant. 


N'oubliez pas de saisir la ficelle de ce dernier, pour votre propre envol, le cœur léger et sans souci. 




21 commentaires:

  1. Merci AlainX pour cette seconde légèreté.

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    1. Je pense en effet qu'on a besoin d'un peu de légèreté…

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  2. Astucieux ! Reste plus qu'à écrire les 475 pages...
    Pour le papier, je sais où trouver : ton titre "Du bon usage d'un livre" m'a beaucoup inspiré : il m'a rappelé ma copine Sandrine, une fan du papier "home made" à partir de toute matière fibreuse, qui avait un jour eu l'idée merveilleuse de recycler à cette fin son exemplaire dans la collection Quuarto du chef d'œuvre de Marcel. Où est donc passée la mienne ?

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    1. Avec ton talent légendaire tu rempliras facilement 475 pages…
      il y a bien des années, j'étais jeune en ce temps-là, je me souviens avoir visité un moulin à papier dans la vallée de l'Aa, célèbre pour ses papeteries au cours des siècles passés.
      J'avais alors « fabriqué mon papier ». Pas aussi simple qu'il n'y paraît d'avoir le bon tour de main…

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    2. Oui, cueillir les fibres, c'est pas de la tarte !

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  3. Moi aussi j'ai bien aimé ton texte...Merci ! Je voudrai bien me réveiller en me disant que tout va bien

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    1. Oui, ce serait sympa ce genre de réveil !
      Mais on peut toujours se le dire… parfois ça aide… pas toujours bien entendu…
      mais on peut essayer, en plus c'est gratos…
      je te souhaite de belles améliorations.

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  4. S'évader, le bonheur, d'autant plus à la page 476 ! La ligne de démarcation fait un peu peur, mais bon, le cerf volant aidant...
    Merci de cette très belle idée, car qu'y a-t-il de mieux que d'écrire sur soi pour aller mieux ?

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    1. Et je suis d'accord, écrire, sur soi, ou autre chose, généralement ça marche pas si mal pour aller mieux ! Alors, allons-y !
      Cela dit tu fais partie de celles qui pratiquent quasi quotidiennement… pour le bonheur de tes lecteurs ! Coup double en quelque sorte…

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  5. Une bien jolie émotion que tu transmets au travers de ce texte, qui n'est certes pas si léger que l'on pourrait croire.
    Au contraire, le fil conducteur nous faits nous poser des questions et trouver nos propres réponses.
    Oui, à nous de prendre le bon courant afin de réussir à faire s'envoler notre cerf-volant. Chaque jour nous ressentons des coups de vent, à nous de savoir les utiliser pour nous envoler.

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    1. Tu as probablement raison. J'ai écrit ce texte par amusement d'autant que l'image servant de base à la consigne me plaisait bien.
      Mais au final « ça dit quelque chose ».
      Je devrais publier tout ça avec comme nom de plume : AlainX CoelhoX
      j'aurais le cœur léger… et le compte en banque plus lourd…

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  6. ce passage me parle particulièrement:
    "Une fois que vous avez franchi cette ligne du livre il reste à vous asseoir sur le banc au pied du réverbère. Et c'est à cet endroit précis, à une heure déterminée, que surgit cette évidence, capable de vous accompagner chaque jour fabriqué par l'univers, et qui s'inscrira au fond de votre cerveau : « Je sais que tout va bien ».

    Je sais que tout va bien... ou que tout ira bien...
    Si cette phrase magique s'inscrit au fond du cerveau, on ne peut que croire qu'elle fera son effet...
    Je ne trouve pas ue ce texte soit si "léger"... il fait penser...

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    1. Il y a une puissance de la pensée, dès lors qu'elle s'accompagne d'une confiance affirmée dans l'existence et dans son devenir.
      Cela nécessite « l'effort d'y croire », mais c'est largement à la portée de celles et ceux qui ont un minimum de volonté active.
      C'est donc ton cas ! Telle que je te connais tu ne peux pas dire le contraire…

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  7. Anonyme7/7/20

    Bien sûr que "tout va bien" ! Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de tempêtes ni d'événements dramatiques. Au contraire, il y en a eu et il y en aura. Ma soeur sur son lit de mort a dit : "J'ai une mort merveilleuse." Alors oui, tout va bien. kéa

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    1. « Bon ! Tout va bien ! » est une expression que j'ai très souvent entendue dans ma jeunesse. Elle provenait de la bouche d'une tante de ma belle-sœur, une femme âgée qui avait fréquemment le cœur gai alors qu'elle avait vécu de lourdes épreuves dans sa vie. J'ai encore sa voix dans l'oreille, bien qu'elle ne soit plus de ce monde. Comme si elle me visitait.
      Et en ce moment cette voix d'outre vie m'a fait grand bien dans ce que je traverse.

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  8. Ce texte me touche au cœur. Pendant si longtemps, on m’a reproché d’être dans le Feelgood, de dire que tout va bien, de prendre la vie du bon côté et toutes ces choses qui me constituent et qui font que jour après jour, je traverse les épreuves avec le sourire et cette sorte de conviction intime que la plupart des problèmes viennent de notre mental foisonnant et se règlent tout seuls...Alors merci pour ce texte d’une remarquable densité et d’une légèreté poétique qui correspond si bien à ma façon d’être et de penser.
    Je t’embrasse de tout cœur

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    1. Merci pour ce beau commentaire. Je préciserai juste quelque chose. Les problèmes ne se règlent pas tout seuls. Je comprends que tu écrives le contraire. Mais en réalité je suis convaincu que nous avons des aptitudes naturelles pour en sortir. Il convient cependant que nous les mettions en œuvre délibérément. (Et parfois inconsciemment, je te l'accorde) cependant, ce n'est pas magique la résolution. Nous avons probablement des forces internes, pour ne pas dire telluriques, qui agissent d'elles-mêmes, mais encore faut-il « les appeler en nous ». Ce qui suppose une confiance dans ces forces -là.
      Je suis peut-être obscur en écrivant cela. Mais je crois que, toi, tu comprendras…
      Quant à ceux qui en font reproche, que veux-tu, ils ont droit de préférer les chemins du malheur et de la désespérance… chacun sa route, chacun son chemin !

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  9. Ton texte n'est pas si léger que ça ! Il est même très profond, si l'on sait se saisir du marque-page qui se transforme alors en cerf-volant, pour passer la ligne de démarcation et s'installer enfin sur ce banc, cinq minutes avec soi et regarder la vie tant qu'y en a ♫♫♫

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    1. Ah ! Que voilà un joli commentaire !
      Tu sais que tu m'émeus ! ?

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  10. Le cerf volant, symbole de l'enfance, de la légèreté, mais aussi du voyage..... Celui que tu viens de me faire faire en m'emmenant cet univers qui s'appelle l'écriture.

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    1. Toi aussi tu as cette attitude nous (me) faire voyager j par la magie de l'aquarelle.

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